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Les hélicoptères veulent voir par tous les temps
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Des exploitants britanniques de recherche et sauvetage réclament des systèmes de vision améliorée. Ils veulent pouvoir bénéficier de ces progrès de la sécurité dans le monde de la voilure fixe. Mais ces équipements s'annoncent coûteux.

6.11.2017

En recherche et sauvetage, les équipages s'efforcent d'établir des procédures malgré la diversité des missions. © Anthony Pecchi – Airbus Helicopters

Des systèmes toujours plus avancés de vision améliorée sont mis au point pour les avions et les exploitants d’hélicoptère ne veulent pas être en reste. Sécurité et efficacité sont en jeu. C’est le message qu’ont fait passer des représentants de l’activité « recherche et sauvetage » au salon Helitech 2017, qui s’est tenu à Londres du 3 au 5 octobre.

Compte tenu de la difficulté et du niveau de risque de leurs missions, ils appellent de leurs voeux une nouvelle génération d’équipement, même si elle est coûteuse.

Vision « composite »

L’écrasement sans perte de contrôle (le tristement célèbre CFIT) est le danger numéro un dans la recherche et sauvetage britannique, selon Richard Dane, responsable des normes et de la formation chez Bristow. Il souhaite donc que les fabricants d’avionique conçoivent des systèmes « composites » capables de fusionner les images de plusieurs sources. Il s’agit de marier les images de capteurs optronique, de vision nocturne (fondée sur l’amplification de la lumière), infrarouge et Lidar (laser). Le pilote utilisant une image ainsi améliorée bénéficierait d’une meilleure connaissance situationnelle quand la visibilité se dégrade.

Transfert technologique des bizjets vers les voilures tournantes. © Airbus Helicopters

Le défi technologique est de taille. La nébulosité réduit la portée de la plupart de ces capteurs, note Richard Dane. Il mise sur le Lidar mais ses performances doivent être confirmées.

Le HUD des Falcon

Des systèmes comparables sont en service sur les avions d’affaires Falcon de Dassault. Dans ce cas, toutefois, l’image apparaît sur un afficheur tête haute, au champ de vision limité. Cet angle de vue est trop étroit pour une utilisation dans un hélicoptère, dont les missions exigent de pouvoir regarder dans toutes les directions. Richard Dane aimerait voir un jour le pare-brise lui-même se transformer en afficheur.

Un système de vision multisource serait certainement coûteux mais ce prix devrait être relativisé. Un Sikorsky S-92 équipé pour la recherche et sauvetage peut coûter 40 M$ (34 M€), indique Dave Balevic, directeur de l’exploitation chez CHC. Un système de vision infrarouge seul vaut 1 M$ mais il permet de repérer, à 4 NM de distance, un survivant sur la coque retournée d’un bateau.

Quant aux équipages, ils s’efforcent d’établir des procédures alors qu’aucune mission ne ressemble à la précédente. Chaque membre d’équipage s’entraîne 50 heures par mois. Certaines opérations peuvent être répétées en simulateur. Certaines, mais pas toutes, comme le treuillage d’un grimpeur depuis une falaise.

Thierry Dubois

A propos de Thierry Dubois

chez Aerobuzz.fr
Thierry Dubois est journaliste aéronautique depuis 1997. Ingénieur Enseeiht, il s’est spécialisé dans la technologie – moteurs, matériaux, systèmes, etc. Il collabore régulièrement à plusieurs publications françaises et américaines. Il a rejoint Aerobuzz, en octobre 2009. Thierry Dubois, couvre notamment les hélicoptères civils et l’aviation d’affaires, ainsi que tous les sujets techniques.

4 commentaires

  • Porco Rosso

    Pas de panique, en fait la vraie solution arrive bientot: le Drone… Plus besoin de pilote!
    Plus besoin de minimas MTO, et fini les depenses inutiles a nourrir des pilotes au smic air..
    Rendement maximal, assure pour les employeurs sans scrupules et leurs banquiers. Eh eh

  • Luc

    en mission SAR , un homme a la mer c’est recherché une noix de coco ( taille de la tête) dans le Sahara. alors avec des vagues et de nuit !!!!!
    Par peur des risques, les scaphandres furent ainsi d’abord essayés par des détenus.
    Et c’est pour les différencier des autres hommes sur les ports et les bateaux, qu’on leur a imposé le port de bonnets rouges ( Cousteau).
    Bonnet rouge avec balise PLB (système actif et passif) de communication et de positionnement ….. pour alerte et acquisition sur Système SARSAT (Search and Rescue Satellite-Aided Tracking )

  • Dominique BRESSON

    « sauvetage peut coûter 40 M€ (34 M€), » : Heu… Ça ne serait pas 40M$, par hasard ?

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