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Boeing dessine le portrait robot du MMA / NMA
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Le MMA pour Middle Market Airplane (ou NMA). Avant même que Boeing ne décide de son devenir, cet avion de milieu de gamme, d’ores et déjà baptisé par certains « 797 », occupe les conversations. Si à Farnborough, le constructeur américain n’annonce pas son lancement officiel, les observateurs risquent, une nouvelle fois, de se perdre en conjectures. Deux trois choses que l’on sait à propos du MMA (NMA)… avant que Boeing lève le voile.

14.07.2018

Ihssane Mounir (chemise bleue), directeur des ventes et du marketing de Boeing Commercial Airplanes, lors d'une rencontre organisée par l'AJPAE dans les salons de l'Aéro-club de France. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Le MMA aura une capacité de 270 sièges et une autonomie de vol de 8 à 9 heures qui lui confère une distance de franchissement de 5.000 NM. Ces caractéristiques, nous les tenons de Ihssane Mounir, le directeur des ventes et du marketing de Boeing Commercial Airplanes. Il confirme que ce futur avion, encore en gestation, sera un bicouloir, mais offrira un coût au siège identique à celui d’un monocouloir. L’objectif est une entrée en service en 2025.

Un avion sage mais rentable

Cette échéance paraît bien ambitieuse pour un avion sorti d’une page blanche et dont la décision de lancement n’a pas encore été actée officiellement. « Cet avion ne sera pas révolutionnaire », affirme Mounir pour convaincre de la faisabilité du projet. Le MMA n’incarnera pas la rupture technologique attendue. En revanche, si rupture il y a, ce sera au niveau de la chaine de production.

Avec ce nouvel avion, Boeing et ses fournisseurs mettront en œuvre de nouvelles relations et une nouvelle façon d’interagir en tirant parti de la révolution digitale en cours. « Il doit s’agir d’une remise à plat totale de la fabrication, autant en interne, qu’en externe. Nous allons révolutionner la manière de construire un avion », déclare Mounir. Chacun à leur niveau, et pas seulement au Rang 1, les sous-traitants devront remettre en question leur organisation

Un marché en devenir

Boeing a sondé une soixantaine de clients afin de définir l’avion et son économie. Pour l’instant, il est difficile de voir quel marché il pourrait occuper. « Nous analysons le marché tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais il sera au-delà de ce qu’on imagine », affirme avec conviction Ihssane Mounir, en se référant au 787. « Le 787 a ouvert 180 nouvelles lignes rentables, ce que nous n’avions pas imaginé pour ce type de module ».

Boeing est convaincu que le MMA raflera la mise sur des segments de marché actuellement exploités avec des avions qui n’ont pas été conçus pour. C’est le cas de l’A330 et dans une moindre mesure du 787.

Le successeur du 757 ?

Le MMA se retrouve aussi face à l’A321LR, la version transatlantique de la famille A320. « Le confort est le problème des monocouloirs sur le long courrier. Avec 220 sièges, le MMA offrira le confort d’un 300 sièges ». Au passage on notera que compte tenu précisément de ce nombre de sièges réduit pour un bicouloir, le MMA pourrait avoir un fuselage large mais court.

En résumé, le MMA apparaît comme le successeur du 757 dont le retrait du catalogue Boeing a laissé un trou dans l’offre. Ce manque pourrait être comblé d’ici 2025 donc.

Gil Roy

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

5 commentaires

  • Risbourg

    … et surtout de consommer moins ! Et ce n’est pas un détail …

  • Checklist

    Oui c’est vrai un peu d’innovation que Diable.
    Je suis d’accord mare des tubes volant .

    Aujourd’hui nous avons du progrès dans les matériaux, l’informatique, et la conception.

    Quand je pense que les principes fondementaux d’un avion (tube, aile en flèche et réacteurs) datent de la seconde guerre mondiale…

    C’est juste qu’Airbus et Boeing se reposent sur leur duopole sans se casser trop la tête en remotorisant leurs vache-à-lait.

    Allée Boeing ettonez-nous un peu car historiquement vous avez eu un bon réservoir technologique…

    Désolé pour les fautes de frappe. J’écris depuis mon smartphone.

    Merci

  • kerlo4
    kerlo4

    Moyen courrier à fuselage large, c’est l’avenir.
    Les gens finiront par en avoir mare de voyager dans des tubes.
    Airbus devrait pousser les feux d’une version « Affaires » de son A-321 LR pour appuyer son programme…

    • michael tolini

      Il existe une version appellee A321T, T pour transcontinental. C’est super de voyager de LAX a JFK avec un A321T (American Airlines). 10 sieges en First et un quarantaine en Business, la partie ECO represnte a peine le tier de l’avion. En First il y a un siege a gauche et un siege a droite, on se croirait dans un jet prive.

    • Fbs

      Euh, plus le fuselage est étroit, plus vous avez de chances d’avoir une fenêtre…

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