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Les USA se dotent d’une zone de test pour avions supersoniques civils

Le ministère des transports du Kansas (KDOT) et l'administration fédérale de l'aviation (FAA) se sont mis d’accord pour créer au-dessus de l’état du Kansas un hippodrome de 1.200 km de long à 12.000 m de hauteur, pour permettre de réaliser des essais en vol d’avions supersoniques civils. Vitesse limite autorisée : Mach 3.

18.12.2020

La zone de test supersonique couvre l'état du Kansas dans sa longueur. © KDOT

La General Aviation Manufacturers Association (GAMA), par la voix de Pete Bunce, son directeur général, s’est réjouie de la création de cette « infrastructure nécessaire aux constructeurs, ainsi qu’aux entités fédérales telles que la NASA et la FAA, pour tester et analyser les progrès technologiques importants réalisés dans le domaine du vol supersonique. »

Le Kansas Supersonic Transportation Corridor (KSTC) est un couloir aérien en forme d’hippodrome de 770 miles nautiques (1.200 km) de long, à une altitude de 39.000 pieds ou plus (12.000 m). Il se trouve entièrement dans l’espace aérien fédéral au-dessus du Kansas, sur toute la longueur de l’État, juste au nord de la frontière entre le Kansas et l’Oklahoma. Les avions n’entreront dans le KSTC par des points spécifiques. Le KSTC est situé dans un espace aérien généralement peu fréquenté, ce qui réduira au minimum toute interférence avec le trafic en route et les aéroports environnants.« La route permettra un vol soutenu jusqu’à Mach 3. Elle est à distance réduite de nombreux aéroports équipés pour fournir du carburant, du soutien au sol et du soutien technique. », précise le gouverneur de l’état du Kansas.

C’est un espace offert à Boeing, Lockheed Martin, Aerion, Spike et Boom Aerospace et autres constructeurs engagés dans des projets d’avions supersoniques. « Le KSTC aidera à évaluer les conceptions de structures et de moteurs atténuant le bruit ainsi que la modélisation acoustique atmosphérique de pointe qui élimine le bang sonique et façonne la signature sonore d’un avion se déplaçant plus vite que la vitesse du son en un grondement à très faible volume. La validation de ces percées technologiques par l’utilisation de capteurs acoustiques et télémétriques sophistiqués au sol fournira les données nécessaires pour aider les régulateurs et les décideurs politiques mondiaux à faire évoluer les politiques en matière de vols supersoniques. Le KDOT s’est associé à l’Institut national de recherche aéronautique (NIAR) de l’université d’État de Wichita pour recueillir des données sur le bruit et des mesures télémétriques en direct de l’avion, qui seront utilisées par la FAA et les constructeurs d’avions pour évaluer les performances. Nous nous réjouissons de participer à la renaissance du transport aérien supersonique civil qui se fera selon un processus durable et respectueux de l’environnement« , a précisé Pete Bunce, directeur général de GAMA.

Un démonstrateur supersonique silencieux pour la NASA

« Je suis très enthousiaste à propos de la technologie supersonique silencieuse et de sa capacité à transformer le vol et notre économie« , a déclaré Jim Bridenstine, administrateur de la NASA. La FAA a récemment proposé une nouvelle règle qui actualise la procédure de demande d’autorisations de vol spéciales pour opérer à des vitesses supersoniques au-dessus des États-Unis. Les responsables de l’État du Kansas espèrent que les données provenant du corridor du Kansas aideront les décideurs politiques et la FAA « à prendre des décisions éclairées sur les questions qui détermineront l’avenir de l’industrie aéronautique. »

Si vous doutiez encore de la détermination des USA à relancer le transport aérien supersonique, cette information venue du Kansas devrait vous faire réfléchir.

Gil Roy

Supersonique : les américains tentent un passage en force

 

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

6 commentaires

  • J-PIERRE BOURGEOIS

    Les lois de l’aérodynamique entre sub et supersoniques sont en opposition, ce qui est bon d’un coté ne l’est pas de l’autre, de ce fait un avion supersonique est fatalement un bâtard. Dans le contexte actuel est ce une voie raisonnable ?

  • Hugues CHOMEAUX
    Hugues CHOMEAUX

    Je viens de faire un rêve.
    AirFrance et/ou British Airways viennent de remettre en service un Concorde et demandent à la FAA l’autorisation d’évolutions supersoniques au-dessus du Kansas !
    ………

  • Meunier

    C est un fait de plus sur la volonté des US de faire un supersonique civil.
    La grande différence entre us et FRANCE est dans les critères de recrutement des hommes de pouvoir politique: us des pragmatiques œuvrant pour eux et France des littéraires en séduction avec des concepts incohérents
    Il nous fait des dirigeants entrepreneurs

  • BIB57

    Le bruit est une chose mais a-t-on déjà une idée de la consommation par passager et des émissions de ces futurs joujoux?

  • Jujupilote

    Merci de nous informer de cette nouvelle qui en dit long sur les USA d’aujourd’hui. Votre dernière phrase est pleine de sens.

    Pour rappel : https://en.wikipedia.org/wiki/Oklahoma_City_sonic_boom_tests

  • Pilotaillon, vivant et réaliste

    L’évidence, nous ne raisonnons pas en France avec l’initiative privée comme ailleurs dans le monde.
    J’ai forcément une pensée à notre Concorde, à nos institutions et surtout à nos concitoyens qui voient en permanence de l’argent jetée par les fenêtres et des sujet de contrariété partout.
    La France a peur quand un Rafale accélère pour une interception, s’interroge sur chaque élément qui viendrait changer un pouillème des ses habitudes, parmi lesquelles l’utilisation à 200% les services développés ailleurs (GAFAM et BATX) sans imaginer un seul instant qu’on alimente les comptes d’exploitations d’entreprises étrangères et que le boulot se déplace également hors des frontières.
    Jusqu’à quand cette cécité va-t-elle durer ?
    Allez foncez, « ça ne coute rien » : continuez à déprécier sur les réseaux la qualité et l’abnégation des entrepreneurs hexagonaux !

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