Accueil » MAKS 2017 ou les surprises du salon de Moscou

MAKS 2017 ou les surprises du salon de Moscou

Le salon Maks 2017 qui s’est achevé le 23 juillet 2017 a permis à l’industrie russe d’exposer le meilleur de ses réalisations militaires. La créativité russe demeure vivace comme en témoignent les pépites découvertes par nos reporters dans ce rendez-vous boudé par les constructeurs occidentaux à l’exception d’Airbus.

25.07.2017

Un IL-76 utilisé comme banc d'essais pour les tests en vol du moteur PD-14 du monocouloir russe MC-21. © Aerobuzz.fr

Selon les autorités russes, le salon Maks 2017 qui s’est tenu du 18 au 23 juillet sur la base de Joukovskyi Ramenskoye fut un bon cru. Il a accueilli plus de 400.000 visiteurs, surtout des passionnés et des familles, et plusieurs centaines de sociétés russes et internationales. Ce salon qui se tenait, semble-t-il pour la dernière fois (avant transfert), sur cette base d’essais militaire est original et c’est ce qui fait tout son charme.

Le TVF-2 DTF, monoturbopropulseur tout composite extrapolé de l’An-2 présente une aile jointive. Il est équipé d’une turbine Honeywell TPE331-12V. © Aerobuzz.fr

Joukovskyi, un écrin à part

Les visiteurs occidentaux sont toujours surpris de voir cohabiter des appareils militaires et civils de dernière génération sur fond d’installations délabrées et d’épaves d’avions hérités de l’ère soviétique TU-134, IL-76 et TU-154.

La nouvelle armée de l’air russe exposée à MAKS 2017 : Su-34, Su-30SM et Su-35. © Aerobuzz.fr

A l’image de ce supersonique Tu-144, la base aérienne Joukovskyi Ramenskoye est aussi un musée à ciel ouvert de l’aéronautique russe. © Aerobuzz.fr

Une pièce de musée au milieu de l’exposition statique : l’unique Mig 1.44, suscceseur pressenti du Mig 29, chasseur furtif imaginé pour contrer le F-22 Raptor. © Aerobuzz.fr

Il n’empêche, l’édition 2017 de MAKS fourmillait de nouveautés high tech qui rappellent que la Russie est toujours une grande nation aéronautique et spatiale même si parfois les déconvenues étaient au rendez vous .

Le MC-21 pas tout à fait absent

Au rang des grands absents figurait le MC-21, le fameux concurrent des Airbus A320 et des Boeing B737 ; il fait l’objet de travaux de mise au point et devrait reprendre ses vols à la rentrée. En revanche, le tarmac abritait un avion de test volant IL-76LL équipé du futur moteur PD-14, destiné à motoriser la version russe du MC-21. Ce moteur qui fait partie de la catégorie des CFM Leap et P&W GTF marque le renouveau d’une industrie des moteurs russes qui veut se hisser au rang des occidentaux pour la motorisation des avions commerciaux.

Le T-50 en vedette

Côté militaire, le salon a été marqué par les démonstrations de combat aérien des avions furtifs T-50 de Sukhoi. Ces avions de combat de cinquième génération équipés de réacteurs à poussée vectorielle, et développés avec l’aide de l’Inde, ont démontré leur capacité à garder leur nez pointé sur leur adversaire quelles que soient ses évolutions. D’après les spécialistes de l’aéronautique russe cet appareil qui n’a pas encore ses moteurs et son système d’arme définitifs sera, dès 2024, une des chevilles ouvrières des forces aéronautiques russes (VKS) aux côtés des SU-30, SU-35 et SU-34.

Le Yak 130, avion d’entrainement militaire, évolue vers l’attaque. © Aerobuzz.fr

Le Mig 29K, chasseur embarqué développé par la Russie et vendu à l’Inde. © Aerobuzz.fr

CR-10, prototype expérimental d’un avion d’entrainement à flèche inversée. © Aerobuzz.fr

Le Su-34, pierre angulaire de la force de bombardement tactique russe, présenté avec un arsenal complet. © Aerobuzz.fr

L’autre débutant de ce salon fut le MIG-35, ultime évolution du MiG-29 qui tente à présent de trouver des clients de lancement.

Eternel IL-76

Iliouchine présentait un IL-76 des forces aériennes russes, officiellement, l’avion est destiné au transport aérien tactique et stratégique. Il se distingue de ses prédécesseurs par une voilure améliorée, des moteurs PS90A enfin fiabilisés et plus sobres que les vieux D30 des années 70 et un cockpit « tout écran ».

Trop d’antennes apparentes pour cet IL-76 MD90A pour se revendiquer, uniquement, comme avion de transport. © Aerobuzz.fr

Toutefois les nombreuses antennes de guerre électronique réparties sur la cellule de l’appareil laissent planer un doute quant à la possible double vocation de cet avion de transport.

L’A350-900 remarqué

Côté commercial, la star du show fut l’Airbus A350-900 avec sa fameuse livrée composite. Cet appareil de nouvelle génération a suscité un vif intérêt parmi les médias, les autorités et les compagnies aériennes russes. Airbus qui estime le marché russe à près de 1.200 avions en CEI d’ici à 2036 a beaucoup investi en Russie, au cours des dernières années avec notamment la présence à Moscou d’un centre d’ingénierie qui a participé aux études de ce biréacteur de nouvelle génération, tandis qu’une partie du titane de la structure est « Made in Russia ».

L’A350-900 d’Airbuzz.fr en statique et en démonstration dynamique au salon MAKS 2017 de Moscou. © Aerobuzz.fr

En revanche Boeing avait choisi de faire profil bas, ainsi le B787 et le B737 MAX8 brillaient par leur absence…

Aerobuzz.fr

Retrouvez nous en podcast et vidéo

A propos de Aerobuzz

chez Aerobuzz.fr
L'information aéronautique au quotidien. Aerobuzz.fr fédère une communauté de plus de 120.000 professionnels et passionnés de l'aéronautique.

9 commentaires

  • Vladimir_K
    Vladimir_K

    C’est vrai que même dans les médias russes, le salon n’a pas été beaucoup commenté, mais vous étiez là, et vous partagez . Et bravo pour les photos, le MAKS étant un salon assez grand-public, il y a souvent énormément de monde, mais visiblement vous vous êtes levés très tôt ou bien vous vous êtes bien débrouillés (même pour des professionnels) Quoi qu’il en soit, je ne regrette absolument pas mon abonnement à Aerobuzz. P.S. pensez-vous faire un jour des vidéos (interviewes, reportages, etc. ?)

    • cetautomatix

      je regarde avec dépit nos forêts bruler et on nous dit que la chaine de production des Canadair est fernée, et qu’il faut 1 MD$ pour la rouvrir en commandant 24 avions. Dans le même temps Beriev en Russie produit un gros bombardier d’eau amphibie, le BE-200. je propose d’en louer quelques uns et pourquoi pas d’en acquérir 5 unités. Ca sera toujours mieux que les vieux Dash8…..
      Bien sûr ces avions sont russes….et alors? une bonne idée n’a pas de nationalité non?

      • anemometrix

        Oui Cetautomatix !…
        et en plus les avions russes ont de la « gueule » …

      • Rufus

        Le Be 200 a été testé par la Sécurité Civile et a impressionné, notamment pour sa maniabilité (il a des CDVE).
        Seul vrai point noir : ses moteurs Progress, gloutons en carburant.
        L’idée de le remotoriser avec des BR 715 ou des SAM 146 a été lancée, mais a été freinée par les sanctions imbéciles votées à l’encontre de la Russie sous pression US.
        Et pendant ce temps là nos forêts crament…..

      • Garcia

        L’abandon de l’option Be200 n’a rien à voir avec des hypothétiques sanctions ou pressions US ….. Cette décision a été prise il ya déjà bien longtemps…:
        1 : La remotorisation par des moteurs occidentaux (permettant de ramener les couts d’exploitation et de maintenance à des niveaux raisonnables) couterait plusieurs dizaines de millions d’euros. La France n’a pas les moyens de financer un développement si couteux, pour quelques avions.
        2 : Le Be 200 est un mauvais avion de lutte contre le feu :
        – Trop rapide au largage (l’eau est « vaporisée » et il n’y a plus d’effet de « splash » sur les surfaces à éteindre)
        – Les distances d’écopages sont beaucoup trop grandes et rendent impossible l’utilisation des petits plans d’eau habituellement utilisés par les Canadair. Son efficacité est donc, au final, bien moindre que celle du Canadair (il ne faut pas regarder uniquement la capacité d’emport…)
        – Avec ses réacteurs « soviétiques » , il coutent une fortune en DOC à comparer au Canadair (Turboprop)… et on parle pas des DMC…
        Bref, une mauvaise idée.
        D’ailleurs cet avion a été évalué plusieurs fois par la Sécurité Civile et les pilotes du CEV, qui sont toujours arrivées aux même conclusions…
        La maniabilité étant un paramètre d’ordre 2 pour le sujet dont il est question.

        Finalement, la vraie question serait de savoir pourquoi l’Europe n’a jamais été en mesure de mettre en place une flotte européenne qui puisse se déployer dans n’importe quel pays en quelques heures (on peut faire l’hypothèse que les feux n’ont pas lieu tous en même temps, au Portugal, en Grèce ou en France). Mais bon…c’est sur que c’est plus compliqué que de réglementer la taille des concombres…

  • CETAUTOMATIX

    je confirme les articles sur le salon de Moscou ne sont pas légion
    malgré l’intérêt que présente l’industrie aéronautique de ce pays
    celui ci a le mérite d’exister et de donner une petite idée de ce qui se passe chez nos amis russes.

  • anemometrix

    … et pendant ce temps nous dépensons une fortune à faire des russes nos ennemis, pour le plus grand plaisir des américains …
    Merci pour cet article très intéressant même si je l’aurais souhaité plus étoffé.

  • Philippe Darroux

    Merci de cette intéressante visite commentée. on apprécie aussi la qualité des photos.
    Continuez, car cette édition 2017 ne fçut pas beaucoup présentée sur d’autres médias.

  • Grisez Ph

    J’aime bien l’arrière « écrasé » (large , aplati …) du CR10 , solution que j’avais incorporée à mon projet d’avion d’affaire (avec réacteurs au dessus , moins de bruit – mais là ,quelle raison ? ) ; mais j’aurais bien vu aussi un winglet à la NOVA , encore plus pertinent sur une aile à flèche inverse…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.