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Hop! Air France, sur un air d’Air Inter

Air France a décidé d'élargir le périmètre de Hop!, à ses propres lignes intérieures desservies en A320, exception faite de la desserte de Roissy. En se restructurant pour regagner des parts de marché domestique, la compagnie nationale ne serait-elle pas en train de réinventer Air Inter ?

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L’année prochaine, Hop! deviendra Hop! Air France. L’appellation n’est peut-être pas la preuve d’une imagination débordante mais l’objectif visé n’en annonce pas moins une véritable révolution culturelle et commerciale. La « petite » Hop! regrouper, avec son réseau propre, l’essentiel du réseau intérieur d’Air France, soit plus de 800 vols quotidiens, la desserte de Roissy restant à l’écart de cette vaste restructuration.
2. Le secteur court et moyen courrier d'Air France, rejoint en partie, les anciennes filiales régionales du groupe, Regional, Britair et Airlinair, au sein de Hop! France
Le détail n’en a pas encore été rendu public mais chacun comprend qu’il s’agit en quelque sorte d’une stratégie de contournement qui laissera l’essentiel de la polémique Transavia au bord du chemin. Bien que Hop! ne soit certainement pas une low cost mais plus simplement une compagnie aux structures légères. Au départ, elle a rassemblé les forces vives d’Airlinair, Britair et Regional (sans les fusionner pour autant) avant de façonner sa propre image de transporteur de proximité assurant quelque 600 départs par jour avec près de 100 avions. Une flotte au demeurant disparate, qu’expliquent ses origines compliquées, et dont on imagine qu’elle sera tôt ou tard rationalisée, quand la prospérité sera venue.

Air France contrôle étroitement sa communication et, malgré les apparences, est avare en chiffres. Mais on comprend que ses lignes intérieures enregistrent des pertes très importantes, attaquées de front par EasyJet, Ryanair, le TGV, le covoiturage. Le métier de Hop! est pour le moins ingrat dans la mesure où les lignes courtes sont difficiles à rentabiliser, qui plus est dans un contexte de coûts proportionnellement élevés. Ce qui explique que de grands espoirs reposent sur les effets bénéfiques attendus du rapport Le Roux, actuellement en bonne place sur le bureau du Premier ministre, Manuel Valls. Il devrait conduire à une réduction des charges qui pèsent sur l’ensemble du pavillon national.
1. A travers Hop! France, Lionel Guérin, PDG de Hop!, met en oeuvre les recommandations qu'il a faites dans son rapport sur l'activité court et moyen courrier du groupe Air France (été 2014)
Hop! Air France (on imagine difficilement qu’un tel nom résiste à l’usure du temps) devrait transporter 15 millions de passagers par an environ. Aussi est-on en droit de se demander si Air France n’est pas en train de réinventer Air Inter, passée sous son contrôle en 1990 puis noyée dans le groupe, en même temps qu’UTA. Air Inter approchait des 20 millions de passagers (il y a presque 25 ans !), était connue pour son culte de la vitesse et de la ponctualité. Et, surtout, avait mis en place des grilles tarifaires qui tenaient compte au plus près, de la topologie de sa clientèle. Ses dirigeants étaient brillants et audacieux (on se souvient notamment de Robert Vergnaud et à René Lapautre, et de Jean-Cyril Spinetta) et ont permis à la compagnie de développer considérablement le trafic aérien intérieur.

La faire disparaître fut sans doute une erreur de stratégie. Mais Bernard Attali, à l’époque PDG d’Air France, affirmait qu’il ne pouvait pas mener correctement sa barque sans contrôler son marché intérieur. Jamais il ne fut pour autant question d’un compromis, c’est-à-dire d’Air Inter filiale aux ordres de sa maison-mère. Si cette hypothèse avait été envisagée, peut-être EasyJet ne serait-elle pas devenue la deuxième compagnie intérieure « française »…
2. Un nouvel élan pour Air France…
Quoi qu’il en soit, Hop! Air France, placée sous la houlette de Lionel Guérin, se trouve investie d’une très lourde responsabilité : mettre un terme à l’hémorragie financière des lignes intérieures et contrer la concurrence sans être une low cost. Elle ne dispose pas tout à fait des moyens requis, en raison d’une flotte disparate, mais est certainement animée par la ferme volonté de réussir. Les anciens d’Air Inter apprécieront…

Pierre Sparaco

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