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Inconséquence

© Vincent / Aerobuzz.fr

J’avais prévu de vous parler, ce matin, de l’extraordinaire capacité à rebondir du transport aérien mondial. Mais une fois de plus, l’actualité nous ramène à la France. La guerre d’Iran peut attendre. Il sera toujours temps, la semaine prochaine, ou celle d’après, de s’émerveiller de l’expertise des grandes compagnies aériennes internationales, à s’adapter aux retournements de conjoncture, et en l’occurrence pour certaines à en tirer parti. Je garde mon couplet sur la résilience des majors pour la semaine prochaine. Ce matin, je donne dans le franco-français… Au risque de plomber votre dimanche.

C’est encore une histoire de taxes. Une spécialité française qui a la vie dure. D’un côté la TSBA ou Taxe sur les billets d’avion, et de l’autre le Tarif de Sûreté et de Sécurité (T2S). C’est moins leur nom que leur envolée qu’il faut retenir. Sous couvert de déficit budgétaire, les gouvernements successifs et les parlementaires n’ont pas fait dans la demi-mesure ces dernières années. Sans plus se préoccuper des conséquences qu’à leur habitude. L’Union des aéroports français a fait les comptes pour eux.

Je vous fais grâce des calculs. Retenez simplement que pour les trajets courts, l’augmentation est de 35 euros par billet. A comparer aux 5 à 6 euros de marge que s’octroient les low cost européennes en France. Les comptes sont vite faits. Les bagages aussi.

Les low cost anglaises, irlandaises, espagnoles ou encore hongroises qui font tourner les aéroports régionaux français ont aucun scrupule à aller voir ailleurs. Avec d’autant plus d’empressement que Boeing et Airbus sont incapables d’accompagner leur croissance. Elles positionnent leurs avions, là où ils rapportent le plus.

easyJet a fermé sa base de Toulouse. Ryanair la sienne à Bordeaux. Selon l’Union des aéroports français, sept compagnies low cost européennes suppriment 30 lignes cet été. Perte sèche : un million de passagers. Quand l’Italie et l’Espagne affichent des croissances de leur trafic aérien à deux chiffres, la France ne parvient toujours pas à retrouver ses niveaux d’avant-Covid. La fuite des championnes du low cost ne va pas arranger les affaires des aéroports français. L’inconséquence du pouvoir politique est désespérante.

Et pendant ce temps aux USA, le congrès vote un projet de loi pour autoriser les vols supersoniques au-dessus du territoire américain. Ils étaient interdits depuis 1973. Le Congrès donne un an à l’administration, pas un jour de plus, pour acter. Le lobby industriel a des soutiens bien placés. Les pros du tourisme sans doute moins. Les mesures radicales prises par la Maison Blanche, tous domaines confondus, font fuir les touristes étrangers.

Le ciel n’est pas toujours plus bleu ailleurs. On se console comme on peut pour sauver son dimanche…

Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable est reconnue. Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

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