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Un drone plus dangereux qu’un oiseau ?

Selon une étude commandée par la FAA (Federal Aviation Authority) sortie le 29 novembre 2017, une collision avec un drone provoquerait davantage de dégâts qu'avec un oiseau de même taille et à vitesse équivalente sur un avion commercial ou un business jet.

5.12.2017

140 scénarii de collisions ont été étudiés par simulations durant 14 mois. Les résultats vont de la déformation de la structure de l'avion sans gravité jusqu'à la pénétration d'un élément du drone dans la structure de l'avion, comme la voilure © ASSURE

L’étude de l’ Alliance for System Safety of UAS through Research Excellence (ASSURE) a débuté en février 2016 et ses résultats viennent d’être publiés par la FAA.
La première étape a été de déterminer les scenarii de collisions les plus probables à la fois pour les appareils transportant des passagers et pour les drones. L’équipe de chercheurs a ensuite sélectionné un modèle informatique d’avion commercial, un business jet et un drone.

Définition des modèles informatiques

Les caractéristiques des B737 et A320 ont été retenues, qui représentent 70% de la flotte mondiale commerciale. Le modèle utilisé pour le business jet est celui de la famille des Learjet 30/40/50. Enfin, les chercheurs ont sélectionné un modèle informatique de qudricoptère et un drone à voilure fixe pesant entre 1,2 et 1,8 kg.

Le centre de recherche de la FAA sur les drones a débuté ses simulations en février 2016 pour étudier la gravité d’un impact entre un avion commercial, un drone et un oiseau à 250 kt et dans les phases de décollage et d’approche © FAA

Il a fallu ensuite déterminer les zones d’impact les plus probables : le bord d’attaque des ailes, l’empennage arrière et le pare-brise du cockpit. Des impacts ont été simulés par informatique sur les zones définies ainsi que sur les moteurs, leur fan et les conséquences d’une ingestion d’un drone par un moteur ont été analysées.

Enfin, des modèles informatiques d’oiseaux allant de 1,3 à 3,6 kg ont été utilisés pour simuler un impact, pour comparaison avec celui provoqué par un drone.

Les batteries comme danger sérieux

Il ressort de l’étude qu’un impact à 250 kt avec un drone provoquerait des dégâts de sévérité moyenne à haute sur l’empennage, moyenne sur le bord d’attaque et moyenne à basse sur le pare-brise d’un liner ou d’un business jet.
La structure rigide et compacte d’un drone, ses batteries et caméras infligeront davantage de dommage qu’un oiseau à la structure plus flexible car composés majoritairement d’eau.

Dans certaines simulations, notamment au moment du décollage de l’avion ou en phase d’approche, les batteries au lithium du drone sont restées quelques fois encastrées dans la partie impactée de l’avion, augmentant le risque d’une combustion de la batterie. Les zones les plus sensibles dans ce genre de scenario sont les bords d’attaque des ailes et l’empennage.

Fabrice Morlon

Quelques vidéos des tests sur modèles informatiques

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

3 commentaires

  • Philippe

    MdR , faire une étude pour se convaincre qu’à poids égal un drone fera plus de dégât qu’un volatile composé à 70% d’eau…ma fille de 5 ans aurait pu leur dire et leur faire économiser de précieuses ressources ! Blague à part les drones de ce poids sont haut de gamme et il est très facile de les limiter a une hauteur max (400 pieds pour les US et 500 en Europe réglementairement). A moins d’être assez stupide pour utiliser un drone à proximité d’un aéroport….le danger aéronautique le plus évident concerne les zones d’entrainement militaires très basse altitude dans lesquelles un hélicoptère par exemple peut debouler à 50 pieds….

  • PIERRE

    Pourquoi ne pas supprimer les bords d’attaques des ailes et des empennages afin éviter les dégâts de moyennes et hautes sévérités ?
    Ou bien, pourquoi ne pas restreindre l’utilisation des drones aux titulaires d’un ATPL avec expérience 1500 hdv ?
    Ou alors, pourquoi ne pas limiter à 10 mètres le rayon de liberté d’un drone en lui attachant un fil à la patte ?
    La liberté des uns s’arrête la ou commence celle des autres.

    • Garcia

      Oui, c’est une bonne idée, d’autant que ce sont des pièces qui ne servent à rien sur un avion et qui sont rajoutés uniquement pour l’alourdir et augmenter son prix.
      Quant au « rayon de liberté » du drone, on pourrait le limiter à 2m, ceci permettrait d’aller le récupérer avec une échelle en cas de problème.
      Avez vous pensé à faire breveter ces idées ?

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