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Jean Botti quitte Airbus… et l’E-Fan

Airbus Group a annoncé le départ de Jean Botti son directeur de l’innovation, celui qui a branché le groupe européen sur l’aviation électrique. Au sein d’Airbus, l’E-Fan perd son supporter numéro 1.

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10 juillet 2015 : Jean Botti (à droite) accueille Didier Esteyne à l’issue de sa traversée de la Manche aux commandes de l’E-Fan
© Airbus Group

Jean Botti quitte Airbus Group et par conséquent son poste de directeur général délégué à la technologie et l’innovation, en avril 2016. Il rejoint Philips où il va s’occuper de technologies liées à la santé. Tom Enders a déclaré que c’est à « grand regret » qu’il le laisse partir. Le directeur exécutif d’Airbus Group a précisé que son successeur sera désigné que lorsqu’auront été redéfinis la mission et le nouveau périmètre de la future direction de l’Innovation et de la Recherche & Technologie du groupe. L’aéronautique n’aura été qu’une parenthèse d’une dizaine d’années dans la carrière de cet ingénieur de haut vol. Son passage chez Airbus aura toutefois été remarqué.

Botti a en effet éveillé le groupe aéronautique européen à l’aviation électrique en faisant entrer l’avion électrique E-Fan dans le giron d’Airbus Group. Le petit bimoteur qui a vu le jour dans l’atelier d’Aero Composites Saintonge n’aurait jamais connu la consécration médiatique sans lui. Daher ne serait pas en train de travailler sur la conception et la certification de l’E-Fan 2.0 sans lui non plus. Sans lui enfin, Airbus Group n’aurait sans doute jamais posé, à Pau, la première pierre d’une usine destinée à la production d’avions légers électriques.

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Sous l’impulsion de Jean Botti, le projet E-Fan de Didier Esteyne (Aéro Composites Saintonge) a pris une nouvelle envergure
© Airbus Group

Les nombreux prix internationaux qu’il a reçus ces derniers mois, ont fait de Jean Botti « le père du vol électrique ». Didier Esteyne ne s’offusque pas de ce raccourci médiatique que d’autres pourraient assimiler à un détournement de paternité. Le vrai père de l’E-Fan est convaincu que Botti n’a jamais cherché à tirer la couverture à lui. Il sait aussi que son rêve que Marc Faure et Alain Bugeau l’ont aidé à porter, s’est concrétisé au-delà de ses espérances grâce à Botti.

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La maquette de l’E-Fan 2.0, évolution industrielle de l’E-Fan
© Airbus Group

Depuis le 11 mars 2014, date de son premier vol effectif, l’E-Fan totalise 117 vols dont 39 en 2015. L’essentiel a été réalisé (dont la traversée de la Manche, en juillet dernier) par Didier Esteyne. Dominique Bonnaire, le deuxième pilote, en a effectué quelques uns aussi. Actuellement, le bimoteur électrique est en grande visite dans les ateliers d’Aéro Composites Saintonge, près de Royan, en attendant de recevoir sa feuille de route pour 2016.

Jean Botti sur le départ, la vie continue. Reste à espérer que le nouveau père adoptif de l’E-Fan soit aussi attentionné.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

13 Commentaires

  • Uma

    Mouais...

    N’importe quel ingénieur aéronautique sait que le moyen propulsif le plus efficient pour un avion dans cette gamme de vitesse est l’hélice lente du plus grand diamètre possible, et certainement pas une hélice rapide carénée de faible diamètre...

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    • philouze44

      On en avait déjà discuté avec M. Guimbal, qui avait le même avis que vous. Pourtant la chose doit se calculer. On sait que le carénage permet de récupérer une grande part du rendement perdu, mais en amenant à nouveau de la trainée. Sauf que l’avion est lent et destiné à faire des tours de pistes.
      On aimerait avoir les calculs.
      Par ailleurs vous parlez d’hélices rapides. au vu des vidéos, de la fréquence du bruit, je n’ai pas eu l’impression que les hélices en questions soient rapides, plus qu’une bipale de taille courante en tout cas. Vu que c’est un bimoteur, on en a même peut être profité pour faire tourner ça lentement.
      Reste qu’on y perds du poids en carénage (mais en carbone, on parle peut être d’1kg par tube) , et qu’on y gagne énormément en silence.
      ça se dispute

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    • Moltobaleze

      @ UMA ...
      Mouais ...
      N’importe quel ingénieur aéronautique sait aussi que le choix d’une architecture avion résulte de compromis.
      Alors imaginons qu’il y ait aussi des ingénieurs aéronautiques dans l’équipe EFAN d’Airbus et de Daher (quelle idée folle ! ...) et que parmi les critères de choix figure le bruit (entre autres ...), l’exploration de solutions à base d’hélices carénées serait-elle si farfelue ?
      Sans perdre de vue que l’EFAN 1 est un démonstrateur destiné à expérimenter et tester différentes configurations et qui ne préfigure pas nécessairement l’EFAN 2.0.
      Pour revenir à Jean Botti, ce qu’il a (entre autres) montré c’est qu’il y avait des portes à ouvrir pour initier une réflexion grandeur nature sur la motorisation électrique.
      Et il les a grande ouvertes !
      @ Gerard Webet
      Je comprends que l’on puisse envisager le risque qu’un grand groupe change de direction en cours de route ; on pourrait tout aussi évoquer le risque qu’une PME n’arrive pas à porter le projet d’un avion électrique certifié par manque de compétences et/ou de capacités de financement ..
      En ce qui me concerne, en face de ces risques, je préfère me réjouir de l’effort fait par ces grands groupes pour avancer sur le développement d’une aviation plus électrique.
      Parce que j’imagine que toutes l’expérience acquise à ce jour pourra être mise au service d’autres projets (si jamais l’EFAN 2.0 industrialisé ne devait pas voir le jour).
      Pour ce qui est de la peau de l’ours ... je constate que l’ours en question à déjà volé 117 fois !
      Bons vols (bientôt électriques ?) à tous.

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  • gerard webet

    Votre article dithyrambique sur mr Botti me laissent un peu interrogateur.
    J’ai un âge certain où on a appris, grâce à de vieilles maximes populaires basées sur l’ expérience qu’on ne doit pas vendre la peau de l’ ours avant de l’ avoir tué.
    j’ai d’autre part vu la politique des grands groupes changer de cap très rapidement et la première des obligations d’un "père,fût il de l’ avion électrique" est d’accompagner son enfant....
    Je vous donne rendez vous en février 2018 pour reparler de ce qu’il est advenu de ce bébé électrique qui est loin pour le moment de conquérir les foules en dehors des medias.

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  • fred

    "Le père du vol électrique". Faut pas exagérer. Allez voir Lange aviation qui vend depuis 10 ans un planeur électrique autonome, ou Alisport qui vend l’ulm Silent électro. On peut parler aussi des vols antérieurs du Cricri électrique, ou de la traversée des usa par le motoplaneur sunseeker il y’a bien longtemps.

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    • chris40

      Si pas d’exploit c’est certain mais beaucoup de com ....

      Pour les moto planeurs électriques avec le Silent TARGA et les pipistrel APIS et TAURUS tous avec une finesse supérieure à 40 ; ils peuvent traverser la manche ... moteur coupé !

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  • Michel Barry

    Je suis surpris de voir balayer aussi radicalement les travaux théoriques et expérimentaux, concernant les hélices carénées, de Marc Faure et les multiples essais de Didier Esteyne.
    Les pedigree réunis de l’ingénieur et chercheur en Aérodynamique de très haut niveau et du pilote devraient faire réfléchir ceux qui portent un avis "avisé" parce qu’ils ont lu des théories dans des bouquins ou des revues..
    D’autres appareils existent, se vendent volent bien.
    Mais qui aujourd’hui est capable de porter un jugement objectif (essais comparés, qualités de vol, coût réel de production, intérêt pout les utilisateurs, ...) concernant les différents appareils actuels, dont certains pseudo-certifiés ?
    Voler en électrique c’est facile, on le fait depuis très longtemps. Certifier, conformément à une base de certification qui permet l’obtention d’un CDN, c’est beaucoup plus difficile.
    Et sans CDN théoriquement pas de commercialisation. Mais ça aussi c’est de la théorie !

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  • ratel

    ce n’est qu’un départ, concernant JEAN BOTTI il peut se diriger vers autres choses, en aviation la recherche et fondamentale, surtout concernant le solaire.
    SOLAR IMPULSE, c’est un grand pas pour le futur et pour d’autres applications,
    bien entendu. chez certaines personnes la critique et aisée, je les comprends, question recherche il faut toujours être positif, c’est cela l’aviation !!!!! j’admire
    tout les pilotes qui ont forgés l’aviation tel que Blériot et beaucoup d’autres !!!!
    la liste et longue.
    bien a vous tous sur ce site.

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  • G Lescalup

    Passer de l’aéronautique au médical ! Changement de cap curieux , à moins que la rémunération ait levé les hésitations car le culte du Veau d’or est omni présent.

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  • Grisez Ph

    Monsieur Botti eût peut - être mieux fait ,pour la science , de s’intéresser à la MVO , qui ,comme chacun le sait (? ) , ne se conçoit qu’avec de la GV (géométrie variable , pour les néophytes , peu nombreux ici ...) .
    En effet , cette mécanique de vol "naturelle" permet-trait ... de nombreuses avancées . En premier lieu : suppression de l’empennage classique , et en second : gestion de la vitesse de vol par configuration adaptée de la voilure . Ce qui apporte des avantages en poids , et manœuvre - en particulier de s’envoler ,pour un petit engin ,d’une falaise venteuse ,juste en étendant les ailes ,comme un oiseau (aujourdhui ,vent égale QGO pour un engin de VL ) . J’avais parlé de ça à des moniteurs d’une école de vol libre ,qui étaient d’accord sur l’avenir de la GV . Mais cette approche est sans doute applicable à des engins plus importants -cf le projet d’avion d’affaire publié précédemment . Pour ce dernier ,le fait de pouvoir configurer sa voilure en fonction de la situation de vol doit être bénéfique .
    Mais il n’y a pas que J Botti sur cette planète ,et "cela viendra "...

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  • Pie 13

    Le fly électrique en France c’est aussi Electravia basé à Sisteron.
    En ce qui concerne l’E-Fan, l’architecture consistant à n’utiliser qu’un seul tube au dessus du fuselage portant deux moteurs en tandem a t’elle été étudiée ? Avec un empennage papillon par exemple...

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  • tutti

    "Alain" Bugeau ??? ne s’agit-il pas plutôt (avec accent circonflexe !) d’"Olivier" Bugeau ?

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  • ROULOT

    Bonjour,
    Je trouve surprenant que un telle projet de societe a l heure de la cop 21 repose sur un homme que l on peu saluer au passage.
    L absence de vision a 5...10...15 ans me semble catastrophique pour ce challenge.
    J espere que son successeur aura pris les bonnes consignes et le virus de Jean B la transportation.
    Pour memoire la premiere voiture electique date de 1899 " la jamais contente "...cela laisse reveur quand on regarde le chemin que cela a pris.
    Je pense que si l on fait le tour de la mondialisation sur le poste electrique et notament l avion electique on pourrai ecrire un livre.
    Au passage saluons ceux qui ont pris des riques et qui on encore l esprit d entreprendre, son pilote Didier EYSTENE et Francis DEBORDE (ACS) et leurs equipes.
    Pour le reste j attends l usine de Pau, un avion propre et moins chers pour nos "Aero Club" pour former nos pilotes de demain, car l objectif est bien l avenir....Bon vol a Tous.

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