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Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect

En deux ans, Voldirect, le pionnier français du transport public en monoturbine a vu son activité multipliée par deux. L’exploitant breton de TBM850 va prochainement mettre en service son deuxième avion, un PC-12.

26.06.2015

Voldirect a débuté son exploitation en TPP avec un TBM850. © Vol Direct

Il y a tout juste deux ans, lors de la précédente édition du salon du Bourget, Daher-Socata avait organisé un événement pour la remise à Frédéric Caussarieu, président de Voldirect, du premier certificat de transport aérien (CTA) à un exploitant d’avion monoturbine opéré en vol aux instruments. Cela faisait des années que le constructeur français se battait au niveau européen pour faire évoluer la réglementation. Ce document officiel tant attendu avait valeur de victoire, pour l’un comme pour l’autre…

Deux ans après, le patron de la compagnie bretonne a le sourire. Il affirme avoir doublé son chiffre d’affaires, en 2014, c’est-à-dire au cours de sa première année pleine d’exploitation de son CTA. « Le bilan est très positif, même si le CTA a été couteux à obtenir. Le surcroit d’activité compense les surcouts. Nous avons amorti le CTA à hauteur de 200.000 euros, sans évidemment tenir compte du temps passé ». Le transport public de passagers génère également des coûts que Frédéric Caussarieu estime à 100.000 € par an. « En doublant le nombre d’heures de vol, nous amortissons les coûts complémentaires ». Pour les clients, c’est aussi plus intéressant, puisque la TVA initialement à 20% (non récupérable) est réduite à 10% pour les vols nationaux et à 0% pour les internationaux. « Pour le client, sur un aller retour facturé 10.000 €, cela représente une économie de 1.500 € en moyenne ».

A l’origine, Frédéric Caussarieu avait créé un classique GIE (Groupement d’Intérêt Economique) avec 7 entreprises implantées entre Rennes et Nantes. Depuis l’obtention du CTA, le GIE a été remplacé par une compagnie aérienne qui compte une quarantaine de nouveaux clients. « Ce sont des entreprises régionales de taille moyenne qui réalisent entre 10 et 100 M€ de chiffres d’affaires. Le patron est local, l’entreprise et le management sont régionaux ». Le tarif annoncé est de 2.000 € HT l’heure de vol en TBM850. Pour le Pilatus PC-12 qui doit prochainement entrer en liste de flotte, il faudra compter environ 20% de plus annonce le président de Voldirect.

D'ici quelques mois, Voldirect exploitera en TPP, un Pilatus PC-12 en complément de son TBM850

D’ici quelques mois, Voldirect exploitera en TPP, un Pilatus PC-12 en complément de son TBM850. © Voldirect

La compagnie emploie cinq pilotes. Certains sont biqualifiés. Le TBM850 est exploité avec un pilote, le PC-12 avec deux. « Sur le TBM, nous avons en moyenne deux passagers. En revanche, sur le PC-12, ce sont 7 passagers. Un deuxième pilote permet de mieux prendre en charge les passagers pendant que le pilote s’occupe de l’avion. C’est un coût supplémentaire, pour l’amortir il faut augmenter l’activité ».

Voldirect a identifié trois axes de croissance. Le premier est la mise en service d’un nouvel avion, en l’occurrence le PC-12, qui avec une capacité d’emport supérieure ouvre de nouveaux marchés. Frédéric Caussarieu, envisage aussi de baser d’autres avions dans d’autres régions. Il souhaite également dupliquer son modèle sous licence. L’Europe devrait suivre la France dans la voie du TPP monoturbine. Actuellement Voldirect opère sous dérogation, tout comme Finist’Air, l’autre compagnie française a faire du TPP en monoturbopropulseur.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

15 commentaires

  • MARTEAU

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Ciel, laissons le CHOIX aux pilotes et aux passagers de monter à bord. !
    JCM

  • sylvestre goux

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Les statistiques prouvent qu’un monomoteur peut être moins dangereux que de nombreux bimoteurs. Le rapport est très favorable aux monoturbopropulseurs face aux bimoteurs à piston et aussi, mais moins, face à la plupart des biturbopropulseurs. En fait ce que montre les statistiques c’est que ce qui fait une grosse différence est le nombre de pilotes. Le PC12 bat en statistique d’accident tous les biturbopropulseurs sauf un, le King Air 350. Le point commun à ces deux avions est d’être exploité le plus souvent à deux pilotes, et le plus souvent aussi par des professionnels. Pour le TBM les statistiques sont un peu moins bonnes car il est piloté très souvent seul et par son propriétaire.
    Le nombre d’accidents mortels lié à des pannes moteurs pour le TBM et le PC12 est à ma connaissance de ZÉRO, avec une flotte de près de 2000 appareils. C’est un peu moins bon pour le Cessna Caravan qui opère dans des environnements plus difficile. Tous ces éléments sont corroborés par de nombreux articles sur internet, faites une recherche du genre  » single engine turboprop safety » pour vous en rendre compte.
    Un point reste délicat, le survol maritime, bien que les TBM et PC12 aient traversé sans encombre l’Atlantique des milliers de fois. L’avion idéal : un PC 900 avec parachute comme les Cirrus et une flottabilité comme les hélicos?

  • lavidurev

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Le vol mono turbine a su prouver sa fiabilité . Un seul pilote à bord est le risque, la défaillance humaine étant plus probable que la défaillance technique..

    • Merlin

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      Hop, hop, hop,
      Un moteur plus fiable qu’un seul pilote ?
      Quel est selon vous le risque de défaillance d’un moteur par rapport à un être humain ?
      Quelles statistiques ?
      Un moteur c’est bien, deux c’est mieux !
      Un pilote c’est bien, deux c’est mieux !
      Autre chose ?

  • abcde

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Mon cher Balli..sauf que nous parlons ici d’un pc -12 et non d’un d’un b737… vous avez raison il vaut mieux voler sur un bimoteur piston c’est plus sur en n-1..:).

  • lavidurev

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Rappel aux voyageurs (téméraires) :
    « Il est rappelé aux voyageurs que d’autres moyens de transport existant sont également mis à leur disposition.
    Nota: Certains moyens de transport peu rapides pouvant se révéler plus dangereux encore aussi est il est fortement recommandé au voyageur de s’informer avant le départ.
    L’achat du titre de transport en avion monoturbine n’est en aucun cas obligatoire et il est remboursable sous certaines conditions.
    Remarque: Il apparaitrait à certaines personnes que le désir de vivre des pilotes de monoturbines semblerait moins fort que celui des pilotes de bi-moteurs.
    A ce jour, aucune étude médicale sérieuse ne pouvant affirmer ou contredire ce fait, le
    voyageur sera donc tenu de présenter sur demande son titre de transport.
    Tout contrevenant à la sédentarité s’expose à voyager.

  • SAUTERET

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    C’est grâce à la fiabilité de son moteur que la certification, longtemps refusée, exploitation TP/IFR monomoteur a été obtenue; auparavent seul l’IFR monomoteur était seulement autorisé pour l’instruction ( pour l’hélicoptère c’est le cas )
    Déja l’aventure avait commencé avec le TBM 700, je pense aux USA!

    • BALLI

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      Aucun moteur ou instrument n’est fiable à 100%… Un jour ou l’autre, demain ou dans 10 ou 20 ans, ce monoturbine ou un semblable aura une carafe bête et inattendue, et finira en pièces détachées au tapis…

      Ce qui est bon pour un monomoteur militaire — la perte d’un avion de chasse rentre dans les statistiques comme contrepartie de l’amusement, quant au kamikaze, personne ne l’a obligé a signer, en plus ça l’amuse et il vole gratos, donc peu importe…— n’est pas acceptable pour un civil qui paie son voyage et n’a pas envie de stresser et risquer sa peau dans un engin à 2000€/h, ou même moins!…

      Hélas les constructeurs s’obstinent vouloir faire voler les civils dans des monomoteurs — un non-sens absolu pour un engin aérien, un concept centenaire qui devrait d’ailleurs être interdit depuis belle lurette..!— quitte à faire tous faillite les uns après les autres, les survivants suisses, français ou autrichiens passeront eux aussi à la trappe!…

    • Antoine

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      Pas d’accord: cette prise de position n’est absolument pas supportée par la réalité des chiffres. Un bimoteur a statistiquement 2x plus de probabilité de panne moteur et la survie est loin d’être garantie sur un moteur – voir le récent crash de Transasia.
      Un bon monoturbine est sûr. Les chiffres sont connus.

    • BALLI

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      Ah les vieilles rengaines ont la vie dure, oui oui, un bi à théoriquement 2 fois plus de chance de tomber en panne de moteur, sauf que statistiquement les 2 moteurs ne peuvent pas tomber en panne en même temps (hors étourderie, panne d’essence, givrage etc..) et ce, même si l’avion volait 100 ans!… Et les conséquences sont sacrément différentes, dans le cas d’un mono, c’est le jugement dernier dans 80% des cas (Et 100% de nuit, en zones inhospitalières, au dessus de la mer, en visi faible au sol, en conditions de givrage…), dans l’autre, vous avez toutes vos chances de poursuivre jusqu’au premier terrain accessible et de revoir les vôtres… D’ailleurs demandez-vous pourquoi Airbus, Boeing ou Dassault mettent au minimum 2 moulins sur leurs jets, alors qu’un seul leur couterait bien moins cher?

      • DAUPHIN

        AIRBUS comme Boeing abandonnent les avions à 4 ou 3 réacteurs.
        Il n’est pas possible de placer comme semble le proposer Balli, un seul réacteur avec une poussée d’environ 70 t, pour propulser un 320 ou 330.
        Aujourd’hui, les 320, 330 Neo ont un moteur d’un diamètre tel qu’il est très prés du sol.
        Mono ou BI, deux régimes différents:
        Le mono ne pratique pas des vols type ETOPS (Extended-range Twin-engine Operation Performance Standards ).
        En mono moteur Il est de la responsabilité et c’est une obligation pour le Cdt de bord de déterminer une route avec possibilité d’un atterrissage en sécurité, en utilisant la finesse max de son avion, la hauteur, la vitesse.
        Nous constatons que notamment sur hélicoptère, très peu de bi-turbines ont la capacité mono.CP1.

    • Eduardo Basoutos

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      La panne en monoturbine est tout a fait possible. Comme la panne de deux moteurs en meme temps (Hudson, et toutes les pannes d’essence). Tout est question de statistiques et de niveau de risque acceptable. Imaginons que le risque soit de 0.0003 mort par 1m/km/passage contre 0.0001 en Airbus bimoteur, est-ce acceptable?

      Il est faux de dire qu’une panne moteur de nuit ou au dessus de l’eau est mortelle à 100%, loin de la.

  • aero31

    Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
    Et n’oubliez pas hors monoturbine, la bonne tenue de wijet, qui eux operent des cessna mustang à 600€/h/pers. Cree en 2008, ils ont 6 appareils.

    • BUFFET Pierre

      Le transport public en monoturbine réussit à Voldirect
      Petite précision :
      Voldirect est une belle petite compagnie qui prend particulièrement soin de son personnel et qui sait reconnaître les efforts et les investissements consentis. C’est à noter.

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