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Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs

Depuis son atelier de Gap-Tallard, Beringer a mis au point un nouveau train qui pourrait révolutionner la vie des pilotes de brousse nord-américains. En se penchant sur le cas des Super Cub, le spécialiste des roues et des freins s’est aperçu qu’il y avait beaucoup à faire aussi avec les amortisseurs des avions de tourisme.

28.12.2015

Et si en Alaska les avions de brousse n’avaient plus besoin de leurs grosses roues ? Leur image en prendrait un coup, c’est sûr. Leurs pilotes semblent prêts à en prendre le risque depuis qu’ils ont découvert, au printemps dernier, la dernière nouveauté en date de Beringer. Il s’agit d’un train à amortisseurs oléo-pneumatiques à haute absorption d’énergie, anti rebond, destiné aux Super Cub. Il offre 30 cm de course d’amortissement pour une dissipation maximale de l’énergie, contre 8 cm avec le système à sandows d’origine.

En mai dernier, à Anchorage, au grand rassemblement annuel, le fabricant français a présenté une maquette. Son stand a été pris d’assaut. A la fin de la première journée, il n’avait plus un prospectus à distribuer. Ce nouveau train pourrait en effet non seulement apporter du confort aux pilotes, mais surtout leur faire économiser beaucoup d’argent.

Aux commandes de leurs Super Cub, les pilotes de brousse nord-américains se posent n’importe où, jusque dans le lit des rivières rocailleuses. Ca rebondit, ça tape fort et ça se termine parfois sur le dos. A la belle saison c’est l’hécatombe. Des centaines de vidéos en attestent sur Youtube… D’où l’intérêt des pilotes de brousse pour le train proposé par Beringer, associé à son système de freins antiblocage, qui pourrait leur faire économiser de lourdes réparations et des semaines d’immobilisation en pleine saison. Ils économiseront aussi sur les roues qui n’auront plus besoin d’être aussi disproportionnées, n’ayant plus à jouer le rôle d’amortisseur. Les pneus seront moins chers et les roues traineront moins…

Beringer estime le marché à 10.000 Super Cub, dont une grande partie classée en « Experimental », échappant de ce fait au cadre contraignant de la certification. Le train pourrait être proposé aux environs de 10.000 $. Il se monte sur les points de fixation d’origine. La commercialisation débutera dès le printemps prochain, en parallèle du dossier de certification. A noter que ce train, en version plus légère et deux fois moins chère, peut être monté sur des ULM. C’est d’ailleurs sur un Savage Cub, que Beringer l’a mis au point, et que nous avons pu apprécier son efficacité.

Avec ce nouveau produit appelé à un bel avenir commercial, le fabricant français poursuit sa pénétration du marché aéronautique. Cirrus propose depuis quelques mois, en première monte, les roues et les freins Beringer sur ses SR22. Dans le sillage du numéro un mondial, Diamond ou Grob ont fait le pas, d’autres sont sur le point d’y venir. Et déjà, Beringer regarde du côté des amortisseurs des avions légers, où selon lui il a beaucoup à gagner. Depuis 30 ans, la tenue de route est une obsession chez Beringer.


Gil Roy

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

12 commentaires

  • pierre raynal

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    bonjour……J’ai récemment réalisé un hydro dont je suis créteur , concepteur , et pilote d’éssais…….Je suis en vie donc l’avion vole bien…….

    Cependant je n’ai pas rélemment trouvé le systéme d’étanchéité et de fonctionnement du train principal…..Je suis à votre écoute si vous pouvez m’apporter une solution simple……
    aeronautiques Pierre RAYNAL
    Amitiés

  • Thierry

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Il y a effectivement du grain à moudre, je pense à nos amortisseurs oléopneumatiques de remorqueur MS 893 dont les amortisseurs (surtout avant) étaient une source constante d’incidents. pour le cub, il faudrait aussi se pencher sur la roulette de queue, source d’ennuis pour les mécanos et les apprentis pilotes (je me suis payé qqe heures de vol en faisant de la « paille » au machines du lycée technique) .

  • Daniel DALBY

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Je suis très heureux que l’argent public qui a été mis sur ce projet a servi à mettre sur le marché un produit, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas …..

  • Christophe

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Bonsoir,

    Quel est le « plus » sur ce produit par rapport à Fournales?

    http://www.fournales.fr/catalogue/Aviation/

    Christophe

  • patrouille
    Adam Shaw

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Le Super Cub pressenti pour les essais de certification… si certification il y a.

  • Grisez Ph

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Bravo ! Comme quoi ,le design ,ça peut frapper même quand on ne s’y attend pas … Il suffit de se dire « comment ça marche , et peut -on faire mieux ?
    Maroc , Rabat … ; 1000 pieds , mon copain vire , mais engage ! Heureusement ,bien formé , il remet tout à zéro ,et le Piper se prend une ressource .. d’enfer . Mais les ailes ont tenu … brave Piper !
    Bonne Année à tous ,et à ce brillant innovateur français .

  • Lou Ravi

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Très belle invention française! Bravo! On ne comptera plus qu’une seule taxe d’atterrissage aux pilotes de clownes de J3. Tant pis! Le Kangourou air club restreint aux seuls pilotes de SF 28…

  • ratel

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    très belle invention pour les aéronefs de tout terrain, bravo l’artiste c’est une recherche Française!!!!!!

  • G Lescalup

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    J’ai appris à piloter sur Piper J3. Si la vitesse d’approche n’était pas respectée pile poil, le rebond était impressionnant avec le capot qui semblait monter jusqu’au ciel!
    Aujourd’hui, je suis devenu tellement raide que je n’arrive plus à monter dans le cockpit car il faut se contorsionner… Dommage, le Piper volait bien.

  • lieutenant Bleubéret

    Après les freins et les roues, Beringer s’intéresse aux amortisseurs
    Quand je disais que le Super Cub était le meilleur avion du monde…( nostalgie)…Il sera encore plus meilleur maintenant !

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