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Breitling réduit la portance
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L'image de Breitling semblait indissociable de l'aviation et pourtant… Le nouvel actionnaire a décidé de changer de cap et, en conséquence, de mettre fin à la plupart de ses contrats de sponsoring. Si le Jet Team est maintenu pour le moment, le couperet est tombé pour le Super Constellation, le DC3, les Wingwalker ou encore la Breitling Racing Team de Mikaël Brageot. Des questions sans réponses se posent pour les autres…

23.10.2017

Suite à la décision de Breitling de ne pas poursuivre son partenariat avec Red Bull Air Race, Mika Brageot n'aura finalement étrenné la magnifique livrée de son MXS-R "Skyracer" qu'une seule saison sur le circuit Red Bull Air Race. © Breitling

Récemment, Breitling a changé de main après que Theodore Schneider ait vendu 80% de sa société à CVC Capital Partners, un fond d’investissement anglais qui a placé Georges Kern à la tête de la société. La nomination de cet Allemand à la réputation d’être un patron aux décisions tranchantes, a notamment eu pour effet de générer une rumeur : « Breitling projetterait de se désengager totalement de l’aviation. » Info ou intox ? Voici les faits…

Super Constellation : deux fois à terre

Le 16 mai 2017, alors qu’il effectuait des essais de freinage sur l’aéroport de Zurich, un incendie s’est déclaré sur le Super Constellation. Si, fort heureusement, il n’y a pas eu de blessé, le coût des réparations a été estimé à plus de 2 millions d’euros.

Le Super Constellation. © Breitling SA

Durant l’été, les membres de l’association ont été frappés par un deuxième coup de massue lorsque Breitling leur a annoncé que le contrat de sponsoring, qui arrivait à échéance, ne serait pas renouvelé. Sans ce précieux soutien, les réparations devenaient beaucoup plus compliquées… Néanmoins, le Super Constellation n’a pas dit son dernier mot puisqu’une campagne de crowd-funding a déjà permis de réunir un peu plus d’un million d’euros.

DC-3 : un dernier tour d’honneur…

Le Tour du monde du Breitling DC-3 a été l’événement aéronautique de l’année. Parti de Genève en mars, il revenait au même endroit en septembre après avoir traversé l’Europe, l’Asie du sud, le Japon, le Pacifique, sillonné l’Amérique du nord et traversé l’Atlantique nord. L’exploit de son équipage qui a veillé sur cet appareil de 77 ans (classé avion de ligne !) fut sans précédent dans l’histoire de l’aviation.

Le DC-3 à New York, durant son tour du monde. © Breitling SA

Lors du meeting de Sion (15-16-17 septembre) l’avion et les gens impliqués dans cette aventure furent portés en triomphe par tout un pays. Cependant, cette grande médiatisation, fruit de ces 6 mois de périple, n’aura pas convaincu Breitling de garder le DC-3 : fin août, l’horloger leur annonçait que le contrat de sponsoring s’arrêterait définitivement à la fin de l’année 2017.

Les Wingwalkers voleront mais…

Ils étaient le côté glamour de la flotte… Leur visibilité sur les meetings a beau avoir été indéniable ces dernières années, la décision de Breitling a été la même : leur contrat de sponsoring qui se termine le 31 octobre 2017 ne sera pas renouvelé. Mais que les fans de cette équipe se rassurent : en 2018, ils voleront en Europe sous leur propre label : Aerosuperbatics Wingwalkers.

En 2018, les Wingwalkers voleront sous leur propre label : Aerosuperbatics. © Breitling SA

Quant à retrouver un nouveau soutien financier, il faut savoir que depuis 1987, les avions d’Aerosuperbatics ont volé avec cinq annonceurs différents ; autant dire que le démarchage de sponsor ne leur fait pas peur. Le rapport visibilité/qualité/prix de cette équipe étant indéniablement efficace, l’apparition d’un nouveau partenaire sur les ailes de leurs Stearman ne devrait pas se faire trop attendre.

Mika Brageot et le Racing Team

Dès le début de la saison 2017 de la Red Bull Air Race, les plus observateurs auront remarqué que l’inscription « Breitling », qui figurait sur les portes aériennes depuis une dizaine d’années, a disparu au profit d’Hamilton. En effet, cette saison, seuls Mika Brageot et son équipe « Breitling Racing Team » arboraient encore le logo au « B ailé ». Mais, pour eux aussi, l’aventure avec Breitling s’arrête-là : lors de la dernière course, à Indianapolis, ils ont porté les couleurs de l’horloger grangeois pour la dernière fois.

Après une première saison prometteuse en Master Class, l’équipe de Mika Brageot garde le sourire et s’alignera bien en 2018, avec ou sans sponsor majeur. © Breitling SA

Néanmoins, Brageot participera quand même à la prochaine saison de la Red Bull Air Race car, en 2017, ses résultats ont été excellents pour une première participation en Master Class : il termine 10e et premier Français. En 2018, nous le verrons donc encore slalomer entre les pylônes et ce, avec ou sans sponsor majeur. Par ailleurs, son avion recevra un tout nouveau design, actuellement en cours d’étude. Dommage, on aimait bien la livrée du Skyracer… mais Mika promet que la prochaine sera encore mieux.

La question du Jet Team…

Ces dernières années, ceux qui sont incontestablement les plus grands ambassadeurs de la marque ont rayonné dans le monde, de l’Amérique du Nord à l’Asie. Demandez aux béotiens des choses de l’air s’ils connaissent la « Patrouille Breitling », la plupart répondront par l’affirmative, car cette équipe est devenue presque aussi célèbre que la Patrouille de France.

Aucune crainte pour le Jet Team qui sera bien sur les meetings en 2018. © Breitling SA

C’est probablement la raison pour laquelle Breitling leur a annoncé avoir l’intention d’honorer, sans remise en question ou renégociation, leur contrat qui court jusqu’à fin 2019. Un changement de livrée n’étant pas à l’ordre du jour, nous les verrons donc bel et bien sur les meetings français et européens pour au moins deux années de plus.

Ils sont dans le flou

Pour les autres pilotes sous contrat avec Breitling, Aude Lemordant et Franky Zapata n’ont pas souhaité s’exprimer, et Louis Vanel n’a pour l’heure pas été averti d’un quelconque changement dans son contrat. Pour ces trois-là, l’incertitude reste entière…

De gauche à droite : Aude Lemordant, Franky Zapata et Louis Vanel. © Breitling SA / FFA

Une chose est sûre, les pilotes ne semblent plus être les clients privilégiés des horlogers, d’où ce repositionnement stratégique. D’autres marques sont présentes sur le créneau de l’aviation, mais il n’est pas sûr qu’elles aient les mêmes capacités financières, ni seulement la volonté de se substituer au sortant. La chasse aux sponsors est ouverte !

Bastien Otelli

A propos de Bastien Otelli

chez Aerobuzz.fr
Bastien Otelli travaille depuis 2004 avec la presse et l'édition des choses de l'air… Il a rejoint l'équipe d'AeroBuzz.fr en 2016. Depuis 2013, il est également professionnel de la photographie aéronautique. Ses photos sont visibles sur www.bastien-otelli.com

5 commentaires

  • JL

    Après avoir vu en détail la dernière course RedBull à Indianapolis, je me suis rendu compte que le vainqueur n’était que celui qui « au bonheur la chance » réussissait les fameux VTM (c’est à dire dépassait 10G pour moins de 0.6s), et je n’ai finalement pas trouvé la formule (spectaculaire certes) finalement très intéressante. De mon point de vue vraiment cela ne donne pas une image très méritoire du pilotage, et ce n’est un peu que du tirage au hasard. La formule VW air race(initiée par Steve Wittman) aux Etats Unis était une vrai course aérienne avec les coureurs dans le circuit « en même temps » (je paraphrase Jupiter) sur de petits budgets, comme Reno (qui est « LA » course aérienne de référence).
    Allez voir sur Youtube les performances de l’Osprey GP5 et vous aurez une autre idée de la course aérienne qu’avec des avions de voltige (en version aseptisée).

  • H.Gindre

    Espérons que BREITLING gardera l’essentiel:
    La superbe formation crée par Jaques BOTHELIN, regroupant actuellement les 7 Albatros L-39 magnifiquement pilotés par son team. Pour Breitling la visibilité de la marque est évidente et pour le plaisir des spectateurs c’est un must.
    Les sponsoring de pilote « isolés », comme M. Brageot par exemple, n’ont pas beaucoup de visibilité et ne satisfont que les pilotes qui en bénéficient.

    • Bastien Otelli
      Bastien Otelli

      Bonjour et merci pour votre commentaire.
      Pour répondre à votre réflexion concernant Mikaël Brageot, cela dépend de quel point de vue l’on se place. Car si, en France, ces courses ne sont diffusées que sur une petite chaîne TV (SFR Sport 3, qui ne diffuse que de courts résumés) ce n’est pas le cas d’autres pays où elles sont retransmises sur de grandes chaînes telles que : NBC Sport (USA), Sky Sport (GB), Fox Italy, NHK BS-1 et J-Sports (Japon), Servus TV (Autriche), RTVE (Espagne), TV Globo (Brésil), EIR Sport (Irlande), Kompas TV (Indonésie), Supersport (RSA), etc. Au total ce sont près de 30 chaines qui diffusent – dont une majorité en direct – chaque course. Par ailleurs, les retransmissions en live-streaming des courses génèrent des audiences colossales sur Internet. Au final, dire que Brageot est « un pilote isolé » qui n’a « pas beaucoup de visibilité » ne me paraît pas très juste.
      Bien à vous.
      B. Otelli.

    • Lionel

      Des patrouilles, il y en aura d’autres!

      Ce qui est souhaitable, c’est que l’équipe du Super Constellation trouve rapidement de nouveaux sponsors pour que ce « monument » historique quasi unique continue de voler.

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