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Certification imminente pour le Sonaca 200

Sonaca Aircraft a terminé les tests en vue de la certification de son biplace d'entrainement et de voyage, le Sonaca 200. Présent au salon Aero de Friedrichshafen (18-21 avril 2018) le constructeur belge présente pour la première fois son avion dans sa version de série. Aerobuzz a fait le point avec le directeur des ventes, Pierre Van Wetter.

19.04.2018

Le Sonaca 200 est motorisé par un Rotax 914F © Fabrice Morlon / Aerobuzz

Après avoir terminé les essais en vol de son avion entièrement métallique en janvier 2018, le constructeur belge attend désormais l’approbation de l’EASA pour la certification CS-VLA, dans les prochains jours. La majorité des essais en vol a eu lieu dans le sud de la France et, depuis février 2018, le prototype de l’avion a regagné la Belgique.

Deux prototypes ont été construits pour réaliser l’ensemble des tests. Les essais en vol ont été achevés en janvier 2018 © Sonaca Aircraft

S’il est un nouveau venu sur le marché des « very light aircraft » (VLA), Sonaca est un acteur majeur de l’industrie aéronautique belge. Depuis bientôt un siècle, elle est associée à plusieurs grands programmes aéronautiques européens.

Sonaca Aircraft est bien implanté dans le paysage aéronautique belge et européen. La société, dont le siège social est basé à Namur, est l’héritière de 90 ans d’expérience. La Société Générale d’Entreprises Aéronautiques a ainsi assemblé sous licence des biplans bombardiers du type Firefly. Dans les années 60, elle construit un avion léger de loisir, le Tipsy. A partir de 1979, la société devenue Sonaca assemble les chasseurs F-16 destinés à la Belgique et au Danemark.

Le Sonaca 200 est équipé en série d’un tableau de bord analogique pourvu d’un système digital de gestion des paramètres moteur (un Rotax 914F). Il est équipé pour le VFR de nuit © Fabrice Morlon / Aerobuzz

Spécialisée dans les aérostructures civiles et militaires (Sonaca travaille comme sous traitant aussi bien pour Airbus que Boeing, Lockheed Martin…), il manquait la dimension de l’aviation légère à Sonaca. « En 2015, nous avons décidé de lancer une étude sur un biplace école » explique Pierre Van Wetter, directeur des ventes de Sonaca Aircraft, « ce qui nous permettait de développer et de compléter notre activité en re-devenant avionneur à part entière. »

Le prototype du Sonaca 200 a effectué 200 heures d’essais en vol © Sonaca Aircraft

Un Sling 2 modifié à 80%

Le Sonaca 200 est basé sur la cellule d’un Sling 2, conçu en Afrique du Sud par the Aircraft Factory. « Le choix de la cellule a été dicté par une étude précise du marché » explique Pierre Van Wetter : « nous souhaitions développer un avion-école robuste, sur un cahier des charges précis, tout en économisant le développement de la cellule de base. » 80% de l’avion d’origine ont été modifiés pour aboutir au Sonaca 200 et répondre aux exigences du marché et de l’EASA pour la certification.

Les éléments constituant le Sonaca 200 sont fabriqués dans les usines du groupe en Europe puis assemblés à Namur © Sonaca Aircraft

Après avoir effectué des essais sur un Sling 2 modifié, deux cellules ont été construites pour mener la campagne de tests. Le premier avion a subi les tests au sol, y compris des tests destructifs allant jusqu’à la rupture de l’aile. Le deuxième a servi aux tests en vol, qui a accumulé près de 200 heures d’essais.

Sonaca Aircraft vise la certification CS-VLA (Very Light Aircraft), avec une masse maximale au décollage de 750 kg. Motorisé par un Rotax 914F, sa vitesse de croisière est de 115 kt.

Plusieurs développements en vue

La campagne de tests en vue de la certification EASA à peine terminée, l’avionneur ambitionne déjà de développer son biplace. Le prototype, exposé au salon Aero de Friedrichshafen, reprendra les vols après le salon. L’objectif est de mener une campagne d’essais de vrilles intentionnelles avec en ligne de mire d’étendre les possibilités du Sonaca 200 aux figures acrobatiques de base.

Le Sonaca 200 est un avion métallique aile basse, basé sur une cellule de Sling 2 © Sonaca Aircraft

Deuxième projet, celui de porter la masse maximale au décollage de 750 kg au-delà des 800 kg : l’avion resterait alors dans la catégorie, étendue, des CS-VLA. « Sonaca Aircraft a reçu plusieurs demandes de la part de clients potentiels pour équiper l’avion en IFR, des écoles qui souhaitent former leurs élèves à évoluer en conditions non givrantes sur monomoteur » explique Pierre Van Wetter « la redondance des instruments alourdit l’avion qui passe au-delà des 750 kg de la CS-VLA. »

Une autre piste sur laquelle travaillent les équipes de Sonaca Aircraft est l’électrification du Sonaca 200. Le projet est à l’étude, sans être une priorité pour le moment. Tout comme une version quadri-place : « nous pensons à un Sonaca de quatre places mais nous ne sommes pas pressés, nous restons à l’écoute du marché. »

Pierre Van Wetter, co-fondateur de Sonaca Aircraft, pilote et également responsable des ventes © Sonaca Aircraft

30 commandes officielles

Sonaca Aircraft a reçu pour le moment 30 commandes en Europe, auxquelles s’ajoutent d’autres non encore signées. Les clients de lancement sont les écoles belges de pilotage basées à Charleroi, Belgian Flight School (BFS) et NewCAG Air Academy qui ont commandé chacune 4 appareils.

Le 19 avril 2018, sur le salon Aero, Sonaca Aircraft a reçu une lettre d’intention pour l’acquisition de 15 appareils par un groupement d’écoles de pilotage turques.

Dès la certification de l’appareil reçue, le constructeur ambitionne de livrer le premier exemplaire. A l’origine, la première livraison était envisagée fin 2017. Sonaca Aircraft espère livrer 15 avions en 2018 puis 30 en 2019 puis 50 l’année suivante.
Dix cellules sont d’ores et déjà en cours d’assemblage dans les nouveaux locaux de l’entreprise à Namur.

Fabrice Morlon

Le Sonaca 200 confirme ses premières commandes

Les deux premiers Sonaca 200 en cours d’assemblage

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

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