Accueil » RETRO – La FAI trahit Aresti

400

Profitez de tout Aerobuzz à vie pour 400€ seulement

J'en profite

RETRO – La FAI trahit Aresti

A l’évidence, la Fédération aéronautique internationale a décidé de jouer la carte Red Bull Air Race au détriment de la voltige académique. La Commission internationale de la voltige aérienne (CIVA) semble bien désarmée.

8.08.2017

Parmi les 14 pilotes du circuit 2017 Red Bull Air Race, figure Mikael Brageot qui a du renoncer au championnat du monde voltige. © M. Brageot

Quand Red Bull a programmé, à retardement, une manche de son championnat du monde, les 16 et 17 septembre 2017 à Lausitz (Allemagne), la FAI s’est contentée de prendre acte. Elle n’a pas fait remarquer aux promoteurs de la compétition, qu’au même moment, en Afrique du Sud allait se dérouler le championnat du monde de voltige. Plusieurs pilotes du Top 10 à commencer par le français Mika Brageot, le tchèque Martin Sonka ou encore l’espagnol Juan Velarde, liés par contrat à Red Bull devraient déclarer forfait pour le mondial sud-africain.

Une saison compliquée pour l’équipe de France de voltige

Ce passage en force de Red Bull grâce à l’indulgence de la FAI démontre que la voltige ne pèse pas lourd aux yeux des instances internationales en charge de la promotion des sports aériens. Certes, la voltige n’aura jamais les moyens de médiatisation de Red Bull, mais ce n’est pas une raison pour la marginaliser plus qu’elle ne l’est déjà. Il y a de la place pour les deux disciplines, d’autant qu’elles se complètent et qu’elles peuvent se renforcer.

La french connection de la Red Bull Air Race

A bien y regarder, le pire ennemi de la voltige, n’est pas Red Bull, mais les voltigeurs eux-mêmes qui, au sein de la CIVA, ne sont pas capables de s’entendre pour dépoussiérer le sacro-saint code Aresti. A Châteauroux, la France a fait la démonstration qu’elle pouvait faire bouger les lignes.

Mika Brageot obligé de choisir entre Red Bull Air Race et Aresti

Forte de ce succès et surtout de sa place dans la hiérarchie mondiale, elle a aujourd’hui la légitimité pour aider la voltige à se rapprocher du public et des medias. Elle s’y emploie, tout en cherchant à ménager les susceptibilités. C’est moins efficace qu’un passage en force, mais c’est plus dans l’esprit sportif…

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

3 commentaires

  • Kilrah

    Facile d’attirer les médias, il suffit d’isoler le seul aspect de la compétition qui est intéressant / impressionnant à regarder soit le 5min libre, et d’en montrer la/les finales concentrées dans un format compatible avec la diffusion soit environ 2h… points bonus pour un format genre tête à tête, si possible, probablement difficile au vu du physique des pilotes, mais à voir.

    Le FAI WGP était bien aussi… mais il semble que les formats les plus intéressants sont toujours abandonnés. Problème de mentalités peut-être…

  • Gibus

    Effectivement, l’origine du mal tient dans le fait que la voltige de compétition reste accrochée au catalogue Aresti, sans évolution majeure depuis plusieurs décennies. En dehors du cercle très fermé des compétiteurs, cet art du vol n’intéresse pas le grand public qui le considère comme ennuyeux à regarder. Manque d’intérêt également des médias qui sont en recherche de spectacle. Et de ce côté, ils ne sont pas déçus avec la RBAR qui, par ailleurs, aspire une grande partie du sponsoring qui fait cruellement défaut à la compétition classique.

    • Jean-Marie Klinka
      JMK

      Cette question est capitale. Mais je crains qu’il n’y ait pas de réponse. Faut-il respecter une certaine éthique sportive (Aresti, que lui reprocher ?) ou faut-il céder au spectacle du tout médiatique ( Red Bull).
      Que reste-t-il quand le rideau est tombé ? To be or not to be. Certes je m’ennuie aussi quand j’assiste au 60éme programme inconnu presque parfaitement exécuté, mais n’est-ce pas la rançon de ce sport ?
      Vaste débat dont il ne faudrait pas faire reposer les conclusions sur les épaules des compétiteurs. La motivation des constructeurs pour évoluer hors Aresti, dépoussiéré ou non (qu’est-ce que ça veut dire ?), est essentielle: doit-on dépendre d’une boisson gazeuse, that is the question.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.