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Flight Assistant, l’appli simple et efficace

Flight Assistant est une application Android pour smartphone et tablette de préparation et de suivi de vol développée par une équipe française non loin de Montpellier. Simple et efficace, elle rivalise pourtant avec les mastodontes du secteurs avec, notamment, ses cartes vectorielles. Aerobuzz.fr l'a testée en vol.

Les abonnés Premium d'Aerobuzz ont eux aussi la possibilité de le faire (voir Club Premium).

FlightAssistant-vecteur-vitesse

Depuis quelques années déjà, les smartphone et tablettes sont devenus les meilleurs amis du pilote. Les applications dédiées au VFR sont désormais pléthore et annoncent leurs nouveautés à grands renforts de couleurs, de sons et de fonctionnalités toujours plus pointues, surenchérissant pour savoir laquelle fera le mieux, le plus… au risque parfois de nuire à l’information.

Car si ces applications apportent un plus indéniable en termes de préparation du vol mais aussi en termes de pourvoyeur et de centralisateur d’informations en vol, le risque en VFR est toutefois de laisser les yeux trop longtemps dans le cockpit, à bidouiller sur sa tablette.

Flight Assistant est simple, facile d’utilisation et n’affiche pas trop d’informations qui pourraient nuire à la conduite de l’aéronef © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Une appli à l’origine modeste

Loin des grosses machineries du secteur, très utiles mais qui peuvent parfois s’apparenter à des usines à gaz, Flight Assistant est une application qui se veut modeste, développée en France, près de Montpellier, par Jean-Michel Cazaux qui travaille sur le sujet depuis 2011.

Pilote privé, Jean-Michel Cazaux est ingénieur en informatique. Flight Assistant était au départ un test de développement sur système Android. Diffusée confidentiellement au départ, l’application est disponible sur le Play Store Android depuis 2013, où elle a été téléchargée plus de 40.000 fois.

En 2015, Jean-Michel décide de donner une nouvelle tournure au projet pour l’amener au niveau des leaders du marché. Ceci nécessite la mise en place d’une équipe de développement dédiée et passe donc par la création d’une structure d’entreprise. Iron Bird, la société qui supporte maintenant le développement et la commercialisation de Flight Assistant version 2, est créée en juillet 2015.

Mais surtout, c’est un nouveau départ pour Flight Assistant qui passe en version 2. D’application confidentielle, Flight Assistant va avoir pour ambition de rivaliser avec les grands du marché. Plusieurs étapes seront alors franchies. Fin septembre 2016, c’est une version augmentée et améliorée qui est proposée au téléchargement gratuit.

Un site web pour préparer son vol

Avec cette nouvelle version, Flight Assistant propose l’accès à un site web qui permet de préparer sa navigation avec le confort d’un écran d’ordinateur de bureau. Au préalable, il faut définir un avion, son type et surtout : sa vitesse de croisière, l’emport carburant, les données de masse et de centrage etc. Pour créer une navigation, rien de plus simple : il suffit d’entrer son point de départ et d’arrivée. On accède alors à un écran présentant une carte de type Google Map sur laquelle sont représentées les différentes zones qui nous intéressent en aviation. Un vecteur rouge indique votre tracé de nav, que vous pouvez peaufiner d’un clic droit sur le point de passage voulu. Si vous avez renseigné votre fiche avion, les informations de navigation se mettent à jour automatiquement : distance entre les points tournants et estimée sans vent.

L’interface web de Flight Assistant permet de préparer sa nav depuis son ordinateur © Aerobuz.fr / Fabrice Morlon

Sur la même interface du site web, on retrouve, dans le bas de l’écran, une coupe transversale de la navigation envisagée, affichant notamment le relief du terrain. On retrouve également aisément les infos météos et les NOTAMS ainsi qu’un log de nav sur la partie gauche de l’écran, riche en fonctionnalités. On peut par exemple cliquer sur « Briefing » et obtenir toutes les informations relatives au terrain de départ et d’arrivée : pistes, fréquences, météo si disponible et carte VAC. Le log de nav possède également un « totalizer » qui donne la distance totale, la temps avec vent et une estimée du temps pendant lequel le moteur tournera. Besoin du trajet retour? Il suffira de cliquer sur « Inverser », en ajustant éventuellement les points tournants.

L’appli Android pour le suivi de vol

Une fois la navigation tracée, il suffit d’ouvrir l’appli sur sa tablette pour retrouver la navigation correspondante. J’ai ainsi programmé une courte nav entre Merville-Calonne (LFQT) et Le Touquet (LFAT) de manière à tester les fonctionnalités de Flight Assistant.

Une interface de démarrage claire et qui affiche le stricte nécessaire © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Premier contact avec l’appli. Le design est simple mais efficace. L’écran d’accueil propose le strict nécessaire. D’un coup d’œil on sait si les informations sont à jour dans la partie « Statut application ». En quelques clics, on obtient l’info. Le code couleur habituel (vert-orange-rouge) donne l’état de fraîcheur des NOTAM, TAF et METAR et des données aéronautiques environnantes. Avant d’entreprendre mon vol, je m’assure que toutes les données sont à jour. Dans la partie « Documents », vous trouverez les informations issues des cartes VAC des aérodromes de départ et d’arrivée, mais également de ceux qui jalonneront votre parcours, les NOTAM et la météo sur les terrains ainsi que la possibilité d’accéder à la carte VAC. Le mieux est de disposer d’une tablette connectée au réseau cellulaire ou à défaut, de partager la connexion avec votre smartphone de manière à obtenir les dernières mises à jour en termes de météo notamment.

La navigation, réalisée sur ordinateur, peut être récupérée sur la tablette ou le smartphone © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Pour le devis de masse, on va cliquer sur l’icône correspondante et, après avoir bien sûr saisi toutes les données correspondant à votre aéronef, puis au chargement prévu, vous obtiendrez le graphique habituel vous indiquant clairement si vous êtes dans l’enveloppe de vol ou si vous en sortez.

Le devis de masse et de centrage est accessible via la page de démarrage © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Tout est prêt? Votre dossier de vol est bouclé et vous en avez une version papier? Il ne vous reste plus qu’à vous installer à bord et à charger le plan de vol. Une fonction baptisée « Cockpit » permet d’afficher la carte et votre navigation de manière statique, sans faire appel au GPS. Tout est paramétrable depuis cette vue. Besoin de vérifier les fréquences du terrain de destination ou sa carte VAC? Une pression longue sur le symbole du terrain vous permettra d’afficher, en sélectionnant « Briefing d’arrivée », toutes ces infos. Une sorte de poignée sous forme d’un rectangle aux coins arrondis, orné de quatre points permet d’ouvrir un menu. De là, vous pouvez ajuster la couleur de tous les éléments, les différentes alertes ainsi que d’autres fonctions que nous verrons en vol. Cette vue « Cockpit » permet en somme de parcourir votre nav, d’afficher également tous les documents de votre dossier de vol. Est-il utile de préciser ici que, quand bien même on ait affaire à une application performante, et que la batterie de votre appareil mobile est au maximum de sa charge, il sera toujours utile et sage d’emporter une version papier des documents météo et des cartes VAC.

Essai en vol

On appuie sur « Démarrer le vol » et l’appli bascule sur la carte. Le tracé est orienté au choix soit au Nord soit dans le sens de votre navigation. En plus des informations habituelles (Estimée de l’heure d’arrivée, du temps de vol, la distance et la route, l’appli dispose d’un mini HSI en haut à gauche. Un conservateur de cap est affiché sur le fond de carte dont l’arc de cercle indique également une distance : en zoom maximum, la distance en l’aéronef et l’arc de cercle représente 1,5 nm. Dès que l’aéronef se met en mouvement, le log de nav se remplit et un vecteur de vitesse apparaît. Celui-ci affiche la position de l’aéronef dans les cinq prochaines minutes en tenant compte de la vitesse sol. En mode « moving map », c’est à dire lorsque l’application affiche la trace GPS de votre parcours, l’affichage est fluide et continu.

Un simple clic sur la zone (ici la CTR du Touquet) et les informations relatives à celle-ci apparaissent © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

On décolle de Merville-Calonne, direction le point W pour sortir de la CTR pour cette courte nav jusqu’au terrain du Touquet. Le tracé de l’avion s’affiche en violet après le passage et l’affichage est fluide et répond rapidement lorsqu’on entame un virage. Arrivé au point W à proximité d’Aire-sur-la-Lys, l’appli indique le nouveau cap à suivre et remplit le log de nav de manière automatique. Arrivé là, il me prend l’envie d’aller rendre visite aux voisins de LFQN à Saint-Omer. Il suffit de faire un clic long sur la destination de déroutement et de sélectionner « GOTO » dans le menu qui apparaît. Les données de cap, d’ETE (Estimated Time Enroute) et d’ETA (Estimated Time of Arrival) se mettent à jour, de même que le log de nav. En cliquant une nouvelle fois sur la destination, on obtient le « Briefing d’arrivée ». Pas de chance : en consultant les NOTAM, on constate que la piste revêtue est réservée aux aéronefs basés. Tant pis, on fera un tour de Saint-Omer pour profiter du paysage en survolant le marais audomarois : un clic sur la zone et on choisit un GOTO avec les coordonnées GPS du point choisi.

Le log de nav se remplit automatiquement à chaque point tournant © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Retour sur les sentiers balisés

Une fois terminée notre aventure hors des sentiers balisés par notre « plan de vol », un nouveau clic sur la carte avec la sélection « Retour au plan de vol » nous remet en route vers Le Touquet. Cinq minutes avant d’entrer dans la CTR du Touquet, une alerte orange s’affiche indiquant la proximité de la zone de contrôle ainsi que les fréquences qui permettront de se signaler. A noter que cet affichage est dynamique : l’appli prend en compte l’activation ou non de la zone correspondante. Dans le cas d’un déroutement ou si l’on est perdu, c’est sans doute une bonne aide pour la gestion de sa navigation. La fonction d’alerte pourrait toutefois être gênante dans le cas de zones relativement proches les unes des autres. Il est à noter que l’on peut désactiver la fonction ou sélectionner les types d’alerte en fonction des zones que l’on risque de rencontrer. Trois minutes avant de pénétrer dans la zone, c’est une alerte rouge affichant les mêmes données que précédemment qui occupe l’écran.

Cinq minutes avant d’arriver dans la CTR du Touquet, une alerte orange barre l’écran © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr
Trois minutes avant de pénétrer dans la zone, c’est une alerte rouge qui s’affiche © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Arrivé dans la CTR du Touquet, je lâche des yeux la tablette pour me concentrer sur la recherche du terrain. Mon passager s’occupe de l’appli. Seule l’orientation de la piste est matérialisée. Si certaines applications affichent la carte VAC en zoomant sur l’aérodrome, le choix délibéré de ne pas afficher trop d’informations me semble tout à fait légitime. En effet, ce n’est pas une fois arrivé sur le terrain qu’il faut étudier la carte VAC, même dans le cas d’un déroutement.

Une fonction HSI est également disponible en cliquant sur le menu © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Sauvegarde du tracé

Lorsque vous avez bouclé votre nav, Flight Assistant sauvegarde le tracé depuis le début de votre parcours jusqu’à l’arrêt de la navigation. Le tracé au format GPX peut être importé sous un logiciel du type Google Earth. Vous pourrez ainsi revivre votre navigation. L’enregistrement du tracé peut également être intéressant dans le cadre de l’instruction ou de l’entraînement.

Flight Assistant permet également de sauvegarder le tracé de sa navigation, exportable ensuite dans un logiciel du type Google Earth : utile en instruction ou juste pour le plaisir de revivre son vol © Aerobuz.fr / Fabrice Morlon

En résumé, l’application Flight Assistant m’a convaincu pour plusieurs raisons. La première est qu’elle fait bien ce qu’on attend d’elle et qu’elle peut sortir d’embarras avec un simple GOTO. Ensuite, toute l’information nécessaire est accessible en quelques clics, sans avoir à chercher dans un dédale de sous-menus. L’affichage est clair et les cartes vectorielles, légères en termes de taille de fichier et également précises, permettent un affichage de qualité constante. Le graphisme est simple et l’ergonomie est bonne : pas de gadget qui pollue l’information et qui attire trop l’attention dans le cockpit au détriment du dehors. De même, pas d’affichage superflu ou qui pourrait nuire à la sécurité. Enfin, le « service après vente » est bien pensé. A votre adhésion, vous recevrez par mail des tutoriels video pour vous familiariser avec l’application, toutefois très intuitive. Enfin, la communauté des utilisateurs de Flight Assistant a la possibilité d’accéder à un forum dédié qui permet de laisser un retour d’expérience. Une richesse incomparable pour les développeurs qui améliorent sans cesse l’application.

Le briefing arrivée permet d’obtenir toutes les infos nécessaire à une bonne intégration sur le terrain © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Prochaines étapes
L’équipe de Jean-Michel Cazaux travaille à la prochaine version de l’application, qui sera disponible d’ici quelques jours. Une grosse nouveauté : le dossier de vol électronique qui sera généré en PDF. Il sera ainsi possible de générer un dossier de vol à imprimer regroupant toutes les données de votre vol préparé en amont. Les calculs prennent en compte l’emport réglementaire de carburant selon la PART-NCO publiée en août dernier, un log de nav pré-rempli que vous pourrez remplir sur votre planchette de vol, ainsi que les données météo et les NOTAMS.  Avec un abonnement Ultimate, les dossiers seront conservé pour six mois sur les serveurs d’Iron Bird, en cas de besoin pour contrôle ou vérification.

Pour les aficionados de la marque à la pomme, une version iOS est en cours de développement qui devrait sortir cet été.

Fabrice Morlon

L’occasion de ce test en vol, Aerobuzz.fr offre, aux abonnés du Club Premium, cinquante abonnements gratuits à Flight Assistant pendant un an.

 

 Tarifs
 Version gratuite Cartes vectorielles standard
Version Basic à 17,90 €/an Choix du style de carte, navigations en simultané sur tous vos appareils…
Version Advanced à 29,90 €/anAffichage du terrain 3D, dossier de vol imprimable, cartes d’aéroports vectorielles…

Le site de Flight Assistant

A propos de Fabrice Morlon

Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé en 2013, Airia Editions, agence d’éditions spécialisée dans l’aéronautique. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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