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Le cofondateur de Google fait voler son eVTOL Cora

Kitty Hawk, la société de Larry Page, cofondateur de Google, a dévoilé un nouvel eVTOL actuellement testé en vol en Nouvelle-Zélande. Le biplace autonome, qui ne sera pas commercialisé, devrait être mis au service d'une compagnie de transport urbain néozélandaise d'ici 2021.

15.03.2018

Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk fondée par Larry Page, teste actuellement en vol le Cora, un eVTOL qui sera déployé en Nouvelle-Zélande, en accord avec son gouvernement, dans un réseau de taxis urbains d'ici à 2021 © Zephyr Airworks

La mobilité urbaine est devenue, en l’espace de quelques années, un enjeu majeur pour le futur. La congestion annoncée des espaces aériens aux Etats-Unis, en Europe et en Asie-Pacifique notamment motivent la création, aujourd’hui pléthorique, de véhicules à décollage et atterrissage verticaux (VTOL, pour Vertical Take-off and Landing), dont la majorité est à propulsion hybride ou tout électrique.

Cora dispose d’une voilure sur laquelle sont fixés, aux bords d’attaque et de fuite, trois rotors mus par électricité © Zephyr Airworks

Des start-up jusqu’aux grands groupes industriels, chacun développe son projet, tous avec une physionomie relativement semblable : une cabine bi ou quadriplace assortie d’une série de rotors, autonome avec la possibilité d’être piloté. Si Boeing, avec la société Aurora Flight Sciences récemment acquise, et Airbus avancent dans leurs projets, la start-up chinoise Ehang semble être sur le point de proposer un produit fini avec l’Ehang 184, qui a déjà volé avec passagers.

Cora, héritage de Google X

Il faudra toutefois composer avec un nouveau venu, que l’on peut qualifier de sérieux : un prototype d’eVTOL (pour VTOL électrique) baptisé Cora est actuellement en cours d’essais en vol au-dessus des îles du Sud de Nouvelle-Zélande, et depuis le mois d’octobre 2017. Son financeur n’est autre que l’un des cofondateurs de Google, Larry Page, actuel patron d’Alphabet, filiale du mastodonte de l’Internet.

Kitty Hawk, la société, basée sur les fonds personnels de Larry Page, qui développe Cora, est dirigée par Sebastian Thrun, précédemment directeur de Google X, qui a notamment mis au point la voiture autonome Google car.
Kitty Hawk a déjà travaillé sur les appareils légers en présentant en avril 2017 son « Flyer, » un appareil individuel permettant de se déplacer au-dessus de l’eau. L’ambition de la société est désormais de développer un réseau de taxis urbains volants, en Nouvelle-Zélande.

Taxis urbains

Le Cora est le fruit d’un travail mené depuis 2014 sur un prototype similaire, présenté récemment. L’appareil est doté d’une hélice propulsive et de douze rotors disposés de part et d’autre d’une voilure fixe. L’appareil a une envergure de 10,97 mètres. Après un décollage vertical, le Cora passe en vol horizontal, stoppant ses rotors d’ailes. A l’atterrissage, le Cora peut allumer ses douze moteurs (qui peuvent être allumés de manière individuelle) pour un vol stationnaire avant d’atteindre le point d’aboutissement.
Un parachute de cellule équipera prochainement le prototype en cours de tests.
L’eVTOL peut emporter deux passagers, de manière autonome, sur une distance de 100 km à la vitesse maximale de 80 kts (150 km/h). Cora a été pensé pour opérer entre 500 et 3.000 ft d’altitude.

Zephyr Airworks ambitionne de développer un réseau de transport urbain avec son Cora. Une application mobile de réservation de taxi est en cours de tests © Zephyr Airworks

Aucune information n’a pour l’instant été transmise quant aux batteries embarquées. Le système de vol est composé de trois ordinateurs, assurant une redondance en cas de panne. Le système de pilotage, autonome, pourra être passé en mode manuel.

Le gouvernement de Nouvelle-Zélande a annoncé avoir signé un accord avec Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk, pour lui permettre de tester en vol ses appareils futuristes : la société de Larry Page aurait d’autres appareils en cours de test. Le pays ambitionne d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre en 2050 et à la particularité d’offrir un espace aérien encore relativement peu dense : deux bonnes raisons de venir tester un appareil autonome tout électrique.

Le gouvernement de Nouvelle-Zélande soutient le développement du prototype qui devrait aboutir à une certification par les autorités de l’avitation néo-zélandaise d’ici quelques mois © Zephyr Aiworks

Trois ans pour développer un réseau

Pour développer son projet à la fois de véhicule eVTOL et de réseau de taxis urbains, la société de Larry Page a su s’entourer de compétences. Celles venues de Google X d’une part, et d’autre part celles venues de la gestion de compagnies aériennes, avec Fred Reid, directeur de Zephyr Airworks, dont le CV est parlant : précédemment directeur de Virgin America, il a également été président de Delta Airlines, président de Lufthansa Airlines et co-créateur de Star Alliance.

D’après son directeur, Zephyr Airworks est d’ores et déjà en train de tester une application de réservation dédiée au futur réseau des taxis aériens Cora en Nouvelle-Zélande, qui devrait être mis en place en 2021.

Fabrice Morlon

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A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé en 2013, Airia Editions, agence d’éditions spécialisée dans l’aéronautique. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

10 commentaires

  • mike

    Oui tout cela sera possible quand l’énergie massique des batteries sera multipliée par 10. Et qui en profitera en premier ? l’automobile avec un vrai marché de masse.
    Tous les aeronefs presentés ci dessus ne sont que des evolutions technologiques des quadrirotors utilisés en aeromodelisme depuis 10 ans. Rien de revolutionnaire mais du buzz pour les gogos. Les journalistes adorent.. vous vous rappelez la livraison des pizzas a domicile ou des colis amazon, du bluf et du baratin qui ne resistait pas 30 secondes a l’analyse economique du projet.
    Mais pourquoi passer par le ciel pour transporter des etres ou des objets ? le sol est trop occupé ? oui aujourdh’ui mais demain avec des vehicules autonomes interconnectés cela sera bien plus probable et efficient !

  • Jean-mi

    Pour préciser, je découperais ça un peu différemment.

    Il y a une partie avionneur : définir la cellule et la motorisation, et les commandes de vols, y compris pilote automatique (gestion attitude et cap) et gestion des obstacles direct (sol, bâtiment, ligne électrique, trafic) donc en fait du pilotage d’évitements. Donc en résumé l’avionneur fait le machin volant et ses « organes » de commandes de vol, ce que j’appellerai le système primaire. Contrôle aussi des paramètres d’autonomie…

    Ensuite un autre acteur « système » fait la partie système secondaire qui envoie des infos au système primaire. Gestion du porte à porte, des lieux de posé, des plans de vol (routes aéro-urbaines ? trafic, embouteillages…), services en vol, etc… Mais aussi une partie anticipation des évitements via une communication entre « taxis volants » et contrôle de vol pour modifier et optimiser les trajectoires sans inconfort ni attendre que le TCAS sonne… Ces systèmes secondaires ne pilotent pas le machin mais demandent au pilote automatique, tel un contrôleur aérien, de prendre tel cap ou telle altitude.

    C’est en effet une partie pas simple à concevoir et mettre au point !

  • Passant

    Aujourd’hui, les professionnels ont intégré la notion de « disruption ». Ils paient « pour voir », être prêt à se saisir du moment ou le modèle devient possible.

    L’étape initiale est de définir les meilleures configurations pour ces Vtol. Et aussi de maîtriser les commandes de vol automatiques, l’anti collision, la gestion autonomes de trajectoires.

    Mais le vrai challenge est au niveau du « système » : intégrer cette utilisation porte à porte, dans la circulation aérienne. Pour ça, j’ai l’impression que ce sont d’autres acteurs qui sont le mieux placés. Comme Thales sans doute et ceux qui œuvrent dans ce domaine. Et je suis gourmand d’un article sur le sujet ! 🙂

  • Arminius

    C’est intéressant pour le loisir, parce que pour les transports urbains, vu les difficultés de déplacement en deux dimensions de la majorité des citadins, en trois cela relève de la gageure même avec une intelligence artificielle restant à inventer. Par contre, des kits accessibles qui permettraient de se passer d’aérodromes (talon d’Achille de l’aviation de « plaisance », cela me parait jouable. Pas besoin d’aller chercher une justification du style « amélioration des transports » ou autre, le simple fait de pouvoir s’envoyer en l’air est bien suffisant.

  • Alain

    Ça va être une joyeuse pagaille, les embouteillages urbains au-dessus de nos têtes, surtout en mode électrique. (Ben oui, il faudra gérer tout ce petit monde qui veut la même chose au même moment)

  • Stampe

    Je n’ai aucun doute qu’une bonne partie de ces sociétés arrivent techniquement à leur but, quoi qu’avec des degrés de sécurité très différents selon les produits.
    le vrai sujet est la réalité business et exploitation. Les coûts globaux sont largement sous estimés, la fiabilité d’exploitation largement sur estimée.
    Plus je travaille sur ce domaine, moins je m’interroge sur l’utilité réelle pour la société (et non pas pour quelques privilégiés) et l’efficacité du système par rapport à la problématique globale de transport urbain: il est évident que ces systèmes ne sont qu’une dépense énergétique inutile supplémentaire qui auraient une valeur d’une part si la production électrique marginale était quasi gratuite et 100% verte, et d’autre part si la production de batteries était elle même « verte » ce qui n’est absolument pas le cas.

    La durée de vie dans le domaine automobile peut éventuellement justifier les pollutions de production et le manque de recyclage, celle des batteries pour propulsion aérienne (à durée de vie beaucoup plus courte car travaillant sur des cycles beaucoup plus exigeants) est difficile à qualifier de « verte »…

  • JMB

    L’histoire de l’humanité est pleine d’inventeurs géniaux que les autres ont pris pour de doux dingues en affirmant sur tous les tons que « Ca ne marchera jamais! ».

    C’est le cofondateur de Google qui se lance ici dans l’aventure, il a fait de Google une des plus grandes entreprises mondiales en quelques dizaines d’années.
    Et au début de Google non plus personne n’y croyait…..
    Comme pour le train, la voiture, l’avion, l’hélicoptère, les fusées……….

  • Carbet

    Bonjour à tous
    C’est formidable , il ne reste plus qu’à inventer des batteries bien plus légère et ayant une capacité au moins dix fois plus grandes et le vol électrique sera une « vraie réalité » .
    Il restera bien sur à trouver d’où sortir de l’électricité , les éoliennes ne produisant en moyenne qu’un jour sur quatre au mieux ….. et 160 m² de panneaux solaires produisant par jour tout juste l’énergie pour faire rouler un peu plus de 100 km une petite voiture Zoé……..
    C’est pas gagné ! Il y a très loin du rêve éveillé à la réalité .
    Ne parlons pas du prix ! Mais quand on aime on ne compte pas et on espère faire payer les clients hypothétiques de ces « trucs » taxis volants .
    Salutations dubitatives

  • Jean-Mi

    Moi je trouve ça pas mal les doux-dingues… 😉
    Sans rire, il y a un effet de mode suite à l’apparition de cette nouvelle technologie de vol (multi rotor, testé la première fois par Breguet le 20 septembre 1907, oups… puis abandonné), mais qui remet au gout du jour l’envie profonde de l’homme de voler !
    Et si ça peut remettre l’avion au milieux des villes et donc arrêter de vouloir mettre les aérodrome les plus loin possible des villes, donc nulle part, ça sera pas une mauvaise opération !

  • Arès

    Utopique au possible, délirant, mais les équipes qui conçoivent tous ces projets, qui à mon humble avis ne désengorgeront rien du tout, sont de merveilleux fous!.

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