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Red Bull Air Race : montée en puissance de Mika Brageot 
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Le pilote de Villeneuve-sur-Lot est à la tête de la plus jeune des 14 équipes du championnat du monde. Il incarne la nouvelle génération. Il ne lui manque plus qu’un sponsor pour gravir les marches du podium. Mika Brageot est de la graine de champion.

24.05.2018

Toujours pas de podium, mais la courbe de progression de Mika Brageot est au beau fixe. © Red Bull Content Pool

Mika a tout ! En plus de son talent de pilote, il possède une machine performante, fiable, et il est emmené par une équipe compétitive avec, notamment, un tacticien qui baigne dans la course aérienne depuis toujours, Max Lamb (fils de Nigel), ou encore un ingénieur-mécanicien dont on ne présente plus la rigueur : Anthony Bézard (Air Projet).

Même lorsqu’il réalise du « taping » (combler les espaces vides avec du scotch pour rendre l’avion parfaitement lisse) le souci du détail constitue la patte d’Anthony Bézard. © AeroBuzz.fr / Bastien Otelli

Un compétiteur-né

Brageot a aussi la détermination et la fougue de la jeunesse. Mais c’est aussi cette jeunesse qui l’a parfois desservi, en 2017, lorsqu’il commettait quelques erreurs – logiques, pour une première en Master Class. À Cannes, il n’est pas monté sur le podium, mais il se montre très satisfait : « On avait tout anticipé dans les moindres détails et nous sommes très satisfaits de cette 5e place. C’était notre plus belle course et on va continuer de progresser ! ».

Avec un avion plus compétitif que jamais, Mika commence à faire parler la poudre ! © AeroBuzz.fr / Bastien Otelli

L’avion de Brageot est également un vrai point positif et ce, depuis le début de la saison 2018 : « On a amélioré l’aérodynamique en jointant toutes les parties démontables pour obtenir une surface totalement lisse. On a retravaillé le capot moteur et on a fait des tests en soufflerie numérique, puis en vol sous facteur de charge, avec des fils de laine. On a aussi allégé l’appareil de 7 kg et on a retravaillé le centrage. »

Duel face au champion du monde

Un avion idéal, une équipe dynamique, un pilote en progression constante ; si la jeunesse de Mika Brageot est une des raisons de ces non-podiums, le facteur chance n’est pas à négliger. Car, à Cannes, après avoir réalisé de bonnes qualifications et un Top 14 idéal, le Français s’est retrouvé face au tenant du titre, Yoshihide Muroya, pour disputer le round of 8. Cependant, le pilote villeneuvois n’a pas cédé à la pression pour autant : il a volé « vite et propre », mais le japonais, qui possède l’expérience, le talent et une des meilleures machines du plateau, l’a battu à la régulière.

Arrivée à son paroxysme, la concentration de Mika Brageot n’aura pas suffit à battre le Japonais Muroya, champion du monde 2017.  © Photo : Red Bull Content Pool.

Beau joueur, Mika Brageot explique : « Me retrouver face à Muroya, ce n’était pas négatif. Au contraire, c’était très motivant. J’ai été meilleur que lui aux qualifs, il a été meilleur que moi sur le round of 8. C’est le sport ! Et puis, sur les trois jours de course, je n’ai commis aucune erreur, je n’ai eu reçu pénalité et j’ai régulièrement amélioré mes chronos. Ça, c’est très positif. ».

Les voies du podium sont impénétrables

En résumé, si 2017 a été une année de découverte pour lui, Brageot a objectivement beaucoup appris puisque 2018 a démarré sous de meilleurs auspices. Pour trouver le chemin du podium, voire celui de la victoire, il faut qu’il continue de voler proprement, d’affiner ses trajectoires, et que l’ensemble de son équipe – la plus jeune du plateau en moyenne d’âge – continue d’accumuler de l’expérience. La courbe de progression est excellente, et l’arrivée d’un main sponsor serait un plus pour les aider à avancer.

Tremblez, moustachus, la jeunesse débarque ! De gauche à droite, Olivier Lepretre, Max Lamb, Mika Brageot, Victoria Griffiths et Anthony Bézard. © Photo : Red Bull Content Pool

En Red Bull Air Race, chaque détail compte et il faut être capable de slalomer entre les imprévus et que les astres soient alignés pour remporter une course. Définitivement, ce championnat prouve une fois de plus qu’il est bel et bien une activité aéronautique avec son lot de sacro-saints cofacteurs habituels.

Bastien Otelli

A propos de Bastien Otelli

chez Aerobuzz.fr
Bastien Otelli travaille depuis 2004 avec la presse et l'édition des choses de l'air… Il a rejoint l'équipe d'AeroBuzz.fr en 2016. Depuis 2013, il est également professionnel de la photographie aéronautique. Ses photos sont visibles sur www.bastien-otelli.com

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