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Red Bull met fin à son championnat du monde

Red Bull Air Race annonce l’arrêt du championnat du monde à la fin de la saison 2019. Le calendrier est allégé. Quatre manches sautent. Un coup dur inattendu pour les écuries.

29.05.2019

Mikael Brageot, à Abu Dhabi, le 7 février 2019, lors de la première manche de l'ultime saison du Red Bull Air Race. © RBAR

Les pilotes ont reçu un email à 9h00, mercredi 29 mai 2019, soit une demi-heure seulement avant la mise en ligne de l’information sur le site officiel du Red Bull Air Race. 145 mots, titre compris : le communiqué est on ne peut plus laconique. « Red Bull a décidé de ne pas poursuivre le Championnat du monde Red Bull Air Race au-delà de la saison 2019. Les courses restantes cette année sont : Kazan, Russie, 15-16 juin; Lac Balaton, Hongrie, 13-14 juillet et Chiba, Japon, 7-8 septembre. ».

Pour Red Bull, les sports aériens ne paient pas !

La seule raison avancée pour l’heure est le déficit d’intérêt suscité par cette compétition, comparativement aux autres événements organisés par la marque à travers le monde. Les pilotes ont été cueillis à froid. « Nous sommes aussi surpris que tout le monde », reconnaît le « Challenger » Baptiste Vignes. « Nous avons été dévastés par la nouvelle », admet Mikaël Brageot, l’un des prétendants au titre.

Red Bull Air Race : état des lieux des forces françaises

En revanche, pour Nicolas Ivanoff, si la déception est forte, l’annonce n’est pas vraiment une surprise. Il est l’un des plus anciens pilotes du circuit (12 saisons), et les incertitudes qui entouraient le calendrier de la saison 2019 lui rappelaient le précédent arrêt du championnat du monde en 2010. « C’est une demie surprise », concède-t-il.

Le calendrier du championnat du monde 2019 Red Bull Air Race

La saison 2019 était censée être sa dernière. Il était rattrapé par la limite d’âge instaurée en 2018 par les organisateurs qui ont décidé que la carrière de pilotes de course s’arrêterait désormais à 50 ans. Nicolas Ivanoff espérait néanmoins obtenir un sursis d’un an, pour courir une nouvelle fois à Cannes, et pour atteindre le total de 100 courses. « C’est dommage ! », reconnaît-il.

François Le Vot est lui aussi concerné par cette nouvelle limite d’âge. C’est une des raisons pour lesquelles, il avait décidé cette saison de limiter les travaux sur son avion. Le français fait remarquer que l’ultime saison du championnat du monde se déroulera, début septembre 2019, au Japon. La question du rapatriement des avions se pose donc.

Des avions de course à recycler

Au-delà du convoyage, va se poser pour les 14 pilotes, le devenir de leurs avions. Certaines machines ont été préparées pour le championnat, autrement dit, elles ont été transformées pour tourner vite autour des pylônes. L’australien vice-champion du monde Matt Hall a fait d’importantes modifications depuis la précédente course. Le chilien Cristian Bolton a commandé un avion neuf qui lui sera livré en septembre 2019 et avec lequel il prévoyait de finir le championnat. Pour lui c’est un coup dur.

Mikael Brageot, même s’il a investi récemment dans une machine de course, a été prudent. Toutes les transformations qui ont été réalisées sur son MXS-R, l’ont été en gardant la possibilité de les supprimer. « Nous avons assuré nos arrières. Nous avons toujours prévu un retour à l’avion d’origine pour revenir à un MXS-R de voltige ».

Pour l’heure, il reste trois manches sur sept initialement prévu, et le championnat reste ouvert. Tous les pilotes vont jouer leurs chances jusqu’au bout avant de tenter de rebondir dans une autre activité. La marque des champions.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

4 commentaires

  • bob

    La vache écarlate au tapis : predicted…

  • Seb

    C’est étonnant que cela n’ait jamais prit. Des qu’un avion vol quelque part y a toujours du monde et il y a toujours eu foule lors des manches. Certes comme dit PlasticPlane, il n’y avait pas de droit TV ni droit d’entrée, mais l’intérêt des sponsors est d’être visible par le public nombreux (même gratuit). Ca aurait du attirer les entreprises et je pense que Red Bull espérait que des gros sponsors viennent le rejoindre. Woodplane dit que l’aviation ne fait plus recette, je dirai: « n’a jamais fait recette » malheureusement. Il n’y a pas vraiment plus de sponsoring dans la voltige, ni plus d’image à la TV.

  • PlasticPlane

    Peu de droits télé, un paquet de spectateursnon payants, du bruit et de la fumée pas écolo… ça faisait cher ce mode de communication pour un public moins jeune que les consommateurs « types » dont les spécimens courent à perdre haleine ou se jettent du haut des falaises avec des bouts de tissus pour voler…

  • Woodplane

    Red Bull dans le sillage de Breitling!

    L’aviation ne fait plus recette!

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