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Aviatrices en guerre

Ce livre de Noël Carle qui raconte 15 histoires de femmes pilotes ayant pris part à divers conflits au cours des décennies écoulées est sous-titré « Un combat contre les préjugés… ». C'est un fait !

7.03.2020

Margot Duhalde, seule femme pilote des Forces aériennes françaises libres, fut décorée de la Croix de guerre 1939-1945. Elle fait partie des quinze… DR

Force est de constater que les femmes ont dû faire preuve d’une détermination totale pour réussir à s’installer aux commandes d’avions ou d’hélicoptères militaires au cours des dernières guerres. A la lecture de ces quinze histoires courtes, on constate qu’aucune armée, aucune nation, ne facilita leur engagement alors que ces femmes étaient des combattantes nées. Pire, elles durent endurer les pires brimades et éviter les plus insidieux chausse-trappes pour défendre leurs patries. Noël Carle réhabilite une quinzaine de ces aviatrices, plus ou moins célèbres, plus ou moins reconnues, mais qui ont toutes leur place dans cet ouvrage.

Il y a parmi ces femmes, la soviétique Anna Alexandrovna Egorova, instructrice en aéro-club avant la seconde guerre mondiale, et qui après avoir été abattue aux commandes d’un biplan Polikarpov U2 se verra affectée dans une unité d’assaut où elle pilotera le célèbre et redouté Illiouchine Il2 « Chtourmovik ». Déclarée disparue après un terrible accident, elle sera soupçonnée de trahison lors de sa libération d’un camp allemand de prisonniers. Le destin de Melita von Stauffenberg n’est pas ordinaire non plus. Pilote dans la Luftwaffe, le 8 avril 1945 elle vole un Bücker Bü 181 pour tenter d’aller délivrer son mari, enfermé dans un camp de prisonniers. Elle sera abattue par un chasseur américain.

L’américaine Cornelia Clark Fort fut une des toutes premières femmes à intégrer les Women Air Forces Service Pilots. Le 7 décembre 1941, elle était en vol d’instruction avec un élève, au-dessus de Pearl Harbour quand les japonais attaquèrent. Dans le film Tora ! Tora ! Tora ! de Richard Fleischer, elle est incarnée par l’actrice Jeff Donnell. Le 23 septembre 2014, Mariam Al Mansouri à la tête d’une escadrille de quatre F-16 des Emirats arabes unis, réalisa l’une des premières frappes aériennes contre l’Etat islamique.

Comme l’écrit lui-même l’auteur, « ce recueil n’aurait pas eu de sens » si il n’avait pas retenu parmi ses quinze héroïnes, Valérie André. « Pilote d’hélicoptère sur le front indochinois, elle parvint à rapatrier sur l’hôpital d’Hanoï, 165 soldats grièvement blessés au cours de missions où elle est constamment sous le feu ennemi. Elle effectuera également ce type d’évacuation lors de la guerre d’Algérie ». Valérie André fêtera ses 98 ans, le 21 avril 2020.

Aviatrices en guerre. Par Noël Carle. Éditions JPO. 150 pages. 19,90 €. ISBN : 978-2-37301-118-0

Noël Carle a choisi d’évoquer le parcours de ces quinze femmes-pilotes à travers quinze histoires courtes, récits vécus, en y rajoutant « un supplément d’âme ». « J’ai la faiblesse de croire qu’on leur doit bien ça ». Entièrement d’accord, d’autant qu’il a l’honnêteté intellectuelle de proposer à la suite de ces quinze nouvelles, une note biographique pour chacune de ces quinze aviatrices en guerre.

Gil Roy

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3 commentaires

  • J.P.S.

    Ah que j’aurais aimé voir honorée Marie Marvingt la fiancé du danger, car je ne crois pas qu’elle y soit (le livre est en pré-commande et on ne peut trouver le sommaire).
    MARIE MARVINGT – 1875 – 1963
    Probablement la première Aviatrice de guerre et pas seulement Aviatrice en guerre
    En 1914 -1918 : Se fait passer pour un homme au recrutement. Elle tient comme poilu les tranchées de première ligne dans les rangs du 42ème Bataillon de Chasseurs à Pied et fait plusieurs fois le coup de feu ; elle participe à des bombardements aériens – mérite la Croix de Guerre pour son bombardement d’une base allemande; évacue les troupes des Dolomites sur skis ; infirmière de guerre et assistante en chirurgie fait partie de la Croix-Rouge.
    On la surnomma la fiancée du danger,la sportive universelle, elle fut détentrice de dix sept records mondiaux, de trente décorations, elle inventa l’aviation sanitaire et… la jupe- culotte.
    En 1952 un quotidien titrait: « La femme la plus extraordinaire du siècle, dix ans plus tard un journaliste américain la qualifiait de  » femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc ». Elle reste un modèle de jeunesse, de dynamisme, de foi en l’être humain et de générosité.
    Si l’on oublie ses début en aérostation et en Ballon
    1910 : Le 10 juin, elle obtient son brevet de pilote aéronaute.
    1910 : Le 8 novembre, elle est la 3ème femme au monde à obtenir son brevet (n° 281) de pilote d’avion (sur monoplan Antoinette) – et la première à le faire sans  » casser du bois « .
    1910 : Le 27 novembre, elle gagne la première Coupe Fémina (pour la plus grande distance parcourue par une aviatrice – 42 km) et établit un record officieux de durée et de distance (1es records féminins n’étant pas encore reconnus), tenant l’air 53 minutes.
    1911: Gagne la Coupe Fémina à Turin; aux côtés de Roland Garros, participe au meeting de Saint-Étienne : premier prix de distance dans le critérium de l’Aéro-Club de l’Est (ballon).
    La liste est trop longue
    EXTRAORDINAIRE JE VOUS DIS
    Je pourrais parler de sa biographie pendant des heures…

  • ARISTIDE

    En plus d’être de belles filles suivit d’un destin hors du commun. merci à vous mesdames !!

  • Valerie Dereymaeker
    Valerie Dereymaeker

    C’est commandé! J’ai hâte!

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