Accueil » Il y a 50 ans, le premier vol du supersonique Tu-144

400

Profitez de tout Aerobuzz à vie pour 400€ seulement

J'en profite

Il y a 50 ans, le premier vol du supersonique Tu-144

Le Tupolev Tu-144 a réalisé son premier vol le 31 décembre 1968, deux mois avant le Concorde.

3.01.2019

Le supersonique Tu-144 sur la base aérienne Joukovskyi Ramenskoye, un musée à ciel ouvert de l'aéronautique russe. © Aerobuzz.fr

Le Tu-144 a laissé des souvenirs mitigés au français, à la suite de sa désintégration en vol, au Bourget 1973. Il a été raillé à tord, ou à raison, en Occident, qualifié de copie outrancière du Concorde. Mais le Tu-144 demeure pour l’Histoire, l’un des exploits techniques des années soixante.

31 décembre 1968 : le Tu-144 soviétique s’envole. © DR

Le Tu-144 était le produit à la fois, du Tsagi – cet institut de recherches en aérodynamique de génie – , d’Andrei Tupolev qui survécut aux geôles de Staline, et de Kuznezov, ce motoriste audacieux qui élabora pour le Tu-144, le NK-144. Quatre NK-144 donnaient jusqu’à 175 t. de poussée à ce titan. Le Tu-144 mesurait 59,4 m de long, 27,65 m d’envergure, et 10,5 m de haut.

L’équipage du premier vol était composé d’Elian, de Kozlov, et de deux ingénieurs d’essais. Andrei Tupolev est 3e en partant de la droite. © DR

Dans la course opposant le Tu-144 au Concorde, c’est finalement le prototype 68001, qui le 31 décembre 1968, réalisa le 1er vol d’un avion de ligne supersonique dans le monde, tandis que le Concorde ne devait voler que le 2 mars 1969. A l’occasion de ce 1er vol (non supersonique), de 37 minutes, l’équipage d’essais était composé d’Elian, de Kozlov, et de l’ingénieur Benderov.

Le prototype 68001 du Tupolev Tu-144. © DR

Fait méconnu, Eduard Elian (1926 – 2009), le chef pilote, était de citoyenneté azérie, à l’image d’une URSS qui chercha éternellement à promouvoir la diversité de ses républiques dans l’excellence technique. Le 8 janvier 1969, c’est ce même équipage qui emmènera le Tu-144 à 11.000 mètres, à l’occasion d’un second vol de 50 minutes. Puis lors des essais qui suivront, une vitesse de 2.420 km/h (Mach 2.35) sera franchie à 17.000 mètres.

François Brévot

A propos de François Brevot

chez Aerobuzz.fr
François Brévot est un reporter globe-trotter, chroniqueur, et photographe, passionné d’histoire contemporaine, aéronautique et spatiale, et de géopolitique. Il écrit en particulier, sur l’aviation militaire moderne ou ancienne, française ou internationale, et de nombreux récits de voyages sur des destinations et musées à caractère aéronautique. Spécialisé sur les nouvelles puissances aériennes, il visite très régulièrement les salons aéronautiques émergents du nouveau Siècle, que ce soit en Russie, en Chine, en Asie, en Turquie, et se passionne pour les nations d’Europe centrale.

13 commentaires

  • fildru

    Nous étions 4 de l aéroclub , ce juin de 1973 , derrière les grillages a une encablure du Tu144 , et avons vu monter l équipage avec leurs belles casquettes blanches resplendissantes telles des auréoles byzantines , ras .
    Dans son évolution contrôlée finale , il était bien cabre’ , et il se mit comme en surpuissance , donc pour monter et alors une aile se brisa avec multes flammes et tomba en 2 voire 3 parties . Le commentateur dit calmement : mais que fait le Tupolev ?
    Je me souviens d une AL3 foncant vers le lieu de chute .
    Quelques minutes après , André’ Turcat parla avec la voix émue et la présentation aérienne fut annoncée terminée .
    Le lendemain la presse , peut être l Express de JjSs titrait:
    L explosion du progrès !
    27 ans plus tard , le Concorde tombait a 5 km de son jumeau Russe ! Il fit beaucoup d orphelins dans des familles d outre Rhin , car c était des couples en croisière , derrière un champion de planche a voile transatlantique aussi ?

    • Jean-Mi

      Triste ironie de l’histoire en effet, que les deux seuls avions de ligne supersonique de l’histoire, frères jumeaux ennemis, soient tombés, pour ainsi dire, au même endroit…

  • popoaviateur
    popoaviateur

    Une autre anecdote passionnante est lors de la catastrophe du Tu 144 au Bourget le boulot des gens de la DGSE, de Sud Aviation et Snecma, dans la nuit pour embarquer, expertiser et rapporter un moteur ….Au nez et à la barbe des popov… Qui a espionné ce jour là ????

  • Paul Hisson

    @sebastien et Olivier
    Quand les sentiments s’en mêlent, les facultés d’analyses rationnelles s’estompent.
    J’en connais peu qui ne sont pas tombés sous le charme du Concorde.
    Il fait toujours aussi froid en Russie d’aujourd’hui, comme en URSS d’hier et
    les Russes seront peu être les seuls à mêmes de devenir nos alliés le jour ou nous nous sentirons bien seuls sur l’échéquier mondial de la paix.
    Nous évoquons un SST qui remonte aux années 70 mais les temps ont changés et les hommes aussi : Nikita et Georges sont dans leurs sommeil respectifs depuis bien longtemps.
    Nos enfants ne savent pas ou ne sauront même plus de quoi il s’agit…un SST.
    Heureusement en « cliquant » avec mon index sur mon sensitive paddle de mon laptop à régénération auto-intégrée, j’accede à LA bibliothèque de l’humanité, tant que j’ai du jus dans mes batterie lithium-jus de carotte.
    Bonne année à tous et à toutes.

  • Xav520

    Voyons François ! 68t. de poussée, et c’était déjà énorme à cette époque où des B.707 volaient tous les jours au-dessus de l’Atlantique avec 4 x 5 t. de poussée !

    • popoaviateur
      popoaviateur

      Ben oui, 171 Kn x4 ça fait pas 175 tonnes. IL avait en gros avec réchauffe la poussée des Olympus de Concorde, mais consommait plus et l’avion ne tenait le SST qu’avec les réchauffes !

  • Olivier

    J’ai lu le livre d’un ancien agent de la DST qui explique comment avec ses collègues ils ont falsifié des documents pour piéger les agents du KGB dont la DST savait que le Concorde était une des cibles privilégiées à espionner.
    Oui les Russes ont copié et mal copié le Concorde. Le Tu 144 n’a jamais été opérationnel et a fini sa carrière comme avion postale subsonique, les Concorde de série ont transporté des milliers de passagers chaque jour pendant de nombreuses années.

  • Paul- hisson

    Les Européens affirment que le TU est une copie du Concorde.
    Les Russophones pensent le contraire et sont moins catégoriques.
    Le Concorde fût financé sur un « tapis vert » ( André TURCAT) et conçu par un savoir faire de 2 nations.
    Le TU144 fût entirement conçu par les Soviétique eux mêmes.
    Bien sûr beaucoup d’histoires d’espionages à raconter pour arriver au résultat final mais en fait il s’agit de deux appareils completements differents.
    Dèjà dans le gabarit puis les technologies utilisées (gommes des pneus, architecture des commandes de vol, alliages métalliques, peintures, ect…) puis dans l’implantation des organes GTR, des atterrisseurs, ect.
    Seules leurs architectures exterieures générales sont grossierement similaires, mais les cahiers des charges et les connaissances de l’époque auraient’ils laissés d’autres choix que d’arriver à ce résultat architectural qu’est l’aile delta ?
    Le Concorde était un delta dans une définition simpliste, mais avec une aile à la géométrie gothique complexe.
    Le prototype du second TU144 était un avion completement different (Concorde aussi a eu son lot de grosses modifications). L’implantion GTR est passée sous les ailes au lieu de 4 moteurs juxtaposés sous le fuselage, l’atterrisseur principal « master piece » à la cinématique complexe dont les boggies et les toutes petites roues s’escamotaient entre les conduit d’entrées d’air moteurs, le train avant se rétractait vers l’arriere sur les premieres études à la planche, puis vers l’avant sur tous les modeles, la géométrie de l’aile delta fût grandement modifée en cambrure et en apex, produisant ainsi une sustentation améliorée aux grandes incidences, essentiellement en effet sol. De même que le canard à géometrie variable devait palier à cette carence de controle d’assiette au grands angles et donc de portance aux basses vitesses.
    Le concorde comportait 2 rangées de 2 sieges, le TU144 en avait 2+3.
    Concorde MTOW : 185 T, le TU144 MTOW : 207 T (+10 %).
    TU144 : un avion resté à l’état de prototype.
    CONCORDE : le plus BEL AVION de ligne de tous les temps.
    Mon poul bat plus fort quand je passe devant le dernier hangar en brique rouge à Blagnac, ou fût assemblé cet avion, à coté de l’ancien terminal.

    • Sebastien

      Je vous invite à consulter certains reportages qui expliquent les difficultés qu’ont eu les russes à remplacer les éléments aux standards européens par ceux de l’URSS. Cela commence tout bêtement par les boulons, une incroyable galère qui a consommé beaucoup d’ingénieurs russes pour un TU-144 totalement plagié, en dehors principalement de la propulsion, dada soviétique. Je ne peux vous inviter à revivre au Bourget l’ « accident » du Tu-144. Le sentiment général sur place était une démonstration en dehors des limites de la bête, avec une montée en flèche qui s’est terminé en décrochage fatal.

      • Charles

        C’est amusant comme un commentaire intéressant et techniquement étayé et solide peut être contredit par des références imprécises à « des reportages » et « un sentiment ».
        Paul-hisson a tout à fait raison, ces deux avions se ressemblent de loin tout simplement parce qu’il n’y a pas d’autres solutions aérodynamiques. L’incroyable technicité de ces deux avions réside dans les détails notamment de l’ensemble propulsif avec l’entrée d’air variable, mais aussi des contraintes d’intégrations des trains etc… C’est là que les avions diffèrent.

        Il est néanmoins certain que de l’inspiration bilatérale a forcément eu lieu du fait du développement simultané de ces appareils.
        Dénigrer les Russes qui auraient copié sur les Européens est de l’ordre des propos de JT (voire de propagande) qui malheureusement perdurent encore 50 ans après. N’oublions pas que les Russes ont toujours été un grand pays de l’aérospatial avec des scientifiques de très haut niveau et notamment au Tsagi. Et cela n’a rien à voir avec la politique.

        Résumer le Tu-144 à un Concorde copié sous prétexte que des ingénieurs Russes sont une fois venus à Toulouse avec un mètre, c’est méconnaître à la fois l’histoire et la technique de l’aéronautique.

  • stanloc

    Monsieur Brevot, vous écrivez :
    Le Tu-144 a laissé des souvenirs mitigés au français, à la suite de sa désintégration en vol, au Bourget 1973. Il a été raillé à tord, ou à raison, en Occident, qualifié de copie outrancière du Concorde.
    Je trouve le mot « désintégration » largement exagéré.
    Quels sont les gens qui ont écrit que le TU-144 serait une copie du Concorde ? des gens bien informés ? Et pourquoi ce ne serait pas l’inverse ; le Concorde serait copié sur le TU-144 ? Je pense que devant les mêmes problèmes aéronautiques (et les Soviétiques avaient la réputation d’avoir d’excellents aérodynamiciens) le nombre de solutions était restreint et les choix aussi donc. Moi c’est ce que j’ai retenu. Par contre ayant vu sur place les éléments du TU-144 et accompagné de quelqu’un qui avait vu de près le Concorde en construction dans les usines françaises et anglaises, nous étions envahi par une désagréable impression que le TU-144 avait été construit avec des méthodes et des éléments structuraux surannés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.