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Erwan Garel : « Par précaution j’ai pris 3 boitiers. »

Le Sonaca 200 en vol au-dessus de la forêt de Brie, peu de temps après sa certification. Au soleil couchant… Erwan Garel n’a eu que quelques minutes pour réaliser cette prise de vue "air to air". Pari réussi pour cette première !

31.07.2020

La première couverture de Erwan Garel, réalisée en fin de journée. "C’est là que la lumière est la plus belle. Les reflets sur le fuselage qui brille, dévoilent de nombreux détails du Sonaca 200… © Erwan Garel / erwangarel.com

« Quand tu as ton sujet, tu l’oublis et tu t’intéresses à l’arrière-plan. C’est un des facteurs clés de la réussite de cette photo, ce magnifique contraste entre le tout alu et la forêt plus sombre. J’ai réalisé ce cliché en fin de journée en mai 2018… ». Erwan Garel est fier de cette image. Un doublé pour lui. Une première commande et une composition aboutie pour une couverture. Il apprécie particulièrement le contraste entre l’alu du fuselage du Sonaca 200 et le vert sombre des arbres en arrière-plan, ainsi que l’effet de vitesse.

« J’avais pour consigne de produire une image dynamique, où l’on sent la vitesse… »

Au total, Erwan a produit quelques 600 photos en vol et au sol pour illustrer 13 pages de la rubrique « en vol » du magazine Aviation et Pilote dédiée au Sonaca 200. Une belle mission pour un photographe qui se lance ! Pilote privé et ancien chef cuisinier, il a choisi récemment de se reconvertir dans la photographie aéronautique.

« Jacques Cailles, le directeur du magazine Aviation et Pilote, m’a appelé la veille du shooting pour me confier cette mission… Cette image est pour moi un premier virage dans ma jeune carrière de photographe. J’ai eu peu de temps pour me préparer, on m’a testé, je ne devais pas me louper ! 

Alors que le patron du magazine s’occupait de préparer le vol au départ de Melun avec Pierre Van Wetter (co-fondateur de « Sonaca Aircraft » et Directeur des ventes) et pilote du Sonaca 200 ce jour-là,  Erwan s’est concentré sur la préparation de son matériel.

« Par précaution j’ai pris 3 boitiers. Le Canon 1D monté d’un objectif 24-105mm, le Canon 6D monté du 70-200mm et un boitier de secours 70D car je ne savais pas à quelle distance nous serions du Sonaca 200. »

« Le directeur de la publication voulait une définition maximale. Alors j’ai utilisé le 6D qui a un meilleur capteur (20 millions de megapixels contre 18 pour le 1D), malgré qu’il soit moins performant en mode rafale… »

Le jour J, en fin d’après-midi, le photographe a pris place à bord du Cessna 180, l’avion suiveur, avec Jacques Cailles aux commandes. La porte passager avait été préalablement retirée (pour offrir un champ de vison optimal) et le siège reculé au maximum pour ne pas gêner les commandes.

« J’avais sur moi un harnais en plus de la ceinture » précise Erwan Garel.  « J’avais un pied sur la paroi et l’autre sur la marche pied de l’avion, le genou contre la paroi… Il ne faut pas avoir peur du vide, j’avais la tête et le haut du corps dehors ! »

Au décollage de Melun-Villaroche, les deux avions ont mis le cap vers Vaux le Vicomte pour se rejoindre en vol patrouille entre 1000 et 1500 pieds sol.

« Nous volions à 180 nœuds car il ne fallait pas donner l’impression de vol lent avec des volets sortis et de l’incidence. Ce n’était pas l’image voulue » précise Erwan Garel.

 

La séance de prise de vues a duré une dizaine de minutes. « En réalité tout va très vite, dans ma tête j’ai eu l’impression que tout s’était déroulé en 30 secondes ! J’étais ultra concentré, mes réglages étaient près depuis la veille, calés sur 1/125 et 1/320ème pour les vitesses d’obturation, afin de ne pas voir le cercle de l’hélice et pour éviter les risques de bouger, même si ce jour-là il n’y avait pas de turbulences. Le Cessna 180 est assez lourd, il absorbe bien quand ça bouge. »

Le pilote du Cessna assurait la radio et pilotage. En vol il donnait quelques consignes au pilote du Sonaca pour se positionner au bon endroit et à la bonne vitesse. Erwan suivait les échanges radio via l’intercom. « Jacques Cailles me rappelait souvent de shooter en mode portrait (vertical) et non paysage, pour les besoins du format couverture du magazine. J’étais tellement concentré que je me mettais systématiquement en mode paysage » s’amuse Erwan.

Moins de six mois après avoir lancé son activité, le photographe venait de prouver à lui-même et ses clients ce qu’il était capable de faire. « C’est une reconnaissance, j’ai envie d’en faire encore plus, et notamment de la prise de vue en vol air to air ».

Jérôme Bonnard

Erwan Garel

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A propos de Jérôme Bonnard

chez Aerobuzz.fr
Journaliste polyvalent, à la fois rédacteur et vidéaste, Jérôme a couvert tous types d'actualités en France comme à l'étranger et a été co-finaliste du Prix Albert Londres en 2012 pour sa couverture du conflit Libyen. Il est surtout passionné par tout ce qui vole depuis son plus jeune âge et pilote sur ULM 3 axes. Il écrit pour Aerobuzz.fr depuis 2018 et consacre la plus grande partie de ses activités au monde aéronautique en réalisant aussi des films.

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