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Il y a 40 ans, le premier vol de la navette spatiale Columbia

Le premier vol de la navette spatiale Columbia, le 12 avril 1981, a fait rêver les enfants que nous étions. 20 ans après l’exploit de Gagarine, les deux américains John W. Young et Robert L. Crippen, pilotes du vol d’STS-1, posaient l'extraordinaire planeur spatial après 36 orbites.

12.04.2021

Au retour, le train d'atterrissage a subi des dommages, en raison d'un échauffement inhérent à la détérioration du bouclier thermique, suite à la perte de tuiles. A 470 km/h, lors de l'atterrissage, " vous sentiez le double "crack" du boom sonique" a déclaré John Young © NASA.

Le décollage de STS-1, le premier d’une navette spatiale de la NASA, intervient vingt ans, jour pour jour, après l’exploit historique de Youri Gagarine, premier homme dans l’espace. Ce 12 avril, à 7 h du matin (heure de Floride), les deux astronautes John W. Young et Robert L. Crippen décollent du Centre Spatial Kennedy, à bord de Columbia.

Devant leurs petits écrans de télévision, des centaines de millions de téléspectateurs autour du monde, suivent les images des deux astronautes installés dans un cockpit semblable à celui d’un avion de ligne, contrastant avec les habitacles d’Apollo, auxquels ils avaient été habitués.

Young et Crippen partent seuls à bord. Leur mission est de tester les phases de lancement, de pilotage, et d’atterrissage du premier véhicule de voyage spatial réutilisable, dans toute l’histoire de la conquête spatiale. 

Le vol d’une navette spatiale est une opération pharaonique. Columbia a été transférée sur son pas de tir 39-A dès le 29 décembre de l’année précédente, soit 3 mois et demi avant son lancement © NASA.

Un bouclier thermique endommagé

Ce lancement aurait dû avoir lieu deux jours plus tôt, mais il a été retardé en raison d’une panne d’ordinateur. Le vol va durer 54 heures et 28 minutes, avec 36 orbites autour de la terre, à 307 km d’altitude. Pendant ces deux jours d’orbite, la direction des vols de Houston, s’est inquiétée : 14 tuiles de protection thermique se sont volatilisées, et 148 ont été endommagées, en raison de surpressions insufflées par les moteurs à poudre : STS-1 allait-elle supporter la rentrée dans l’atmosphère ? Suspense. Des millions de jeunes spectateurs ont alors retenu leur respiration ; finalement, le 14 avril 1981, Columbia a réussi à atterrir, tous moteurs coupés, tel un planeur, sur la piste aménagée du lac asséché du centre d’essais d’Edwards AFB, en Californie. Quel soulagement.

Les héros des temps modernes qui ont inspiré une génération d’enfants qui travaillent aujourd’hui à l’ESA. A gauche, John Young, vétéran d’Apollo et de Gemini, et Bob Crippen, à la veille de son 1er vol dans l’espace, sur STS-1. Crippen fera trois missions supplémentaires sur le programme  » Space Shuttle « . © NASA.

De Columbia à Buran

Lancé en 1970, le programme « Space Shuttle » a déjà coûté près de dix milliards de dollars. Les américains venaient de suspendre les vols habités, après la mission réussie Apollo – Soyouz, en juillet 1975, avec les soviétiques. Mais ils n’ont jamais songé à mettre un terme à la course militaire aux étoiles.

En pleine Guerre froide, « le monde a assisté à notre triomphe », déclare le président Reagan. La date du 12 avril 1981 n’a pas été choisie au hasard… Cet exploit permet aux américains de prendre un avantage sur les soviétiques. Il est une porte ouverte au projet « Guerre des étoiles » cher à Reagan. Les soviétiques estiment que l’une des navettes américaines en construction, pourrait être utilisées dans le cadre de missions militaires au-dessus de l’URSS, et déclarent que « Space Shuttle » viole l’accord de 1967, pour une l’exploitation pacifique de l’espace.

La navette russe Buran ( Tempête de neige ), ne partira, de Baïkonour, que 7 ans plus tard, le 15 novembre 1988, effectuant deux orbites en automatique, à près de 200 km de la Terre, baroud d’honneur d’une URSS en faillite.

François Brévot

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A propos de François Brevot

chez Aerobuzz.fr
François Brévot est un reporter globe-trotter, chroniqueur, et photographe, passionné d’histoire contemporaine, aéronautique et spatiale, et de géopolitique. Il écrit en particulier, sur l’aviation militaire moderne ou ancienne, française ou internationale, et de nombreux récits de voyages sur des destinations et musées à caractère aéronautique. Spécialisé sur les nouvelles puissances aériennes, il visite très régulièrement les salons aéronautiques émergents du nouveau Siècle, que ce soit en Russie, en Chine, en Asie, en Turquie, et se passionne pour les nations d’Europe centrale.

6 commentaires

  • Jean-Mi

    En 1909, Blériot traversait la manche, en trois quarts d’heures à peine. On savait voler depuis quelques mois, après des millénaires à pied ou à cheval, et 100 ans en train…
    20 ans plus tard, en 1929, on avait traversé l’atlantique nord sans escales, plusieurs fois, en 33 heures pour le premier.
    60 ans plus tard, en 1969, on traversait l’atlantique nord à Mach 2.2 en costume de ville en buvant des grands crus pendant un repas trois étoiles, en trois heures trente….
    Au même moment, pile 60 ans à quelques jours près de Blériot, Neil et Buzz posaient le pied sur la Lune.
    Les sondes Voyager étaient sur les planches à dessin à destination de l’extérieur du système solaire, 8 ans plus tard…
    L’homme n’a jamais évolué aussi vite dans ses moyens de déplacement !
    En 70 ans, on était passé de l’état de « simples rampants » à « voyageurs de l’espace ».
    Depuis ???
    On est plus « efficients »… Ça fait moins rêver quand même.
    Mais as-t’on besoin de faire tout cela pour du tourisme ? Passé la performance technique et humaine, passé l’effet de mode, la raison doit reprendre sa place…
    Mais on attend Mars. Je le verrai, pas mon père, qui a vu la lune… Nous n’avons pas pour autant but d’y aller voir nous même, mais le rêve nous suffit.
    C’est quand même impressionnant, quand on prend un peu de recul.

  • Gerard

    De 1961 à 1981, la conquête spatiale a énormément évolué en 20 ans avec le premier vol de la navette spatiale américaine
    Dans ces années fastes naissaient les avions supersoniques commerciaux Concorde et Tupolev 144

    Aujourd’hui en 2021, soit 40 ans plus tard après ce premier vol:
    – tous les projets de navettes spatiales ont été abandonnés
    – on est revenu à des lanceurs par fusées
    – l’homme n’est plus retourné sur la lune depuis 49 ans
    – il n’y a pas pas de base lunaire
    – la marche de l’homme sur Mars est encore de la science fiction
    – les voitures volantes sont toujours à l’état de prototypes non fiables et hors de prix
    – il n’y a plus aucun vol commercial supersonique
    – le flygskam (honte de l’avion) est promu par les écolos-bobos-gauchos
    – les parlementaires ont voté une interdiction de certains vols intérieurs
    – Une maire veut interdire aux enfants de rêver d’avion

    Beau bilan pour l’humanité: c’est ça l’évolution ?

    • Jean Baptiste Berger

      Je partage amèrement votre constat.
      J’ai été interpellé par un reportage (sur Arte) où des scientifiques expliquaient que la première civilisation Egyptienne (pourtant très évoluée) avait éte totalement anéantie par un réchauffement climatique fulgurant, sur une durée de vingt ans, qui avait quasiment asséché le Nil, assoiffant et affamant les populations qui vivaient sur ses rives.
      C’était il y a 6200 ans, si j’ai bien compris.
      Tout est ensuite rentré dans l’ordre (le Nil a retrouve son cours initial) mais il a fallu deux millénaires pour que les Egyptiens se reconstruisent.
      Les premiers Egyptiens ont eu beau faire tout un tas de prières (et de sacrifices) inutiles, la nature a eu le dessus.
      Nul doute que les religieux de l’époque (au pouvoir) ont culpabilisė les survivants pour leur prétendu manque de dévotion ayant irrité les dieux au lieu de restreindre leurs propres prélèvements fiscaux, ce qui aurait peut-être permis de surmonter les deux décennies critiques et d’éviter d’être ensuite envahis par d’autres qui les ont anéantis.
      Aujourd’hui on est toujours dans la même logique : le climat se réchauffe (pourtant bien plus lentement), on a pris conscience que la démographie mondiale (encouragée par des religieux hégémoniques et des financiers sans scrupules qui n’y voient que des masses d’esclaves/consommateurs) avait un impact sur ce réchauffement.
      Mais on continue d’encourager la démographie et on stygmatise dans le même temps ceux qui roulent en voiture ou prennent l’avion….le sacrifice idiot demandé par Greta et ses disciples incapables de faire une règle de trois, comme tous ceux qui les « croient », d’ailleurs !
      Et la perspective de crever de faim, envahi par des populations dont des voyous continuent d’encourager la croissance, sans avoir le droit de quitter mon clapier où je n’ai plus que du soja à me mettre sous la dent ne m’enchante pas beaucoup .
      Si c’est le rêve de certains, c’est juste parce qu’ils sont incapables d’en avoir d’autres que de ramener à leur propre vie sans relief ceux qui en ont une plus désirable. Et c’est plus une question d’état d’esprit que de moyens.
      L’attitude des gens qui ne prétendent agir que sur le facteur (constant) affectant mon confort et mes choix de vie en ignorant (par dogme ou par bêtise) celui, prépondérant, de la démographie (celui-ci continue de grandir!) ne vaut pas mieux que celle des premiers dictateurs Egyptiens.

      • Jean Baptiste Berger

        Erratum.
        C’ėtait Il y a 4200 ans…(et non pas 6200 comme écrit un peu précipitament…)
        Mea culpa 🤭 !
        JBB

    • totoro

      C’est la totalité du monde des transports qui a connu un coup d’arrêt brutal en développement commercial et R&D.
      On fustige chez les réacs l’arrivée du Lithium dans les bagnoles en 2021, avec force mauvaise foi, alors qu’à tout point de vue c’est la seule dernière grosse disruption massive qu’on peut s’offire, et qu’on aurait DU s’imposer des les seventies.
      Les premieres cellules protos étaient prêts chez Exxon (vérifiez, c’est bien Exxon (!) l’inventeur puis « oublieur » de cette techno), tout ça pour cultiver la pétrolomobile a explosion mal-performante et polluante pendant encore 30 ans, A coup de pseudo filtrages et de micro évo générant surtout du SAV, bloquant l’énorme potentiel de développement et de R&D qu’offre l’électrification – et pour encore 30 ans de plus si un type n’avait pas pris le taureau par les cornes.

      Dans d’autres domaines : train à lévitation, moteurs à induction linéaires, aéroglisseurs, surgénération nucléaire, tout est mort. Au niveau occidental toujours on a suicidé nos industries de téléphone, semi-conducteurs, abandonné en rase campagne nos brevets sur le solaire, abandonné toute R&D sur le thermo-solaire alors qu’on était pionniers avec Odeillo.

      On s’est littéralement endormi mondialement après les 30 glorieuses, et surtout en occident. Le seul gros relais de croissance technologique a été le Net et ses avatars.
      Ancien prof (de web !) dans une école qui enseignait l’électronique de haut vol , les systèmes embarqués et l’hyperfréquence j’ai vu littéralement mourir l’intérêt et la filière avec, plus aucun étudiant candidat dans les dernières années, alros que les rares qui sortaient étaient pris à prix d’or chez Astrium.

      C’en est à souhaiter que perdu pour perdu, chinois coréens et indiens sauvent le monde de cette lamentable décadence technologique, nous, nous devenons un vaste musée à valeur ajoutée remplis de gosses qui sortent d’école de commerce, lobotomisés par leur égo-trip sur smartphone (américano-chinois). Nous accueillerons en BnB ceux qui feront avancer le monde…

      • Jean Baptiste Berger

        Vous êtes dans le vrai, on a cassé l’élan technologique des seventies….
        Votre remarque sur le renoncement d’Exxon au photovoltaïque est d’ailleurs significative.
        Ça corrobore ce que j’ai toujours pensé concernant la « transition énergétique », ce sont les grandes firmes pétrochimiques qui la « pilotent » sournoisement.
        Pour moi Exxon, Total, Shell and co disposent depuis très longtemps des brevets qui permettent de développer des motorisations non carbonnėes mais depuis très longtemps, également, ils les protègent (même si vous inventez, dans un labo privé, le moteur à eau (disons a hydrogène…) les firmes vous opposeront qu’il faudra leur racheter (hors de prix !) le brevet qu’ils ont déjà déposé sur le sujet…
        Leur seule préoccupation étant le profit ils repoussent d’année en année la date où remplacer massivement le moteur à pétrole par autre chose (ce qu’ils savent faire, donc) sera plus rentable pour eux que d’aller chercher le pétrole à trois mille mètres sous l’eau ou d’influencer la politique pour que les Saoudiens continuent de le vendre à bas prix (y compris en acceptant leur politique religieuse agressive, ce que les populations occidentales payent très cher).
        Je suis même persuadé que toute cette campagne « anti pétrole » (Greta) n’est pas subie par ces trusts pétroliers mais au contraire, paradoxalement, organisée par eux.
        Ce sont eux qui donneront le « top changement » dès que leur solution alternative sera commercialisable à grande échelle.
        Deux remarques pour appuyer ce sentiment :
        -Il y a peu de temps (dix ans ?) les USA qui réservaient intégralement à leurs réserves stratégiques le pétrole qu’ils extrayaient dans leur sous-sol se sont mis à l’exporter.
        Ils ont calculé qu’ils disposaient de suffisamment de réserves pour faire voler leurs F15 pendant des siècles et ils ne veulent pas bêtement laisser tous ces dollars dormir à jamais sous leurs pieds…
        -Les USA (encore eux..) ne disposent pas, par contre, des ressources naturelles nécessaires pour le redéploiement des énergies nouvelles (Lithium, uranium, cuivre…) et donc ils sont obligés de s’assurer géopolitiquement de contrôler les pays qui en disposent avant de donner le fameux « top ».
        Ces sociétés sont très puissantes, elles ont les moyens de manipuler des états, des scientifiques, alors des individus, vous pensez…
        Ce qui est dramatique c’est que la naïveté des peuples les amène à tout confondre…
        -La propreté et le civisme avec la sauvegarde des dauphins.
        -La sincérité infantile d’une gamine autiste avec la sauvegarde des jeunes générations.
        -L’égalitarisme par apauvrissement général (nivellement par le bas) et l’écologie.
        J’ai des doutes sur l’intelligence collective (le sujet de prédilection de Pilotaillon, que je salue, dans ces colonnes) , si facilement manipulable par des slogans à deux balles , pour discerner avec bon sens les bonnes et les mauvaises actions pour améliorer le cadre de vie . (Exemple, supprimer la publicité aérienne (peanuts), supprimer le nucléaire (propre) et favoriser l’éolien (ressources encore plus limitées que le pétrole, le cuivre, par exemple et horrible pour le paysage) etc..
        Par contre, je n’ai aucun doute sur la maitrise de cette transition inéluctable par les grands groupes pétrochimiques actuels.
        La meilleure preuve, tous les marchands de bagnoles et de lessive font de la publicité en mettant en avant l’écologie, alors même que leurs produits sont, même sans phosphates et plus ou moins hybrides, la continuité de ce qu’ils offrent comme débouchés aux producteurs d’énergie.

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