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Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale

Dans « Entre ciel et mère » (Editions du Rocher), Jean-Marie Le Méné raconte Marine Bayer, première femme pilote d’hélicoptère au sein de la Marine Nationale à avoir participé au combat. Un récit passionnant qu’il aurait été dommage de passer à côté.

16.04.2014

« …On remplira à 450 litres seulement pour rester le plus manœuvrant possible… Enfin, souvenez-vous qu’on volera « harnais serrés bloqués » pour ne pas risquer de s’affaler sur le manche en cas de blessure ou d’évanouissement… » Voilà, le ton est donné. Jean-Marie Le Méné, ancien officier de la Marine Nationale, devenu magistrat, en connaît un rayon sur les missions de la Marine, notamment celles du très célèbre bâtiment-école et porte-hélicoptères la « Jeanne d’Arc », affectueusement appelé « La Jeanne ». Il a voyagé tellement souvent à bord du mythique bateau !

Et c’est là qu’il rencontre une femme tout-à-fait exceptionnelle, le lieutenant de vaisseau Marine Bayer, première femme pilote d’hélicoptère opérationnelle engagée au combat. Pourtant, il dit de Marine Bayer qu’il s’agit tout simplement « d’une jeune femme ordinaire appelée à vivre des moments extraordinaires. » Il raconte à travers ce récit époustouflant « Entre ciel et mère » l’histoire de cette jeune maman de trois enfants, première femme officier chef du détachement des hélicoptères de l’aéronautique navale embarqués à bord de « La Jeanne » qui va lutter durant tout son engagement au sein de l’Aéronavale contre la misogynie et le harcèlement de certains militaires « haut placés », pour parvenir à ses fins : être pilote reconnue ! Les éditions du Rocher ont publié le livre de Jean-Marie le Méné, il y a un an. La rédaction d’Aerobuzz.fr n’en a eu que connaissance que très récemment. Au risque de s’exposer aux critiques de certains de nos lecteurs qui auront déjà lu ce récit, nous avons néanmoins décidé de vous le présenter. Il en vaut la peine…

Et son parcours sera plus mouvementé que la frégate sur laquelle elle navigue, seule femme entourée d’une centaine de marins, pris au piège d’un typhon quelque part, très loin au milieu de l’océan. Tout commence par une profonde blessure qui ne guérira pas : Marine, qui a obtenu son brevet de base de pilote à 15 ans, rêve de devenir pilote de chasse, mais, malgré ses excellents résultats, elle n’intègrera jamais cette élite. L’Armée – nous sommes en 1995 – n’a pas encore franchi le pas de la féminisation de ses chasseurs. Elle est donc affectée à l’escadrille 22S, à l’école de spécialisation des hélicos embarqués, sur la base bretonne de Lanvéoc.

Après ses classes à Salon de Provence, puis à Cognac, elle rencontre son futur mari, un pilote lui aussi, qui volera sur Mirage… Secrètement, elle se projette sur son pilote de chasse de mari, qu’elle ne voit que quelques mois par an. Lui part au combat en Afghanistan, au Proche-Orient, et elle, pilote d’Alouette III sur « La Jeanne », elle enchaîne les missions entre la Polynésie, l’Océan Indien, l’Asie du Sud-Est… De leurs brèves et tumultueuses rencontres en escale un peu partout dans le monde, le couple aura trois enfants.

Mais les missions lointaines, les brefs échanges par mail (pas plus d’un mail par semaine en opération…) en auront raison de leur passion : le couple se séparera après treize ans de vie commune. Marine ne baisse pas les bras pour autant et continue son combat pour prouver – se prouver à elle-même ? – que ses missions sont toujours compatibles avec ses devoirs de mère de famille. « Mes amours, écrit-elle à ses enfants, votre maman est toujours à bord de la Jeanne d’Arc, notre traversée vers Djibouti est plus longue que prévue. Nous restons à proximité des côtes somaliennes pour une éventuelle mission de récupération d’un grand voilier nommé Le Ponant. C’est un trois mâts français de 88 mètres de long qui a été arraisonné par des pirates… »

La suite, on la connaît. Du moins en partie. C’est la fameuse opération « Thalathine ». Les otages seront libérés contre une forte rançon. Mais ce que le livre raconte en détails est moins connu. En fait, sur ordre du Pacha de « La Jeanne », et, d’une certaine façon, en passant outre l’avis de l’Elysée, des hélicos, dont l’Alouette de Marine Bayet, vont poursuivre les terroristes somaliens sur une piste du désert, d’une part pour les faire prisonniers (ils seront exfiltrés et jugés en France) et d’autre part pour récupérer une part importante de la rançon… La mission est un succès.

« Entre ciel et mère » est donc une histoire vraie. Une histoire de vrais pirates que Marine raconte à ses enfants… Une histoire fabuleuse qui se lit d’une traite, comme un authentique thriller. On ne peut que rester admiratif devant le courage de cette femme, véritable Amelia Earhart des temps modernes, qui, une fois l’Armée quittée, exerce aujourd’hui les fonctions de pilote au sein des flying doctors en Australie. En reconnaissance de ses services rendus, elle a été décorée de la Croix de la Valeur militaire, et de la Légion d’honneur.

Bruno Rivière

A propos de Bruno Rivière

chez Aerobuzz.fr
Reporter photographe par passion, Bruno Rivière a assuré la rédaction en chef d’Aéroports Magazine pendant près de 25 ans. Il a également enseigné le journalisme en faculté. Spécialiste du transport aérien, il a rejoint Aerobuzz en janvier 2011. Bruno Rivière réalise des reportages et des recensions de livres.

14 commentaires

  • HELO BZH

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    Il faut savoir que les « terroristes » exfiltrés et jugés en France sont souvent libérés avec forces excuses et dommages et intérêts de l’état français. Ça n’enlève rien aux mérites de Marine que je salut amicalement.

  • Eul Fred

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    Les enfants ? ben faut lire le livre pour voir que le couple a essayé de s’organiser pour concilier carrière et vie familiale et que ça n’a pas été une partie de plaisir, avec le résultat qu’on connaît.

    Autre point, l’époux de Marine a bien volé sur Mirage (2000N il me semble), mais le gros de sa carrière a été fait sur Super Etendard et il a terminé sur Rafale. Si il avait été pilote dans l’armée de l’Air, les choses auraient sans doute été plus simples pour organiser la vie de famille.

    Je suis curieux de savoir où en est Marine des objectifs personnels qu’elle se fixe à la fin du livre.

  • magoul driss

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    Marine Bayer reste une femme exeptionelle qui a quitté la marine française tete haute , on voie son courage à travers le metier qu’elle a exercé de pilote sur un leger helico l’appareil qui reste une proie facile aux tirs sols-air dans des missions pareilles et puis son ambition de pilote de chasse que malheureusement elle etait apte à atteindre ce but…, et enfin et malgré l’achevement de carrière miltaire elle reste toujours fidèle a son metier et avec cet organisation humanitaire de secours tel que Flying Doctors service les aventures de Marine continuent et parcours de combattant ne manque pas d’obstacles avec tout ça etre bonne mère de 3 enfants c’est une exception bravo elle merite un grand salue

    • Guynemer13

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      Par moment cela finit par m’agacer de tenter de lire des posts dans du très mauvais charabia. Faites un effort quand vous écrivez en français ou alors abstenez vous !!!

      • JMB

        « Par moment cela finit par m’agacer de tenter de lire des posts dans du très mauvais charabia. Faites un effort quand vous écrivez en français ou alors abstenez vous !!! »

        Oh là là ! L’arroseur arrosé.

        Si vous faites des remarques – justifiées – sur le mauvais français des intervenants, assurez-vous d’être vous-même irréprochable.

  • lauMarot

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    juste pour signaler pas mal d’occurrence de « Bayet » au lieu de « Bayer » dans cet article

  • SAUTERET

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    Belle carrière faite de volonté et passion;je me souviens alors que j’étais sur la BAN Rochefort sur Mer, années 85/86 il y avait déjà deux ou trois jeunes femmes séctionnées sur CAP 10 ( 51S ) et d’autres à ma connaissance devenues pilotes d’hélicos.

  • vemache

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    Mais c’est parfait ! Et les enfants dans tout ça ? Père et mère qui s’éclatent respectivement en Afghanistan et en Somalie (avec courage, j’en conviens). Qui les élève ? Le vécu abandonnique et les blessures de séparation ne comptent pas ? Ils ne s’éclatent pas eux sans papa et maman !!

    • Aubin de Gitmus

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      Tout à fait d’accord avec « vemache » : et les enfants … ?

    • Solon

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      …parce que les parents bien-comme-il-faut qui restent chez eux à élever leurs enfants ne divorcent jamais et font des enfants parfaits, c’est bien connu !!! Eh, oh, il faut revenir dans la vraie vie, là !

    • HELO BZH

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      C’est quoi ce commentaire préhistorique? Vous vous croyez encore dans les années 50? la femme au foyer, papa qui lis son journal et maman qui fait la vaisselle. le « Vécu abandonnique »? et pourquoi pas la « pissolitude post dépressionnaire »? Pardonnez Marine si elle a préféré une Alouette à un Tornado, quoique la connaissant elle aurait adoré la version bi-moteurs à géométrie variable, mais sans doute avez vous préféré acheter la version sans sac qui ne perd pas d’aspiration pour la fête des mères. Et je vous rassure, ses enfants vont très bien et ils sont super fiers de leur maman.

  • RATEL

    Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
    bravo chère madame!!!!!! pour votre courage en tant
    que pilote et maman!!!!! cela vous honore!!!!
    et la devise toujours ( FAIRE FACE ! )

    • Jean-Loup FROMMER

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      « Faire face » est la devise de l’Ecole de l’Air de Salon-de-Provence. Marine Bayer est de la Marine Nationale. Il serait intéressant de connaître la devise s’appliquant à l’Aéronautique Navale.

    • HELO BZH

      Le parcours du combattant de la première femme pilote de combat de la Marine Nationale
      Dormez en paix, l’aéronavale veille…

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