Accueil » Culture Aéro » Les mémoires de Roland Garros enfin publiées.

Les mémoires de Roland Garros enfin publiées.

Il aura fallu attendre cent ans pour pouvoir lire les mémoires de Roland Garros dans leur intégralité, non expurgées. C’est un document inédit sur les débuts de l’aviation que proposent les éditions Phébus. Un témoignage écrit en captivité par l’un des pionniers les plus attachants.

A Vichy en 1912, Roland Garros (à droite) avec ses amis Joseph Aletti et l'aviateur Edmond Audemars

A Vichy en 1912, Roland Garros (à droite) avec ses amis Joseph Aletti et l'aviateur Edmond Audemars

La véritable histoire de Roland Garros est celle d’un aviateur hors norme, coureur de records et de compétitions, amoureux fou de l’air, qui passa sa courte vie à pousser toujours plus loin et plus haut les avions que les constructeurs de l’époque – Blériot, Santos-Dumont, Morane-Saulnier… – lui confiait.

On connaît à travers différents témoignages les exploits et la vie du pilote français né à La Réunion le 6 octobre 1888 et mort lors d’un combat aérien le 5 octobre 1918. Et on retient surtout de ses prouesses la première traversée de la Méditerranée entre Fréjus et Bizerte (Tunisie) le 23 septembre 1913. Un exploit qui, pour Roland Garros, ne représente à peine plus de six à sept pages des ses « Mémoires ». Juste un record de plus…

Pour Jean-Pierre Lefèvre-Garros, neveu du pilote, « mon oncle, de tempérament humble, a toujours considéré que « sa » traversée de la Méditerranée ne représentait pas sa plus grande victoire. Lors de sa captivité à partir de 1915, Roland Garros dira que ses plus grandes victoires ont été ses combats aériens. Ne fut-il pas le premier pilote à avoir « descendu » un avion allemand alors même que mon oncle était seul à bord et que l’avion allemand comptait un pilote et un mitrailleur ? »
A Vichy en 1912, Roland Garros (à droite) avec ses amis Joseph Aletti et l'aviateur Edmond Audemars
Ses « Mémoires » sont ainsi publiées pour la première fois. Roland Garros avait fait « taper à la machine » cinq exemplaires seulement de son manuscrit. Des exemplaires donnés à ses proches avec la promesse de ne « jamais les publier ni les donner à presse ». Aujourd’hui, l’exemplaire déposé au Bourget par l’avocat Jean Ajalbert (ami de Roland Garros mort en 1947) est celui-là même qui est publié par les Editions Phébus. Il est visible au Musée de l’Air du Bourget. Selon l’écrivain Blaise Cendrars, les « Mémoires » de Roland Garros représentent « le document le plus extraordinaire, et le plus pittoresque et le plus vivant que l’on puisse lire sur les débuts de l’aviation. »

Certes, une première version des « Mémoires » de Roland Garros avait bien été publiée par Jacques Quellennec vers 1960, mais, selon Jean-Pierre Lefèvre-Garros qui signe notamment les avant-propos de l’ouvrage publié par Phébus, « le livre de Quellennec a été un fiasco total ! Tous les passages drôles (car Roland Garros possédait un sens de l’humour incroyable !) ainsi que les anecdotes sympathiques rapportées par mon oncle ont été supprimés du livre. De sorte que le lecteur a dû se faire une image tronquée de mon oncle, une sorte de héros descendu du ciel ! En réalité, Roland Garros était un personnage joyeux, plaisant, passionné de musique, d’art, bref un homme qui aimait vivre. C’était aussi un grand bricoleur qui aimait la mécanique. Avec son camarade Raymond Saulnier, ils trouvent un système de blindage de l’hélice, permettant de tirer à travers elle sans la briser ! Bref, l’ancêtre du système de synchronisation du tir à travers l’hélice finalisé par Fokker bien plus tard. »

Les « Mémoires » de Roland Garros se lisent comme un véritable roman. C’est passionnant, truculent, et plein d’humour. C’est aussi un « survol » du début des années 1900 qui fait de l’ouvrage un précieux manuel d’histoire de France, mais aussi d’Europe, d’Amérique du nord et d’Amérique du sud que Roland Garros a si bien connu lors de ses longs séjours. L’éditeur ose même dire « qu’il y a du Jules Vernes dans ses souvenirs »…

Bruno Rivière
« Mémoires », suivi de « Journal de guerre »

A propos de Bruno Rivière

Reporter photographe par passion, Bruno Rivière a assuré la rédaction en chef d’Aéroports Magazine pendant près de 25 ans. Il a également enseigné le journalisme en faculté. Spécialiste du transport aérien, il a rejoint Aerobuzz en janvier 2011. Bruno Rivière réalise des reportages et des recensions de livres.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Protection anti-spam *

Sur Facebook

Sur Twitter