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Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air

Une petite association de retraités du groupe Dassault, installée dans la commune d’Argenteuil (95), devrait dévoiler au public fin avril 2012 une réplique quasi exacte du fameux hydravion Donnet-Lévêque Modèle C de 1912. Cent ans séparent les deux appareils…

16.03.2012

La scène se passe sur la Seine… il y a juste cent ans ! Deux compères Jérôme Donnet et Henri Lévêque décident de construire un hydravion – « un bateau volant », terme plus facile à prononcer par les anglophones que « hydroaéroplane » ! – capable de rivaliser tous ses concurrents aux premiers meetings aériens d’hydravions. Les ateliers sont installés à Argenteuil, gentille commune du nord-est de Paris généreusement traversée par la Seine.

Une partie de l’équipe des retraités de Dassault, au travail depuis 18 ans. © DR

L’hydravion est basé sur le concept de fuselage-coque, c’est-à-dire que le corps de l’avion relève de la forme d’une barque, étanche, surmontée d’une voilure biplan, équipée de deux flotteurs de stabilisation. Le moteur d’origine – un Gnome de 50 CV – sera remplacé aujourd’hui par un moteur rotatif récupéré « Le Rhône de 80 CV ». Car ce célèbre Donnet-Lévêque devrait voler à nouveau très prochainement.

L’hydroaéroplane de Donnet et Lévêque sur la Seine. © DR

Une association « Les Rétro-Planes d’Argenteuil » travaille d’arrache-pied à la réalisation de cet hydravion. Michel Berthieu, président de l’association, explique : « Au départ, en 1990, Robert Mondargent, alors maire de la ville d’Argenteuil, avait engagé une politique de rapatriement, de reconstruction et de protection du patrimoine industriel de la ville en récupérant certains fleurons de notre histoire, comme par exemple une automobile Lorraine Dietrich et un chasseur Mirage III. 

Ossature du fuselage. © DR

Nous nous sommes réunis également sous l’impulsion de Hubert Bourduche, ingénieur à la retraite de SIPA, aujourd’hui décédé, pour reconstruire un hydravion Donnet-Lévêque, et le faire voler cent ans après son premier vol ici même, à Argenteuil. Mais vous connaissez les difficultés administratives et financières des petites amicales qui ne fonctionnent que sur le bénévolat de ses adhérents, une petite dizaine, tous retraités. Heureusement, la ville d’Argenteuil, mais aussi des groupes tels que Dassault, Snecma (Safran) pour ne citer qu’eux, nous soutiennent tant pécuniairement que sur le plan de la logistique : dessin, essai des maquettes en soufflerie, usinage des pièces, etc. De même, des organisations telles que le Musée de l’Air du Bourget nous aident de façon précieuse.

Fuselage et ailes centrales . © DR

Actuellement, notre Donnet-Lévêque est fin prêt pour sa campagne de vol. Sauf que la DGAC ne peut pas nous accorder de dérogation pour évoluer à partir de la Seine. Il faut donc équiper notre hydravion d’un train classique afin de le faire décoller d’une piste en herbe. Jean Salis, sur son mythique terrain de la Ferté Alais nous propose d’effectuer nos vols d’essais sur ses terres, avec ses propres pilotes spécialistes d’avions anciens. Nous sommes en train d’y réfléchir. En fait», ajoute Michel Berthieu, «nous pensons être prêt à voler courant 2012, plutôt après l’été, où nous pourrions présenter notre avion en Belgique lors de Coupe du Roi des Belges en septembre. Car il faut rappeler que le premier Donnet-Lévêque modèle C, doté d’un moteur Le Rhône de 80 CV remporta cette coupe il y a cent ans ! »

Prochaine étape donc pour ce projet : le certificat CNRAC (Certificat de navigabilité restreint d’aéronef de collection), véritable sésame délivré par la DGAC et qui devrait ouvrir, enfin, la voie des airs au Donnet-Lévêque. Au total, avec son moteur acquis par la commune d’Argenteuil, son local mis également à disposition par Argenteuil, le coût du projet s’élève à environ 50 à 60 000 euros. Evidemment, ne sont pas comptabilisées dans ce montant les milliers d’heures de travail bénévoles des adhérents des Rétro-Planes d’Argenteuil.

Bruno Rivière

A propos de Bruno Rivière

chez Aerobuzz.fr
Reporter photographe par passion, Bruno Rivière a assuré la rédaction en chef d’Aéroports Magazine pendant près de 25 ans. Il a également enseigné le journalisme en faculté. Spécialiste du transport aérien, il a rejoint Aerobuzz en janvier 2011. Bruno Rivière réalise des reportages et des recensions de livres.

5 commentaires

  • Reconstructions Répliques Avions Anciens

    Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air
    Bravo pour les grands pères d’Agenteuil de la part des grands pères de Vendée qui ont construit le Mosquito.75.en 17 ans et 33000 heures
    notre site http://bogaert.jimdo.com

    Bon courage et chapeau

  • rouletabille

    Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air
    une hydrosurface permanente est en gestation à 70 kms au sud de Cernay, avec quelques terrains le long du chemin où il est possible de se poser en cas de necessité.
    long 1000 mètres, et bien dégagée.
    si intéréssé, prendre contact par l’ intermédfaire d ‘aérobuzz . curieux s ‘absteinir.

  • Michel Barry

    Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air
    J’ai appris récemment l’existence de votre projet. Cet appareil que je regarde avec admiration depuis qu’il est exposé au MAE du Bourget mérite bien la reconstitution que vous avez entreprise avec succès. Je vous souhaite plein de réussite pour la suite et j’espère que vous trouverez un plan d’eau digne de ce splendide pionnier afin de réussir vos essais dans des conditions de sécurité maximales.
    Félicitations à tous;
    Michel Barry, concepteur de la Souricette….

  • Eul Fred

    Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air
    Sauf que la DGAC ne peut pas nous accorder de dérogation pour évoluer à partir de la Seine

    un seul mot : LA-MEN-TABLE !!!

    Pour le reste, bravo à l’équipe et bravo à leurs soutiens !

  • Bernard

    Les Rétro-Planes d’Argenteuil : une histoire d’eau qui ne manque pas d’air
    Bonjour et félicitation aux excellents « Papydravion » à qui je souhaite succès à tous les étages. Pour connaître un peu la genèse de cette merveilleuse Aventure, je ne doute pas que ce succès soit assuré. Je souhaite vivement pouvoir assister à un vol de la merveille lors d’un déplacement dans votre région.
    Bien amicalement
    B.P. un heureux possesseur d’une de vos maquettes bois qui trône à côté de mon bureau.

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