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Neil Armstrong, un aviateur (un peu) dans la lune…

Il avait l'étoffe d'un héros de bande dessinée. Il restera pour toujours, le premier homme à avoir marché sur la Lune. Portrait iconoclaste de Neil Armstrong.

19.07.2019

Aux commandes du X-15, Niel Armstrong s'aventura aux portes de l'Espace en frôlant la catastrophe. © NASA

En cette période qui commémore le cinquantenaire du premier homme sur la Lune, on lit énormément de choses sur ce programme spatial pharaonique qui permit à quelques hommes chanceux de contempler la terre depuis notre satellite. On parle beaucoup du « grand pas pour l’humanité » en oubliant un peu que ceux qui accomplirent cet exploit étaient des hommes hors du commun, mais qu’ils eurent tous de grandes difficultés à retrouver une vie normale après un pareil challenge.

Neil Armstrong, le tout premier, quitta la Nasa, et vécut le plus discrètement possible le reste de sa vie. Il est courant d’entendre à propos de Neil Armstrong, qu’il fut le premier trompettiste à faire du vélo sur la lune ! Confusion volontaire et comique entre trois américains portant le même nom, et devenus des stars dans leur spécialité. Pourtant, si Neil l’astronaute a connu la célébrité dans l’espace, sa carrière fut brève, il y vola trois fois.

Né pour voler

Il était par contre aviateur depuis sa prime jeunesse et son parcours de pilote est assez étonnant, bien qu’éclipsé par son vol lunaire.

Comme beaucoup d’enfants nés dans les années trente, il contracta le virus de l’aviation et grandit avec cette passion. Breveté pilote le jour de ses seize ans, il entra à l’université pour suivre une formation d’ingénieur aéronautique. Ses revenus modestes limitant ses projets universitaires, Armstrong signa un contrat dans le cadre du plan Holloway : six années d’études payées, contre trois ans d’engagement dans la marine.

Niel Armstrong a eu une riche carrière aéronautique. © NASA

Mais par malchance, c’était au début de la guerre de Corée et le jeune homme fut incorporé comme pilote sur un porte avion. Il dut combattre aux commandes d’un Panther, un des premiers jets américains. C’est là que commencent ses aventures : Neil Armstrong montra une fâcheuse tendance à laisser des morceaux d’avion partout !

79 missions de guerre et une éjection

Le premier fut un bout d’aile arraché par un câble, à quelques mètres du sol durant une attaque ! Il réussit à rentrer, mais dut s’éjecter car l’avion n’était plus en état d’apponter ! Après deux ans de cette vie intense et 79 missions de guerre, Armstrong rentra au bercail et reprit l’université.

Cerveau brillant, il obtint ses diplômes et entra comme pilote d’essai au NACA (ancêtre de la NASA), volant alors sur de nombreux avions expérimentaux, pour les programmes de recherche de grandes vitesses. Le lieu des exploits était la base d’Edwards, située dans le désert californien.

Un gaffeur un peu distrait

Armstrong se forgea une réputation de pilote à qui il arrivait toujours des petits ennuis. La légende locale, encore bien vivante, fait de lui un gaffeur un peu distrait, dont la voiture était toujours en panne et qui faisait du stop, loin de son image ultérieure de parfait astronaute.

Il dut aussi subir en avion un assez grand nombre de pannes et d’urgences dans lesquelles beaucoup de dégâts furent à déplorer, sans que le pilote en soit toujours responsable…

Le plus dramatique fut une hélice qui s’arracha de son avion B29, juste avant le largage d’un avion fusée, le Skyrocket. L’hélice détruisit un moteur, puis partit lacérer le fuselage, juste une seconde après qu’on ait largué le prototype. La soute fut déchiquetée en spirale par l’hélice folle.

Le Skyrocket et son pilote, balancés sans prévenir, réussirent par chance à se poser sans encombres en planant, ainsi que l’avion porteur, taillé en rondelles, au grand étonnement de tous.

A bord du simulateur du module lunaire, Niel Armstrong frôla la catastrophe. © NASA

En double commandes avec Chuck Yeager

Un autre jour, Armstrong devait contrôler des lacs asséchés servant de terrains de secours. Parti dans un biplace T33 avec le fameux Chuck Yeager, Armstrong insista pour tenter un atterrissage sur un lac boueux. Yeager laissa faire. L’avion s’enfonça immédiatement dans la croute de boue salée et resta collé au sol, réacteur hurlant, avec ses pilotes consternés…

Ils durent marcher trente kilomètres avant d’être recueillis. On ignore ce que devint l’épave du T33…

Chuck Yeager n’était pas tendre à l’égard des pilotes de la NASA, parlant d’eux comme de prétentieux incompétents. D’après lui, ces pilotes prenaient tous les autres de haut, parce qu’ils étaient diplômés des grandes universités. Mais il appréciait Armstrong, son flegme et ses gaffes.

L’affaire de Nellis

Une autre aventure survint quelques jours après et resta dans les mémoires sous le nom de «l’Affaire de Nellis !» En reconnaissance sur un autre lac, Armstrong vola si bas qu’il endommagea le train d’atterrissage, l’antenne radio et la crosse ventrale ! Sentant venir les problèmes, il fila se poser à Nellis, une base située non loin de là.

La crosse pendant sous l’avion se prit dans un câble d’arrêt, ce qui entraina des blocs de béton et des chaines sur la piste. Après quelques explications tendues, la piste fut dégagée et un avion vint chercher Armstrong. Mais un pneu éclata sur des débris et l’avion, rendu inutilisable, bloqua la piste ! Un troisième avion dépanneur, arrivé peu après avec une roue de rechange, se posa trop long et s’aplatit en bout de piste !

Après quoi, le commandant de la base exigea que les trois pilotes de la NASA soient retirés rapidement de sa vue et raccompagnés à Edwards, mais en voiture.

Cependant, la plus belle gaffe restait à venir. Enfin admis à piloter le X-15, l’avion de tous les records de l’époque, celui qui frôlait l’espace, Armstrong s’en tira très bien jusqu’au sixième vol. L’avion fusée imposait des trajectoires d’une précision parfaite.

 

Neil Armstrong à bord du module lunaire quelques heures seulement avant de fouler le sol lunaire. © NASA

Ricochet à Mach 3 en X-15

Lors de la descente, Armstrong cabra un peu trop l’engin qui rebondit sur les hautes couches d’air et repartit vers l’espace ! Il passa au dessus d’Edwards où il devait se poser, à 30.000 mètres d’altitude, filant à Mach 3 vers le sud ! Après un détour de 130 kilomètres et une certaine panique au sol, le pilote réussit à revenir se poser en plané, de justesse et dans le mauvais sens, à seulement quelques mètres du seuil de piste…

Malgré ces petites erreurs, Neil Armstrong était un bon pilote et fut retenu par la NASA pour entrer dans le corps des astronautes.

Sur la Lune, Neil Armstrong était le photographe. Cette photo prise par Buzz Aldrin, est l’une des rares photos d’Armstrong. © NASA

Objectif Lune

Plus tard, il devint célèbre comme le premier homme à poser le pied sur la lune. Avant d’accéder à la postérité, il crasha quand même sur terre le véhicule d’entraînement aux alunissages, réussissant à s’éjecter d’extrême justesse avant que l’engin n’explose et soit totalement détruit. Son dernier atterrissage fut le plus beau de tous, là haut sur la mer de la tranquillité. Mais ce fut aussi le dernier.

Neil Armstrong. 5 août 1930, Wapakoneta – 25 août 2012, Cincinatti. © NASA

Après son retour sur terre, Armstrong, cessa toute activité aéronautique, devenant professeur de physique dans une petite université. En rentant de sa dernière mission, Neil Armstrong avait quand même laissé sur la lune et dans l’espace presque tous les morceaux de sa fusée, rentrant dans la minuscule capsule qui, seule revenait sur terre. On ne se refait pas !…

Hervé Gouinguenet

 

A propos de Hervé Gouinguenet

chez Aerobuzz.fr
Hervé Gouinguenet est pilote et tête en l'air depuis très longtemps. Surtout passionné par la conception et le design des avions et des véhicules rapides, l'histoire des techniques est son domaine. Il a enseigné le design et collaboré avec le magazine "Volez". Hervé a publié des romans sur l'aviation russe, des ouvrages variés sur l'aéronautique et se spécialise aujourd'hui sur l'évolution des gros porteurs et les mutations de l'aviation du proche futur.

17 commentaires

  • J’ai l’impression que l’on cherche du poil sur les oeufs. Il ne s’agissait pas d’écrire une biographie, l’article ouv re des portes et des perspectives, on aimerait en savoir plus sur l’homme, ses missions, sa connaissance du vol etc…. alors M.gouiguenet à quand un bouquin un gros, un beau surAmstrong, vous truverez des lecteurs. Cordialement. Pascal

  • Alain RATINAUD

    Salut
    Quel homme extraordinaire ce Neil Armstrong… Un exemple a suivre.
    J’ai recupere tout recemment, une etude qu’il avait fait lorsqu’il etait etudiant a Purdue sur un projet d’avion d’affaire. Etonnant. Je ne sais malheureusement pas comment attacher les images que j’ai sur ce forum.
    A plus
    Alain

  • Dorian

    Joli parcours, merci de nous l’avoir détaillé.

  • silve

    On dirait une rédaction écrite par un élève de collège. Le manque de recul et d’approfondissement, et le parti-pris extraordinairement simpliste, ne reflètent sans doute pas, peut-être, la qualité des autres ouvrages de l’auteur.

  • presse et le gouvenement américain

    Beaucoup de bruit à l’époque et aujourd’hui encore autour de ses « héros de l’Espace » dont la notoriété surfaite par la presse et le gouvernement américain, guerre froide oblige, nous fait oublier que le vainqueur de la lune est un certain Monsieur VON BRAUN. POINT BARRE, soit pour les ignorants du morse, point trait . _ CAD : fin de transmission.
    MLC

    • Hervé Gouinguenet
      gouinguenet

      La lecture de ces quelques commentaires sur mon article me surprend un peu. Aerobuzz est un support vraiment intéressant par rapport au reste de la presse aéronautique, mais il semble que certains le considèrent comme ces forums internet où les échanges se gâtent systématiquement au bout de quelques messages. La référence à von Braun, pour être exacte n’est pas vraiment indispensable dans le contexte de ce petit article sur Neil Armstrong. On n’y parle pas de la conquête spatiale en général. Quand à la  » rédac de collégien », il n’était pas dans mon intention décrire une thèse, mais un article distrayant , délibérément simple, pour évoquer un homme normal, avec ses forces et ses faiblesses, que l’on oublie trop dans les évocations pompeuses du cinquantenaire de son vol. votre commentaire est assez professoral, du style de ceux que je trouvais déjà sur mes copies de rédaction au collège. Prof de français? Alors, j’aime à écrire en utlisant la méthode  » KISS » initiée par Kelly Johnson, le gourou des avions Lockheed : « Keep it simple, stupid! » j’évoquerai aussi l’architecte Miess Van der Rohe et sa fameuse formule  » Less is more! » que je trouve pleine de bon sens… je vais donc conclure, en remerciant aussi Mr Barthon. Je n’avais pas envisagé un livre sur Armstrong, mais, pourquoi pas… C’est une idée. Bons vols à tous. HG

  • Bruno

    Article récapitulatif et très distrayant ! Merci !
    Je savais qu’il avait « cassé pas mal de bois », c’est encore au-delà de ce qui est habituellement connu !
    On aurait pu parler de son « combat » avec Agena, où tout s’est bien terminé tout en étant passé pas loin de la catastrophe !

  • bdd13
    bdd13

    Très bel article, public de surcroît. Merci Aerobuzz et HG.

  • Cador

    Entièrement d’accord avec les réponses à Monsieur Balli. Quand bien même aurait il enseigné la mécanique auto à de « pauvres » mécaniciens auto, cela aurait été tout aussi honorable. Sinon sans les « mécaniciens » de il n’y aurait pas eu de conquête spatiale.

  • Sylvestre

    Professeur aux États Unis ce n’est pas toujours mal payé, surtout avec un CV prestigieux. Après son vol lunaire Armstrong a gardé une activité aéronautique: le planeur. Il possèdait un Glassfugel Libelle. Un retour aux sources digne d’un authentique aviateur.

  • Gibus

    Parait-il que les deux critères qui ont fait pencher la balance en sa faveur pour être le premier à poser le pied sur la Lune (plutôt qu’Aldrin) seraient :
    – il avait la capacité de se sortir, par instinct, des situations les plus critiques (y compris celles qu’il avait lui-même créé…)
    – et surtout, de tous les astronautes, il était celui qui avait le moins d’ego.
    Quand on prend en compte ce deuxième point, on peut comprendre son mode de vie post-lunaire.

  • JoJo

    Monsieur Balli,
    Un peut de respect à propos de votre commentaire:
    « devenir un misérable prof de mécanique »
    Rien de plus vertueux que d’enseigner et transmettre son savoir.
    Il y a bien mieux que de se gaver de frique, de pognon, et de ne savoir qu’en faire.
    Et c’était quand même un poste de professeur au département de génie aérospatial de l’université de Cincinnati !!!
    ABE

  • BALLI

    Avec le recul, la vie monacale post-lunaire d’Armstrong me parait vraiment bizarre… Il aurait été multi millionnaire avant son départ, je comprendrais qu’après ce phénoménal coup de bol d’être revenu vivant de ce périple, il veuille se retirer à vie dans le calme d’un ranch, sans voir personne… Mais comme ce n’était pas le cas, refuser les ponts d’or qu’on lui a évidemment proposé (Compagnies d’aviation, multinationales etc…) pour préférer devenir un misérable prof de mécanique, là il y a quelque chose de déroutant qui laisse vraiment perplexe, et qui est largement suffisant pour émoustiller tous les complotistes!… Qu’il n’aime pas les millions, soit, mais sa femme, ses héritiers?… Etrange tout ça, et encore plus au Pays du fric Roi…

    • stanloc

      Heureusement que tout le monde ne « fonctionne » pas de la même façon. Ce qui importe à certains ne représente rien pour d’autres.

    • Eric

      Si on lit attentivement votre commentaire, il est amusant de noter que vous parlez du pays du « fric roi » et que cette référence n’est pas vraiment élogieuse.
      Mais a bien y regarder on se rend assez rapidement compte que celui qui est imprégné du principe du « fric roi », c’est vous. (pont d’or, misérable prof de mécanique, etc…)
      Je ne connais pas le salaire de M Amstrong, mais entre vous et lui, le misérable n’est peut être pas celui que vous dites, du moins financièrement.
      Pour ce qui est de l’expérience, de ce qu’il a fait, vu et vécu, ca n’a pas de prix, mais cette réalité vous échappe complètement. La richesse n’est pas que dans un compte en banque. Et le but de certains êtres humains n’est pas forcément d’accumuler des millions et de vivre gorgé à refus. Mais il est clair que cela, ca dépasse (de loin) vos capacités de compréhension.

    • Xav520

      Tout-à-fait logique au contraire ! Votre pays du fric-roi, est aussi celui de l’ultra-religiosité : la mort de sa très jeune fille après une longue maladie, a fait qu’une fois sa mission accomplie et son divorce, il ait voulu se retirer du monde.
      S’il avait été catholique, il aurait sans doute rejoint un monastère. Comme protestant, une vie monacale (comme vous dites si bien), et un nouveau devoir, riche de sens, transmettre aux jeunes générations…
      L’absence d’égo s’expliquant probablement par une long état dépressif.
      Maintenant, le salaire de prof d’université, les quelques tournées mondiales, et la vie monacale, ont fait qu’il a très probablement fini millionnaire…
      Mais son royaume n’était pas de ce monde…
      Merci à AB et HG pour ce bel (mais court) article

  • Julien Peuzin

    Détail, mais la célèbre photo d’Armstrong dans le LM a été prise après l’EVA et non avant.

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