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Tupolev Tu144 vs Concorde

Les deux supersoniques resteront des machines volantes à part, les derniers avions de l’histoire du transport aérien dont la seule raison fut d’affirmer la supériorité de leurs constructeurs par rapport au reste du monde.

Pour François Rude, rédacteur en chef de la revue Icare, le surnom « Concordski » attribué au supersonique soviétique Tu-144 est un non sens. « Le Tu-144 n’est pas une copie de Concorde. (…) Les réacteurs n’étaient pas du tout disposés de la même manière, le fuselage du Tupolev était plus long et plus large ». Les deux systèmes de train d’atterrissage n’avaient rien à voir non plus. L’aile « delta-ogivale » était un passage obligé pour voler à Mach 2. Le Tu-144 a effectué son premier vol, le 31 décembre 1968, deux mois avant Concorde.

Dans son numéro 215 (décembre 2010), Icare revient sur la courte carrière du supersonique soviétique qui fut construit à 15 exemplaires. Les appareils de série seront sensiblement différents du prototype. Il existera deux versions du Tu-144 qui se différencieront par une motorisation et une masse maximale au décollage différentes. Le Tu-144D aura une autonomie quasiment double de celle du Tu-114S (de 5330 à 6200 km contre 3080 km). D’un point de vue économique, le programme Tu-144 fut un gigantesque fiasco. L’exploitation commerciale s’est résumée à 55 allers retours entre Moscou et Alma Ata (3250 km) et 3194 passagers transportés… La carrière du supersonique fut marquée par deux accidents, le premier lors du salon du Bourget en 1973, le second en 1978, lors d’un vol d’essai.

La carrière commerciale de Concorde fut évidemment plus longue. Icare revient sur deux épisodes singuliers de celle-ci. Le premier est l’exploitation aux USA du supersonique franco-britannique par la compagnie américaine Braniff, qui pendant seize mois, du 12 janvier 1979 au 31 mai 1980, assura la ligne Washington – Dallas-Fort Worth en prolongation des lignes Londres – Washington et Paris – Washington de British Airways et Air France. 14 pilotes américains furent qualifiés sur Concorde. Le vol était subsonique. L’autre événement fut le record du tour du monde, réalisé par un Concorde d’Air France, affrété par un avocat de Miami.

Sur la couverture de ce 215ème de la revue du SNPL-Air France, sont rassemblées les silhouettes des deux supersoniques. Une grosse dizaine d’exemplaires de ces deux avions mythiques a été dispersée à travers le monde, offerte à des musées. Mais un seul d’entre eux expose, l’un à côté de l’autre, un Concorde et un Tu-144. Il s’agit du musée de l’automobile et des technologies de Sinsheim en Allemagne.

Gil Roy

Egalement au sommaire d’Icare N°215

  • Un portrait d’Alexandre Seversky, pilote d’origine russe qui devint constructeur aéronautique aux USA.
  • La réplique du Breguet 14 sur l’édition 2010 du rallye Toulouse – Saint Louis du Sénégal
  • L’album photo du dernier vol du capitaine de corvette Bruno Manaranche sur Rafale

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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