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Le projet Helios pour ne plus perdre un avion de ligne

En réponse aux difficultés de localiser les enregistreurs du vol AF447 Rio-Paris et à la perte du 777 de Malaysia Airlines (MH370), à partir de 2021, les compagnies aériennes devront mettre en place un système continuel de suivi des avions, y compris lorsqu’ils sont hors de portée des radars. A la demande de la Commission Européenne, Orolia coordonne le plus vaste développement des balises de détresse nouvelle génération pour le système international de recherche et sauvetage par satellites COSPAS-SARSAT.  Alain Bouhet (Oralia) présente ici le principe.

A l’horizon 2020, avec le Projet Helios un signal de détresse en vol devra pouvoir être détecté et localisé en quelques secondes n'importe où dans le monde contre 45 minutes en moyenne avec le système actuel. © Oralia

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Obligatoires dans chaque avion commercial, les balises de détresse répondent actuellement aux obligations de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile, des agences comme l’EASA ou la FAA et aux standards Cospas-Sarsat. Ce dernier, programme international comprenant pas moins de 40 Etats membres qui participent activement à sa gestion et à son exploitation. La mission de ce système est de fournir des alertes de détresse et des données de localisation précises et fiables afin que les autorités de recherche et sauvetage (SAR) puissent venir en aide aux personnes en détresse.

Le programme international Cospas-Sarsat

Par ailleurs, Cospas-Sarsat modernise actuellement son système en plaçant des charges de recherche et de sauvetage à bord des nouveaux satellites de navigation opérés par les États-Unis (GPS), la Russie (Glonass) et l’Europe (Galileo). Une fois qualifié opérationnellement, ce nouveau système améliorera considérablement la rapidité de détection et la précision de localisation des balises. Le système MEOSAR (Medium-altitude Earth Orbiting Search And Rescue) permettra alors de transmettre le message de détresse et de fournir sa localisation de façon indépendante, avec une couverture mondiale en quasi-temps réel.

D’autres améliorations pour les balises Cospas-Sarsat, comme une transmission retour vers les balises qui confirmera aux utilisateurs que le message d’alerte a bien été reçu, seront également disponibles (Galileo Return Link Services). De plus, le nombre important de satellites Cospas-Sarsat en orbite permettra à chaque message de détresse d’être relayé en même temps par plusieurs satellites vers plusieurs stations au sol, augmentant ainsi la probabilité de détection et la précision de localisation.

Un suivi continuel des avions

Cependant, la perte du vol MH370 de la Malaysia Airlines en Mars 2014, mais aussi à l’accident du vol Rio-Paris AF447 d’Air France en 2009 dont la localisation de l’épave fut difficile, et donc couteuse, n’ont fait que renforcer cette volonté d’améliorer la localisation d’un avion en détresse. En effet, l’Organisation de l’Aviation Civile International (OACI) a adopté de nouvelles normes visant à éviter ce type d’évènement, notamment dans les régions sans couverture.

À partir de 2021, les compagnies aériennes devront ainsi mettre en place un système continuel de suivi des avions, y compris lorsqu’ils sont hors de portée des radars. Pour ce faire, les avions rapporteront leur position au centre opérationnel de la compagnie qui les exploite au moins toutes les quinze minutes en temps normal, et pas plus de toutes les minutes en cas de détresse.

Nommé GADSS (Système mondial de détresse et de sécurité aéronautique), ce concept d’opérations porté par l’OACI vise à améliorer plus encore la sécurité du transport aérien.

Projet Helios

En octobre 2015, la Commission Européenne a sélectionné OroliaOrolia est le leader mondial des solutions de Positionnement, de Navigation et de Timing (PNT) résilientes. Ces solutions améliorent la fiabilité, la performance et la sécurité des opérations critiques, à distance ou à haut risque de ses clients. Parmi ses activités liées à la maîtrise de la position, l’entreprise est aussi reconnue sous sa marque McMurdo comme le leader mondial de la recherche et sauvetage par satellites. Son offre s’étend des balises de détresse (aviation civile, marines, individuelles ou militaires) aux infrastructures au sol pour la recherche et le sauvetage, en passant par la connexion satellitaire et le logiciel de surveillance-gestion des interventions de recherche et sauvetage et de la surveillance du domaine maritime).  pour coordonner le plus vaste développement des balises de détresse nouvelle génération pour le système international de recherche et sauvetage par satellites COSPAS-SARSAT dans le cadre de l’appel à projets du programme Horizon 2020 « Research and Innovation Program ». Le projet baptisé HELIOS a gagné l’appel à projets européen, pour une contribution totale de de 3,5 M€ sur trois ans.

En tant que leader du projet, Orolia anime un consortium de sociétés et d’experts métier européens aux compétences reconnues, et d’autres sociétés leaders dans leur domaine possédant des expertises uniques en aéronautique, communications par satellite, balises radiofréquences, opérations de sauvetage ou conception de vêtements de protection.

Le but du programme est de proposer des solutions capables d’exploiter le système de recherche et de sauvetage de nouvelle génération (MEOSAR), et d’être compatibles avec les performances spécifiques du système européen Galileo. En effet, les quatre satellites de navigation Galileo lancés en 2016 ont la particularité d’être dotés de récepteurs de sauvetage et viennent s’ajouter aux quatorze déjà en orbite. La constellation comptera un total de 30 satellites d’ici à 2020, soit cinq fois plus que celle du système existant Cospas-Sarsat qui dispose de moins de 6 satellites.

Les innovations technologiques qui résulteront du projet Helios seront conçues à Guidel, en Bretagne et équiperont les avions à l’horizon 2020. Elles profiteront pleinement de cette expansion qui se traduira notamment par la détection et la localisation d’un signal de détresse en vol en quelques secondes n’importe où dans le monde contre 45 minutes en moyenne avec le système actuel.

MEOSAR a été testé en grandeur nature en 2016 ; un essai en conditions réelles dans le Pacifique Sud a permis d’engager les moyens de sauvetage avant la réception du signal de détresse par le système Cospas-Sarsat.

Alain Bouhet

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