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L’intelligence artificielle n’a pas toutes les réponses !

Olivier Ripoche est commandant de bord sur Boeing 777. Il réagit à une chronique de Laurent Alexandre, chirurgien, énarque, entrepreneur (fondateur de Doctissimo.fr) et aujourd'hui business angel, intitulée "Les pilotes d'avion sont les nouveaux maréchaux-ferrants" (L'Express, 22/08/2018). Le chroniqueur affirme notamment que "les pilotes vont connaître le sort des chevaux et des maréchaux-ferrants : c'est à la veille de l'automatisation intégrale des avions que leur effectif sera à son apogée - comme le nombre de chevaux et de maréchaux-ferrants a culminé dans les années 1920 avant de s'effondrer."

11.09.2018

Olivier Ripoche, pilote de ligne, répond à Laurent Alexandre qui affirme notamment que "si l'on craint de manquer de professionnels, c'est qu'on oublie que le passage à un seul homme aux commandes des avions est proche et que les appareils autonomes arriveront vers 2030.". © Gil Roy / Aerobuzz.fr

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Cher Monsieur Alexandre, dans votre tribune de l’Express du 22 août relative à l’intelligence artificielle (IA), vous annoncez la prochaine disparition des pilotes d’avion, à l’instar des maréchaux-ferrants de 1920.

Tout en prenant vos augures avec beaucoup de sérieux dans une perspective stratégique, permettez-moi, dans un esprit ni obtus ni corporatiste, d’élargir à la vraie vie votre vision sur l’automatisation des avions.

Le pilotage des avions est devenu contradictoire.

À l’opposé de votre prospective, l’équipage à 1 (un commandant intouchable et un copilote qui ne le contredit pas) s’étant révélé accidentogène dans le passé (Collision de Ténériffe et moult autres accidents), le Cockpit Resource Management a évolué vers un gradient d’autorité aplati, de façon à mitiger les analyses des deux pilotes dans des situations complexes, pour garantir des décisions argumentées et affinées. Votre vision d’un triangle IA + Gestionnaire au sol + mono-pilote (de secours) est la garantie d’un dialogue de sourds, d’un sous-entraînement mortel et d’une irresponsabilité générale.

Dans un environnement qui se complique aussi vite qu’il s’automatise, les pilotes font face à l’imprévisible chaque semaine

La presse et l’industrie les fustigent quand ils sont (co-) responsables d’accidents, mais se plaît à ignorer le quotidien, fait de connaissances techniques et réglementaires constamment mises à jour, de culture aéronautique, de fines négociations avec le contrôle aérien, et bien souvent de réflexes salvateurs…

Il y a 1000 capteurs dans une aile d’A380 ? Nous en sommes fort aise ! Ce ne sont pas eux qui ont sauvé le vol Qantas 032 en 2010, après explosion non contenue d’un moteur, percement des réservoirs et fuites hydrauliques. Ces sont des pilotes sur-entraînés qui, avant de poser cet avion dans des conditions difficiles, ont justement dû faire le tri parmi les multiples check-list d’urgence proposées, par ce que vous appelez l’intelligence de la machine, et au-delà des scénarii repoussés à des probabilités de 10-7/10-8.

En passant, cette intelligence de la machine fait justement dire aux agents d’escale, témoins impartiaux mais premiers souffre-douleurs des irrégularités d’horaires : « On ne sait jamais si cet avion va partir !».

Passons aux travaux pratiques :

Voici votre avion-IA chargé de 450 passagers (dont les habituels malades, alcoolisés, indisciplinés, etc.) qui survole la Somalie (passage obligé des vols Europe-Océan Indien, depuis la fermeture de l’espace aérien libyen, cause présence de missiles sol-air). Cet état est souverain pour encaisser des redevances de survol, mais son contrôle aérien est totalement déficient. Il est 3 heures du matin, et les échos-radar montrent une barrière de cumulonimbus évolutive, dépassant de plus de 3000 m l’altitude maximale de l’avion. La demande de déroutement se fait en radio HF (crr… crrr) avec un opérateur local qui coordonne mal les séparations avec les autres vols, notamment le pont aérien du Hajj, en trajectoire perpendiculaire.

Heureusement, un quartier de lune restant permet (en baissant l’éclairage du cockpit) de mieux voir les tourelles en développement rapide (+30 m/s) et aussi d’éviter les « enclumes » invisibles au radar mais porteuses d’eau surfondue (Crystal Icing) qui bouche les tubes Pitot (capteurs essentiels) et dégrade les aubes de compresseurs (ce qui a entraîné plusieurs changements de moteurs dans les derniers mois, pour des coûts à 7 chiffres).

Un autre exemple ? Lors d’une tempête de neige à New-York JFK et après le dégivrage des ailes, le temps de roulage sous la neige avant décollage est supérieur à 1h45 cause saturation aéroport et contrôle aérien. Il faut donc revenir au stand de dégivrage. Comment allez-vous hiérarchiser la kyrielle de problématiques techniques, réglementaires et commerciales qui s’ensuivent ?

Un n’avion ne s’arrête pas en rase-campagne comme un TGV

Dans le florilège des incidents mensuels, nous pourrions aussi développer les cas de turbulences extrêmes et imprévues, crise cardiaque d’un passager, feu de batterie de smartphone, collision d’oiseaux, alerte à la bombe, émanations de fumées toxiques par les turbo-détendeurs de la pressurisation, fausse détection de panne, ou encore calculateur de vol que l’on retrouve débranché dans la soute électronique (!). Que vont dire vos algorithmes lorsqu’il faudra choisir un terrain de secours verglacé et trop venteux vers Terre-Neuve, une piste trop courte et sans hébergement en Afrique, ou encore un terrain « politiquement dangereux » ? Ne parlons pas d’un amerrissage sur l’Hudson !

Cher Laurent Alexandre, n’encouragez pas dans une mauvaise voie ceux qui voudraient nettoyer les cieux d’une corporation trop médiatisée (ce ne sont pourtant pas les postes vacants qui manquent). Contribuons plutôt à améliorer la sécurité du transport aérien avec des interfaces homme-machine gérables et non des usines à gaz qui n’auront jamais de réponse dans les cas extrêmes. Il serait plus raisonnable de tempérer la volonté de désentraînement des équipages, qui au demeurant sert surtout à justifier des investissements considérables.

Dans l’air raréfié de l’altitude de croisière comme entre des parkings saturés, un avion ne se conduit – si vous préférez ce terme – que par des opérateurs qui s’y trouvent derrière le pare-brise en toute responsabilité physique et juridique. Ils devront reprendre la main avec adaptabilité sur tous les automatismes imaginables, tout en gérant la vie des femmes et des hommes qu’ils transportent.

Pour cela, ils doivent être entraînés au pilotage en toutes circonstances, et cumuler toutes les connaissances énumérées ci-dessus.

Olivier Ripoche

 

63 commentaires

  • JEAN-LUC SOULLIER

    j’ajouterai mes two cents sans commentaires.

    Prise de parts de marché du travail aérien par des véhicules robotisés.
    https://www.youtube.com/watch?v=WDjG1qxapEQ

    Réduction modulable (réversible fonction du profil de mission) du crew2 en crew1+
    https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/robotique-alias-robot-peut-piloter-nimporte-avion-64867/

    Vol réussi d’un drone cargo
    http://www.eastpendulum.com/at200-1er-vol-du-plus-grand-drone-cargo-au-monde

    quand aux militaires ….
    https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/un-avion-pilotant-des-drones-le-combat-aerien-du-futur-selon-airbus-1106783.html

    Je trouve la tendance lourde, mais bon ça n’est qu’un avis….

  • AMROU Abderrahmane

    Salut!

    Permettez-moi d’introduire, ici, mon commentaire concernant l’intelligence artificielle et la conduite automatique (voiture autonome) sur le site « Science et Avenir », puisque il s’agit du même principe:

    L’intelligence artificielle:

    On peut être d’accord en ce qui concerne le degré qui sera atteint par l’automatisme, tellement la machine est devenue partie intégrante de la vie humaine où rien ne se fait sans elle…

    A ce niveau les logiciels sont toujours obéissants et non pas ordonnateurs, puisque c’est l’homme qui fait la conception des algorithmes qui gèrent ces machines. Bien qu’elle est parfaitement performante, la machine a toujours des limites qui ne peuvent pas être franchies sans l’intervention de l’homme…

    Mais quand il s’agit de l’intelligence artificielle, cela suppose que la machine commence à comprendre et réfléchir au même niveau que l’être humain. Cela est devenu relativement possible avec le stade atteint par les robots actuellement.

    Mais les scientifiques ne s’arrêtent pas là, puisqu’ils veulent aller plus loin à travers la conscientisation de la machine, en lui introduisant des sens sensoriels, bien que toujours relatifs et limités, mais c’est assez suffisant pour que cette machine commence à réfléchir à la place de l’être humain…

    C’est dans ce sens que ça devient dangereux pour le devenir de l’humanité… Car, quand on parle de l’intelligence, cela suppose la faculté donnée à l’être humain de posséder des connaissances (innées) et infuses qui peuvent atteindre le stade de l’extrasensoriel…

    Par contre, quand on parle de l’intelligence artificielle, ça veut dire que ce pouvoir est transféré artificiellement à la machine qui n’agisse et ne réagisse qu’en fonction de ce qu’elle a comme données dans ses algorithmes…

    Ce qui veut dire que quel que soit le niveau d’intelligence atteint par la machine, elle ne peut nullement dépasser le cerveau humain…

    Par conséquent, si on enlève le pouvoir de réflexion à l’être humain pour le donner à la machine qui fait tout à sa place, on risque de pousser cet être humain vers la robotisation et l’automatisme…

    Sachant que la machine, qui sait déjà concevoir son propre logiciel, est beaucoup plus puissante et parfaite sur le plan de la performance; mais son handicap reste toujours son pouvoir de réflexion limité, restreint et relatif à ce qu’elle possède comme données dans ses logiciels…

    Ainsi, l’être humain devient plus faignant et ne comprenant plus comment la machine conçoit ses propres logiciels pour le gérer et gérer toutes ses tâches…

    Enfin, cela n’a rien à voir avec le système cognitif, puisque celui-ci concerne beaucoup plus le fonctionnement du système de communication, d’analyse et de traitement logique, mais pas le système de réflexion profonde et de l’intelligence sublime…

    Le pilotage automatique:

    Je pense qu’il y a des imprévues (événements climatiques, naturels, etc…) qui peuvent échapper au système de contrôle d’une (voiture) ou d’un avion autonome… Donc, il n’est pas facile d’être assuré à cent pour cent par la protection d’un pilotage totalement automatique d’un avion ou d’une voiture autonome…

    Je ne suis pas contre cette technologie, mais au début ça fait peur, surtout que les conducteurs humains qui ne sont pas parfaits sont dans le circuit parmi ces avions et ces voitures autonomes; sans compter les imprévues d’ordre naturel…

    Ce que j’ai voulu dire par imprévues, ce sont les phénomènes naturels de grands impacts, tels que les foudres, les éclairs, les brouillards, les secousses telluriques, les inondations… Et en cas de perturbations climatiques de forte intensité, les véhicules autonomes (avions et voiture autonomes) vont tous être mobilisés tout d’un coup, et après quelles seront les solutions si des citoyens non habilités à conduire se retrouveront dedans…?

    Et s’il y a une défaillance dans le système électronique de contrôle, comment maîtriser le véhicule?

    La différence est que l’être humain peut réfléchir en dehors du contexte, par contre la machine ne peut pas imaginer au-delà de ce qui est programmé par son logiciel de contrôle du véhicule qui prévoit beaucoup d’éventualités des cas de difficultés mais qui reste limité et plus théorique que pratique…

    Cela ne veut pas dire que la voiture autonome ne peut pas rouler, stationner, dépasser et entrer dans une circulation, et l’avion ne peut pas être piloté automatiquement dans certaines circonstances …

    Pour moi, je crois qu’il vaut mieux réserver certains espaces exclusifs (villages, petites circonscriptions) pour expérimenter ces voitures autonomes dans toutes les circonstances avant de les faire entrer dans les villes et les grandes routes à forte circulation… Mais pour le pilotage automatique des avions, il est évident que cela impose l’assistance permanente du pilote

    C’est ce à quoi j’ai pensé depuis le début, à savoir que ces voitures autonomes ne peuvent être tout-à-fait efficaces tant qu’elles auront à rouler au milieu des autres voitures conduites par des êtres humains qui sont beaucoup moins performants que ces voitures autonomes…

    C’est également de même pour le pilotage des avions, car certains pilotes nécessitent une assistance accrue du système de pilotage automatique à cause de leur faiblesse physique.

    En ce qui concerne l’éducation, je fais allusion aux mauvais conducteurs humains qui provoquent l’anarchie dans la circulation; dans ces conditions la voiture autonome ne peut rien faire… En ce qui concerne le pilotage automatique des avions, il est évident que le rôle indispensable du pilote reste vital, transcendant et impératif…

    L’être humain peut se passer de toutes les corvées et laisser la machine les prendre en charge, sauf celle de réfléchir à sa place; c’est dans cette optique que I’intelligence artificielle peut devenir dangereuse pour l’être humain…

    Abderrahmane AMROU

  • porco rosso

    Ca rassure vraiment pas..
    Surtout un vieux pilote , comme passager dans ces game boy betaillieres..
    Le FBW ne m a jamais convaincu..
    Le drame de l AF 447, a ete vite etouffe et oublie.. Et n a rien change en fait.
    Sans parler des pressions commerciales de rentabilite.. On est mal..

  • J’ai aussi ouvert le débat sur le devenir du métier de pilote de ligne.
    Je vous invite à visiter mon site et le partager : http://www.unpilotedanslavion.com
    Alexandre Aubin CDB B777

  • A.L.I

    avant l’intelligence artificielle, il y aura des étapes avec des avancées dans la connectivité et la communication, les avions « dialogueront » automatiquement entre eux, gèreront leur espacement suivant un algorithme international et des conventions qui n’existent pas encore à ce jour, le « systême de transport aérien » (car on n’appelera plus celà vraiment un avion), aura alors une partie d’autocontrôle integer prenant en consideration des paramètres qu’aujourd’hui encore nous ignorons.
    Le poste de pilotage à 1 pilote, qui n’effectuera plus qu’un « suivi » du bon déroulement du vol, avec un minimum d’autorité sur la machine est hélas fort probable,….regardez l’automobile, tous les grands constructeurs se dirigent vers une « autonomie » des véhicules, mais il y aura plusieurs stade à franchir avant d’atteindre une autonomie complete dans un environnement complexe et changeant à chaque instant….je pense que nos protagonists sont ici en décalage « temporel »….le pilote craint pour son job….mais pas de panique, les visions les plus futuristes sont pour un franchissement des prémices d’IA d’ici 30 ou 50ans….car les norms, les homes, les machines, les energies, les modes d’utilisation changeront encore avant d’arriver « ponctuellement » à certains « services » 100% automatisés, mais certainement pas tout autour de la planète. SI on compare l’aviation et l’automobile, l’aviation est un pas en avance sur l’automobile, mais celle-ci le rejoint très vite, tout en ayant affaire avec des paramètres bien plus complexes qui sont les multiples obstacles mobiles et immobiles qui font l’environnement d’une automobile. La « modélisation » des turbulences ou des développement orageux sont finalement moins « intenses » que de modéliser un véhicule cense être « autonome » en pleine circulation à Mumbai, au milieu de véhicules circulant en tous sens et des piétons et animaux aux comportements totalements imprévisibles….là l’AI à encore du pain sur la planche….

  • LOGEAY

    Restons simple et factuel, regardons les normes de certifications actuelles:
    Actuellement en cas de brouillard, un système auto-land est effectivement certifié Zéro/Zéro.
    Dans ce cas là le pilote automatique (limité à 10 KT de face, 15 KT travers et 5KT arrière ) est supérieur au pilote humain.
    Vent de travers et cisaillement de vent: Le pilote d’essai et le pilote de ligne sont autorisé avec une composante traversière 30 KT, rafales à 36 KT, voir avec 50 KT de face et 15 KT arrière.

    Est ce que la certification va prendre en compte, un jour des composantes de vent traversier aussi importantes (30 KT rafales à 36KT). Combien de prototypes à 50 ou 100 millions de dollars va t’on devoir sacrifier sur l’autel de la certification pour arriver à ce résultat? Quel va être la modélisation et l’algorithme pour le décisionnel de remise de gaz du pilote automatique?

  • BOUR

    Bonjour
    Le fondateur de Doctissimo aurait besoin de revoir ses connaissances ! Ce personnage, se permet d’annoncer la prochaine disparition des pilotes d’avions, à l’instar des maréchaux-ferrants en 1920.
    Ce lettré possède de graves lacunes intellectuelles. Il méconnait la profession de Maréchal Ferrant. Le cheval à l’état naturel ne possède pas de protection au pied. La nature le guide pour gérer l’usure et la pousse de la corne de ses sabots.
    L’invention de la ferrure date des Romains. Eh oui ! Le développement des voies romaines a largement contribué à la création de cette profession.
    De nos jours, les Maréchaux Ferrants existent toujours. Ils sont orientés dans la ferrure des chevaux de sport (course, équitation, et loisirs). Pour les plus passionnés, certains sont devenus des spécialistes en appliquant des ferrures pathologiques. Ce travail se fait souvent à la demande et en étroite collaboration avec les vétérinaires équins.
    L’intelligence artificielle n’a pas toutes les réponses !
    Le danger dont les humains sont responsables reste la disparition de différentes espèces animales.
    Voilà une explication

  • Sylvestre Goux

    Pour l’instant on est plutôt au stade de l’AS (Artificial Stupidity) que de l’AI. Essayez un peu de discuter avec Siri et OKGoogle, ce qui se fait de mieux à ce jour, et vous verrez…
    Mr Alexandre devrait nous expliquer comment on certifiera l’AI, le problème n’est pas aussi simpliste que ses idées.
    Il y a par contre une réalité: la spéculation financière autour de l’AI. Tiens, tiens, Mr Alexandre est Business Angel, c’est à dire spéculateur sur des Start-Up.

  • Loïc Betoun. Ancien CDB 777

    Nous pouvons disserter à l’envi.
    J’ai bien peur que l’équation se résume comme souvent (toujours ? ) à :
    Les coûts de recherche et de fonctionnement d’un tel système > ou < aux coûts matériels et humains des accidents générés ?

    • Orange Mécanique

      Nous voudrions ici garder cette magie et cette aura du pilote, seul, face aux élément….bla bla…l’aéropostale est bien loin.
      Oui, l’AI n’a pas encore atteint un stade de fiabilité de 100%.
      Non, aucune comparaison n’est possible avec les automatismes déjà présents dans les machines les plus récentes.
      Oui, l’argent est au cœur de cette réflexion : en 2017 une étude HSBC a évaluer le cout annuel des PNT à quelques 38 md$…..de quoi financer des études et des recherches.

  • ia

    Je suis ia,je pourrais faire dans un avenir proche des opérations chirurgicales de tout type.Je suis ia , je remplace les bouchers qui s’auto proclamaient chirurgiens au début du 20e siècle. Je suis ia,je pourrais faire le travail administratif de tous ceux qui parasitent le contribuable a leur sortie de l’ena.
    Je suis ia et je ne prendrais jamais un fuselage monté sur une aile aux milliards de capteurs, pourtant ia comme moi.
    Je suis ia et je comprend maintenant la signification de  » le ridicule ne tue pas ».

  • Bob

    Je ne pense plus que le débat soit : est-ce que l’IA peut remplacer les pilotes (ou l’homme en général), mais est-ce qu’elle doit le faire ? Qu’elle puisse j’en suis convaincu, d’autant qu’elle touchera aussi toute la partie controle aerien pour ne former qu’une seule entité. Ce n’est qu’une questions d’années ou de décennies, il y a suffisamment de gens brillants qui s’acharnent à faire en sorte que ca marche. Mais le faut-il ? Que gagnerons-nous à priver l’homme de sa nécessité d’exprimer son talent par le travail ? Les adeptes de la robotique nous promettent des emplois par milliers dans ces nouveaux domaines. Certes, mais quasi uniquement des emplois d’informaticien. Peut-on aujourd’hui avec les problèmes d’integration et d’éducation dans nos sociétés imaginer ne créer que des emplois d’informaticiens (études supérieures) en contrepartie de ceux détruits par la robotisation ? Alors l’homme volera s’il le veut, que le robo le lui interdise ou non, le DR400 restant le moyen permettant à l’homme d’exprimer son talent hors de la dictature économique stupide orientée à sens unique vers la réduction des coûts et donc du travail humain.

    • Pilotaillon, adepte de philosophie aérienne

      Et si grâce à l’IA nous faisions une découverte, que dis-je « LA » Découverte : l’homme a ses particularités, son individualité, ses besoins, une envie permanente de s’alléger grâce aux machines, une conscience, des peurs…
      … pour en définitive, faire siennes les technologies et les adaptations à conduire tout au long de cette évolution inéluctable.
      Pourquoi chaque génération a-t-elle besoin de se rassurer en se faisant peur et de fait en gesticulant ?

  • renaud.aero

    Est ce que Mr Alexandre à envoyé une copie de son interview à la famille de la femme américaine morte par collision avec une voiture Uber autonome en test en mars 2018 ?
    Autre exemple à méditer sur le passage à un pilote : Le 26 août dernier, le commandant d’un A320 fait une incapacité en finale (c’est à dire quelques secondes avant de poser l’avion) ; l’officier pilote pose l’avion normalement, zéro mort.
    Ca donne à réfléchir ?

  • Tonio

    Pour faire simple et répondre à ce très brillant M. Alexandre, quid de l’IA dans une situation telle que celle du vol Cactus 1549 qui se termina en ditching sur l’Hudson River..?

  • Pilotaillon du 21eme siècle

    …. Ou comment parler de tout, stimulé par des émotions, par des références assez approximatives et surtout l’appréhension d’un futur technologique.
    Très intéressé par les échanges que nous devrions conserver et relire dans 10 ans, j’aimerais mettre quelques éléments en perspectives :
    – M Alexandre est chirurgien, doit, comme des pilotes, réagir sur l’instant, ayant la vie d’une personne au bout de sa décision mais il prend le temps, et il est reconnu pour cela, de sortir du bloc pour regarder ce qui se prépare
    – Les grandes découvertes ne sont que très rarement apparues évidentes d’adoption aux yeux des personnes du sérail (vous savez Kodak et l’appareil numérique…)
    – Les grandes évolutions se sont souvent faites, et ont été admises par la société, alors qu’un chahut régnait pour sauver les méthodes obsolètes…
    Personne de chez Airbus aurait été habilité à conduire des recherches sur les drones, personne chez les taxis parisiens sur les plateformes digitales, personne chez Ariane sur des lanceurs réutilisables…
    Regardons l’orthographe, le cheveux sur la langue du speaker et pendant ce temps la caravane passe et les leviers de dominances nous ont échappé.
    Pour être populaire aux yeux des détracteurs : « l’enfer c’est les autres et laissez nous rêver, profiter d’un monde immobile ».

  • ALAIN

    Bravo Olivier pour ta réponse ! Après sa lecture Monsieur Alexandre est-il prêt à monter dans un avion sans pilote, même dans quelques années ? Moi pas, après 39 ans d’aéronautique et plus de 20 000 heures de vol ….

  • jlosv

    Le travail en vol est toujours un travail d’interprétation, ce qui élimine la possibilité de remplacer un homme par un robot qui aurait, par ailleurs, une supériorité certaine quant à la suppression des fautes possibles de calcul et de lecture d’instruments.
    S’il doit être un bon technicien de la navigation, le pilote ne doit pas oublier qu’il est d’abord un homme. Le seul rôle qu’une machine ne pourra jamais lu enlever, c’est sa flexibilité d’esprit. À la limite et dans un cas critique, il doit pouvoir remplacer à lui seul les systèmes les plus perfectionnés avec des moyens matériels presque nuls.

  • Aeropierre

    Automatisation , ce mot que l’ont met à toute les sauces . N’oublions pas qu’un avion , ou train ou voiture entièrement automatisé , c’est la porte ouverte au piratage informatique . Imaginé un avion remplit de passagers , fonçant de nouveau sur des bâtiments … De plus , si un cockpit d’avion est automatisé , il est fort à parier que des millions d’emploies auront déjà disparu ( contrairement à de nombreux avis , je pense qu’un Etat y réfléchira à deux fois avant de supprimer des millions d’emploies , n’allons pas imaginer qu’elle crise cela pourra entraîner…) . Loin d’être contre l’automatisation total de nos moyens de transports , je pense que nous somme actuellement loin de c’elle-ci autant sur le plan technique , qu’éthique .
    Cependant , je m’accorde sur le faite que ces métiers du transport subisse une transformation qui sans rendre le métier « ennuyeux » le transforme et fait apparaître de nouvelles compétences (surveillance accrue) au détriment d’autre qui disparaisse (« jouer » sur les commandes) . Finit le temps des héros du ciel posant leurs avions dans de difficiles conditions sous l’applaudissement de tous leurs passagers (mais rassurons nous , c’est pareil pour tous les métiers , chirurgie compris….) . Tous cela pourrait nous amener à nous questionner sur l’évolution de notre société …

  • Stormy

    C’est incroyable le nombre d’experts de salon qui désormais vous agressent au sujet de ces fameux avions automatiques qui feront disparaitre notre métier. Chirurgiens et autres médecins qui ont historiquement toujours été jaloux de notre profession, pseudos ingénieurs aux diplômes incertains, professeurs et autres universitaires habitués à pontifier devant une audience captive, ou simplement petits envieux, sans oublier les passagers irrités par les grèves (qu’est-ce-que ça à voir avec le sujet ?) tous se rejoignent dans leur détestation des cockpits. Cela fait des années que ça dure… et nous savons tous qu’il faut faire avec, comme avec votre beau-frère qui a toujours besoin de vous rabaisser devant la famille.
    Pour transporter du public sans personnel embarqué, je ne vois que les métros style Orlyval qui suivent leur ligne d’une dizaine de kilomètres sans pouvoir en dévier et s’arrêtent quand il y a problème. Sincèrement , « 1000 capteurs sur une aile d’A320 » ….. et alors, et quant bien même ? Mais finalement, pourquoi perdre du temps à chercher à convaincre votre beau-frère ….
    S’il est si malin, eh bien qu’il se fasse embaucher chez Thalès ou même Airbus, dans un bureau avec des vrais ingénieurs de grandes écoles, pas des vendeurs de vent style ENA ou des médecins « qui ont droit à l’erreur », et qu’il le fasse donc marcher son machin, avec passage par la case Essais en Vol pour la partie technique, avant la validation commerciale…. !
    Probablement un gars qui veut se faire confier une mission, avec moyens financiers à la clef, et voyages pour de juteuses conférences, et qui doit dire à ses groupies en lisant nos réactions  » regardez, ils se sentent menacés, ça prouve que j’ai raison !

    • StanWhite

      Stormy, autant votre début d’argumentation est valide, autant la remise en cause des institutions et commissions des autres métiers ne dessert pas votre commentaire; on ne peut être pseudo médecin ou ingénieur; ces titres exigeants sont soumis à la vérification d’autorités compétences ( ie rncp) tout comme dans l’aéro.
      On se posera quand même la question de la pertinence et de l’objectivité d’une analyse d’un chirurgien n’étant a priori ni baigné dans les fondements et concepts de l’intelligence artificielle et qui n’a jamais travaillé dans l’aéronautique professionnelle de près ou de loin.

  • woodplane

    Je pense qu’avant qu’il n’est plus de pilote aux commandes, il n’y aura plus de pétrole pour faire voler les avions « bétaillères » chargés de pax « low coast » .

  • jean l chretien

    Comment un medecin essentiellement competent dans le business de la charcuterie plutot que dans la vraie medicine (si si, je maintiens. Un bon chirurgien n’aurait pas de temps a perdre dans une prose aussi moisie) peut-il se permettre de tels commentaires. Il est sans doute a la medicine ce qu’etait a l’aeronautique professionnelle le moniteur d’aero club qui avait affirme, apres le crash du Concorde « je pense que le pilote avant le crash n’a pas mis assez de pied a droite (ou a gauche…) pour eviter un declenche fatal »
    Retounez a l’ENA cher Monsieur, vous continuerez a y apprendre comment on met du pied a gauche (ou a droite…) pour eviter le declenche du bistouri.
    Et n’oubliez pas quand vous conduisez de mettre un grand I a l’arriere de votre voiture:
    « conducteur Incompetent en attente d’un pilote automatique »

    • Christophe

      Tant de violence verbale parce que quelqu’un a une vision différente me laisse pantois.
      Et je ne vois vraiment pas ce que ce commentaire amène à une discussion qui aura lieux.
      En tant que pilote, je pense pourtant que ce seront les risques de Hacking qui amèneront à garder des pilotes dans des avions dans le futur, pas le fait que ceux-ci seront plus performants que des IA dans quelques décennies.
      Mais cela n’est que mon opinion et je n’insulte pas ceux qui pensent le contraire.

  • Pierre

    Bravo pour ces précisions….il y a toujours quelqu’un qui trouvera (avec de plus ou moins bonnes raisons) que 80% + des accident sont des erreurs humaines.

    Je n’ai personnellement encore jamais vu de statistique, de combien d’erreurs informatiques dans les cockpits n’ont aucunes conséquences grâce à l’action du pilote qui intervient en corrigeant ou empêchant ces erreurs d’avoir des conséquences. C’est fort malheureux, ça recentrerais le débat !

    C’est mon quotidiens en tant que pilote de ligne…dernière exemple, il y à deux semaines à peine, dû à une errer de la base de données du système de navigation (fournie par un prestataire extérieur), à peine décollé de LSZH, l’avion à immédiatement voulu commencer son virage à gauche et nous aurions avec les automatismes, certainement fini dans l’hôtel Hilton ou dans la colline sur laquelle il se trouve.

    Malgré tous les filtres de vérification de nos bases de données, la condition de ne pas commencer le virage avant d’avoir atteint 2000 ft (présente et visible dans l’ordinateur de navigation) a été ignorée par les 2 auto pilotes et tout le système de navigation.

    Seul l’esprit critique, la vérification croisée et le savoir faire de deux membres d’équipages qui doivent à ce moment suivre la navigation, configurer l’avion et communiquer dans une phase de vol à haut risque (bas et avec peu d’énergie) restent un facteur de sécurité primordiale.

    De fausses économies seront toujours un argument, comme le PDG d’une compagnie américaine qui avait déclaré que d’investir dans la sécurité n’était pas économique si les crashs étaient espacés de plus de 7 ans.

    Il restera heureusement le train ce jour ci !

  • Mcmanus

    Vous connaissez l’histoire du chirurgien qui vient visiter le cockpit pendant le vol. Elle illustre les propos de ce grand chirurgien. Il entre, et lance avec aplomb « bonjour Messieurs. Duchmol, chirurgien et ENArque. Je connais bien votre métier, je suis pilote privé, et grand amateur de simulation de vol. » Le CDB lui répond : « moi aussi, je connais très bien votre métier ». Duchmol grand chirurgien ENArque : « ah bon, et comment cela ? ». Le CDB : « eh bien voyez-vous, le dimanche midi, chez moi, c’est moi qui découpe le poulet rôti, et ensuite on fait un Monopoly. Et ça depuis 20 ans. »

  • Karavan

    Ni ceux du 777 qui s’est crashé à SFO le 06/07/2013 alors qu’il y avait 3 pilotes surentraînés dans le cockpit (trop bas, trop lent)… un pilote automatique aurait mieux fait !

  • Arminius

    Il ne faut pas se leurrer, l’avis de l’énarque-chirurgien n’est pas n avis de technicien aéronautique, ce qui le décrédibilise singulièrement. Le problème est que ce genre d’avis est pris en compte immédiatement par les comptables qui nous gouvernent. Pourtant, il est aisé de faire un parallèle avec la télémédecine dernière invention pour pallier à la misère médicale des 4/5° du pays. Le lointain toubib devra établir un diagnostique et une prescription, mais dès que cela se complique un peu on fait comment ?l dit quoi, l’écran d’ordinateur devant un gamin qui pleure en disant qu’il à mal au ventre ? Indigestion ou péritonite ? Le toubib en chair et en os connait la réponse, lui. C’est exactement ce qu’expose Mr Ripoche, et le débat doit porter sur le sacrifice ou non de la sécurité au profit de la rentabilité, parce que c’est bien ça le fond du débat.

  • FleitouCocherie

    Article provocateur qui, je pense ne démontre rien si ce n’est une méconnaissance certaine du sujet ! Comparer la disparition de pilotes dans les avion à celle des maréchal-ferrants relève à court et moyen terme d’une pure fiction car aucune IA n’est en mesure, dans ce délai de prendre la relève. Au delà, nous sommes dans le rêve de Kubrik et, si on peut raisonnablement penser que cela finira par ce produire, d’autres problèmes philosophiques feront leurs apparitions tels que la place de l’homme dans la société… Mais, encore une fois, on parle d’un avenir que nos petits enfants ne verront probablement pas ! Cela n’efface pas en revanche les difficultés croissantes posées par l’introduction continue de systèmes toujours plus complexes dans nos avions. On en arrive dans certains accidents à sérieusement se poser la question de savoir qui, de l’œuf ou de la poule, en porte la « responsabilité »… vaste débat qui est loin d’être clos ! Par ailleurs je rejoins un commentaire précédent sur la crédibilité d’un article rédigé par un digne représentant d’une profession loin d’être une référence dans les domaines de la sécurité et de la prévention. J’en veux pour preuve le travail que j’ai effectué en qualité de spécialiste aéronautique de ces domaines dans le CHU d’ une grande ville et au cours duquel j’ai pu me rendre compte de l’important retard que nos bloc opératoire avaient pris en termes de sécurisation des techniques (ils ne connaissaient pas alors les check lists par exemple). Certes depuis les choses ont bien évoluées, mais quand même, de la à se positionner en spécialiste… du reste, accepterait il qu’un robot doté d’une IA et qui apprendrait au et à mesure de ses actes, prodigue une opération complexe sur lui-même ? Car on parle bien de systèmes complexes. Faire rouler une voiture ou avancer un métro sont infiniment plus simples que transporter des passagers dans un aéronef ou conduire une opération complexe sur un être humain. Dans les deux cas le nombre de paramètres à prendre en compte tout comme leurs variabilités rend l’entreprise particulièrement hasardeuse !
    Pour l’anecdote la Nasa, qui avait un bon budget et des ingénieurs qualifiés, n’a pas réussi à empêcher le fait que par deux fois les pilotes des navettes spatiales ont dû terminer ou même piloter la totalité de leur retour sur terre en mode dégradé, c’est à la main ! Mais il est vrai que c’était hier…

  • michel

    C’est à cause d’Alexandre que j’ai résilié mon abonnement à l’express: ce type est d’une suffisance abyssale ! Dans un raisonnement, il évacue systématiquement tout ce qui ne va pas dans son sens. C’est un adorateur fanatique de l’IA. Dans un autre sujet, les médecines parallèles, il demande la radiation pure et simple de l’ordre les médecins qui ne pratiqueraient pas l’allopathie la plus orthodoxe, sans évoquer (entre autre) le moins du monde les scandales des laboratoires . Le pire c’est qu’il est bardé de diplômes avec un QI imposant. Pourvu qu’il ne soit jamais en responsabilité nulle part (avec Macron, j’ai un peu peur !). La réponse de M.Ripoche et le dialogue des commentaires sont bien plus constructifs.

  • Arès

    Comment l’IA traitera le déroutement d’urgence, suite à des passagers qui, saoûls comme des cochons, gueulant comme des cormorans, ont transformé l’arrière en toro piscine?. On risque de regretter le Commandant RIPOCHE et son copi.

  • fada

    Merci pour cet argumentaire clair et précis commandant Ripoche.
    Il est étonnant que le discours de ce dr Alexandre, soit le fruit d’une corporation qui en matière de  »crm » en est a peu près au stade de l’aviation commerciale des années 70.
    Des mandarins tout-puissant dont la parole n’est jamais remise en cause, et dont le savoir disparait quand ils prennent leur retraite.
    Je ne suis qu un modeste  »technicien » de l’air, tant les termes de  »pilote de ligne »  »commandant de bord » semblent donner des palpitations a toute une race d’aigris et d’anti-tout, je n’y connais pas grand-chose en matière d’IA, mais je connais bien les automatismes de mon avion, plutôt très moderne au demeurant, et il faut bien se faire une raison: c’est formidable…quand ça marche!
    Quand je suis en charge de mon vol, j ai conscience que ma responsabilité pénale est engagée, et plus que tout, ma vie. Quelle sera la conscience de l’iA sur ce sujet? celle de l’opérateur au sol?
    Le dr Alexandre semble ignorer que le métier de navigant est parmi ceux qui cumulent le plus de risques professionnels, basse pression, bruit, chaleur, froid, atmosphère sèche, décalage horaire, stress, qui va accepter de faire ca, si c est pour être le recours d un informaticien a lunette qui, au sol, gérera des vols depuis sa console de jeux?
    Quel sera le niveau de ces pilotes qui ne voleront jamais et qui devront se réveiller uniquement en cas de catastrophe imminente? Imagine t-on un chirurgien appellé en secours pour faire une opération du cerveau tous les 5ans?
    Je fais un metier formidable, sans doute beaucoup de gens dans ma compagnie pensent-ils que je coute trop cher, et qu un amstrad ferait aussi bien que moi pour moins cher.
    S’ils savaient ce que je pense de leur apport dans la compagnie, ils penseraient certainement bien pire.
    Alors, oui aux voitures qui roulent toutes seules, aux avions qui volent seuls, a ceux qui font des enfants seuls, aux caisses, peages, guichets, automatiques, et quand on sera devenue une civilisation de consommateurs, que la pensee aura ete remplacee par le slogan, que l’aventure et le defi ne seront plus qu coin de la rue mais dans les livres d histoire, alors nous serons murs pour etre balayes par une autre civilisation de gens sans doute moins inspires sur le plan technologique, mais qui savent se servir de leurs mains.

  • ian

    c’est franco français ça, free, ça veut dire libre, pas gratuit, et intelligence ne veux pas dire intelligence mais information?
    La CIA serait-elle donc l’agence centrale d’intelligence ?

    Et permettez, mais dégager les pilotes de leurs avions admettons, mais quelle est la valeur ajoutée, économique ? je plaisante. Vous voudriez dire que l’homme fera moins bien que la machine ? Pour conserver un paramêtre certainement, mais prendre une décision intelligente, même pas en rêve. Les pilotes pourraient aussi être des poëtes, quand bien même, ce sont d’autres spécificités qui les emploient dans un cockpit.
    La voie de la raison, c’est d’alléger le travail des pilotes, de surveiller et ajouter des lois de protections. bref, on ne fera pas beaucoup mieux qu’aujourd’hui, les drones volent déjà certes, mais porter des armes et emporter des passagers ne comportent pas les mêmes enjeux. Fin du débat pour moi, c’est curieux cette façon qu’ont les capitalistes de vouloir nier l’homme dans son travail.
    En conclusion, ce que les pro désignent comme intelligence artificielle sera mis à contribution pour harmoniser le trafic aérien, et l’optimiser.

  • JPR

    @FBS je me permet de vous répondre ainsi qu’à l’auteur de l’article, le propre de l’intelligence artificielle est justement d’être intelligente…
    Elle n’est pas programmée.
    Ce n’est donc pas des algorithmes complexe est pensé par des hommes, c’est l’IA qui apprends par elle même, et se  » programme » elle même.
    Le processus est le même que lorsque un stagiaire apprends à piloter. La différence notable est que l’expérience et le savoir de chaque pilote est unique et ne se transmet que difficilement, alors qu’une ia est duplicable en moins de temps qu’il faut pour le dire et surtout l’expérience de toutes les ia est cumulative et inaltérable, je m’explique imaginé un observateur dans chaque cockpit qui apprends des TOUS les pilotes du monde, dans toutes les conditions et sans jamais prendre de repos… Il ne faudra pas 20 ans pour avoir un pilote certe virtuel mets ayant une connaissances jamais égalé par aucun humain. Quand à l’annecdote de la vision humaine qui seraient nécessaires pour voir des nuages grâce au clair de lune, elle est certainement poétique mets ne sera jamais supérieur aux capteur CCD qui permettent de voir le confins de l’univers dans la nuit la pluie noire… Car évidemment que l’IA aura des caméras partout en plus de tous les capteurs actuel. Pour ma part je pense que oui il y aura toujours un pilote dans l’avion, mais tôt tard il ne sera plus commandant mais de plus en plus co-pilot, avant de devenir opérateur de supervision, tel un technicien de centrale nucléaire…

    • Fbs

      Pour votre scénario de science fiction d’apprentissage accéléré, il faudra donc un réseau neuronal encore plus puissant que celui du cerveau humain…..alors oui, peut être un jour, mais je doute que ce soit de mon vivant. Sans compter la problématique de concevoir plus complexe que nous-mêmes….

    • Delattre

      La seule faille de votre raisonnement va être la période de transition et d’apprentissage. Ça va. coûter un bon nombre de crash comme l’expérience des voitures autonomes le montre déjà. Sauf que le risque matériel et en vie humaines n’a rien à voir.

    • Thierry Paris

      Est ce que l’IA corrige les fautes d’orthographe ?

    • HG

      Cher JPR,
      Le nombre impressionnant de fautes d’orthographe de votre argumentaire ci dessus, vous disqualifie…….Sans doute 0/20 au certificat d’étude.
      Relisez vous ou utilisez un correcteur d’orthographe si c’est au dessus de vos moyens.
      HG

    • Christophe

      Bonjour,
      Je vais essayer de d’aller dans le sens de JPR sans les fautes d’ortographes.
      Je suis pilote et commandant de bord donc je pense aussi avoir une compétence pour donner un avis, qui n’est que le mien.
      Après 13 heures de vol, en décalage circadien complet, que vaut la décision d’un équipage comparée à celle d’une IA qui aura fait des millions d’expériences similaires?
      En ce qui concerne l’augmentation des accidents, elle me semble d’une très grande mauvaise foie pour des professionnels de l’aéronautique.
      Tous les changements technologiques amènent une augmentation temporaire du risque, le temps que le systeme s’adapte à cette nouvelle technologie.
      Je ne sais donc pas si ou quand une IA sera meilleure qu’un équipage mais considérer cela comme une lubie de personnes incompétentes me semble plus être le fait d’une peur que d’une analyse prospective prenant en compte toutes les variables.
      Mais ce n’est que mon avis.

      • JMB

        Bonjour,
        Je vais essayer de d’aller dans le sens de JPR sans les fautes d’ortographes.
        ……………………………………..
        En ce qui concerne l’augmentation des accidents, elle me semble d’une très grande mauvaise foie pour des professionnels de l’aéronautique.
        BEN non; AVEC les fautes d’orthographe.

  • michel mouton

    Deux aphorismes pour recentrer l’impossible débat : mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde et comparaison n’est pas raison.
    Mal nommer parce que le premier auteur nous parle d’intelligence artificielle. Mais d’intelligence il n’en est point question et en aucun cas artificielle. Les algorithmes qu’exécutent les machines ne nécessitent aucune intelligence. Il leur suffit juste d’être zélées et prestes. Ce ne sont que des automates programmables. La tâche de ces machines-esclaves ne consiste donc qu’à faire des choix déjà arrêtés par avance. Dépourvues de liberté, elles ne sauraient donc être responsables.
    A contrario, le second auteur n’oppose que des décisions. Et c’est cela que la comparaison est invalide. On ne peut comparer un choix et une décision, car une décision, je le rappelle, est un saut de normes, un saut créateur, lorsque plus aucun choix n’est possible. laquelle décision ne peut résulter que de la liberté de son auteur. Laquelle liberté implique la responsabilité de son auteur.
    l’un est esclave, l’autre est le maître. c’est sur cette distinction qu’achoppe la comparaison entre les pilotes et les maréchaux-ferrants.
    Une petite fable pour illustrer cela : l’ordinateur Big Apple est opposé au champion russe Mikhaïl Kalachnikov dans un tournoi d’échecs. l’ordinateur mène 2 parties à zéro et dispose d’un mat en cinq coups lorsque le champion russe sort brutalement l’objet qui l’a rendu célèbre auparavant et explique doucement à l’ordinateur : si tu bouge le pion en E7, j’appuie sur la détente et je t’atomise. Si tu bouge le cavalier en A5 je retiens mon doigt !
    Question : que fit l’ordinateur ?

    • Pilotaillon du 21eme siècle

      Beaucoup de fantasmes !
      Les algorithmes « IA » s’implémentent d’un volume significatifs de données « d’expérience » (data mining) pour en tirer une règle globale, qui parait parfois exotique, ayant jusque-là échappé aux plus affûtés des spécialistes.
      Le système est en mesure d’analyser des quantités de données qu’un qu’Homo sapiens-sapiens ne peut pas s’approprier dans leur globalité, faute de disposer de processus cognitifs adaptés.
      Il n’est pas ici question de mettre en cause un individu en responsabilité et de ses capacités à réaliser sa mission mais de comprendre que les algorithmes sont des outils qui, sur une zone de savoir spécifique, sont capables d’aller plus loin que l’intelligence humaine.
      Comme le moteur thermique a de longue date dépassé la force musculaire.
      Alors si un moteur peut déplacer si facilement un véhicule, fatalement (sic) cette force peut se retourner contre nous !?!
      Alors nous avons inventé le code la route… :o)

  • Gilles

    Déçu par les arguments employés. Ils sont trop subjectifs pour ne pas être tenté de les retourner :
    – les pilotés sauvent de cas extrêmes (situation exceptionnelle ) mais combien de fois l’armada électronique corrige/évite la faute? je n’a Pas les chiffres mais je suis SÛR qu’avec le nombre d’avion en l’air cet position de M. Ripoche tombe.
    – de manière générale, l’automatisation traite les cas simples puis complexifie ses capacités au fur et à mesure. Commençons par le fret et les lignes simples.
    – il n’y a pas assez de pilotes, qu’à cela ne tienne, mettons des automates.
    – Je m’arrete Là parce qu’un « coup de gueule» est loin d’une justification rationnelle. Elle satisfait les idées conservatrices sans faire avancer le débat

    • Dm

      Votre premier argument manque de connaissance du métier. Nous traitons des pannes d’automatisme au quotidien, panne aux conséquences désastreuses sans l’équipage. Mais comme nous sommes la et qu’il n’y a pas de problème, celà ne rentre pas dans les statistiques. Dernier problème sur un de mes vols : déconnection de l’autopilot en approche final. Aucune raison apparente, juste un des nombreux bugs dans un système déjà bien trop complexe. Ce jour la, sans pilote à bord, il y aurait eu 180 morts. Toujours partant pour l’automation intégral ?

      • Gilles

        merci pour ce complément. l’exemple mérite reflexion mais met en lumière 2 discours:
        – les personnels naviguants d’aujourd’hui sur des machines d’aujourd’hui dont personne ne niera les imperfections (incluant les informations disponible aujourd’hui)
        – une vision à 15-20 ans (la voiture autonome est dans le même ordre de grandeur). Dans ce cadre, les systemes existants ne pourront plus avoir les défauts que vous reportez (ou alors en deça d’une valeur spécifié par une norme, …), ces systemes devront voir/connaître/ressentir des informations qui sont aujourd’hui la panacée des pilotes et de leurs 5 sens. Cette vision n’est pas compatible avec l’environnement normatif, les technologies et les ambitions de développement actuels (investissement).

        pour donner un exemple simpliste, les métros s’automatisent en fournissant aux opérateurs (et donc aux clients) des garanties qu’ils n’avaient 20ans auparavant. Que les syndicats se rassurent, il n’y a pas moins d’employé, les postes sont différents.
        il n’est pas jugé les capacité de pilotage des pilotes d’aujourd’hui, il est jugé leur capacité de travail (un ordinateur travaille 24h/24) et leur #SiliconValley scalabilité. un opérateur aérien a des capacités de transports qui sont inférieurs ou égale aux pilotes formés et disponibles. L’automatisation donne énormément de souplesse à un opérateur car il peut réallouer ses vols, les multiplier, parce qu’une fois un SW/HW définit, il se fabrique de manière industrielle contrairement à la formation des pilotes qui dépend de beaucoup de facteurs humains.

        Pour finir sur votre exemple: si les systemes à bord d’aujourd’hui sont défaillants, considérez vous qu’il faille:
        1. les corriger (améliorer)
        2. les supprimer

      • Vladimir_K

        @Gilles:
        L’automobile est un mauvais exemple. Même des colosses sur le sujet comme Volvo ou Bosch ont arrêté d’envisager une voiture entièrement sans pilote, car ils ne veulent pas prendre les responsabilités en cas d’accident. Pour ce qui est des métros, là encore il s’agit d’un mauvais exemple : les métros sont dans des environnements maîtrisés (tunnels, rails – donc impossible d’aller n’importe où), donc les aléas, alors qu’ils existent, sont limités, et pas comparables à un ciel ou une route où tous les degrés de liberté sont ouverts.

  • Et pour rejoindre le très brillant exposé de Mr Ripoche, il faut ajouter le facteur psychologique : seriez-vous prêt à monter dans un avion et donc de confier votre vie (et 449 autres passagers) à une compagnie qui ne veut pas en risquer 2/4 dans le cockpit !!!!..et si c’est uniquement une question de coût, Les algorithmes de Mr Alexandre vont elles servir les repas ?, assurer la sécurité et le confort à bord ?…et si il y a un accident ? qui est responsable ? l’avionneur ?, la compagnie ? le fabriquant de systèmes embarqués ?…bonne chance pour trouver un assureur !!!!….

  • Pierre

    Que voilà une belle réponse, claire, argumentée et sans parti-pris! Pour pratiquer encore le développement de logiciel, mais maintenant à titre de loisir, l’humilité force à reconnaître que le meilleur logiciel est encore rempli de bugs fort difficiles à corriger: en effet, si c’etait facile on les aurait déjà trouvés et corrigés. Sachant qu’un avion, avec équipage ou non, comporte des dizaines de calculateurs… l’automatisation totale, même avec intelligence déportée, relève pour les décennies à venir, du plus pur fantasme. À moins d’accepter un accident majeur assez régulièrement, un peu comme les accidents de voiture qui ne dissuadent pas de conduire. Mais la comparaison semble très hasardeuse, et ce n’est clairement pas l’ambition des transporteurs aériens sérieux.

    • Gilbert_VE

      … » … Mais la comparaison semble très hasardeuse, et ce n’est clairement pas l’ambition des transporteurs aériens sérieux. »
      Mais qui empêchera que, derrière le rideau, une balance soit faite entre les coûts d’accidents par « causes humaines » et les coûts par « causes algorithmiques » ? ….. Horribles rapprochements faits ……par ordinateurs ! Gardez la démarche concrète, mais le résultat en filtrera, insidieusement. Les big data , alias métadonnées, seront « précieuses » pour ça ! A moindre coût, psychologie comprise ….
      Lire : « L’hyperpuissance de l’Informatique » de … je ne sais plus ! Collège de France, …. quand même ! ;->). Solutions magistrales et micro bugs catastrophiques :-<( …..
      Quel est le plus dangereux, tant financièrement que socialement ? :
      L'alcool au volant… ou un bug en informatique ( = algorithmique) ?
      Vous avez 4 heures ….

  • Nono

    Cher monsieur Ripoche,

    vous raisonnez effectivement comme un maréchal ferrant d’il y a un siècle. Oui, pour l’instant, les systèmes ne savent pas faire ça.

    Pour l’instant.

    Comme en 1950, un avion long courrier se pilotait avec 2 pilotes, un mécanicien, un navigateur, et on n’imaginait pas que cela soit possible de le faire avec que 2 pilotes. Maintenant, c’est la norme.

    Comme en 1970, un avion avait des commandes classiques, pas électriques protégeant le domaine de vol. Seul le pilote pouvait ressentir les choses.

    • Voyageur

      Bonjour,
      Olivier Ripoche a entierement raison et cela pour 2 raisons principales

      1/ Telles que presentees pat l’auteur, il y trop des facteurs imprevisibles et indetectables par une une IA, au sol ou en vol [exemple « un quartier de lune restant permet (en baissant l’éclairage du cockpit) de mieux voir les tourelles en développement rapide (+30 m/s) et aussi d’éviter les « enclumes » invisibles au radar mais porteuses d’eau surfondue…. »] qui ne peuvent etre geres QUE par un humain !! Ma reflexion sera la meme pour les projets de voitures autonomes qui sont le prelude a une catastrophe sociale.

      2/ Le rejet d’un model de societe ou l’homme disparait a tous les niveux et sans solutions de rechanges en emploi. Desole mais une societe comme celle-ci, merci mais non merci. Vous avez une vue tres limitee et ne vous rendez pas compte du danger de la robotisation a outrance. Il faudrait au contraire reglementer et limiter la robotisation pour conserver des bassins d’emplois aux humains. Il est plus que temps de reprendre notre destin en main plutot que tout donner a la robotisation / IA.

    • Arès

      Faudrait pas pousser mémé dans les orties ,tout de même!!. Le raisonnement de Monsieur RIPOCHE, est celui d’un homme de terrain, pas le cas du chirurgien-énarque-entrepreneur-business angel, qui avec tous ces qualificatifs, a la cocote minute qui va exploser, et ferait bien de s’octroyer un peu de détente. Quant à vous Nono, faites un stage de découverte avec  » le Père RIPOCHE », en saison hivernale, au cœur des dépressions, puis on reparlera de laisser la main aux seuls circuits électroniques.

    • Alex

      Cher Monsieur Nono,
      Les exemples que vous faites portent sur des systèmes de bord. M. Ripoche tient un discours qui concerne la valeur du jugement, que seulement un être humain est capable de faire.
      Pourquoi ne remplaçons-nous tous les enseignants par des robots? Pourtant des robots seraient capables de répéter des contenus, même d’interagir…et ne font pas grève ! Par contre, seraient-ils capables de transmettre des savoirs? Je crois pas…

    • Fbs

      L’espoir d’avoir des intelligences artificielles, ne date pas d’aujourd’hui. Vous souvenez-vous des travaux dans ce domaine, a la fin des années 80, les languages tels que Prolog , et autres technologies qui faisaient croire que l’objectif etait « a portée de main ». Depuis la puissance des processeurs a été multipliée par plus d’un million, et nous en sommes toujours aussi loin.

      Si des réalisations interessantes ont été faites depuis avec les moteurs de règles, et depuis plus récemment avec les réseaux neuronaux, on est encore très loin du compte.

      Ce que ces années nous ont appris (mon métier étant l’informatique, pas l’aviation), c’est l’ampleur du chemin qui nous reste à faire, et un peu d’humilité dans ce domaine.

      En admettant que nous puissions réaliser un jour un réseau neuronal virtuel aussi puissant que l’est un cerveau humain, il lui faudra encore 20 ans de formation pour en faire un pilote..

      La différence fondamentale entre l’informatique, et tout ce qu’elle apporte au pilotage, et le pilote, c’est que l’informatique permet de répondre à des scénarios pré-établis, et a ceux-la seulement. La vraie vie à l’intérieur d’un cockpit est faite d’imprévus qui….ne sont par définition pas pré-établis, et devant lesquels l’informatique la plus sophistiquée sera non seulement impuissante, mais meme contre productive. Il commence a avoir de plus en plus d’accidents documentés dont la cause est liée a l’incompréhension du pilote de la situation « filtrée » et présentée par les calculateurs, dont il faut comprendre toutes les finesses du fonctionnement pour être capable d’interpréter (avec de la chance), le cas de panne imprévu qui arrive.

      Bref, remplacer le maréchal ferrand n’a été qu’une question de mécanique. L’intelligence de l’humain est quelque chose d’infiniment plus complexe….sans compter que rien ne dit que nous sommes assez intelligents pour parvenir à modéliser notre propre fonctionnement un jour….(mon interprétation personnelle du théorème d’incomplétude de Godel..)

      • Vladimir_K

        @Fbs Je pousserai même votre raisonnement encore plus loin.
        En 1969, avec l’équivalent de 120Ko de mémoire et un processeur à 2MHz (l’équivalent d’un Apple II de 1982) . De nos jours, alors que nous avons des téléphones portables 20 000x plus puissants, qui servent à chasser des pokemons dans la rue, nous n’arrivons plus à répéter l’exploit sous prétexte que cela coûte une « blinde ». Que ce soit sur Terre, dans l’air, l’espace, sur ou sous la mer, l’humain et l’électronique devront cohabiter, puisque des ingénieurs ne peuvent pas tout prévoir.

    • Spotter Limax

      Nono, je te laisse donc dans le vol AIR TRANSAT sans moteurs fonçant vers Lajes … Robert Piché et son copi ne sont bien sur pas à l’avant puisque tu n’en veux pas….

      • Garcia

        @Spotter Limax,
        Le cas du vol Air Transat est un très mauvais exemple en l’occurrence…
        Si une IA avait été au commande ce jour là, elle aurait appliqué la procédure strictement, ce qui aurait conduit à l’arrêt d’un moteur, mais pas de deux (Piché a alimenté la fuite de carburant en utilisant la pompe de CrossFeed, ce qui est contraire à la procédure en cas de fuite). L’avion aurait donc continué son vol dans des biens meilleurs conditions que celles que Piché avait indirectement provoquées.
        De toute manière, le pilote est le maillon faible de la chaine de sécurité (les statistiques sont implacables…). Pour un exemple d’avion sauvé grâce à son pilote, on en trouve 4, d’avions détruits à cause d’une erreur humaine. Les prochaines progrès passeront donc, entre autre, par la diminution progressive des prérogatives du pilote (humain).
        Que Monsieur Ripoche se rassure… il sera partis à la retraite depuis bien longtemps quand les pilotes auront disparus des cockpits…(moi aussi d’ailleurs….).
        Bonne soirée

      • Cyril Lambiel

        @Garcia
        Absolument d’accord avec vous!
        Il convient de considérer la globalité des cas, en n’éludant pas ceux qui « dérangent » de par l’implication fatale des actions d’Etres Humains dans une situation de crise.

        Prétendre vouloir faire mieux qu’une machine capable de traiter des chaines logiques des milliers de fois par seconde et en plus dotée d’une capacité d’apprentissage (IA) relève d’un comportement digne de la plus performante autruche!

        La technologie avance, et personnellement je me sentirai effectivement plus à l’aise dans une cabine « conduite » par une IA et supervisée par un gestionnaire de systèmes, que dans une machine dont j’ignore si les pilotes connaissent les plus élémentaires notions de pilotage comme par exemple les conséquence de couper les gaz et garder le manche tiré…

        Ne parlons même pas d’ego lorsqu’il s’agit de négocier un atterrissage par forte composante de vent traversier, ou de tentative de posé juste après un violent orage sur une piste contaminée, avec un touché aux 2/3 de la poste, sans application de reverse…
        Une IA remet les gaz effectue éventuellement une seconde tentative avant de se diriger sur son alternate.

        Une IA peut parfaitement apprendre à gérer une machine en mode dégradé, voir fortement dégradé et donc drastiquement augmenter les chances de survie des éventuels occupants de ladite machine.

        Dans ce cas aucune place au facteur chance de tomber sur un Sully, une machine calcule plus rapidement, et pour peu que les lois inculquées à son référentiel lui permettent de « choisir » parmi une mauvaise et une plus mauvaise solution, les dégâts seront limités.

        Reste le facteur moral…vaut-il mieux poser une machine en sauvant ses occupants et en occasionnant des pertes parmi les personnes au sol, ou le système embarqué devrait-il « saborder » l’appareil pour limiter les dégâts.
        A mon sens le fond du débat de mise en service des AI se situe davantage a ce niveau, la conduite d’un appareil, elle, repose déjà pratiquement sur des automates.

        Ceux prétendant le contraire doivent soit ignorer dans quel environnement technique ils travaillent, soit regarder un peu trop souvent leurs épaulettes et se dire qu’ils se situent juste après un potentiel personnage mythique.

        L’exemple Air Transat est excellent, en effet, jamais un système de gestion embarqué, « connaissant » de facto ses systèmes et leurs interactions n’aurait jamais autorisé de vider le fuel par la fuite.
        De même, une IA aurait très certainement su ramener l’appareil de Sully a son point de départ en ayant plus rapidement analysé ce que remontaient les capteurs.
        Comme l’ont fait tous les « spécialistes de canapé » APRES la remarquable démonstration de sang-froid de Sully!

        Dans un cas comme dans l’autre, dans le monde actuel, ces appareils et leurs passagers doivent EFFECTIVEMENT leur vie à des professionnels ayant eu la capacité de réagir du mieux qu’il leur était possible dans ces circonstances.
        Ceux d’un vol entre Rio et Paris n’ont pas eu cette chance, hélas.

      • Vladimir_K

        @Cyril Lambiel
        Vous oubliez juste un détail, c’est que la machine reste programmée par l’homme, et c’est encore l’homme qui fournit l’apprentissage de la machine. Donc si une procédure est mauvaise, la machine la suivra coûte que coûte alors qu’un humain saura passer outre.

        Ainsi, quand Uber investit des milliards dans une voiture autonome, ça ne l’empêche pas de se faire un piéton, malgré toute la technologie embarquée, et la conductrice non professionnelle qui était au volant.

        Ça fait suffisamment longtemps que l’on travaille sur l’AI, et même suffisamment de temps que je suis dans le milieux pour comprendre que l’avion (ou la voiture sans pilote) est à peu près aussi probable que la voiture volante de l’an 2000 telle qu’imaginée dans les années 50. Mais au même titre que la voiture électrique, ça plait aux journalistes et aux bobos

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