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Armée de l’Air : le Pilatus PC-21 prend la relève
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Dès le mois de juillet 2019, les Pilatus PC-21 auront totalement remplacé les Epsilon de l’école de pilotage de l’armée de l’Air (EPAA) de Cognac et les Alphajet de l’école d’aviation de chasse (EAC) de Tours. La première promotion d'élèves pilotes formés sur PC-21 arrive en juin 2019. C’est une page importante qui se tourne pour l’armée de l’Air.

21.05.2019

La première promotion de stagiaires de l’Ecole de pilotage de l’armée de l’Air va bientôt faire connaissance avec le PC-21 de Pilatus. Une révolution par rapport à l’Epsilon ! © Armée de l’Air

Les 17 avions suisses requis par l’école de pilotage de l’armée de l’air (EPAA) sont aujourd’hui tous arrivés à Cognac. D’ici le mois de juillet, ils auront totalement remplacé les Epsilon dans la phase IIB dite de « préspécialisation chasse ». Les dix primo-instructeurs formés fin 2018 et début 2019 ont été rejoints depuis par 14 autres instructeurs qualifiés pour la phase basique de l’entrainement. Un dernier groupe de 8 les rejoindra dans les semaines à venir. Fin juin, l’EPAA disposera donc d’un total de 32 instructeurs sur PC-21.

Comment l’armée de l’air repense sa filière chasse avec le Pilatus PC-21

Des Epsilon sur les Champs Elysées

L’heure est maintenant à la formation des premiers élèves. Une première promotion de treize élèves, qui a déjà suivi sa formation initiale sur Grob 120, suit actuellement un enseignement théorique sur le PC-21 au sein de l’ETIS. Elle commencera les vols en juin et après six mois, elle entamera la phase « advanced » (on parle désormais l’otanien dans l’armée de l’air) qui correspond à l’ancienne phase III qui se faisait auparavant sur Alphajet à Tours. Pour marquer le retrait de service de l’Epsilon, l’EPAA devrait faire défiler trois appareils au-dessus des  Champs Elysées le prochain 14 juillet.

Le PC-21 et les moyens de simulations associés offrent une véritable révolution dans le cursus de formation. Dans l’avion, l’organisation en cabine est très proche de celle du Rafale et les jeunes pilotes peuvent déjà enregistrer les bonnes pratiques qui leur serviront ensuite une fois en escadron. D’autant que l’EPAA a profité de l’arrivée du Pilatus pour faire évoluer la philosophie de l’instruction et ajouter des savoir-faire à la phase « basic ».

Anachronique Alphajet

« Le nouvel avion, qui permet d’émuler un radar moderne, permet par exemple  d’aborder le combat air-air avec du missile guidé dans le cadre de scénario simples comme un combat un contre un en face à face » explique un instructeur. « Un travail simple à mécaniser, que l’on avait pas toujours le temps de faire en escadron. Le Pilatus le fait très bien, sans même qu’il soit nécessaire de mettre un plastron en l’air puisque l’instructeur en place arrière peut recréer une situation tactique sur les écrans de l’avion ».

Il n’y a que l’hélice pour rappeler que le PC-21 est un avion école. Tous les autres équipements embarqués font que l’avion est plus proche d’un Rafale que d’un Epsilon. © Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Reste la question de la phase IV de la formation, qui se fait aujourd’hui sur Alphajet au sein de l’école de transition opérationnelle de Cazaux. Les Alphajet de Cazaux ont été modernisés et ils disposent encore de quelques années de potentiel, mais leur mise en œuvre est de plus en plus coûteuse. Plus gênant, leur présence dans le cursus serait plus un handicap qu’un atout.

En arrivant à Cazaux, les stagiaires devront en effet apprendre un nouvel avion, bien moins perfectionné que celui qu’ils auront quitté à Cognac. Et ce simplement pour le bénéfice de quelques heures passées au niveau 400 et à 420 kt… La question du maintien de l’Alphajet, posée depuis de long mois, n’est pas encore tranchée. Officiellement du moins…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

14 commentaires

  • Alex MOUTET

    Je sais que je faire hurler les pilotes, mais une PAF avec des drones nEUROn cela en jetterait un max, non ? Plus de contrainte humaine en G négatifs pour les figures et une énorme publicité pour l’efficacité de ces machines qui ne risquent plus de tuer leurs pilotes.

  • MONTEILLER

    Déjà, quand les Zébulons ont remplacé les Fouga, on avait des larmes pour ces derniers. Et on pensait, comme l’aurait dit une pub de l’époque: « ça ne marchera jamais ! « . Eh bien, ça a marché.
    Maintenant, les Suisses n’ont plus de raisons pour ne pas s’équiper en Rafales. Mais, peut être que je me Trump (comprenez : « Trompe »).

    • Jean-Luc Coulon

      Le Fouga avait un avantage, la formation ab initio « tout réacteur », mais il avait un inconvénient majeur, c’est pratiquement un planeur. Un epsilon avait davantage le comportement aérodynamique d’un avion d’arme. Et son exploitation se faisait pour une fraction du coût du Fouga… vieillissant.
      Il reste que la spécialisation chasse utilisait l’Alphajet qui était un « réacteur » et permettait en même temps de faire la transformation réacteur.
      L’arrivée du PC21 permet d’amener la modernité dans le cockpit, l’appareil conserve un comportement adapté aux missions de formation et le turboprop se gère un peu comme un réacteur.
      Tout ça c’est rationnel. Il restera sans doute un petit pincement qu’aucun avion d’arme (l’Alphajet en est un) ne fasse plus partie de la formation. Mais je pense que l’efficacité passe par là.

  • egron

    Effectivement il y aurait régression de passer du reacteur a l’hélice a la PAF.
    Les patrouilles avec helices sont tres agreables.Avec reacteurs encore plus ,mais la
    PAF se doit d’etre sur taxis francais et faire une exellente pub pour nos avions.
    Et ne pas oublier d’augmenter le prix des entrees de meetings pour l’entretien de nos
    appareils.

  • Vertaco

    Si l’AA veut maintenir la PAF sur un jet français, il ne reste que les 2000 et Rafale …mais au prix de l’heure de vol et des appareils attribués spécifiquements, ça m’étonnerais beaucoup que ça arrive un jour. Si l’AA accepte de faire voler la PAF sur un jet « étranger » et utilisé seulement pour elle (puisque le PC-21 semble remplir totalement sa fonction), il y a l’embarras du choix ne serait-ce qu’en Europe, (Brexit compris 😉 ) Mais avec la « banque » d’Alphajet de dispo, elle a encore quelques beaux jours devant elle !

  • Moltobaleze
    Moltobaleze

    Le PC-21 vient remplacer le TB30 …
    Se souvenir que le PC-9 fut longtemps en compétition contre le TB-30. Ils avaient fait leurs premiers vols à peu près à la même date (7 mai 1984 pour le Pilatus, et 7 juin 84 pour le Socata-Aerospatiale …).
    Deux programmes au succès commercial limité (265 appareils construits à Stans et 174 à Tarbes).
    La roue tourne.

  • Bon vol 87

    Yep! Ce n’est pas comme s’il n’existait pas d’avions école à réaction!!! Et qu’on ne vienne pas dire qu’on n’était pas capable de prévoir le remplacement de l’Alphajet depuis au moins 15 ans. Un enfant de 12 ans le savait déjà. Bref, régressons…

    • Jacques BERNARD

      Un avion turbo-prop est nettement plus économique, et par ailleurs le Pilatus PC21 étant très bien motorisé, son comportement général est assez représentatif d’un avion à réaction.
      Les systèmes d’armes simulés sur l’avion sont en outre très représentatifs d’un avion d’armes.
      Bref, le Pilatus avait de solides arguments pour remporter la compétition

  • Jean-Mi

    Mon bon Stormy, vous oubliez l’Epsilon dans votre liste, et même le CAP-10B si on étend le sujet aux marins à ailes.
    La PAF, ça va être simple une fois l’Alphajet à la retraite :
    Soit ils restent à 8 sur PC-21, et ça va être discret coté décibels et image, mais joli coté pilotage. (et ils pourront se poser à la Ferté !)
    Soit ils passent à 4 ou 5 sur Rafale façon Thunderbirds ou Blue Angels… Pas la même chose… Ca sera plus bestial et musculeux, mais moins en finesse que les gracieuses arabesques en gadjet… (que l’on sait plus difficiles techniquement)

    Dans les deux cas, ce sera une régression par rapport à l’excellence de la dame aux 8 Alphajets… Ce n’est que mon avis.

  • Stormy
    Stormy

    En fait pour la PAF (comme pour la 8° à Cazaux) il n’y pas de solution pour le remplacement des Alpha-jets, chaque responsable de l’Armée de l’Air comme de la DGA attend la fin de son temps de commandement pour repasser ça aux suivants – et ça fait 20 ans que ça dure) A chaque fois, on attend que les avions tombent en ruine pour lancer les études du remplaçant – les exemples sont nombreux : Crusader, Transall, Super-Frelon, Alpha-jet maintenant…)

  • Azub Tricon 06

    Si grâce à ça on ne vend pas le Rafale aux Suisses…

  • Jean-Mi

    Le PC-21 sera un super remplaçant logique à l’Epsilon ET à l’Alphajet… Je suis quand même un peu triste de voir l’Alphajet partir à la retraite sans remplaçant « jet » en vue pour l’école de chasse de Cazaux et pour maturer les cochers sur jet avant le Rafale…
    A part ça, les cartouches dorées sur PC-21, ça va envoyer, mais la PAF sur PC-21, ça sera pas pareil… 😉

    • Frigard

      La PAF sur une machine autre qu’un jet, c’est la déclasser par rapport aux autres patrouilles acrobatiques étrangères (GB – US etc). Dommage ! . . .

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