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La France lance une étude pour donner un successeur à l’Atlantique 2

Sur l’illustration, un Atl2 avec à sa droite une vue d’artiste d’un Falcon 10X de patrouille maritime. Étonnamment, les deux avions partagent une section de fuselage quasiment identique, environ 2,90 m © Dassault Aviation.

Airbus et Dassault Aviation sont consultés par la Direction généralement de l’armement (DGA) pour fournir un successeur à l’avion de patrouille maritime Atlantique 2. Et la coopération franco-allemande dans tout ça ?

L’étude a été notifiée le 22 décembre 2022 aux deux avionneurs. Il s’agit, selon le communiqué de la DGA, de contribuer « aux réflexions sur l’avion de patrouille maritime (Patmar) futur, dont le lancement est envisagé en 2026 dans la perspective d’une nouvelle capacité dans la décennie 2030-2040 ». La marine nationale dispose aujourd’hui de 22 Atl2 répartis dans deux flottilles, les 21F et 23F, toutes deux installées sur la base aéronavale de Lann-Bihoué.

Dix-huit de ces avions sont progressivement portés au standard 6, avec de nouveaux capteurs et une rénovation du système de mission. Dix appareils ont déjà été livrés et les derniers le seront d’ici 2025, ce qui devrait donner une quinzaine d’années de répit à la marine. Mais après ?

La France et l’Allemagne ont lancé en 2017 le programme MAWS (Marine Airborne Warfare Systeme) pour donner un successeur, en France, à l’Atl2 et, de l’autre côté du Rhin, aux P-3C Orion. Mais en 2021, prenant son partenaire à contrepieds, Berlin a passé commande de cinq Boeing P-8 Poseidon pour remplacer ses avions.

Une solution qualifiée d’intérimaire côté allemand, pour faire face à un décalage avec le calendrier français, ce que l’on a du mal à croire. L’achat de 5 avions de patrouille maritime, l’entrainement des équipages, des maintenanciers, l’adaptation des infrastructures, est un investissement sur le long terme. On se souvient d’ailleurs que la France avait proposé pour le coup, et sans succès, une vraie solution intérimaire avec le prêt aux Marineflieger de quatre Atl2 au standard 6.

Paris a donc décidé de s’engager à son tour dans une voie qui lui est propre, mais qu’il serait difficile de qualifier de franco française dans la mesure où Airbus Defence & Space en est partie prenante !  L’avionneur européen et Dassault Aviation ont donc reçu 10,9 millions d’euros chacun pour financer des travaux sur une durée de 18 mois. A la louche, on peut concevoir qu’une telle somme permette de faire travailler quelques dizaines d’ingénieurs sur la durée prévue. Airbus travaillera sur une version Patmar de son A320 Neo tandis que Dassault jouera la carte du Falcon 10X, le plus gros de sa gamme.

« Les deux constructeurs doivent proposer une « solution économiquement intéressante répondant au besoin opérationnel de la Marine nationale à l’horizon post-2030 » précise la DGA. Au-delà des exigences habituelles en matière de capteurs et d’équipements de communication, le futur appareil devra emporter des bouées sonores, des marqueurs, des torpilles et des missiles anti-navire de nouvelle génération. Sur ce dernier point, il s’agira de pouvoir accrocher sous la voilure le futur missile franco-britannique FMAN (Futur Missile Anti Navire) développé par MBDA qui promet d’être plus volumineux encore que les Exocet et autres Harpoon qu’il remplacer. Un beau défi technique pour les bureaux d’études concernés…

Frédéric Lert

Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

Un commentaire

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  • par guillaume guitard

    Et si on arrêtait de vouloir coopérer avec nos voisins allemands qui clairement n’y voient pas leur intérêt ? SCAF, PATMAR, chars etc, ils nous prennent pour des idiots depuis un moment. Ça va finir par coûter cher à nos industriels.

    Répondre

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