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LPM : les moyens aériens de la Marine nationale et de l’ALAT à la remorque
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Si le renouvellement de la flotte hélicoptères de l'ALAT est déjà bien engagé, les Gazelle sont destinées à durer, tout comme les Puma. L'Hélicoptère Interarmées Léger (HIL) n'est plus attendu avant 2028 maintenant. Le remplacement des ATL2 n'est pas d'actualité, pas plus que celui du porte-avions Charles-de-Gaulle.

13.02.2018

« Cent ans », c’est écrit dessus. Attention, ne pas confondre : ce n’est pas l’âge de l’avion mais celui de l’aviation navale… © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

Si le projet de LPM permet à l’armée de Terre de faire le plein de véhicules blindés à roues (la chenille n’est plus trop en odeur de sainteté…) les chiffres restent plus mitigés pour l’ALAT, certains programmes prenant (accumulant même…) du retard. Il est vrai que l’aviation légère de l’armée de Terre est déjà engagée dans un processus ambitieux de renouvellement de ces équipements : avec les Tigre, NH90 et Cougar rénovés, un tiers de ses appareils sont dits « de nouvelle génération » en ce début 2018. Cette proportion sera de 50% en 2019 et des deux tiers en 2022. La métamorphose est donc exceptionnelle en l’espace de cinq ans, mais elle reste incomplète.

Un parc hélicoptères hétéroclite

En 2030, il est par exemple prévu que l’ALAT dispose de 147 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque : sur ce total, 67 seront des Tigre HAD (32 livrés en 2019 et 35 de plus entre 2019 et 2025). Mais ces Tigre seront encore accompagnés de 80 Gazelle ! 63 ans après le premier vol de l’appareil, 57ans après son entrée en service sous les couleurs françaises…

On trouvera encore une dizaine de Puma sur les bases ALAT en 2030. Avec un MCO à quel prix ? © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

Un mélange des genres que l’on retrouvera également parmi les hélicoptères de manœuvre : l’ALAT disposera de 36 NH90 Caïman en 2019 et 70 en 2025 (dont 6, sur une cible de 10, seront utilisés par le 4e Régiment d’Hélicoptères de Forces spéciales). Mais à l’horizon 2030, la LPM prévoit toujours la présence d’un reliquat de 11 Puma hors d’âge, qui cohabiteront alors avec 70 Caïman, 26 Cougar rénovés et 8 Caracal. Incidemment, le rassemblement des Caracal sous le parapluie de l’armée de l’Air ne semble donc pas être pour demain…

HIL et drones tactiques

En matière d’hélicoptères, le sujet qui entretient le suspens est toujours celui de l’Hélicoptère interarmées léger ou HIL destiné à renouveler six flottes d’hélicoptères légers des trois armées. Le projet de LPM nous apprend désormais que les premières acquisitions se feront en 2022, avec les premières livraisons en 2028. La cible totale (à un horizon qui recule au fur et à mesure que l’on avance…) est de 169 appareils, la moitié environ étant destinée à l’ALAT. A l’autre bout du spectre, l’ALAT a renoncé à disposer d’hélicoptères lourds. Elle indique d’ailleurs par la voix de ses chefs « préférer recevoir, à budget égal, deux NH90 plutôt qu’un seul hélicoptère lourd… »

L’armée de Terre recevra ses drones Patroller d’ici 2025. Par ses dimensions, le Patroller est au drone tactique ce que Kim Kardashian est à la Venus callipyge. © Sagem

Un dernier mot sur les drones tactiques Patroller de l’armée de Terre dont trois systèmes (et 20 aéronefs) seront livrés d’ici 2025. Deux autres systèmes (et 8 aéronefs supplémentaires) seront commandés pour être mis en service en 2030.

Le remplacement des ATL2 de la Marine

La Marine prévoit quant à elle entre 2019 et 2025 la rénovation de 18 Atlantique de patrouille maritime sur les 22 dont elle dispose aujourd’hui. L’ATL2 est lui-même dérivé de l’Atlantic (avec un « c ») qui vola pour la première fois en 1961. L’ATL2, fort bien né et parfaitement adapté à sa mission, dépassera allègrement les 40 ans de vie active (1991-2031…) Si toutefois sa motorisation tient le coup.

Avec le NH90, les armées font le pari que la qualité attendue compensera la quantité perdue… © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

Le projet de LPM prévoit que « le programme de remplacement des ALT2 sera initié pour être lancé en réalisation sur la période ». Deux possibilités s’offriront sans doute pour le remplacement des ATL 2 : le lancement d’un programme européen (un Airbus A320 militarisé ?) ou l’achat sur étagère d’appareils étrangers P-8 Poséidon d’origine américaine ou P1 japonais ?

Une mission essentielle des avions de Patmar étant le soutien de la flotte de SNLE (sous-marin lanceur d’engin), un achat dans un pays lointain semble toutefois peu probable… Les avions de surveillance et d’intervention, c’est à dire les Falcon 50M et 200, commenceront à être remplacés par trois nouveaux appareils (sur sept prévus) à partir de 2024.

L’avenir incertain du nouveau porte-avions

D’ores et déjà entièrement équipé de Rafale M, le Groupe Aérien embarqué ne connaitra pas de bouleversement majeur dans les années à venir à l’exception toutefois des Grumman Hawkeye : « le remplacement des avions de guet aérien du groupe aéronaval va conduire à la commande de trois aéronefs en début de période » explique le projet de LPM.

On lit un peu plus loin que « Les études seront en outre initiées pour définir, au cours de cette LPM, les modalités de réalisation d’un nouveau porte-avions. » Une analyse syntaxique sommaire de cette phrase montre qu’un mot sur deux renvoie à un futur indéterminable. Le Charles de Gaulle sera-t-il encore là en 2044, cinquante ans après son lancement ? On prend les paris…

Le crépuscule du Charles de Gaulle est encore très lointain, on peut s’en réjouir. Ou pas. © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

La marine nationale va par ailleurs poursuivre sa lente modernisation de son parc d’hélicoptères, modernisation qui s’accompagne d’une inexorable réduction du nombre d’aéronefs, avec notamment le passage de 36 hélicoptères ASM aujourd’hui à 27 NH90. Il est également question de 45 hélicoptères légers pour l’éclairage, le combat naval et la sauvegarde maritime, ce qui nous renvoie directement au paragraphe sur le HIL…

Un dernier mot sur les systèmes de drones aériens pour la marine nationale (SDAM) qui seront commandés (on parle d’une quinzaine d’appareils) avant 2025, avec un début de livraison prévu d’ici… 2028 !

Frédéric Lert

Une loi de programmation militaire très terre à terre…

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.

5 commentaires

  • JPS

    Quand j’écris que des dauphins en Polynésie c’est une connerie, les marins qui y sont, leur chef en tête, me traite de pleureuse. Quand ils prennent des machines de l’AA pour faire le Secmar par manque d’anticipation de leur EM, idem… A un moment va peut être falloir se poser les bonnes questions… Au lieu de laisser croire que les deux « gagnants » de la lpm sont les laissés pour compte…

  • lavidurev

    Ca sent le puch !

  • G LESCALUP

    Nos grands parents avaient 3 porte avions dans une France pauvre. On n’est même pas capable d’en reconstruire 2 alors que l’actuel a dépassé la mi vie. France en perdition sans investissement depuis 30 ans et on veut être riche.

  • davidjm4711@yahoo.fr
    davidjm4711@yahoo.fr

    Et voilà comment la macronéconomie se met en place.
    Extirpations le maximum possible et le plus rapidement possible mais investissements et mises en fonction promis qu’à la fin du mandat. La patate chaude pour le prochain.

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