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Masters et Typhoons pour l’Egypte

L’Egypte devrait acquérir 24 biréacteurs d’entraînement M-346 Masters, et 24 Eurofighter Typhoons auprès de Leonardo, dans le cadre d’un contrat d’armement d'un montant de 10 milliards d’Euros inédit pour l’industrie de défense italienne.

4.06.2020

L'avion d'entraînement avancé Leonardo M-346 a déjà été livré en 72 exemplaires en Italie, Pologne, Singapour et Israel. L'Egypte devrait rejoindre ce palmarès. © Leonardo.

Cet accord rapporté par le quotidien La Reppublica, comprendrait aussi 4 frégates et 20 patrouilleurs. L’information tombe comme une bouffée d’air pour l’économie italienne durement ébranlée par le Covid. En revanche, pour la France, il s’agit d’un revers. Les produits français n’ont plus la côte auprès du Caire, qui pourtant, avait acheté 24 Rafales sous le « quinquennat » Hollande. Le président Al Sissi envisageait d’acquérir 12 Rafales supplémentaires, mais un malentendu avec Paris au sujet des droits de l’homme, l’aurait encouragé à temporiser.

En avril 2019, l’Egypte avait déjà écarté l’Airbus Helicopters NH-90 NFH naval, au profit du Leonardo AW-149 italien pour un marché de 20 exemplaires. Confrontée à la Turquie, notamment sur le sol libyen, l’Egypte s’est engagée dans une frénésie de rééquipements militaires, tout en diversifiant ses fournisseurs, pour déjouer les pressions des grandes puissances.

Cette stratégie d’approvisionnements multipolaire est de plus en plus en vogue chez les « émergents ». Ainsi le 16 mai, l’agence Tass annonçait que l’usine KnAZZ de Komsomolsk-sur-Amur lançait la production des 24 chasseurs Sukhoi Su-35 Flanker E commandés par l’Egypte auprès de la Russie. Un contrat de 2 milliards de $ déjà engagé il y a un an.

François Brévot

 

L’Egypte commande 24 Rafale

 

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A propos de François Brevot

chez Aerobuzz.fr
François Brévot est un reporter globe-trotter, chroniqueur, et photographe, passionné d’histoire contemporaine, aéronautique et spatiale, et de géopolitique. Il écrit en particulier, sur l’aviation militaire moderne ou ancienne, française ou internationale, et de nombreux récits de voyages sur des destinations et musées à caractère aéronautique. Spécialisé sur les nouvelles puissances aériennes, il visite très régulièrement les salons aéronautiques émergents du nouveau Siècle, que ce soit en Russie, en Chine, en Asie, en Turquie, et se passionne pour les nations d’Europe centrale.

10 commentaires

  • raca

    cela n’est pas exact: il existe une commission d’enquête parlementaire ou le président du conseil a été écouté hier (18 juin 2020) au sujet de la mort de Giulio Regeni: Il est clair qu’il ne pourra y avoir de visite au niveau des chefs d’Etat temps que les autorités égyptiennes n’auront fait le nécessaire pour la vérité sur l’assassinat de cet étudiant en Egypte par la police et les services égyptien … Prochain contact entre les juges italiens et égyptiens le 01 juillet 2020

  • Bon Vol 87

    On pourrait bien acheter des Masters nous aussi, en complément des Pilatus. Nos chasseurs feraient du réacteur avant l’affectation en escadrille. Dire qu’on n’a pas été fichu de faire un remplaçant à l’Alphajet…

  • Mohammed Bouchikhi

    On se rappelle bien du jeune italien tué par la police égyptienne à mon avis ce contrat c est pour enterré le dossier

  • Tonton Volant

    « un malentendu avec Paris au sujet des droits de l’homme » C’est un euphémisme ? Ou du déni ?
    Vendre des armes à un dictateur, cela ne gène pas … ! Bof, Les Droits de l’Humain, qu’avons à en faire ?

    • PlasticPlane

      Sans parler spécifiquement du cas égyptien, on reboute ici avec un principe voisin des stratégies complotistes.
      On isole un fait de son contexte et on bâtit autour une théorie générale et certaine.
      Par exemple, on va rapprocher l’assassinat d’un opposant dans une dictature à – et c’est encore un exemple – la « répression policière dont ont été victimes les gilets jaunes », et déclarer : à quel titre donne t’on des leçons sur les droits de l’homme alors qu’on ne les respecte pas soi-même.
      Bon… ne soyons pas pessimistes, mais que pèseront là, tout de suite, droits de l’homme et écologie face à la nécessité immédiate de procurer de quoi vivre – donc notamment du travail – à « la grande fourmilière ».

  • Peter

    La France…champion du moooonde mon fils !

    • Thaurac

      Si on arrêtait de jouer les bouffons des droits de l’homme, on vendrait un peu plus, mais non, il faut qu’on s’ingère dans la politique interieure des pays clients, et ça ne pardonne pas(plus)!

  • Stormy
    Stormy

    Le jeune président Macron s’est permis, lors d’un voyage au Caire, de faire la leçon au président Al-Sissi sur une fumeuse histoire de « droits de l’homme » – le genre de leçons qu’on aime bien donner en France, et qui revient comme une ritournelle dans les questions des journalistes et les interrogations des ONG (subventionnées par Soros) à chaque fois qu’un président français sort d’Europe occidentale.
    Cela n’a fait ni une ni deux : le président égyptien a pris la mouche, et le lendemain l’attaché d’armement de l’ambassade française au Caire était convoqué au ministère de la défense, pour se voir signifier qu’à l’avenir, l’industrie française serait totalement écartée des futurs contrats d’armements de ce pays.

    Et c’est bien ce qui s’est passé, et que l’on constate si on suit un peu ce commerce.

    Après la lune de miel sous la présidence Hollande, on a maintenant les glaciations…
    Merci vous savez qui.

    • Nemo

      Vous n’en savez rien. La source initiale de cette version est La Tribune, sur la base d’une source anonyme. Vu la faiblesse de l’économie égyptienne, il serait totalement irresponsable pour l’Égypte d’augmenter encore les coûts d’entretien de ses forces pour des motifs si futiles – rappelons qu’outre les Rafale, l’Égypte possède des F-16, Mirage 2000, Su-35 (en attente de livraison), et des MiG-29, pour un inventaire total supérieur à celui de l’Armée de l’Air française. Il y a sûrement d’autres raisons plus profondes, d’autant que Macron avait à plusieurs reprises passé de la crème à Sissi.

      D’un autre côté, l’Italie est l’un des tous premiers partenaires commerciaux de l’Égypte à l’export (largement devant la France). Elle dépend largement du gaz (un peu moins du pétrole) pour sa production électrique et a lourdement investi dans le gaz égyptien, dont Eni est le principal exploitant. Il ne serait donc pas étonnant d’y voir une volonté de l’Italie de renforcer cette relation, conjuguée à une volonté de l’Égypte de diversifier ses soutiens (les esprits taquins ajouteront que la France a suffisamment fait crédit à ce pays lors des précédents contrats…).

      Bref, bravo aux Italiens, et n’oublions pas que nous avons eu notre tour avec le Rafale, les FREMM et les BPC, entre autres.

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