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Jauge

Si, quand vous entendez « jauge », vous pensez « gestes barrières », il n’y a rien d’alarmant. Vous êtes juste resté trop longtemps éloigné d’un champ d’aviation et vous avez fini par oublier que la jauge, c’est d’abord l’instrument qui requiert toute l’attention du pilote soucieux d’atteindre son but. Vous passez trop de temps à écouter les infos… Allez prendre l’air !

Jeudi soir, quand ils ont entendu le mot « jauge », les musées de l’aviation et les salons aéronautiques ont repris espoir. Les organisateurs de meetings aériens ont vite compris. Pour les premiers, ce sera compliqué, mais pas impossible. Il faudra jongler avec les mesures sanitaires et les quotas. Pour les seconds, il va falloir tenir le coup plusieurs mois de plus.

Jeudi soir, quand le président de la République a dévoilé son calendrier de sortie de confinement, les meetings aériens ont eu la confirmation qu’ils n’entraient dans aucune catégorie. Même si pour cette saison, il est déjà trop tard, c’est le moment d’y remédier.

Avec ou sans pandémie, l’avenir du spectacle aérien s’annonce incertain. Non pas que le public se désintéresse de voir voler des avions de collection. N’en déplaise à ceux qui voudraient les interdire à tout jamais, les meetings aériens demeurent des fêtes populaires. L’avenir du spectacle aérien s’annonce incertain parce que, tout simplement, pour les autorités, un meeting aérien constitue un défi de plus en plus intolérable à la sécurité et à la sûreté. Et pour certains maires, il est devenu un affront à leur politique environnementale. Même sans un quelconque virus venu de Chine, de Grande-Bretagne ou du Brésil, ce sont autant d'obstacles de plus en plus difficile à surmonter.

Pour sa part, France Spectacle Aérien est désormais convaincu qu’il est urgent de faire entrer le spectacle aérien dans la Culture avec un grand C. La réflexion était bien amorcée. Depuis jeudi soir, c’est devenu une certitude. Reste à en convaincre les ministères de tutelle. C’est le moment d’affuter les arguments et d’activer les réseaux.

La revendication est légitime. Le spectacle aérien contribue à la préservation du Patrimoine. Il offre une scène à des monuments historiques. Un bout du chemin a déjà été fait vers la reconnaissance de ces traces d'histoire. Reste à conclure. Et ce ne sera pas forcément le plus facile. Convaincre les autorités est une chose déjà pas simple, mais se remettre en question en est une autre, d’autant que le monde du spectacle aérien sortira de cette crise inédite économiquement affaibli.

Affaibli mais pas résigné. Le spectacle aérien vivra, parce que les aviateurs aiment relever les défis. C’est dans leurs gênes. Il leur a fallu des millénaires avant de trouver le moyen de voler. L’apprentissage a été laborieux. Mais à force de persévérance et d’ingéniosité, l’aviation est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. L’une des plus extraordinaires inventions qui a ouvert à l’Humanité des horizons insoupçonnés.

Et si on la racontait cette Histoire… Le ciel n’est-il la plus belle salle de spectacle Madame la Ministre de la Culture ?

Gil Roy

2.05.2021

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16 commentaires

  • LBE

    Bonjour

    Lorsque je lis :  » Le profil d du héro inaccessible à l’écharpe blanche devrait faire la place à celui de vulgarisateur, d’inspirateur, d’aspirateur à voler. »
    On ne peut que vous donner raison !
    « Mériter » ses spectateurs ne suffit plus, tant ce rôle de « passeur », de vulgarisateur et de vecteur d’émotions propres à notre passion dans ce qu’elle recouvre d’humanité prend de plus en plus, en ces temps d’inquisition rampante, toute sa signification pour nos meetings !

  • Bon Vol 87

    Vivement le plaisir d’entendre de nouveau tous ces moteurs ratatouillant, ronronnant, grondant dans le ciel…

  • Bridoux

    Le spectacle aérien ne ressemble en rien à des fauves qui tournent en rond dans une cage , mais c’est l’évocation d’un passé glorieux qui justifie le présent et ouvre les portes de l’avenir

  • Michel

    A Oskhosh, il y a (avait ?) une ligne rouge peinte sur le sol. Du coté avion, licence obligatoire. De l’autre le public. Américains plus disciplinés que les français ? C’est oublier les panneaux: « Au-delà de cette ligne, aucune responsabilité en cas d’accident, toute infraction sera poursuivie ». Au pays des « lawyers », c’est vrai.
    En France, entre deux confinements, était organisé en baie de Somme un rassemblement « Truck, country, rock ». A l’entrée trônait un superbe « Peterbilt », tous chromes étincelants. En me rapprochant sur la route, j’ai vu ce qu’il y avait derrière: aucune distanciation, aucun geste barrière, à peine un tiers des visiteurs avec un masque sous le nez qui se faisaient vanner pour cela, un poste de filtrage vers la zone concert (obligation préfectorale) qui filtrait mollement; Je ne me suis pas arrêté. Quinze jours après, on reconfinait… Les rave-parties de ce WE seront-elles réellement sanctionnées ? Plus de 100 000morts.

  • Jean Louis Chollet

    Le spectacle aérien…
    Que d’enfants avons-nous fait rêver avec ce, nombreux, auxquels nous avons participé. Quel quelques carrières également, qui se révélèrent au contact de ces avions de légende qui – pour certains comme moi – ont accompagné la vie depuis des décennies. Gil et Philippe connaissent mon implication créative dans l’univers aérien.
    De Corsicaria à Megève, et dans les bureaux des constructeurs, professions et passions étaient imbriquées au point de ne faire qu’un métier… Celui qui unit les hommes par sa grandeur, écrivait notre Écrivain Aviateur…
    Comme je le dis toujours, en matière de design et de création, il faut faire bouger les lignes. À l’horizontale comme à la verticale. C’est le seul moyen d’avancer. À l’heure où l’on se gausse – à juste titre ? – de faire voler des avions électriques, les fêtes aériennes peuvent également s’inscrire dans un nouveau paradigme.
    Ainsi ai-je imaginé, il y a quelques années, devant les fenêtres de mon bureau de Bron où j’avais installé ma société de « design et communication aéronautiques » une nouvelle forme d’aventure aérienne.
    Il s’agit de dresser, le long de la piste, un écran plus ou moins égal à sa longueur, sur une vingtaine de mètres de hauteur. Sur cet écran, et à partir du savoir-faire lyonnais (Fête des Lumières) et avec une sono and-hoc, on fait « voler » toutes sortes d’avions, de légende ou non,
    spectateurs disséminés tout au long, de l’autre côté de la piste…
    Sécurité, richesse des présentations qui peuvent s’appuyer sur l’informatique et sa puissance aujourd’hui, exposition statique de certains aéronefs, nouveauté… autant de paramètres qui pourraient apporter un renouveau bienvenu dans le monde du spectacle aérien.
    Et à Lyon – ou ailleurs -, nous avons les hommes et les sociétés pour créer un prototype de ce nouveau type de spectacle.
    Bien sûr, je m’attends aux réflexions cartésiennes des « gens de l’air »… à ceux-là je réponds par la déclaration de Pierre-Georges Latécoère : « Messieurs, j’ai refait tous les calculs, ils confirment l’opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste qu’une seule chose à faire : la réaliser ! »

  • BERTRAND

    Bonjour, je voudrais rendre hommage a tout ces personnes qui travail dans l’ombre des meeting aériens.
    Car ces manifestation ne pourrait ce ternir sans le dévouement de ces derniers.
    Concernant la « jauge » ces manifestation se déroule la plus part du temps sur de grand terrains d’aviation de plusieurs millier de mètre carré.
    Ne pourrait-on pas demande au visiteur de garder leur distance entre eux ?
    Limitée le nombres de billet d’entrée ?
    En espérant pouvoir bientot revoir ces monuments historiques au sol et en vol.

  • Béatrice Vivien

    Entièrement d’accord. Sauvons les meetings et le spectacle aérien doit être reconnu, tout comme on reconnaît les Arts de la rue.

  • Francois Vignon

    Et un rally automobile ne représente aucun défi à la sécurité ni à l’environnement …

    Il est intéressant de voir que l’automobile et l’avion sont (grosso modo) contemporain, et, cependant, l’un reste de la sorcellerie et l’autre non.

    Il est vrai que l’Homme se roule par terre depuis des centaines de milliers d’années et ne vole pas :-/

  • Pilotaillon, vivant et réaliste

    On ne va pas se la raconter ! Mais il faut la raconter…
    Évidemment nous avons besoin de médias pour expliquer par l’exemple les composantes, les valeurs, des activités, pros, loisirs, méca et maintenant élec-tricité -tronique.
    Expliquer la rigueur indispensable extrêmement formatrice pour les Femmes et Hommes qui souhaitent prendre part à la démarche de faire voler un objet avec des gens dedans…
    Démarche car tout ce qui vole part et acquière ses qualités à la fois des jobs au sol et de la rationalité d’usage (la limite si ténue entre le rêve et sagesse, qui conduit au bonheur).
    Même si au bout il y a un rêve, l’aéro ne laisse pas de place aux approximations : trop lourd = ça ne vole pas, trop léger = ça casse, et avec le Fly ou assist by wire (les associations méca + software) c’est risqué si c’est mal foutu, quelque part dans la chaine.
    Donc ce sont des éléments de sens et de philosophies qui devraient appeler à l’humilité (centré utilisateur) et du partage pour réunir les talents (et les passions) au sein des projets aéro.
    Aujourd’hui nous voyons davantage d’acteurs distants, ou en position haute. Le profil d du héro inaccessible à l’écharpe blanche devrait faire la place à celui de vulgarisateur, d’inspirateur, d’aspirateur à voler.
    Pour sourire (un peu), la filière devrait cesser de penser conquête féminine mais embrasser des valeurs féminines….
    Ce serait un vrai programme de vulgarisation, comme celui des Micro Folies, (https://villeagiledurable.com/le-mag/micro-folies/) qui vise à rendre l’expérience possible à celui qui en a envie…
    Pour la faire courte :
    Vive la culture des meetings, dont les paddocks sont ouverts et les pilotes accueillants,
    Vive les musées proposant des activités qui mettent les mains dans les machines,
    Vive les associations de constructeurs ouvertes et sympas,
    Bienvenue aux jeunes impliqués (rêveurs sérieux) qui ont envie de bousculer les routines (aéro verte…)

    • Jean-Louis Chollet

      J’aime beaucoup votre approche philosophique, « Pilotaillon » ; elle prouve à l’évidence que vous êtes bien vivant, mais surtout réaliste ! Les anecdotes sont nombreuse qui pourraient illustrer votre propos.
      Je ne suis pas étonné par les différents commentaires ; je les avais anticipés…
      Pilote Vol à Voile au Canada, j’aimais beaucoup cet univers, là-bas, car on volait sans radio et sans parachute., loin de la « norme », sans « l’écharpe blanche », mais proche des oiseaux. Revenu en France, je me souviens d’un pilote dans son P-51, au retour d’un vol de présentation à la Ferté, à l’époque où je dirigeais mon magazine « Navigants » ; sur l’aile avec mon appareil photo pour prendre son portrait, je lui demandais ensuite son nom et je me sauvais en courant tellement il m’apostropha vertement en s’étonnant que je ne le connaisse pas ! Beau contact ! Cela fait rêver, n’est-ce pas ?
      Le rêve passe aussi par l’image et les sensations qu’elle procure, Charlie Chaplin, au tout début de l’aviation, nous l’a bien montré. Par ailleurs, combien d’enfants ont rêvé devant des images et des films, qui ont déclenché chez eux l’envie de revêtir « L’étoffe des héros ».
      Alors, le jour où il ne restera plus que les DVD pour se faire plaisir, on louera peut-être un nouveau type de présentation… Je ne dis pas que c’est mieux, je dis juste que c’est mieux que rien !
      « Ce n’est point dans l’objet que réside le sens des choses, mais dans la démarche. » Antoine de Saint Exupéry

      • Pilotaillon

        Merci !
        Le but c’est justement la sensation recherchée, Voler, mais pas de la déléguer, en tant que spectateur, qui induit un immense frustration !
        C’est justement cette frustration, je crois comprendre et un peu présomptueux (je me soigne), qui met certain spectateurs détracteurs hors d’eux lorsqu’ils entendent du bruit ou pensent trouver à alimenter leur cause « verte ».
        Cachez ce sein que je ne aurais voir…
        Quelles place les meetings ont-ils dans cette « aspiration à voler » ?
        Faut-il donc frustrer ou capitaliser en soutien « populaire », en renouvellement de pratiquants ?
        Demandons à un écolo s’il n’a jamais imaginé voler sur les ailes d’un oiseau, sans bruit, ni artifices, ni peur de la faire ?
        Quand le « mec » qui tient le manche se prend pour un aigle, il y a usurpation que le public voit comme signe d’arrogance, de sélection par le coût de l’activité.
        La trace carbone est un biais très utile pour faire cesser cette « provocation ».

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