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Plus d’un pilote de ligne sur deux dans le monde privé d’activité

Dans le monde, seuls 43% des pilotes professionnels seraient encore en activité. C'est le résultat d'une enquête menée par Goose Recruitement et le magazine FlightGlobal qui ont recueilli le témoignage de près de 2.600 pilotes. 40% des pilotes reconnaissent que la pandémie a un impact direct sur leur santé mentale et leur bien-être.

2.02.2021

Les deux tiers des pilotes en activité, ayant répondu spontanément à l'enquête, se disent néanmoins à la recherche d'un emploi. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Ces 2.598 pilotes professionnels qui ont spontanément répondu à l’enquête de Goose Recruitement et FlightGobal ne constituent pas un échantillon représentatif de la population mondiale des pilotes. Ils offrent tout au plus une photographie à l’instant T de l’état d’une profession, avec tout ce qu’elle peut avoir de subjectivité. Cette étude met néanmoins en évidence des tendances fortes. Le fait, que d’une année sur l’autre, le nombre des répondants aie doublé est en soi le signe d’une profession fortement ébranlée par les conséquences économiques et sociales de la pandémie, au niveau du transport aérien.

La répartition géographique des 2.598 pilotes ayant répondu à l’enquête de Goose Recruitement et Flight Global. © Goose Recruitement

Il ressort de l’étude que 43% des pilotes ayant répondu étaient salariés et volaient au moment du sondage en octobre 2020. 30% se déclaraient sans emploi, 17% en congés, 6% employés d’une autre manière dans le secteur et 4% employés dans un autre secteur. Parmi les pilotes se déclarant sans emploi, 84% estimaient la pandémie de COVID-19 responsable de leur chômage.

« J’ai été commandant de bord pour Thomas Cook pendant une période importante de ma carrière, mais j’ai été licencié en septembre 2019. J’ai obtenu un nouveau poste de commandant de bord chez Flybe. J’ai ensuite été licencié à nouveau en mars 2020. À 61 ans, je sens que j’ai peu de chances de trouver un autre emploi en tant que pilote. » Un pilote

La précédente étude datant de 2019 mettait en évidence le plein emploi. En un an, la situation s’est complètement retournée. En octobre 2020, 82% des pilotes se déclarant employés et en vol faisaient part de leur inquiétude pour la pérennité de leur emploi, contre 52% en 2019. Dans le même temps, 66% d’entre eux se disaient être en recherche d’un nouvel emploi de pilote et 54% cherchent à se réorienter dans un autre secteur, contre 44% en 2019.

« Nous avons d’abord été surpris par cela. Nous aurions pensé que ceux qui avaient un emploi ne seraient pas actifs dans une nouvelle recherche d’emploi et verraient leur emploi comme un port sûr dans la tempête. Toutefois, si l’on ajoute à cela les niveaux actuels d’insécurité de l’emploi, il n’est peut-être pas si surprenant que beaucoup d’entre eux estiment avoir besoin d’un plan de secours, au cas où« . Mark Chairman, CEO de Goose Recruitment

Ces réponses mettent en évidence le stress ressentis par les pilotes. 47% des 2.598 qui ont participé à l’enquête, se disent stressés par la sécurité de l’emploi, 25% à cause de la COVID-19, 10% à cause du management et seulement 1% à cause des passagers. La pandémie crée un état anxiogène chez 58% des pilotes de moins de 24 ans pour s’estomper progressivement avec l’augmentation de l’âge des pilotes (44% des 35 à 44 ans).

« Les gens veulent voyager et en ont besoin. Dès que la quarantaine sera remplacée par le vaccin associé à de meilleures campagnes de dépistage, les passagers reviendront en masse. » Un pilote

Interrogés sur l’impact de la pandémie sur le futur de l’aviation, 72% des pilotes professionnels estiment que la crise aérienne devrait durer encore un à trois ans. 43% pensent qu’une fois la crise passée, le secteur se retrouvera à nouveau avec un manque de pilotes expérimentés.

Fin 2020, 64 % des personnes interrogées par Goose Recruitment seraient prêtes à s’orienter à nouveau vers une carrière de pilote si elles en avaient l’opportunité contre 71 % lors de la précédente enquête. En Amérique du Nord , la proportion est de 77 %, en Amérique du Sud de 73 % et en Asie-Pacifique de 66 %. En Chine, elle est de 58% et au Moyen-Orient et en Afrique de 59%. En Europe, 60% seraient prêts à refaire le même chemin contre 67% un an plus tôt.

Fabrice Morlon

Retrouver l’intégralité de l’enquête.

 

A tous les pilotes professionnels !

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A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

12 commentaires

    • Stormy
      Stormy

      « Représenter toutes les parties de notre société est une préoccupation que nous prenons très au sérieux. La diversité au sein de l’ESA ne doit pas seulement tenir compte de l’origine, de l’âge, des antécédents ou du sexe de nos astronautes, mais peut-être aussi des handicaps physiques » déclare David Parker, Directeur de l’Exploration humaine et robotique à l’ESA.
      Eh bien ça va être beau…. ça va ressembler au gouvernement de Joe Biden ! Surtout que nous savons tous que certaines désignations (pas de concours, non c’est discriminant) permettent parfois, souvent, de cocher deux, voire trois cases.
      L’ère des super-héros à la Tom Cruise est bien terminée dans l’espace (comme l’a dit d’ailleurs Thomas Pesquet avec élégance, ce qui ne l’empêche pas d’aller faire des tours de Rafale en place arrière avec ces mêmes héros qu’il a dénigré, et de leur usurper ensuite leurs combinaisons de vol, tel un vulgaire PR.

  • rouviere

    @ Stormy: Bien pensé, bien écrit. Vous êtes dans le vrai. Fin de la récréation, il nous faut rentrer. Pour la suite, je crains que le discours ne soit Churchillien: « Du sang et des larmes. »

  • Stormy
    Stormy

    Peut-être finalement y en avait-il trop .
    Peut-être le monde ne pouvait-il pas continuer à multiplier à l’infini le nombre de terrains et de pistes bétonnées ( regardez Barajas à Madrid, Munich, Satolas qui a toujours été surdimensionné, Nantes/ND des Champs que le gouvernement avait décidé de stopper (une de ses rares mesures sensées) le nouvel aéroport de Dakar à 50 km de la ville, pareil pour Kuala Lumpur….)
    Peut-être ne pouvait-on pas continuer de déverser à l’infini des flots de touristes incultes sur un monde qui n’y arrivait plus : Venise qui s’écroulait sous le nombre de touristes, Pise où les gens n’étaient intéressés que par le selfie avec la tour penchée et rien d ‘autre, les Maldives ou Phuket où les Chinois ne venaient que pour passer deux jours et se tirer le portrait sur la plage alors qu’ils ne savaient pas nager, ces villes d’Asie où se précipitaient tous les hommes esseulés ou pervers d’Europe pour donner libre cours à ce que vous savez, ces low-costs anglo-irlandaises qui déversaient sur l’Europe de l’Est toutes ces brutes avinées qui y venaient « car la bière est trois fois moins chère à Riga qu’à Manchester », tous ces gens qui partaient en circuit à l’autre bout du monde, et qui parce qu’ils avaient passé une semaine au Sénégal donnaient ensuite leur avis sur la colonisation, l’agriculture ou le développement, et enfin son charcutier qu’on rencontrait à la Vallée des Rois….

    On était loin de Stendhal et de son « Voyage en Italie ».

    Peut-être le monde s’en portera-t-il mieux finalement, une fois cette purge effectuée.

    Sans compter bien sûr tous ces personnages au background assez léger, qui au prix de 120 000 € reçus de Papa, parvenaient à revêtir un uniforme de pseudo-officier de marine, pour opérer des avions qui désormais naviguent et volent tout seuls de toutes façons, et se permettaient de regarder de haut ceux qui avaient passé concours et examens. Il est sûr que le retour sur terre est dur pour beaucoup de ceux-là, dépourvus qu’ils sont d’autres diplômes ou qualifications.

    Au pire, on reviendra au nombre d’avions et de lignes aériennes – et donc de personnels navigants – de la fin des années 60, quand voyager était une richesse et un privilège, de même que le pilotage des Boeings 707 et Caravelles de l’époque. Et on n’en était finalement pas plus malheureux pour cela – on arrivait quand même à aller au Brésil et aux Antilles…. on y allait moins souvent, c’est tout, et c’était une aventure.
    Et les pauvres allaient en train à Palavas-les -Flots, en rêvant d’aller un jour aux Antilles aussi : un dessin de Reiser (qui avait senti beaucoup de choses sur l’aviation qu’il aimait bien ) disait: « quand les pauvres iront aux Antilles, les riches feront le tour du monde. Quand les pauvres feront le tour du monde, les riches feront deux fois le tour du monde ! »
    Que sera demain ? les gouvernements ont une semaine de visibilité et l’avouent, les compagnies aériennes n’osent même plus regarder la réalité en face, les avions se détériorent sur les parkings, on envoie à la casse des machines qui auraient pu voler encore dix ans… heureusement, l’aviation ne se résume pas à l’aviation de ligne !

    • Georges LESCALUP

      Bravo, vous avez les pieds sur terre: la croissance matérielle est finie. Reste la connaissance et les sciences. Mais là, il faut faire de sérieux efforts….

    • Jean Baptiste Berger

      Alors là !…
      Je m’attendais plutôt à ce genre de commentaires de la part de nos ėcolo-bobos traditionnels, comme quoi le danger ne vient pas toujours que de là où on l’attend !
      Votre tirade me fait penser à ces chasseurs de lions repentis qui, après avoir massacré pour leur seule gloire des milliers de ces pauvres animaux se trouvent, maintenant que c’est interdit, une vocation de sauveurs de la nature en militant pour les associations qui les protègent.
      Cette crise sanitaire est une aubaine pour les afficionados de Greta, ils en profitent plus qu’à leur tour, mais c’est de bonne guerre…
      J’ai fait les études et j’ai passé les concours que vous dites, j’ai fait de la Caravelle (un régal) et j’ai, comme vous sans doute, bien gagné ma vie en profitant du développement de l’aviation et de ses clients que vous méprisez un peu facilement.
      Le fait que des compagnies aériennes aient pu se développer grâce à la cupidité de quelques politiciens pour vendre, avec leur complicité, des billets d’avion moins cher que leur coût réel ou des avions en échange de crėnaux horaires n’est pas du fait des pilotes, au contraire. (Et la politique de certaines compagnies du golfe, que j’imagine que vous connaissez bien, n’est pas non-plus étrangère à cette ėvolution que vous dénoncez.)
      Sans doute doit-on, au vu des dérives que vous décrivez quand-même bien, repenser le transport aérien pour que les voyageurs payent le prix qu’il vaut, y inclus les améliorations en matière de rejets polluants.
      Mais en profiter pour se réjouir que des jeunes soient privés d’exercer un métier dont vous avez vous-même largement profité….
      Nul doute que les politiciens Français, sous la pression d’une population un peu facilement influencable, vont démagogiquement accélerer le démantèlement de notre aviation.
      Les Chinois, les Américains (même avec Biden) tout autant que les Bataves, les Allemands, les Turcs et j’en passe ne vont certainement pas augmenter drastiquement leurs bénėfices en récupérant les activités des compagnies Françaises assassinées ; par contre, ils ne vont pas, comme nous, se tirer une balle dans le pied ; ils sont pragmatiques et s’ils font « le dos rond » tant qu’on n’est pas débarrassé de ce virus mais vous allez voir a quelle vitesse ils vont repartir, en rigolant de pouvoir amener eux-mêmes leurs propres gogos faire in selfie devant la tour Eiffel sans se soucier de concurrence !

  • Pif

    Ce texte n’émeut personne, preuve que tout le monde sans fou, à regrets…

  • Stormy
    Stormy

    Si on écoute les écoles de pilotage, la pénurie de pilotes est pour bientôt.
    Cela peut être vrai si on passe au bain d’acide tous ceux qui ont plus de 30 ans….

    L’aviation soviétique d’il y a une vingtaine d’années, avant que Poutine ne reprenne tout en main, n’assurait plus qu’une petite dizaine d’heures par an à ses pilotes de combat – du moins pour les plus jeunes, les colonels (déjà expérimentés et qui avaient le pouvoir) étant ceux qui se servaient en premier.
    Les simulateurs tournaient à fond pour assurer le maintien d’un certain niveau de qualification – à la différence que les simus appartenaient à ces mêmes militaires…
    Au contraire des compagnies aériennes, qui dans leur immense majorité, sont obligées de payer des boites extérieures (CAE, Flight) Et donc il est préférable de virer tout de suite ces pilotes de ligne, quitte à en reprendre des plus jeunes quelque temps après, sans avoir payé les précédents dans l’intervalle.

    • alainrac56

      Nous avons mangé notre pain blanc, il faut s’y faire…dejà il y a 30 ans, quand on me demandait d’aller dans les lycées pour informer sur le métier de pilote de ligne, je conseillais aux jeunes de faire une formation autre, d’ingenieur si possible, avant de se former au métier de pilote! Maintenant, peut-être qu’une formation de maçon, plombier, serrurier, soudeur ou plaquiste serait plus sûr?
      Dans mon ancienne compagnie régionnale, la plupart des collègues ne venant pas de l’armée avait auparavant exercé les métiers les plus divers…et moi aussi!

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