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Airbus Helicopters peut enfin augmenter la cadence du H175
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L'hélicoptériste de Marignane avait programmé l'arrivée de son nouveau biturbine en catégorie « intermédiaire lourd » sur un marché au plus haut. Patatras, l'entrée en service avait coïncidé avec la crise dans l'offshore pétrolier. Aujourd'hui, le H175 semble avoir enfin trouvé son marché et Airbus Helicopters prévoit 11 livraisons cette année.

4.12.2017

A Marignane, Airbus Helicopters est engagé dans une réduction spectaculaire de la durée de l'assemblage final. L'objectif est de passer de 52 à 15 semaines, et de 28.000 à 6.000 heures, par hélicoptère. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Mieux vaut tard que jamais ? Airbus Helicopters accélère le rythme de fabrication de son intermédiaire lourd, le H175, vers un niveau planifié avant que ne s’effondre en 2013-2014 le marché de la desserte des plates-formes pétrolières en mer.

Onze exemplaires du H175 seront livrés cette année, selon Marc Allongue, directeur du programme. L’an prochain, la cadence de production devrait passer à 14 ou 15. La pleine capacité annuelle de l’usine, 30 appareils, devrait être atteinte en 2020.

La chaine d’assemblage final du H175 d’Airbus Helicopters aura une capacité de production annuelle de 30 unités à terme. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

En juin 2014, six mois avant l’entrée en service du H175 (retardée en partie par la faute du partenaire chinois), le constructeur comptait sur 18 livraisons l’année suivante. Un nombre qui avait dû être sérieusement révisé à la baisse. En mars 2017, seulement 12 H175 étaient en service.

Comme c’est déjà le cas pour les chaines d’assemblage final (FAL) des hélicoptères légers (H125 et H130), la FAL du H175 sera prochainement entièrement digitalisée. Les écrans tactiles sont appelés à remplacer les panneaux et le papier. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Mais le programme prend de la vitesse. Le vingtième exemplaire vient d’être livré et doit entrer en service très bientôt. En tout, 100 H175s ont été commandés et le premier client, le Belge NHV, en exploite 10. La disponibilité moyenne est supérieure à 80 %, selon Marc Allongue.

Sur la centaine de H175 commandés, Airbus Helicopters en a déjà livré 19. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Le H175 répond aux besoins de l’industrie pétrolière et gazière en termes de confort et de sécurité, affirme Guillaume Faury, le pdg d’Airbus Helicopters. Outre NHV, deux opérateurs majeurs de l’offshore, Babcock et CHC, sont aussi exploitants. Dix-sept H175 ont été livrés pour ce type d’utilisation, en partie au travers de loueurs comme Milestone Aviation.

Le secteur reste mal en point mais il a toujours besoin d’hélicoptères. C’est dans ce cadre que le H175 semble bien placé en termes de taille (16 places) et d’autonomie (180 NM).

L’objectif d’Airbus Helicopters est de pouvoir produire les différentes versions du H175 (Oil&Gas, VIP, SAR, Police) sur la même ligne d’assemblage final. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

De plus, on note un ralentissement de la tendance à l’automatisation des plates-formes, avance David Prevor, responsable de la mercatique. Sur les cinq dernières années, 40 à 50 % des nouvelles installations étaient conçues pour fonctionner sans présence humaine permanente. L’investissement est conséquent pour une robotisation complète, remarque David Prevor, et il constate plutôt désormais des « stratégies d’optimisation ». On peut donc espérer un besoin renouvelé en transport de passagers.

Autre facteur dans le succès actuel du programme, les ventes avec intérieur super-luxe – moyennant un supplément de 4 à 5 M€. Trois H175 ont ainsi été vendus à des super-riches. L’un d’eux sert d’annexe à un super-yacht de 150 m.

Enfin, les missions de service public ont été source de ventes à des pays comme la Thaïlande. Le premier client de cette version est le gouvernement de Hong Kong ; la recette technique est prévue d’ici à la fin de l’année et la première livraison mi-2018.

Le programme H175 étant une coopération franco-chinoise entre Airbus Helicopters et AVIC, une partie des éléments est réalisée en Chine, comme la queue qui prochainement sera expédiée par train de la Chine vers Marignane. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Le H175 est un programme conjoint avec le Chinois Avicopter. Bien que le lancement date de 2005 et le premier vol de 2009, la qualité des composants chinois – comme la poutre de queue – doit encore être surveillée de près. Une vingtaine d’Airbusiens « accompagnent », explique-t-on prudemment à Marignane, les travaux de leurs homologues à Harbin et Changsha. Ils aident à la fois à la production du H175 et à la mise au point de la version chinoise, l’AC352.

La chaine d’assemblage final du H175 comporte six étapes de 3 semaines chacune. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Le H175 est un 16-places mais une configuration à 18 passagers était prévue dès le départ. Elle est en développement pour une mise en service à la mi-2018. Outre le remodelage de l’intérieur de la cabine, les procédures d’évacuation doivent être revues et les canots de sauvetage adaptés.

Sur la chaîne de fabrication à Marignane, les méthodes d’assemblage sont en cours d’amélioration avec notamment le raccourcissement du cycle de 52 à 15 semaines.

Thierry Dubois

A propos de Thierry Dubois

chez Aerobuzz.fr
Thierry Dubois est journaliste aéronautique depuis 1997. Ingénieur Enseeiht, il s’est spécialisé dans la technologie – moteurs, matériaux, systèmes, etc. Il collabore régulièrement à plusieurs publications françaises et américaines. Il a rejoint Aerobuzz, en octobre 2009. Thierry Dubois, couvre notamment les hélicoptères civils et l’aviation d’affaires, ainsi que tous les sujets techniques.

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