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Hélicoptères Guimbal voit grand
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Pas aisé de construire un hélicoptère en Europe quand les clients payent en dollars. L'Euro fort ne facilite pas les affaires d'Hélicoptères Guimbal qui a néanmoins vendu 35 Cabri G2 en 2017. La question du quadriplace n'est plus tabou.

4.03.2018

Bruno Guimbal développe un hublot interchangeable en moins d’une heure, qui permettra de monter à l’avant gauche du Cabri une caméra très haute définition, comme ce prototype de la marque Shotover. L’équipement a été spécialement développé pour le Cabri, qui va donc pouvoir faire son cinéma… © Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Et chaque année c’est la même chose, avec un stand étroit et bien rempli, un flot constant de visiteurs qui viennent tâter la marchandise et discuter le bout de gras avec le patron… « Et toutes les dix minutes, on me pose la question sur le quadriplace » explique Bruno Guimbal. «  Quand la question est posée par un vrai client, je lui demande en retour quelles sont ses attentes, pour que l’on ne reste pas dans le domaine du fantasme. Dans l’idéal, un quadriplace devrait avoir d’aussi bons rotors que le Cabri, avec un coût de mise en œuvre égal à celui du R44. Nous avons fait des avant-projets, tous très sexy… et nous aussi nous avons très envie de franchir le Rubicon. Mais pour l’instant nous sommes obligés d’assurer le succès du biplace et de garantir un socle solide à l’entreprise ».

Préserver son indépendance financière

Le socle, c’est d’abord une maturité dans l’organisation de la société et du soutien, pour que le Cabri concurrence efficacement les R22 et R44 Cadet. C’est aussi l’indépendance financière : Bruno Guimbal a fait le choix l’an dernier de racheter son indépendance auprès des financiers. C’était ça ou le lancement d’un programme de quadriplace. Le bon sens paysan a prévalu…

« Je préfère lancer un quadriplace dans un an ou deux tout en restant indépendant, plutôt que de le faire tout de suite avec un financement que je ne contrôle pas… » résume-t-il. Ajoutons que la petite équipe d’Aix les Milles est également bien occupée avec le VSR700, Cabri « dronisé » destiné aux marines.

Bientôt 160.000 heures de vol sans blessé : une aventure unique dans l’histoire de l’hélicoptère. Et ça commence à se savoir… © Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Plombé par un Euro fort

Le socle, ce sont enfin des ventes qu’il faut aller chercher au couteau. Même si l’excellence technique du produit ne fait aucun doute chez personne, les temps sont durs pour la profession. En bout de chaine alimentaire, les écoles souffrent encore et toujours d’un secteur pétrolier en difficulté. « Nous avons quand même fait une bonne année 2017 avec 35 ventes et 2018 sera aussi une bonne année, mais le mot qui résume le mieux la situation actuelle du marché est incertitude » explique le chef. « Nous avons beaucoup de prospects, mais concrétiser une vente est toujours compliqué… Ce n’est pas un hasard si Airbus Helicopters n’a jamais aussi peu vendu de monomoteurs légers… »

Si Bruno Guimbal se satisfait de ses 35 ventes en 2017, force est de constater une baisse de 15 appareils par rapport à l’année précédente. En cause, les incertitudes pesant sur le marché bien entendu, mais aussi les effets négatifs d’un dollar faible.

Bruno Guimbal doit également compter avec un gros caillou dans son espadrille, le cours du Dollar. Il fallait 1,05 dollars pour 1€ il y a trois ans, il en faut à présent 1,25. Le prix du Cabri a donc été augmenté mécaniquement de plus de 15% par rapport à ses concurrents, tous produits en dollars. Une situation très pénalisante partout dans le monde, y compris en Europe, et plus encore aux Etats-Unis où il semblerait bien que les clients ne connaissent rien de ces nuances ! Des ventes ont été cassées pour cette raison, les acheteurs américains refusant de payer une couverture contre les fluctuations des taux de change. Bruno Guimbal garde malgré tout quelques belles campagnes de vente dans sa besace, et il communiquera dessus très bientôt…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.

Un commentaire

  • Arès

    J’espère que cette réussite à la Française, ne verra pas son expansion entravée par de sordides soucis de taux des changes, l’obligeant alors à délocaliser pour survivre.
    Tout le mal que je leur souhaite, c’est un magnifique ramp-up.. in France, and for a long time.

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