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Dassault Aviation a mal à ses Falcon

En 2015, les commandes d’avions d’affaires enregistrées par Dassault sont en chute libre (45 contre 90 en 2014). Ce spectaculaire recul est accentué par les 20 annulations émanant de NetJets. Il faudra attendra la publication du chiffre d’affaires 2015 (fin février), pour savoir si les deux premiers contrats à l’export du Rafale compensent la mévente des Falcon.

C’est un étonnant retournement de conjoncture que met en lumière la publication des résultats commerciaux enregistrés par Dassault Aviation, en 2015. Pendant de nombreuses années en effet, les performances des Falcon sur le marché mondial de l’aviation d’affaires qui ont pesé jusqu’à 70% dans son chiffre d’affaires, ont permis à l’avionneur français d’afficher de bons bilans. En 2015, le Rafale triomphant reprend le pas sur les Falcon en perte de vitesse.

Dassault vient d’annoncer qu’en 2015, 45 Falcon ont été commandés contre 90 en 2014. Dans le même temps, il déplore l’annulation de 20 Falcon par NetJets. « Après une croissance de l’activité Falcon en 2014, la situation économique, notamment dans les pays émergents, a fortement pesé sur nos prospects et clients », explique le constructeur. Alors qu’il escomptait 65 livraisons Falcon en 2015, il n’en a livré que 55 (66 en 2014) : « nous avons dû faire face à un affaiblissement des prises de commandes ». Au 31 décembre 2015, le carnet de commandes compte 91 Falcon contre 121 au 31 décembre 2014.

En revanche, côté Rafale, les indicateurs sont au vert. 2015 marque les spectaculaires débuts à l’export du chasseur « made in France » avec l’entrée en vigueur des contrats Égypte (24 Rafale) et Qatar (24 Rafale). Ces premiers succès se sont également matérialisés par le début des livraisons à l’Egypte, en l’occurrence, 3 appareils qui viennent s’ajouter aux 5 destinés à la France. Au final, si ces deux clients ne représentent que 8 livraisons contre 11 en 2014, le carnet de commandes Rafale comptait à fin 2015, 83 unités (38 France et 45 Export), contre 43 France exclusivement. En 2015, Dassault Aviation a poursuivi la livraison des travaux de modernisation des Mirage 2000 indiens et des Rafale Marine rétrofités au standard F3. Les 2 derniers Falcon 50 de SURveillance MARitime ont également été livrés à la Direction Générale de l’Armement au cours de l’année écoulée.

Il va falloir attendre le 26 février 2016, date de la publication du chiffre d’affaires 2016 du Groupe Dassault Aviation pour voir dans quelle mesure les succès du Rafale ont compensé le recul des Falcon. Eric Trappier, l’actuel PDG du groupe, et avant lui Charles Edelstenne, ont toujours insisté sur le fait que la bipolarité était la force du constructeur. Cela s’est vérifié à l’époque récente où les avions d’affaires se vendaient bien. Alors que le haut de gamme des jets d’affaires semble durablement impacté par le ralentissement de l’économie chinoise, la récession qui frappe l’Amérique du sud, la crise russe et les conflits au Moyen-Orient, la signature d’un troisième contrat export avec l’Inde (36 Rafale) est plus que jamais attendu avec impatience à Saint-Cloud.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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