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La résilience des entreprises de la filière aéronautique à l’épreuve des imprévus
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Pour Christian Cornille, le nouveau PDG de Mecachrome, la filière aéronautique qui a su répondre aux spectaculaires augmentations de cadences de production, doit désormais démontrer sa capacité à faire face à des événements imprévus comme la suspension de vol du 737MAX ou l’arrêt du programme A380.

12.06.2019

Il est apparemment plus difficile pour un sous-traitant de gérer les baisses que de répondre aux montées en cadence. © Airbus

« Depuis des années, le rythme de production ne cesse de croitre. Nous avons désormais les outils pour faire face à ce genre de situations. Mais nous n’étions pas préparés à ce qui arrive au 737MAX. A l’avenir, il va falloir faire preuve de flexibilité. », affirme Christian Cornille, qui a été nommé président de Mecachrome, en avril 2019. Alors que la supply chain, à chacun de ses niveaux, est en train de réaliser un tour de force pour suivre le rythme soutenu d’une montée en cadence sans précédent, brutalement, les livraisons d’avions sont arrêtées, le temps de résoudre un problème majeur. A ce stade, c’est du jamais vu. Mais ce type d’événements est logiquement appelé à se reproduire. Les entreprises de la filière vont devoir s’y habituer.

Le défi de l’amortissement de coûts

L’arrêt du programme A380 s’inscrit dans la même problématique que l’affaire du 737MAX. « Certes, nous anticipions un ralentissement de la production, mais entre un ralentissement et un arrêt définitif, c’est très différent », déclare Christian Cornille, loin de minimiser les conséquences de la décision d’Airbus sur le système économique de Mecachrome. « Nous sommes très lourdement positionnés sur l’A380 ». Macachrome fournit le plancher du cockpit ainsi que de nombreuses pièces d’aérostructure. L’entreprise est également présente sur le programme A330ceo et elle espère un succès de l’A330neo, synonyme de montée en cadence.

« L’amortissement des coûts fixes est une vraie gageure pour les entreprises, surtout dans les pays où les lois sociales sont rigides. » C’est en particulier pour cette raison, que le président de Mecachrome est convaincu qu’il est plus difficile pour une entreprise de gérer les baisses que de répondre aux montées en cadence. « Nous devons nous habituer à être beaucoup plus souples et flexibles. Le facteur taille est donc un facteur déterminant ».

Travailler la flexibilité

La flexibilité qui est selon Christian Cornille l’un des atouts majeurs pour faire face aux retournements de conjoncture, qu’ils soient attendus ou brutaux, Mecachrome l’a acquise en devenant numérique, autrement dit en s’engageant dans la démarche « Entreprise 4.0 ».

Avant de se lancer dans cette voie avec ses partenaires aéronautiques, notamment Safran, le spécialiste de la mécanique, l’assemblage et la chaudronnerie, a fait ses classes dans le domaine automobile, marché sur lequel il est également présent. « Sur le papier, tout est possible avec le digital, mais c’est surtout quand on lance les lignes de production qu’on est confronté aux problèmes à résoudre ». Mais c’est aussi en produisant des pièces, que l’industriel génère des data et qu’il accède vraiment au niveau 4.0. « C’est une progression permanente qui nous permet d’être capable d’intégrer rapidement des briques technologiques dans notre système de production ».

Diriger une entreprise de 3.000 salariés vous place indiscutablement « au cœur d’un challenge industriel ». C’est précisément ce que recherchait Christian Cornille en rejoignant Mecachrome. L’arrêt de l’A380 est la cerise sur le gâteau qui n’était sans doute pas prévue dans ce plan de carrière.

Gil Roy

 

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

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