Accueil » ATR dessine un avenir radieux pour les turbopropulseurs

ATR dessine un avenir radieux pour les turbopropulseurs

ATR prévoit une demande de 3.020 nouveaux turbopropulseurs (moins de 90 places) estimée à plus de 80 milliards de dollars sur les 20 prochaines années. D’ici à 2037, l’avionneur franco-italien estime que les turbopropulseurs défricheront 2.770 nouvelles routes aériennes.

12.07.2018

Sur les 20 prochaines années, la plus forte demande de turbopropulseurs devrait venir d’Asie (43 %), devant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient (31 %) et le continent américain (26 %). © ATR

Au moment où ATR publie ses prévisions de marché des turbopropulseurs pour les 20 ans à venir, sa maison-mère Airbus sort les siennes pour les avions de ligne à réaction. Airbus table sur 37.400 avions neufs pour une valeur de 5.800 milliards de dollars, quand ATR avance plus modestement 3.000 nouveaux avions pour un total estimé à 80 milliards de dollars.

Les hélices font jeu égal avec les réacteurs sur les moins de 90 places

Il n’en demeure pas moins que le marché des turbopropulseurs a encore de beaux jours devant lui. Depuis 2010, ce type d’avions représente 50 % des ventes totales de ce segment des appareils régionaux de moins de 90 places sur lequel ATR s’est affirmé comme premier choix des compagnies aériennes régionales.

Les turbopropulseurs vont continuer à défricher des lignes et générer ainsi une croissance du trafic régional, tant sur les marchés traditionnels, où les villes les moins connectées se voient desservies par de nouvelles routes régionales directes, que sur les marchés émergeants, où les liaisons aériennes assurées par des turbopropulseurs s’imposent comme la solution la plus viable pour transporter aussi bien des passagers que des marchandises.

ATR 42 et ATR 72 en première ligne

Selon les prévisions de marché pour la période 2018-2037, près de 80 % (2.390 avions) de la demande totale émaneront de la catégorie des 61 à 80 places, un segment de marché dominé depuis des années par l’ATR 72. Les 20 % restants (630 avions) proviendront du marché des avions de 40 à 60 places, un segment où l’ATR 42, seul avion de 50 places encore en production, permet à la fois d’apporter une capacité de sièges supplémentaires par rapport aux appareils de 30 places, et de remplacer des avions régionaux de 50 places.

ATR développe le nouveau système ClearVision, une première dans l’aviation commerciale, actuellement au stade de la certification, vise à améliorer la visibilité et la conscience situationnelle des pilotes. © ATR

Sur les 20 prochaines années, la plus forte demande de turbopropulseurs devrait venir d’Asie (43 %), devant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient (31 %) et le continent américain (26 %). Outre le transport de passagers, ATR estime que l’augmentation du trafic du fret aérien générera, au cours des deux prochaines décennies, un potentiel de livraison de 460 turbopropulseurs cargos. Ce potentiel inclut à la fois les conversions d’appareils et l’ATR 72-600F, récemment lancé, unique avion régional à sortir de la chaîne d’assemblage en configuration cargo.

155 nouvelles routes ouvertes par des ATR en 2017

L’aviation régionale s’est remarquablement développée, puisque 58 % des réseaux régionaux actuels dans le monde ont été créés ces 15 dernières années. Le développement des routes aériennes régionales a été particulièrement intense entre 2012 et 2017, ATR en étant l’un des principaux acteurs, avec une moyenne de plus de 100 nouvelles routes par an et un record de 155 nouvelles routes en 2017. À ce jour, la moitié des vols de moins de 330 NM dans le monde est opérée par des turbopropulseurs, de sorte que leur utilisation représente la solution la plus économique en matière de consommation de carburant pour les trajets courts.

Une croissance annuelle de +4,5% du trafic régional d’ici à 2037

Fort des succès rencontrés actuellement et récemment par les turbopropulseurs dans l’ouverture de nouvelles routes au moindre risque, ATR estime que ceux-ci offrent un potentiel de création de 2.770 nouvelles routes dans les 20 années à venir. Au cours de cette période, le trafic régional devrait augmenter de 4,5 % par an et en 2037, 30 % du trafic devrait être généré par des routes encore inexistantes.

La croissance du trafic régional entraine non seulement une augmentation du nombre des avions, mais aussi logiquement une hausse des besoins en pilotes de ligne qualifiés sur turbopropulseurs. D’où les investissements d’ATR dans les moyens de formation.

La formation de pilotes de ligne : passage obligé pour ATR

Le constructeur vient d’obtenir la certification de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) pour son nouveau simulateur de vol de type FFS (Full Flight Simulator) pour ATR 72-600 installé à son siège à Toulouse. Conçu par CAE, il permettra à ATR d’offrir à ses clients et opérateurs environ 5.000 heures de formation supplémentaires par an. En 18 mois, ATR a mis en service trois simulateurs. Un autre simulateur sera prochainement installé, dont la localisation reste à déterminer.

Gil Roy

 

La QT ATR 42/72 mode d’emploi

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.