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NBAA 2013 : Dassault dévoile le phénoménal Falcon 5X

Avec le nouveau Falcon 5X (45 M$), équipé de deux moteurs Silvercrest (Safran), de nouvelles commandes de vol digitales, et surtout de la plus haute et la plus large cabine du marché, Dassault impose un nouveau standard de performances et de confort à l’aviation d’affaires. C’est aussi le plus important programme Falcon jamais développé par l’avionneur français, en cinquante ans.

Cette fois c’est fait. Le voile a été levé sur le futur SMS (Super Mid-Size) qui s’inscrit désormais dans la gamme Falcon sous le nom de 5X. En présentant son dernier-né, à Las Vegas, lundi 21 octobre 2013, à la veille de l’ouverture de la convention NBAA (22-24 octobre 2013), Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a reconnu que c’était, sur le plan financier, le plus important programme Falcon jamais lancé. L’avionneur français a, de toute évidence, fait le pari de distancer, pour longtemps, ses concurrents directs en plaçant la barre très haut. Le 5X, concentré de technologie et quintessence du confort, pourrait donner un sérieux coup de vieux au G450 de Gulfstream et au Global 5000 de Bombardier. Il offrira à ses futurs opérateurs, la plus grande cabine toutes catégories confondues, tout en divisant par deux la facture carburant…

Avec une autonomie de 5.200 NM (9.630 km), le Falcon 5X se positionne sur le créneau des avions de 5.000 NM. Avec 8 passagers à bord et à la vitesse de Mach 0,80, il peut ainsi relier sans escale New York à Moscou, Johannesburg à Genève, Hong Kong à Moscou, Londres à Miami, Sao Paulo à Chicago ou encore Shanghai à Sydney. Il peut également faire en direct Los Angeles à London City. Dassault vise les clients asiatiques, russes et moyen-orientaux qui apprécient les longs rayons d’action et les cabines confortables. Le constructeur français cible, toutefois en priorité, le marché de renouvellement qui se concentre aux Etats-Unis. D’où le choix de Las Vegas, au détriment de Genève, pour lancer le Falcon 5X.

Le Falcon 5X est équipé du tout nouveau moteur Silvercrest de Safran d’une poussée unitaire de 11.450 lb (5.100 daN). Après Cessna et son Citation Longitude, Dassault est le deuxième constructeur à choisir le Silvercrest. Ce nouveau moteur constitue à son niveau un saut technologique. Safran qui se lance sur un nouveau marché pour lui a transposé son immense expérience du transport aérien, à l’aviation d’affaires. C’est ainsi, par exemple, que le fonctionnement du Silvercrest sera suivi en temps réel depuis le sol de manière à anticiper tout problème. C’est aussi la fin de la maintenance programmée en aviation d’affaires et un gisement d’économie important. Les grandes révisions seront espacées de 12 mois ou 800 heures, soit une extension de 30% par rapport aux standards actuels.

Le 5X sera évidemment équipé du cockpit EASy comprenant un nouveau FMS et du EFB (Electronic Flight Bag) intégrés. Il sera aussi doté d’un HUD (Head Up Display) Elbit Systems plus grand offrant une meilleure lecture, notamment de la vision extérieure optimisée (EVS). Le 5X recevra le radar Honeywell RDR 4000 capable de mettre en évidence les menaces météo jusqu’à 320 miles. Le cockpit sera équipé de nouveau siège inclinable jusqu’à 130°. Le jump seat devient un véritable siège pour un troisième membre d’équipage. A noter que le parebrise composé de quatre vitres présente une surface vitrée de 30% supérieure à celle du 7X.

Le 5X bénéficie de commandes de vol électriques (chez Dassault on préfère « digitales ») beaucoup plus sophistiquées que celles du 7X. Elles prennent désormais en compte toutes les surfaces mobiles de la voilure et de l’empennage (la roulette de nez également). Et notamment les flaperons qui font leur apparition, pour la première fois, en aviation d’affaires. Directement extrapolés de l’expérience militaire, le flaperon combine la fonction volets et aérofreins. Il permet ainsi une approche à forte pente sans augmentation de la vitesse de descente. La vitesse d’approche du 5X est de seulement 105 kts. A noter également que le 5X peut se poser à 95% de sa masse maximale au décollage (69.600 lb / 31.570 kg). 1.600 m (5.250 ft) de piste lui suffisent, ce qui lui ouvre l’accès à un grand nombre de terrains réputés courts.

Le 5X a été imaginé comme le plus performants des avions d’affaires, mais aussi comme le plus confortable. Dassault reconnaît que c’est la première fois en cinquante ans de conception d’avion d’affaires que l’approche de la cabine a revêtu une importance aussi grande. Les designers sont entrés dans la boucle très tôt et le résultat est étonnant. La section de la cabine du 5X est tout simplement la plus grande de tous les avions d’affaires, à l’exclusion évidemment des avions de ligne transformés en avions d’affaires.

La hauteur de la cabine du 5X est de 1,98 m, soit 10 cm de plus que celle du 7X. Elle est plus haute que celle du Gulfstream G650 qui fait figure d’ultime biréacteur d’affaires. La largeur de la cabine du 5X est de 2,58 m. Elle mesure 11,80 m de long et peut accueillir au maximum 16 passagers. Bien évidemment, la cabine du 5X intègre ce qui se fait de mieux en acoustique, en éclairage et en équipements de divertissement et de télécommunication. Elle est éclairée par 28 hublots. Les plus grands de la gamme Falcon.

Si l’accès à la cabine se fait toujours en traversant le galley, l’entrée a fait l’objet d’une réflexion poussée. L’objectif était de supprimer cette impression de goulet d’étranglement et de faire de cet espace technique, un véritable accueil. Le recours à des formes courbes offre plus d’espace et surtout, l’aménagement d’un hublot dans le plafond de la cabine, à la verticale du galley crée un puits de lumière étonnant. Une première.

Le prix catalogue du Falcon 5X est de 45 M$. Le premier vol est prévu au premier trimestre 2015, la certification fin 2016 et les premières livraisons en 2017. L’assemblage du premier avion d’essais est déjà bien avancé.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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