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Usine du futur : Le GIFAS au côté des PME 
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Dans un contexte tendu de montée en cadence soutenue, les PME/PMI apparaissent plus que jamais comme le maillon le plus vulnérable de la filière aéronautique civile française. Le GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) mobilise d’importants moyens pour précisément le renforcer et aider les plus petits de ses membres à relever les défis.

17.01.2017

La performance des PME-PMI passe par le regroupement pour atteindre la taille critique estimée à 100 M€ de CA. © Daher

« La filière aéronautique française est remarquablement structurée et solidaire. Les PME font partie de la chaine et il ne peut pas y avoir de maillon faible », résume Bernard Lucereau président du Comité Aéro-PME du GIFAS. Alors que selon lui, les investissements imposés par les montées en cadence des programmes sont quasiment faits, il faut désormais faire face à la rupture technologique.

Ne pas relâcher l’effort

Les PME doivent s’inscrire dans la révolution de l’usine aéronautique du futur, ce que synthétise Patrick Daher, président du Groupe des Equipements Aéronautiques et de Défense (GIFAS), de manière imagée : « Il faut transformer les bijoutiers géniaux en vrais industriels ». Le contexte est favorable pour réaliser cette mutation, mais les défis sont démesurés à l’échelle des plus petites entreprises.

Le GIFAS estime qu’en 2016, les PME ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 8 à 10%. « On pourrait penser qu’il est temps de récolter les résultats des innovations passées », déclare Marwan Lahoud, président du GIFAS. « Mais pour rester compétitif, il faut continuer à innover ».

La révolution numérique pour tous

L’innovation doit porter sur la rénovation des méthodes et l’intégration des nouvelles technologies de production. C’est pour aider ses PME adhérentes que le GIFA a mis en œuvre, en 2012, le programme « Performance industrielle » qui en 2017 entre dans sa deuxième phase.

A travers cette action, les PME ont amélioré de 50% chacun des trois indicateurs de performances : non conformité, retard et profondeur du retard. Plus de 400 PME ont déjà bénéficié d’un accompagnement personnalisé, totalisant plus de 5.000 heures de formation. 300 entreprises supplémentaires entrent dans la deuxième phase du plan entre 2017 et 2019.

Recherche de la taille critique

Malgré le soutien apporté par le GIFAS, la marche demeure très haute pour les PME qui doivent chercher de nouvelles ressources, notamment à l’export. Alors que la filière demeure le premier contributeur de la balance commerciale française (83% du chiffre d’affaires consolidé est exporté), les PME sont à la traine. L’export ne représente que 27% de leur chiffre d’affaires précise Bernard Lucereau. Elles sont pénalisées par leur taille, d’où l’encouragement au regroupement. Pour le président de la commission PME du GIFAS, la taille critique se situe vers 100 M€ de chiffre d’affaires.

Le regroupement est une nécessité pour aller chercher de nouveaux contrats à l’export. C’est aussi une demande forte des grands groupes. Toutefois, les effets de seuils qu’ils soient sociaux, fiscaux ou patrimoniaux constituent de « grosses butées à la consolidation des entreprises » souligne le président du Comité Aéro-PME du GIFAS.

L’excellence de la supply chain française

Pour Patrick Daher, « la supply chaine française est l’une des plus puissantes au monde ». Et le président du GIFAS se veut confiant en l’avenir. Les carnets de commandes sont gonflés à bloc et il ne croit pas en un retournement de conjoncture. « Entre la hausse du baril de pétrole, le Brexit, la politique américaine, les tensions en mer de Chine, … il y a certes beaucoup d’incertitudes, mais nous restons optimistes ». Il rappelle qu’il va falloir livrer 10.000 avions de ligne dans les 10 ans à venir et que CFM International vise la cadence de 2.000 moteurs Leap à partir de 2020. En d’autres termes, les PME doivent avoir confiance, mais elles doivent se retrousser les manches.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

Un commentaire

  • G Lescalup

    « Les PME, maillon faible de l’industrie », c’est une rengaine.
    Les très grosses sociétés, en tête de la chaine d’activité, qui ont classé leurs sous traitants en rang 1, rang 2, …., ne se posent jamais la question de leur faible taux de survavibilté dès qu’il y a un flottement de conjoncture.
    En Allemagne, il y a de grosses PME qui marchent bien et exportent. Pas en France!

    Il serait temps de se poser la question et d’y remédier car notre tissu de PME n’est pas assez important. Mais pour cela, il faudrait des grands patrons ayant une vision stratégique et défendant l’industrie de leur pays avant de ne penser qu’à leur portefeuille. Une révolution, quoi!

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