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2017, année record pour la sécurité dans le transport aérien

En 2017, Aviation Safety Network (Flight Safety Foundation) a recensé 10 accidents de transport aérien civils et 44 morts. Ramené aux 4,1 milliards de passagers aériens et aux 63,8 millions de vols, ce bilan est extraordinaire. Il est le meilleur depuis 1946 que sont comptabilisés les accidents aériens. Il est aussi le résultat d’un suivi permanent de la sécurité aérienne capable de se remettre continuellement en question et dont l’efficacité se mesure à la lumière des résultats 2017.

2.01.2018

Aircraft Safety Network souligne qu’au 31 décembre 2017, cela faisait 398 jours qu’aucun accident d’avion de ligne à réaction (transport de passagers aériens) n’avait été enregistré dans le monde. © ASN

En attendant les chiffres de l’OACI, les nations unies du transport aérien, de ceux d’IATA, le club des compagnies aériennes du monde, nous pouvons savourer ceux d’Aviation Safety Network (ASN). Le site spécialisé de Flight Safety Foundation auquel aucun accident aérien n’échappe, a recensé 10 avions d’avions civils en 2017 et 44 décès de passagers aériens. ASN souligne qu’au 31 décembre 2017, cela faisait 398 jours qu’aucun accident d’avion de ligne à réaction n’avait été enregistré. Exception faite de l’avion cargo 747-400 turc, en 2017, les 10 accidents mortels ont impliqué uniquement des turbopropulseurs, voire des avions à piston.

Un système vertueux de la sécurité des vols

Ce bilan démontre l’efficacité du système de la sécurité des vols qui encadre le transport aérien. Chaque erreur, chaque échec, renforce la sécurité ; qu’il s’agisse d’un accident grave ou d’un simple incident rapporté à l’issue d’un vol. Et si souvent, au moment où un crash bouscule l’actualité, l’opinion publique a le sentiment que les professionnels cherchent à leur cacher la vérité avec un grand V, c’est avant tout parce que le temps de la recherche des causes, n’est pas celui des médias. A la fin, quand le rapport final est publié, l’explication est là, assortie de recommandations. C’est ainsi que la sécurité progresse.

Le niveau historique atteint par le transport aérien en termes de sécurité est d’autant plus remarquable que la performance est réalisée alors que le secteur est confronté, non seulement à une forte croissance de son activité (nombre de passagers en hausse de 6,0% en 2017), mais également à une véritable révolution avec la montée en puissance continue du transport low cost. A l’évidence, la recherche permanente d’une productivité toujours plus radicale ne se fait pas au détriment de la sécurité. Ce constat bouscule certains apriori.

Accompagner les pays émergeants

L’amélioration de la sécurité aérienne se poursuit aussi, alors que le poids des pays émergeants se développe. Jusqu’à présent l’industrie aéronautique, et en particulier les constructeurs, sont parvenus à canaliser l’explosion du transport aérien en Asie, en Afrique ou encore en Amérique latine.

Le tour de force est de réussir à accompagner une forte demande dans ces pays où l’aéronautique est souvent une activité nouvelle, tout en inculquant une culture de la sécurité et une exigence de rigueur. D’où l’implication des avionneurs dans la formation des pilotes et des mécaniciens. Pour les années à venir, les défis se concentrent en grande partie autour de ses nouveaux acteurs, et dans ces régions du monde.

Le transport aérien progresse comme ce funambule qui a conscience qu’à chaque instant l’équilibre peut être rompu, d’où son extrême concentration. Chaque pas le rapproche de son but. Chaque vol peut tout remettre en question.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

5 commentaires

  • Alpha

    [Humour]
    Quel mauvais goût des costa-ricains dans leur Cessna Caravan de faire grimper les stats de pratiquement un tiers quelques heures avant la fin de l’année !
    [/Humour]

    Plus sérieusement, ce sont des chiffres impressionnants, espérons que 2018 ne sera pas l’année des premières collisions (mortelles) avec des drones en approche finale ou au décollage tant ce phénomène semble prendre de l’ampleur.

  • LE FLOCH

    le transport aérien commercial a atteint un niveau de sécurité sans équivalent dans aucun autre domaine a part peut être celui de l’enseignement du Yoga dans la basse vallée de l’Indus. Cela a été rendu possible par l’implication de tous les acteurs (autorité, constructeur, technique, compagnie, équipage). Savourons ce moment en étant conscient de sa fragilité. Boeing au siècle dernier prévoyait un accident majeur par semaine. La mobilisation a payé. Mais sont exclus du transport aérien l’aviation générale et de loisirs. Le ciel est unique, la loi de la pesanteur est identique pour tous pourquoi les règlements techniques sont ils différents suivant le type d’aviation pratiquée ? Aujourd’hui l’unité de compte est le mort par accident. serons nous complices et silencieux de ce massacre ?

  • MonPetitLoup

    Il est dommage de faire un raccourci (de la part d’ASN) et de dire qu’aucun crash mortel n’a eu lieu à bord d’un avion à réaction… Faut-il leur rappeler comment fonctionne un turboprop ? Ils ont décidé de catégoriser pour faire baisser certains chiffres comme ça les arrange… À ce moment-là, on peut aussi dire qu’aucun crash mortel n’a eu lieu sur un avion à aile basse… à l’exception, ah ces exceptions, d’un vol cargo qui fut 4 morts se trouvant dans l’appareil mais aussi 35 au sol, et ceux-là n’en ont eu qu’à faire que ce soit un cargo ou un rempli de pax qui leur tombe sur la tête.
    Il est oublié le crash d’un Shaanxi Y-8 avec 122 personnes à bord (aïe les chiiiiifres !), même si avion militaire, il y avait bien des civils à bord (mais famille de militaires donc ça compte pas chef ?)…
    Conclusion, vaut mieux-t-il prendre un vol long courrier (aujourd’hui toujours turbofan – pardon à réaction – si je ne me trompe pas) plutôt qu’un court courrier désservi par un turboprop ? (Arf, c’est un A320 je peux le prendre, heureusement que ce n’est pas un ATR, ça a des turboprops et en plus une aile haute !) Hum…

    Je suis un peu échauffé car ce genre de raccourci est amplifié par le « grand public », j’ai entendu toute à l’heure à la radio qu’il n’y a eu aucun crash d’avion civile cette année. Par respect pour les victimes, c’est grave.

    Sinon, je rejoins le commentaire précédant pour les 3 dernières lignes.

    Et bravo à tous les acteurs du secteur aéronautique (civile ou non) pour cette néamoins belle prouesse qu’est de faire chuter au maximum le nombre de victimes malgré un nombre de passagers toujours plus haut.

    • Kilrah

      Exactement, trop facile (et déplorable) de catégoriser de manière à « arranger » les chiffres comme on veut les présenter, ce qui a été clairement fait ici.

      Les différents médias devraient faire un peu attention et s’abstenir de diffuser des rapports d’une telle « qualité ».
      Et moi aussi j’ai entendu à la radio en me levant ce matin qu’il « n’y avait eu aucun mort dans un accident d’avion de ligne cette année », ce qui montre clairement la déficience de cette dépèche (qui par là atteint vraisemblablement son vrai but…)

  • Arès

    Tout est dit, et bien dit, dans les trois dernières lignes et mériterait la première page des manuels d’instruction des futurs pilotes.
    Bon vol à destination du 31/12/2018, à vous Monsieur ROY, ainsi qu’à votre équipe.

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