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Donald Trump enclenche la privatisation du contrôle aérien

Le nouveau président des USA annonce qu’il va transférer le contrôle aérien de la FAA au privé dans le but de réduire le budget de l’Etat. Les compagnies aériennes et les contrôleurs aériens américains approuvent. L’aviation générale redoute les conséquences, d’autant qu’il ne s’agit pas là de la seule mesure de réduction budgétaire.

Les acteurs du transport aérien américain apportent leur soutien au président Trump dans son entreprise de réforme du contrôle aérien. © White House

Donald Trump ne fait pas dans la dentelle et c’est d’ailleurs sa marque de fabrique. Il vient de proposer un premier ensemble de mesures qui sont autant de coupes sombres pour réduire le budget de l’Etat. Parmi celles-ci, il y a la privatisation du contrôle aérien américain.

La FAA dépossédée de la mission de contrôle aérien

La volonté du président américain est de retirer la mission de contrôle aérien à la FAA (Federal Aviation Administration) et de la confier à une structure non-gouvernementale. Cette entité aura aussi en charge la modernisation du système américain de contrôle aérien. Elle devra mener à son terme le programme NextGen, qui selon Trump n’avance pas et coûte cher aux contribuables américains. Avis partagé par les intéressés.

Les compagnies aériennes approuvent la privatisation, les usagers du transport aérien et les 14.000 contrôleurs américains aussi. Outre une réduction des coûts, tous tablent sur une plus grande efficacité du système, autrement dit une baisse des taxes et une réduction des retards. Les contrôleurs sont convaincus que la privatisation va accélérer la modernisation de leur outil de travail et mettre fin à la précarité de leur situation. La FAA n’est semble-t-il pas l’employeur rêvé.

L’Aviation générale américaine inquiète

Les seuls à redouter le transfert du contrôle aérien de la FAA à une organisation non gouvernementale indépendante sont les professionnels de l’aviation générale. Ils craignent que les aéroports secondaires soient directement impactés d’autant que dans la même logique de coupes sombres, Trump a décidé de tirer un trait sur le programme Essential Air Service (EAS) du ministère des Transports, qui depuis la dérégulation de 1978 soutient financièrement la desserte aérienne d’une soixantaine de communes d’Alaska et de 115 autres dans 48 états. L’EAS est d’une manière schématique, l’équivalent américain du principe d’Obligation de service public (OSP) français qui permet, au nom de la solidarité nationale, de subventionner des lignes régulières inéluctablement déficitaires. Trump rappelle que cette mesure transitoire dure depuis 40 ans…

L’aviation générale américaine craint aussi que la réduction des moyens accordés à la FAA, fasse passer en arrière-plan, les travaux en cours visant à alléger le cadre réglementaire (en particulier la certification) qui étouffe l’aviation générale. Il y a quelques semaines, GAMA (General Aviation Manufacturers Association) se félicitait des avancées de la FAA en la matière et encourageait l’EASA à suivre la voie. L’espoir aura été de courte durée.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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