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EasyJet recrute 35 pilotes sur ses bases françaises
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La compagnie britannique low-cost s'apprête à ouvrir sa 6e base française (Bordeaux) et à recruter 35 pilotes en France en 2018 (540 en Europe). Avec l'ENAC, elle étudie actuellement la possibilité de créer sa propre filière d'élèves pilotes de ligne (EPL) en 2019.

Depuis plusieurs années déjà, la filière EPL (Elèves Pilotes de Ligne) de l'ENAC est un vivier important de recrutement pour easyJet qui intègre en moyenne chaque année une trentaine d'anciens élèves de l'école © easyJet

La compagnie britannique qui vient d’annoncer l’ouverture en 2018 d’une nouvelle base à Bordeaux, easyJet poursuit ainsi son maillage du territoire français. EasyJet en France, c’est 1.100 emplois, 33 avions, 6 bases, 400 pilotes. Ce sont aussi près de 18 millions de passagers en 2016 transportés depuis et vers la France,  ce qui fait d’elle, sur le marché hexagonal, la solide numéro 2 derrière Air France.

22 millions de passagers en 2018 en France

La DGAC relève que le transporteur à bas coût (TBC) représente en France en 2016, 42% du trafic passager sur ce créneau, très loin devant Ryanair qui ne représente que 18% du volume total des passagers. Et la britannique est sur une pente ascendante avec 10% de croissance annuelle en France. Avec l’ouverture de cette 6ème base, easyJet vise les 22 millions de passagers en 2018.

Avec l’ouverture d’une 6ème base, easyJet renforce son implantation dans le paysage aérien français © Fabrice Morlon / Aerobuzz

« La France est un pays important » résume Pierre Bogart, chef pilote d’easyJet en France qui précise que sa compagnie « souhaite développer le réseau domestique en France avec pour ambition d’être une alternative à la compagnie nationale historique. » Elle l’est déjà sur de nombreuses transversales entre les grandes métropoles régionales ou sur les radiales comme à Toulouse ou Nice (deux autres de ses bases).

Une formation à 143.000€

Jusqu’à présent, la formation des pilotes dits « cadets » d’easyJet était dévolue à une école anglaise. « Le programme des « cadets » est la voie la plus classique pour rentrer chez easyJet en tant que copilote » explique Pierre Bogart. Le cadet est un  pilote qui suit une formation dite « ab-initio« , c’est à dire qui commence avec zéro heure de vol, jusqu’à l’obtention de son ATPL.

Une présélection est faite sur dossier puis un entretien est mené avec le futur élève pilote de ligne (EPL) qui sera formé à ses frais chez CAE Oxford Aviation Academy. Il faudra compter 114.000€ pour une MPL (Multi-Crew Pilot Licence) sans qualification de type et 143.000€ pour un ATPL intégré et une qualification de type A320. CAE propose un prêt à 3,5% en partenariat avec la banque BBVA.

easyJet recrutera en France 120 navigants en 2018 dont 35 pilotes © Fabrice Morlon / Aerobuzz

L’ENAC, un vivier de pilotes

Or, easyJet et l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) sont en cours de discussion pour créer en 2019 une filière spécifique à la compagnie britannique, ainsi qu’avec une école privée. « On veut vraiment s’inscrire dans le paysage aéronautique français et nous associer pleinement aux écoles pour une implantation solide en France » explique Pierre Bogart.

Il faut dire que l’ENAC représente un vivier de pilotes pour la compagnie britannique. EasyJet recrute tous les ans près de 30 anciens élèves passés sur les bancs de l’ENAC, issus du programme EPL ou des programmes avec d’autres compagnies étrangères. Toutefois, face aux futurs recrutements de masse, l’ENAC ne suffira pas à fournir suffisamment de pilotes. De l’école, sortent annuellement 50 cadets en moyenne, toutes filières confondues, prêts à intégrer une compagnie Ce nombre englobe notamment les élèves pilotes de ligne asiatiques envoyés par les compagnies qui les ont recrutés et qui financent leur formation.

540 pilotes à recruter en 2018, en Europe

Pour soutenir son développement et accueillir les A320neo qui intègrent progressivement sa flotte, easyJet prévoit de recruter pas moins de 540 pilotes en 2018 pour toutes ses bases en Europe. « 2018 représentera un vrai pic dans les recrutements » analyse Pierre Bogart qui précise toutefois que « les recrutements devraient revenir aux alentours de 250 pilotes par an pour les années suivantes. » En France, pour la même année, 120 emplois devraient être créés dont 35 pilotes.

En juin 2017, easyJet recevait le premier A320neo d’une série de 98 appareils commandés © easyJet

Pilotes et instructeurs

« Nous avons besoin, en moyenne, de 250 cadets par an » explique Pierre Bogart. 150 commandants de bord sont également formés en interne chaque année. En France, la compagnie dispose d’un simulateur A320 sur l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle qui permet de maintenir les compétences. « Nous recrutons également des instructeurs en interne » précise le chef pilote France d’easyJet, « que nous sélectionnons parmi les copilotes et commandants de bord. » On compte chez easyJet un instructeur pour trois avions, soit en France 12 instructeurs.

Un vivier de 3.000 CV

Les copilotes d’easyJet en France sont essentiellement issus des filières cadets, formés par l’ENAC, CTC ou Oxford Aviation Academy. Ils passeront leur qualification de type (QT) A320, chez CTC ou CAE. Pour les autres bases à l’étranger, easyJet embauche des pilotes expérimentés détenteurs de la QT A320.

Les ressources humaines possèdent un vivier impressionnant de près de 3.000 CV. « Ce sont majoritairement des pilotes qui sont déjà en poste dans d’autres compagnies et qui cherchent de la stabilité » explique Pierre Bogart qui précise : « ils proviennent notamment de compagnies du Moyen-Orient qui pratiquent du long courrier. » Après avoir passé quelques années à l’étranger, les pilotes expatriés commencent à avoir le mal du pays : « ils constatent aussi que les conditions d’emploi dans les compagnies « smart-cost » évoluent, que les conditions de travail sont plus souples, qu’il y a moins de fortes contraintes que dans ces grandes compagnies étrangères. »

easyJet a fait une offre d’embauche aux équipages de la compagnie Monarch © easyJet

Croissance en Europe

Si la France est le deuxième pays en termes de passagers pour easyJet, la compagnie « smart-cost » est également très active en Europe. Il a franchi une étape en annonçant, le 27 octobre 2017, qu’elle allait reprendre 25 A320 issus de la flotte d’Air Berlin. En parallèle, la compagnie a lancé une campagne de recrutement de 1.000 pilotes, hôtesses et stewards dédiée aux ex-employés d’Air Berlin, qui resteront basés à l’aéroport de Berlin Tegel. La stratégie est de développer la présence de la compagnie en Allemagne et en Europe, explique le communiqué de presse.

Au moment du dépôt de bilan de la compagnie britannique Monarch, easyJet avait également lancé un appel au personnel de la compagnie défunte pour postuler chez elle : 500 hôtesses et stewards pouvaient prétendre à un poste sur les bases de Luton et Gatewick.

Marnie Munns fait partie des 5% de commandants de bord femmes chez easyJet : la compagnie travaille à augmenter la parité chez ses PNT © easyJet

easyJet ouvre ses cockpits aux femmes-pilotes

« L’une des forces d’easyJet » conclut Pierre Bogart, « c’est d’offrir à ses salariés de vrais contrats, qui respectent les règles et le droit du travail des pays où ils travaillent. » En termes d’embauches, easyJet ouvre ses cockpits aux femmes pilotes, dans le cadre notamment d’un programme baptisé « Amy Johnson Initiative » qui vise à recruter 20% de jeunes femmes via le cursus des cadets à partir de 2020, soit 50 femmes pilotes par an. L’initiative, débutée en 2015, avait atteint en une année l’objectif fixé pour deux ans, de 12% de femmes pilotes recrutées via le programme des cadets. 33 femmes avaient été recrutées en 2016. En 2017, la compagnie compte 164 pilotes femmes dont 62 commandants de bord. 15 femmes pilotes sont actuellement basées en France chez easyJet.

Fabrice Morlon

Easyjet implante une base à Bordeaux

A propos de Fabrice Morlon

Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé en 2013, Airia Editions, agence d’éditions spécialisée dans l’aéronautique. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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    • Gil Roy
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