Accueil » L’aéroport de Gatwick toujours fermé pour cause de menace drone

L’aéroport de Gatwick toujours fermé pour cause de menace drone

« Chaos » est le mot qui revient à la une de l’ensemble des médias britanniques. L’aéroport de Gatwick où 350.000 passagers sont attendus ce vendredi 21 décembre 2018, reste fermé pour le troisième jour consécutif. [Mise à jour]

21.12.2018

Exit le Brexit. La Grande-Bretagne est confrontée à un autre casse-tête, celui de la neutralisation des drones de l’aéroport de Gatwick. © Dailymail

[La piste de Gatwich a été rouverte, vendredi 21 décembre 2018, à 12h00, heure locale].

En termes de trafic, Gatwich, c’est 1,3 fois Orly. Cette comparaison donne une idée de l’ampleur du « chaos ». Jeudi 20 décembre 2018, 657 vols ont été annulés et plus de 110.000 passagers ont été impactés. Dans l’incertitude, les passagers s’entassent dans les aérogares.

Pour les compagnies aériennes, c’est aussi le cauchemar. À tout moment, l’aéroport peut être ouvert à nouveau. D’où le dilemme : faire patienter les passagers ou annuler les vols ? Une situation d’autant plus complexe à gérer que les aéroports de délestage connaissent aussi leur pic d’activité en cette période de fêtes de fin d’année. Le vendredi 21 décembre 2018 devait être une journée historique à Gatwick avec pas moins de 350.000 passagers. Elle le sera pour une autre raison ; les vols ne pourront reprendre que lorsque les opérateurs des drones délinquants auront été neutralisés.

La Police du Sussex qui mène la traque est formelle. Pas question de prendre le moindre risque. Et les télépilotes le savent. Ils jouent au chat et à la souris. Une cinquantaine de survols des terminaux et de la piste ont déjà eu lieu depuis mercredi 19 décembre 2018, 21h03, heure précise de la première infraction.

Le 20 décembre à 3h00 du matin, les autorités convaincues que la menace était passée ont décidé de rouvrir la piste. Moins d’une demi-heure plus tard, ils la refermaient après le retour des drones. Ils seraient deux. Depuis, ils ont décidé que la neutralisation du ou des télépilotes à l’origine de la fermeture de l’aéroport était la condition nécessaire à la rouverture.

Il est évident que les survols sont intentionnels et pas intempestifs comme les autorités ont pu le croire au tout début des événements. Il n’en demeure pas moins que cette affaire met en évidence l’absence de système de neutralisation des drones. Force est de constater qu’en l’état actuel de la technologie, il est impossible de mettre en échec un télépilote mal intentionné.

Une chose est certaine : l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) qui est en train d’écrire la réglementation destinée à régir l’activité des drones en Europe va subir des pressions pour rendre plus coercitifs ses textes. Ce n’est surement pas la solution, mais compte tenu des événements de Gatwick qui d’ores et déjà font date, il est à craindre que ce sera la voie suivie par les pouvoirs publics.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

10 commentaires

  • Bruno

    J’arrive à peine à croire qu’on ferme le deuxième plus gros aéroport du RU juste pour un survol de drone. On a connu franchement pire comme situation il me semble donc je m’interroge sur les réelles motivations de la fermeture.

  • vespe

    Si le drone est en mode autonome , comme ceux qui travaillent au dessus des parcelles agricoles , les brouilleurs et autres détecteurs de télépilotes n’y pourront rien.
    Le drone décolle et vole en mode programmé sur une tablette , sans liaison avec le sol. A la fin de sa mission il revient à la niche . Atterrissage automatique . Ni vu ni connu ! La solution: le fusil de chasse avec une cartouche petit plombs.

    • McManus

      @Vespe : c’est pour cette raison que je parlais aussi de « tueur de drones ». J’ai vu des démos de rapaces protégés et dressés pour foutre les drones par terre, soit en déséquilibrant les petits, soit en larguant sur le drone un filet plombé. De même, des drones chasseurs de drones sont capables de balancer un filet sur le drone intrus.
      Un drone auto-guidé, ou piloté depuis le sol, doit -je peux me tromper- être moins compliqué à descendre qu’un gros oiseau ou qu’un groupe d’oies par exemple, non ?

  • bgse

    C’est déjà interdit de faire voler des drones dans certaines zones.
    Il faut (c’est mon avis biensûr) :
    1) Renforcer les systèmes de détections d’intrusion et développer un système pour abattre ces drones. Aux grands maux les grands remèdes. Je ne vois pas pourquoi ça serait aux passagers, aux compagnies et aux gestionnaires d’aéroport de gérer la pagaille de vols déroutés ou annulés.
    2) Renforcer les sanctions.
    3) Et surtout, ce qu’ils auraient dû faire depuis des années : interdire à la vente grand public ce genre d’engins. L’autre jour un voisin s’amusait à faire voler un drone au dessus de mes enfants qui jouaient au vélo. En plus de surveiller les gosses, il fallait que je surveille le drone.

  • GDN21

    N’importe quel pékin moyen sait déplomber un drone DJI empêché de décoller par sa base de donnée de zones intégrée à son logiciel…il suffit d’aller sur YouTube pour suivre un tuto !
    Stanloc a raison ils enfreignent les lois et le savent, ce n’est pas en remettant une couche que cela va changer.
    Comme dit Mac Manus l’outil existe. Il suffit d’aller au salon Milipol par exemple pour trouver des brouilleurs de drônes voir de la technologie permettant même de trouver le télépilote par triangulation. Et tout ça adapté à un environnement de plateforme aéroportuaire. S’il faut légiférer par exemple, obliger les constructeurs de drones de plus de 800 grammes à les équiper d’ADSB. A défaut de les empêcher de voler on pourra au moins les voir sur nos TCAS. Ça sent les remises de gaz…

  • Basile Ginel

    J’ose espérer que ces drones étaient dûment immatriculés et enregistrés sur le portail Fox Alpha Tango!
    Grâce à ça les autorités ont pu aisément dérouler une procédure rigoureuse de « risk assessment » et agir en conséquence.

    On vit dans un monde formidable…

  • stanloc

    Il est grotesque de croire que des règlements encore changeront quelque chose, alors que de nos jours une majorité de gens ne respectent aucun règlement. C’est l’EDUCATION des masses qui doit REDEVENIR coercitive pour redonner l’habitude aux gens de s’auto-discipliner, mais cela va prendre quelques dizaines d’années pour que cela porte ses fruits.

  • Mcmanus

    Après les faucons et autres effaroucheurs destinés au risque de pèril aviaire, les aéroports devront se doter de système de brouillage anti-drones. La technologie existe, il reste à l’adapter à un environnement aéroportuaire. Un nouveau métier : tueur de drone ?

  • Denis

    Je crains que cela donne des idées à certains crétins chez nous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.