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Ryanair et Bordeaux, un prometteur mariage de raison…
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Six mois après Easyjet, Ryanair ouvre donc à son tour une base à Bordeaux. La low cost trouve dans la capitale girondine un fort potentiel de développement.

17.10.2018

David O’Brien, directeur commercial de Ryanair, et Pascal Personne, directeur de l’aéroport de Bordeaux. © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

La compagnie irlandaise va donc baser deux Boeing 737 à partir de l’été 2019, annonçant du même coup un investissement local de 200 millions de dollars. Un chiffre simplement obtenu en s’appuyant sur le prix catalogue des deux avions. On doute fort que Ryanair, qui a 135 B737 Max en commande, les paie au prix fort. Mais passons…

14 nouvelles lignes internationales pour 2 domestiques

Ryanair prévoit 70 vols hebdomadaires au départ de cette base et 16 nouvelles destinations qui feront passer son offre à 24 destinations. Parmi les seize nouvelles villes desservies, deux seulement seront en France : Marseille (un vol quotidien) et Nantes (quatre vols par semaine). Les autres sont à l’étranger depuis Copenhague jusqu’à Ouarzazate.

Toutes ces nouvelles destinations ne seront pas desservies par les seuls avions basés. Mais l’existence de ces derniers offrira à la compagnie une bien meilleure flexibilité dans la gestion de ses horaires. La liaison Bordeaux-Marseille précédemment entretenue par Ryanair avait été arrêtée entre autre parce que les horaires proposés n’avaient pas collé avec les attentes de la clientèle. Aujourd’hui interrogé sur la présence de trois compagnies puissantes sur cette ligne, David O’Brien, directeur commercial de Ryanair, fait part de son sérénité : « Je pense qu’il y aura de l’espace pour trois… On va créer de l’espace… »

En attendant d’autres bases régionales de Ryanair

Ryanair prévoit de baser 60 navigants à Bordeaux, soit cinq équipages de deux pilotes et quatre PNC par avion. Avec la nouvelle base de Marseille, Ryanair revendique la création de 125 emplois en France. Et le mouvement n’est pas encore terminé : « Nous sommes en discussion avec d’autres aéroports et nous pourrions avoir deux autres bases françaises dans les mois à venir » précise David O’Brien. A l’instar de Bordeaux et Marseille, toutes seront sous droit social français, avec des contrats de travail français. Ryanair se dit aujourd’hui prête à appliquer le droit national dans toutes ses bases européennes.

L’enjeu est de taille, puisque la compagnie table sur une croissance spectaculaire dans les années à venir : de 142 millions de passagers aujourd’hui, elle prévoit d’atteindre la barre des 200 millions en 2024. La France jouera son rôle dans cette progression : la compagnie est aujourd’hui n°3 dans le paysage national, derrière Air France et Easyjet. Au départ de Bordeaux, elle a transporté 420.000 passagers en 2017, elle sera à 450.000 en 2018 et passera la barre du million dès 2019. Sur la même période, la base de Marseille devrait atteindre quant à elle 2,4 millions de passagers !

Toujours plus pour billi

Tout ceci fait bien entendu les affaires de Bordeaux qui voit une fois de plus son modèle validé et ses efforts récompensés. « Cela faisait trois ans que nous essayions de convaincre Ryanair d’ouvrir une base chez nous, Bordeaux possédant un très fort potentiel de développement » explique la direction de l’aéroport. Il faut se souvenir que les premiers vols low cost depuis Bordeaux avaient été le fait, au début des années 2000, de la compagnie Buzz. La compagnie avait été rachetée par Ryanair en 2003 mais cette dernière n’avait pas voulu poursuivre l’expérience bordelaise : le terminal « low cost » n’existait pas à l’époque et Ryanair avait jugé trop élevés les coûts d’opération depuis le terminal classique.

Ryanair vise 200 millions de passagers transportés en 2024. Principalement en Europe, mais aussi en ouvrant de plus en plus de lignes vers l’Afrique du Nord et le Proche Orient. © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

L’épisode avait incité Bordeaux à créer le terminal Billi, entièrement dévolu aux compagnies à bas coût. Billi, qui afficherait des coûts d’opération environ 30% moins élevés que les autres terminaux, est la locomotive du développement de Bordeaux depuis 2010 et reçoit aujourd’hui plus de la moitié des passagers de l’aéroport (3,7 millions, sur un total de 6,2 en 2017). D’ici le début 2021, la surface de Billi aura encore doublé, le nombre de poste avions aura également été multiplié par deux et de nouvelles zones d’enregistrement automatisées.

La croissance du low cost a fait bien plus qu’effacer l’effet LGV qui a placé Bordeaux à deux heures de train de Paris et obligé Air France à réduire la fréquence de ses liaisons vers Paris. Depuis le début de l’année, Bordeaux, également porté par l’attractivité de la région Nouvelle Aquitaine, a encore gagné 550.000 passagers, avec une croissance de 20% à l’international. Ryanair, qui sait où se trouve son intérêt, n’a pas choisi Bordeaux au hasard…

Frédéric Lert

 

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.

2 commentaires

  • pilotaillon, révolté !

    Montrons que AF est une vraie alternative !
    Puisque Mme Gayle peut témoigner de l’état d’esprit de cette « compagnie low cost » mais surtout « low ethics » et qui prend du terrain partout en EU.
    J’imagine le dilemme des PNC, avec d’un côté des conditions d’emploi « très strictes » et la « juste place » en position de médiation locale face à un comportement inqualifiable (de l’Apartheid pur porc, rien que cela !)
    Je suis très étonné de ne rien entendre du côté des révoltés d’AF ?
    Cette occasion de montrer votre engagement pour un modèle vertueux est vraiment trop « belle ». Le passager peut toujours choisir, donnons lui des arguments !

  • bdd13
    bdd13

    142 millions de passagers… 200 millions en 2024… tout le monde a la banane !
    Bah… le CO2 coûte pas cher, allons-y, faisons la fête ! Après nous le déluge…
    Il en pense quoi De Rugy ?

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