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Vers une optimisation de la capacité de Chambéry, l’hiver prochain

La concentration du trafic aérien commercial annuel de Chambéry sur une vingtaine de week-ends, au cœur de l’hiver, sature rapidement la piste. L’ouverture d’une procédure de décollage face au Sud, la saison dernière, a apporté une nouvelle marge de manœuvre. Les espoirs reposent maintenant sur une procédure GNSS en cours de négociation entre la France, la Grande-Bretagne et la Suisse. D'autres aménagements sont à l'étude…

27.06.2017

Chaque hiver, l'aéroport Chambéry-Savoie-Mont-Blanc accueille plus de 200.000 passagers sur une vingtaine de week-ends compris entre décembre et avril. © L. Cipriani / Vinci Airports

Les exemples étrangers d’Innsbruck, Lugano ou Sarajevo et la concertation intelligente et pragmatique entre la DGAC et le SNA (Service de la navigation aérienne), les compagnies aériennes, les pilotes et le gestionnaire de l’aéroport de Chambéry avaient déjà permis, l’hiver dernier, de faciliter l’accès aérien aux stations du Pays de Savoie par l’ouverture d’une procédure de décollage face Sud. Utilisée 143 fois dés sa première année d’existence, cette procédure a réduit considérablement les temps d’attente au décollage, comme à l’atterrissage, en autorisant des approches sur la piste 18 sans bloquer la trouée d’envol face Nord grâce à la possibilité offerte aux compagnies de décoller vers le Sud.

L’abolition du « sens unique »

Pendant de trop longues années, le « sens unique » des arrivées et des départs dans la seule trouée d’approche et de décollage possible à cause des montagnes environnantes a pénalisé le nombre de mouvements sur l’aéroport de Chambéry. En effet, tout avion ayant commencé sa descente vers le Grand Colombier puis face Sud sur l’ILS du lac du Bourget après la Chambotte bloquait tout décollage face Nord. Il obligeait alors, soit les avions au sol à attendre l’atterrissage complet de l’appareil engagé dans la procédure, soit à faire attendre en vol pendant un temps qui dépassait quelquefois le temps de vol depuis l’Angleterre, les avions stockés dans le stack de Virié !

Ce fonctionnement induisait évidemment une réduction notable et préjudiciable des créneaux pour les charters des neiges et l’aviation d’affaires pendant la saison de ski. Il limitait de fait l’accès aux stations de la Tarentaise et du Pays de Savoie. D’ou l’idée d’autoriser les week-ends d’hiver des décollages face Sud, ce qui a enfin « libéré » la piste « reine des neiges » et « délivré » Chambéry de l’interdiction d’une approche et d’un décollage simultanés!

Décollage face Sud

Cette facilitation a pu notablement améliorer aussi les conditions de la fréquentation aéronautique des Trois Vallées en diminuant les retards ou annulations européennes et étrangères que les anciennes contraintes géographiques et administratives imposaient aux aviateurs.

La porte entr’ouverte pour la dernière saison de ski à Chambéry va s’ouvrir davantage encore pour l’hiver 2017-2018.

A l’issue d’une nouvelle réunion de concertation à laquelle a participé l’ensemble des parties prenantes en présence de Michel Hupays, directeur régional de l’Aviation Civile, Vinci Airports, gestionnaire de l’aéroport , les compagnies aériennes utilisatrices de la première plate-forme alpine française, les contrôleurs et les pilotes sont tombés d’accord sur les améliorations proposées par le SNA qui devraient pouvoir encore améliorer les conditions d’utilisation de Chambéry.

Dans un esprit stratégique intéressant et encore rare qui consiste à se préoccuper, dans le respect de la réglementation générale, d’adapter plutôt les règles publiées concernant les trajectoires de départs et d’arrivées à la réalité constatée au lieu  de faire l’inverse comme c’est hélas trop souvent le cas, en enserrant dans des normes administratives théoriques le vécu réel des pilotes.

Une procédure GNSS en gestation

L’implémentation d’une procédure moderne GNSS pour les approches complètera prochainement le grand espoir né du projet SMARTSKI qui concerne les 60% des vols d’hiver en provenance de Grande Bretagne. Discutée actuellement entre les Anglais et les Suisses, cette nouvelle procédure de gestion du flux des arrivées à Chambéry fera qu’au lieu d’échanges entre la Grande-Bretagne et Genève, le contrôle des mouvements se passera directement entre la Grande-Bretagne et Lyon. Le fait d’échapper à l’espace aérien suisse doit apporter une nouvelle simplification et des économies notables de temps de vol pour la plus grande partie du trafic hivernal. Sans évoquer le moindre coût des redevances d’approche en France, afin de ne pas donner de mauvaises idées à nos dirigeants !

Une dernière proposition qui  permettrait d’abaisser de 400 pieds les minima d’atterrissage à Chambéry et donc d’initier moins de remises de gaz ou de déroutements, a fait l’objet d’une attention particulière de la part du patron de l’Aviation Civile régionale. L’idée d’autoriser un taux de virage et d’inclinaison de 25%, ce qui est sans problème pour le pilote automatique des avions actuels, au lieu des 20% acceptés aujourd’hui devrait faire l’objet d’une prochaine réunion au sommet de la DGAC et cette fois consacrer grande ouverte la vraie porte des Alpes qu’est devenue Chambéry .

Gérard David

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5 commentaires

  • Gerard DAVID

    Rigueur et précision constituant les deux mamelles de notre Aéronautique, quelques compléments et corrections s’imposent pour les nouveau aménagements en projet pour améliorer la gestion des flux de traffics à destination de Chambéry-Savoie-Mont Blanc.
    -Le SNA n’est pas une entité à part Mais bien un service ( et non le moindre)de la DGAC!
    -La concertation à bien été conduite entre les différentes parties prenantes,y compris l’ensemble des usagers de l’espace aérien, notamment vélivoles, parachutistes et Ulmistes ainsi qu’avec les élus de Métropole Savoie pour l’impact environnemental.
    – le vrai plus offert par la procédure de décollages face Sud est de permettre une accessibilité à la plateforme par toute condition de vent, les avions atterrissant par fort vent de Sud étant assurés de pouvoir repartir de jour comme de nuit grâce à la procédure publiée qui évite désormais tout déroutement pour cette raison.
    – le projet SMARTSKI en discussion entre France, Angleterre et Suisse, destiné à réduire les trajectoires et donc la consommation de carburant est évidemment indépendant de la procédure GNSS en cours d’étude .
    – les pilotes auront rectifié d’eux-mêmes l’erreur sur le taux d’inclinaison en virage: 25 et 20 degrés et non %…

  • Darriau

    Bonjour Gerard, très bel article qui concrétise ce que nous avions initié toi et moi il y a presque dix ans!
    Gilles

    • Gerard DAVID

      Oui bien Cher Gilles,
      la lutte, dans LE meilleur sens du mot, continue…
      A quand un Abidjan-Chambéry en saison pour les skieurs de Côte d’Ivoire?
      Amitié

  • Michel

    J’espère que le plan d’exposition au bruit sera révisé avec une nouvelle enquête publique car ces nouvelles procédures ne sont sans doute pas neutre pour l’exposition des riverains.

    • Pilotaillon de première classe

      J’espère également que vous considérez le poids économique de cette fréquentation (+/- 25%) dans l’activité touristique de la région Auvergne Rhône Alpes ?
      Difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre.
      Imaginez Chambéry sans le tourisme ?
      Je vous invite à prendre parti pour l’aviation électrique, le tunnel Lyon Turin et à l’abandon de l’automobile qui s’accumule ces mêmes samedis :o).
      Sinon, les Bauges sont encore épargnés, sans oublier le risque d’être importuné par les cloches et les déjections des troupeaux… C’est un choix personnel.

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