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Piaggio Aero mise 255 M€ sur son P.180 Avanti EVO

Mubadala Investissement (Abu Dhabi) qui détient 100% du constructeur italien Piaggio Aerospace a injecté 225 M€ dans une nouvelle usine dont la capacité de production est de 60 avions par an. En 2017, Piaggio a livré 3 biturbopropulseurs. La pente à remonter risque d’être raide. L’avion possède des atouts inégalés.

7.06.2018

En termes de vitesse de croisière rapide, l’Avanti EVO (402 kts) est plus proche du Phenom 100 ou du Citation M2 que du King Air 350i ou de Pilatus PC-12NG. © Piaggio Aero

L’Avanti reste un avion à part. Avec son plan canard et ses hélices propulsives, ce biturbopropulseur aux lignes futuristes et à la signature sonore incomparable, est italien jusqu’à la pointe du nez. On le croyait en perte de vitesse. Piaggio affirme le contraire.

Une nouvelle usine à Villanova d’Albenga

Le constructeur Italien affiche de grandes ambitions pour son modèle unique, déclinable toutefois en version civile, militaire et drone. Il s’est donné cinq ans pour remettre sur pied l’entreprise et renouer avec les profits à partir de 2021, 2019 étant l’année du retour à l’équilibre. Pour l’aider, le groupe d’investissement émirati Mubadala Investissement a débloqué pas moins de 225 M€ qui ont notamment servis à construire une nouvelle usine ultra moderne à Villanova d’Albenga qui doit être opérationnelle dès l’été 2018.

Cette injection de liquidités fait partie d’un plan qui vise le retour à l’équilibre en 5 ans. Outre la création d’une nouvelle usine, il table sur le développement de programmes militaires et la restructuration financière de l’entreprise.

Piaggio a livré 3 P.180 Avanti EVO

Renato Vaghi, PDG de Piaggio Aerospace, explique que sa nouvelle usine disposera de deux lignes d’assemblage final séparées, l’une pour la version civile du P.180, l’autre pour les versions militaires et le drone P1.H HammerHead. Au total, ces deux lignes pourront produire 60 avions ou drones. Cela paraît d’autant plus énorme que cette capacité correspond à quelques unités près au nombre total de P.180 Avanti produits au cours des 9 dernières années. En 2017, Piaggio n’a livré que 3 P.180 Avanti EVO.

« Il y a actuellement en cours de fabrication 20 appareils dont 12 sont des Avanti EVO. Quatre nouvelles commandes ont été confirmées cette année et 8 avions seront livrés d’ici fin 2018 », affirme Renato Vaghi qui souligne que le P.180 EVO « est un produit de niche entre le biturbopropulseur classique et le jet léger ». Il peut transporter jusqu’à 8 passagers et deux pilotes.

La souplesse du turboprop avec les perfos du jet

« Le P.180 offre la souplesse d’un turbopropulseur avec les performances d’un jet », surenchérit Paolo Ferreri, directeur du support client de Piaggio. En termes de vitesse de croisière rapide, l’Avanti EVO (402 kts) est en effet plus proche du Phenom 100 (405 kts) ou du Citation M2 (404 kts) que du King Air 350i (312 kts) ou de Pilatus PC-12NG (285 kts).

Selon Ferreri, question consommation, l’italien surclasse toute la concurrence : en croisière à 41.000 ft, il consomme 100 gallons à l’heure quand le King Air 350i est à 136 et le Phenom 300 à 183. La hauteur de sa cabine (1,80m) équivalente à celle du Citation XLS+ permet de se tenir debout. Côté autonomie, l’Avanti EVO (1.809 nm soit 3.350 km)) fait jeu égal avec le King Air 350i (1.806 nm), mais surclasse le Pilatus PC-12NG (1.650 NM), le Citation M2 (1.550 NM), le HondaJet (1.223 NM) ou encore le Phenom 100 (1.178 NM).

Et pourtant, malgré de tels atouts, les ventes de ce phénomène se sont littéralement effondrées ces dernières années. Piaggio qui fête en 2018 ses 100 ans affiche sa volonté de reprendre les commandes.

Gil Roy

Piaggio Aero augmente son capital

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

10 commentaires

  • fildru

    C sympa , on l entend venir , dép Bgt Nev vertical Sceaux. il laisse le gazouillis derierre lui !!!

  • Jean Marie VAILLANT

    Bonjour. Les enfants gâtés de l’Ouest de Paris,choques. Je vous invite chez moi. A Villeneuve le Roi. 6h/23h30. L’on ne parle que des îles trucmuche. Il appert que nous sommes de plus en plus en vent d’Est. Donc sous les nuisances des décollages de Orly.Alors un Avanti voire deux….MDR..JM

  • Jean Marie VAILLANT

    Bonjour,les enfants gâtes de l’OUEST parisien. Je vous invite à VILLENEUVE LE ROI de 6h à 23h30. JM

  • Le bruit émis est en effet tres particulier, et attire l’attention des riverains. Il semble en voie d’amélioration par le constructeur. Des mesures acoustiques précises ont eté initiées a Lyon Bron pour situer l’évolution du spectre des fréquences émises

  • MeisterD

    Cet avion est un chef d’œuvre et un choix très pragmatique.
    Un opérateur de P180 basé à Cannes est la cible des riverains.
    Cet avion souffre d’un délit de « sale empreinte sonore ».
    Et pourtant… il est certifié et respecte les niveaux d’émissions sonores en vigueur.
    Mais son acoustique particulière le rend identifiable à coup sûr et cristallise le courroux des non connaisseurs.
    Je serais par ailleurs curieux d’entendre un exemplaire de la version EVO.
    Le son émis par cet avion est pour ma part bien moins désagréable que celui émis par le 2 roues déglingué du pizzaiolo du quartier ou du jeune qui à « préparé » son scooter (vous savez, celui qui devrait rouler 2 à 3 fois plus vite en rapport avec la quantité de bruit émis).
    Mais il est plus facile d’aller se plaindre au sein d’un comité de riverains bien remonté que de faire la chasse aux « kékés » du quartier…

  • Bonjour

    Il y a un qui survole Asnières Courbevoie au départ du Bourget, ça fait un boucan d’enfer, je ne sais pas pour les passagers, mais pour les riverains c’est l’enfer !

    • Dominique BRESSON

      Je confirme ! Il y en a un aussi qui survole régulièrement Malakoff… Il est incompréhensible que cette saleté soit autorisée à survoler des zones habitées !!!

      • Jean-mi

        Marrant ! Je le connais aussi celui-là, mais moi je le vois depuis Colombes et aussi dans le sud de Paris… si ça se trouve c’est celui de Cannes ! Marrant…
        Cet avion, on le reconnait au bruit, en effet, et il propage loin. La cause principale et donc incorrigible est sa configuration propulsive sur l’aile des deux moteurs.
        Les hélices proches du bord de fuite brasse un air turbulent et « claquent » au passage, tout comme en passant proche du fuselage, mais là ca occupe bien plus de surface et de volume.
        Je ne sais pas à quel point cela empiète sur le rendement de la propulsion, mais toute cette énergie consommée en bruit ne l’est pas en propulsion… 😉 Comme cette source sonore est à l’arrière du fuselage, je ne pense qu’elle affecte trop les passagers…
        Avion fabuleux, une œuvre d’art, des perfos folles… Mais il faudrait remettre les moteurs en tractif… Chiche ?

      • Elbow

        Un boucan d’enfer?
        1 – Ce bruit est dans les normes. (ce qui ne veut pas dire qu’il est fort, mais qu’il n’y a pas de raisons de « stigmatiser » cet appareil)
        2 – Avez-vous déjà identifié un Cirrus passer au dessus de chez vous? Ça ne vous choque pas?
        3 – Ce « bruit » passe très vite. Contrairement aux motos et scooters d’un niveau sonore égal ou supérieur.
        4 – Ca me semble tellement moins énervant que les travaux inutiles dans Paris. La ville de Paris est à la disqueuse toute la journée dans les rues pour installer 3 bosquets de jardin à usage urbains. Pourquoi refaire toutes les rues sans arrêts (pour la 3ieme fois en 5 ans la rue Rivolie pour déplacer 1 trottoir. ) Ou encore les sirènes inutiles…
        Mais bon après on se concentre sur les bruits qu’on veut sans doute.

    • TFFG

      Le niveau de nuisance sonore est particulièrement bas en cabine, principalement du a la position du groupe motopropulseur. Cependant, celui a l’extérieur est « faussement » plus important que d’autres bi-turbopropulseurs due a l’interaction entre les pales et les gaz d’échappement. Le circulaire 36-1H de la F.A.A. (2012) lui donnait un niveau de nuisance estimée a 84.96/85 (selon le choix d’hélice), soit, approximativement, le niveau qu’avait le Do 228 et certains Metroliner avec leur TPE331.

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