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Wijet, du Citation Mustang au HondaJet
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Le premier de ses 16 biréacteurs légers HondaJet de Wijet est exposé à Ebace 2018 sur le stand HondaJet. Sur les 14 mois à venir, la compagnie va en réceptionner un par mois. Pour faire face à la pénurie de créneaux dans le seul simulateur de vol en service actuellement dans le monde, Wijet a anticipé la formation de ses équipages depuis décembre 2017. A terme, elle espère aussi pouvoir former ses pilotes, en France, directement sur avion.

31.05.2018

En un peu plus d'un an, Wijet va faire entrer dans sa flotte 16 Hondajet dont 8 neufs et 8 occasions récentes. © Volker K Thomalla / Aerobuzz.de

Wijet a déjà retiré de sa flotte 4 de ses 15 Citation Mustang. A terme, elle envisage d’en conserver quelques uns pour continuer de pouvoir accéder à des aérodromes plus délicat, comme la Mole, qui dessert Saint-Tropez.

Simulateur, passage obligé

Quant à la transformation de ses pilotes, celle-ci a débuté en décembre 2017. Cette anticipation est justifiée par le manque de disponibilité du seul simulateur (Level D) de HondaJet au monde. Il est situé chez Flight Safety à Greensboro, là où est implanté Honda Aircraft. « Nous n’avons pu obtenir qu’un seul créneau par mois pour deux pilotes », déplore Patrick Hersent, le PDG de Wijet. La Grande-Bretagne dont dépend Wijet impose une formation sur simulateur, ce qui n’est pas le cas en France où l’école EATIS, propose à Strasbourg des qualifications de type sur son propre Hondajet. C’est d’ailleurs chez EATIS que Wijet envoie ses pilotes pour effectuer les tours de pistes réglementaires à l’issue du cursus.

La volonté de Patrick Hersent est de pouvoir effectuer la totalité de la qualification de type sur avion. D’où les négociations entamées avec la CAA, l’administration britannique de l’aviation civile, les avions étant immatriculés en Grande-Bretagne. Il n’est pas impossible que HondaJet implante un deuxième simulateur dans une région du monde où se concentrera à terme la plus grande flotte de ses avions.

Gérer le turn over des pilotes

La qualification coûte actuellement 25.000 euros. C’est 7.000 euros de plus que celle du Mustang qui se fait en Europe. Une différence qui s’explique par les frais de déplacement plus élevés. La facture est partagée à parts égales entre la compagnie et le pilote qui est ensuite lié pour trois ans avec la compagnie. Cet arrangement n’empêche pas Wijet d’être confrontée à une rotation importante de son effectif.

Le premier Hondajet aux couleurs de Wijet en courte finale sur l’aéroport de Genève, à l’occasion du salon EBACE 2018. © Volker K Thomalla / Aerobuzz.de

Le VLJ (Very Light Jet) est une porte d’entrée dans la carrière de pilotes professionnels. Le turn over est de ce fait important. Il l’est d’autant plus que le transport aérien connaît une pénurie de pilotes de ligne et que l’aspiration tourne à fond. « Nous recrutons directement en aéro-club ou dans les petites compagnies exploitant peu d’avions, explique Patrick Hersent. Wijet recrute essentiellement de jeunes pilotes. « Nous conservons nos commandants de bord plus longtemps. Ce sont d’anciens militaires et des pilotes expérimentés. Ils constituent un bon encadrement ».

Actuellement 8 pilotes sont qualifiés sur le Hondajet. « C’est suffisant pour faire tourner deux avions« .

Un avion nouveau par mois en liste de flotte

Le premier HondaJet aux couleurs de Wijet porte le numéro de série 81. Plus de 70 appareils volent avec des propriétaires privés. L’avion a démontré sa fiabilité, assure Patrick Hersent dont l’objectif est de réaliser au moins 500 heures de vol par an et par avion. Les mécaniciens de la compagnie ont été formés à Greensboro, chez HondaJet. Un accord a été mis en place afin que le constructeur chapeaute la maintenance.

Tout est apparement en place chez Wijet qui s’apprête à renouveler entièrement sa flotte. Les 16 avions acquis sont en fait un mix à parts égales de neufs et d’occasions récentes (avions de démonstrations totalisant entre 100 et 150 heures de vol). Le premier doit être mis en service fin juin 2018. Ensuite, le rythme sera de un pas mois pendant les 14 à 16 mois à venir. Les Citation Mustang seront retirés de la flotte au même rythme.

Version Elite pour le HondaJet

A EBACE 2018, HondaJet a présenté la nouvelle version du HondaJet. Baptisée Elite elle offre essentiellement une autonomie accrue de 17% à 1.437 NM, une remise à jour de l’avionique Garmin G3000 et des améliorations au niveau de la cabine rendue plus silencieuse grâce à une nouvelle entrée d’air de la nacelle.

Le nouveau HondaJet Elite est proposé à 5,25 M$. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Les premiers appareils réceptionnés par Wijet sont des anciens modèles qui seront retrofités lors d’opérations de maintenance. Le premier « Elite » sera le troisième ou quatrième avion neuf livré.

Attention Brexit

En parallèle de l’introduction d’un nouvel avion dans la flotte et de la mise en service d’un avion nouveau par mois dans les mois à venir, Wijet doit aussi anticiper la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne.

Wijet est à l’origine une compagnie française. Au fil de ses acquisitions, elle est devenue britannique. Pour faciliter ses opérations, il doit, en complémente de son certificat britannique, elle doit posséder un certificat de transport aérien relevant d’un état membre de l’UE. Elle n’a pas encore décidé où elle allait atterrir.

D’un pays à l’autre l’écart de coût peut atteindre 400.000 € par an, explique Patrick Hersent. « Certains pays exigent que le responsables soient localisés dans le pays, ce qui entraîne une duplication des fonctions clés ».

Gil Roy

Wijet commande 16 biréacteurs HondaJet

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

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