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265 accidents d’aviation légère recensés par le BEA en France en 2018

Il y a eu en 2018, 49 accidents de plus qu’en 2017. Le Bureau Enquête Analyse dénombre aussi une forte augmentation de cas mortels dont la majorité en avion (15 en 2018 contre 3 en 2017) ainsi qu’en hélicoptère certifiés (cinq événements et huit décès).

14.02.2019

En 2018, selon le BEA,la moitié des accidents mortels ont eu lieu lors de montée initiale ou en phase d’atterrissages. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Au total, 142 enquêtes ont été ouvertes par le BEA en 2018. 31 personnes ont perdues la vie en avion, 5 en planeur et 24 en ULM en 2018. Ces chiffres concernent des accidents survenus sur le territoire français et rapportés au BEA par catégorie d’aéronefs (avion, hélicoptère, planeur et ULM) quelle que soit la nationalité de l’exploitant.

Du côté de l’ultraléger (ULM), 2018 est une année « stable » voire en léger progrès avec 19 accidents mortels et cinq décès en moins par rapport à 2017. Le BEA dénombre aussi 4 accidents mortels pour le planeur (6 en 2017). Le travail aérien (vols publicitaires, agriculture, etc) a lui fait deux accidents mortels dont une collision en vol entre un avion largeur et un « wingsuiter » ainsi que la perte de contrôle d’un ULM lors du remorquage d’un planeur. Plus rares, deux accidents ont impliqué des ballons à air chaud, ces événements sont survenus dans le cadre de vols touristiques payants précise le BEA.

Avion : 2018 une année sombre pour la sécurité

Le BEA souligne que 2018 a connu le plus grand nombre d’accidents enregistrés en aviation générale depuis 2015 (une année noire notamment pour l’ULM avec 50 morts). Concernant les 15 accidents mortels en avion (et 7 avec blessures graves) l’an passé, différents cas de figure ont été recensés dont des manœuvres dangereuses, des situations de passage IMC (Instrument Meteorological Conditions), des cas liés à la maniabilité, la gestion des performances au décollage ou de la trajectoire en finale, ou des pannes moteur au décollage.

En juillet 2018, quatre personnes ont perdues la vie lors de deux pertes de contrôle en montée initiale (panne moteur au décollage). Il s’agit d’un DR400-180 en vol de baptême payant et un Tecnam P2002 en instruction double commande. En outre, le BEA précise que des accidents liés à « des manœuvres non nécessaires au vol » ont fait quatre morts. Il s’agit du crash d’un Yak 18 en avril 2018, l’appareil effectuait de la voltige à faible altitude au dessus d’un rassemblement de personnes. En juillet 2018, le passage à basse hauteur d’un TB20 au dessus de la mer pour saluer des tiers a été fatal. Entre 2004 et 2017, ce genre de manœuvres a provoqué120 accidents dont 70 mortels selon le BEA.

Des tendances difficilement explicables

Comme le souligne le BEA, au delà des enquêtes, les raisons pour lesquelles une année devient, en terme d’accidentologie, bonne ou mauvaise ne sont pas évidentes. Pour l’ULM, le nombre de décès avait doublé en 2015. Alors qu’en 2017, il y a eu globalement peu d’accidents mortels en aviation générale. L’an passé c’est au tour de l’avion de vivre une très mauvaise année.

L’impact météorologique (le beau temps qui inciterait à voler plus et donc faire augmenter les statistiques toutes catégories confondues) ne démontre pas de lien direct avec l’accidentologie puisque chaque année est différente d’une catégorie à l’autre. Le BEA, qui enquête seulement sur les accidents mortels, admet la difficulté à prendre du recul et de se positionner sur une analyse plus large. Une chose est certaine, le comportement humain reste et restera déterminant.

Jérôme Bonnard

A propos de Jérôme Bonnard

chez Aerobuzz.fr
Journaliste polyvalent, à la fois rédacteur et réalisateur reporter (JRI), pilote sur ULM multiaxes, Jérôme a couvert tous types d'actualités en France comme à l'étranger pour différents médias TV ( France 24, Arte, Itele, M6, Public Sénat...). Il a été co-finaliste du Prix Albert Londres en 2012 pour sa couverture du conflit Libyen lors du "Printemps arabe" de 2011. Il est surtout passionné par tout ce qui vole depuis son plus jeune âge. Il réalise des reportages pour la chaîne Aerostar TV, ainsi que des films pédagogiques et découvertes dans le domaine aéronautique. Il développe notamment une chaîne youtube autour de l'ULM avec la FFPLUM.

16 commentaires

  • Isabelle MOREAU

    Mon fils de 14 ans se prend de passion pour l’aviation et réclame à grands cris de s’inscrire dans un aéroclub. Après avoir lu vos articles je lui ai dit que je lui offrirai quelques leçons avec un instructeur, mais que je ne l’autoriserai pas à passer le brevet de pilotage pour piloter seul à 17 ans. Mais je lis qu’il y a des accidents même pendant des vols de baptême… Je ne sais plus trop quoi penser.
    J’ai toujours refusé de payer le permis moto à ses frères aînés, je voudrais être cohérente….

    • PlasticPlane

      Bonjour Madame, je n’ai aucune autorité ni en matière aéronautique ni en matière de motocyclette, pas plus qu’en matière d’éducation et de psychologie. Néanmoins, observons que le comportement personnel du conducteur de ces deux types d’engins est la cause de l’essentiel des accidents : à comportement sain, dénouement favorable. Observons également les effets douloureux, sur un individu dévoré par ces deux passions, de la frustration de ne pas pouvoir les pratiquer…

    • FUENTES

      Quel dommage de ne pas offrir un vol d’ initiation à son fils si celui ci le réclame,
      Cet événement peut favoriser son épanouissement et le choix de sa vie professionnelle.
      Sachez Madame que l’on ne peut pas comparer les accidents de Moto ou le pilote des qu’il aura obtenu son permis à vie sera livré à lui même dans un environnement ou le danger dans la plus par des cas vient des autres alors que
      pour l’ avion votre fils sera jugé avant pendant et après chaque leçon de vol avec une durée de formation d’ environ une année. Il sera toujours suivi par les instructeurs avec ensuite l’examen en poche un minimum d’experience récente réglementaire de 3 décollages 3 atterrissages dans les 3 dernier mois. Sans compter le règlement intérieur de l’aéroclub qui souvent est plus pénalisant.
      Il peut en attendant suivre les cours purement theorique de BIA (brevet
      d’ initiation aéronautique) à partir de la 3 ème dispensé par des professeurs de College, Lycee ou professionnel.
      Renseignez vous auprès d’ un aéroclub.
      Cordialement

  • Antoine ROGUES

    Et le nombre d’heure de vol ?
    On dirait les chiffres de la sécurité routière : si l’activité augmente le nombre d’accident augmente.
    Les vrais chiffres c’est le nombre d’accidents / heure de vol.
    Comme le nombre de morts sur la route / millions de km.

  • stanloc

    Jérome Bonnard termine son article par ces mots :
     » Une chose est certaine, le comportement humain reste et restera déterminant. »

    On parle par ailleurs sur ce forum du rôle que les automatismes jouent aujourd’hui dans la conception et le pilotage des avions.
    Moi je conclue qu’on n’est pas plus avancé avec ces automatismes pour éviter le facteur humain car eux aussi ont leur point faible – comme démontré dans certains accidents – ils font appel à des capteurs éminemment vulnérables aux conditions externes comme au GIVRE, par exemple.

  • Martial DAUPHIN

    Le mieux pour les ULM s’explique certainement par la formation mise en place par la FFPLUM en 2018.
    En effet cette Fédération a décidé de mettre en place à partir de 2018, l’opération Remise en Vol qui consiste à favoriser la rencontre entre un pilote propriétaire de sa machine et un instructeur pour suivre une heure de vol avec son ULM. Cette démarche est totalement volontaire.
    Elle concerne toutes les classes ULM.
    La Fédération apporter une aide de 40 euros au pilote qui aura fait sa Remise en Vol.
    La sécurité à un prix.
    Il est vrai que l’heure ULM est globalement bon marché, mais pourquoi ne pas reprendre cette idée pour l’aviation légère ? Reste à trouver le financement :assurances, clubs, associations, DGAC ?

  • Daniel Perely

    j’ai fait une réponse à Mr. Chaperon mais elle n’apparaît nul part ?????
    est ce normal

  • Cycliste 06

    « Le très beau temps incite à voler plus et augmente le risque d’accidents. »

    Vous vous relisez parfois? J’ai entendu ça à la DGAC de la bouche d’un fonctionnaire mais jamais dans un aéroclub.

    Plus on fly moins on a d’accident. On voit bien que vous n’avez pas eu Maurice Tourniere comme chef pilote…

    • Jérôme Bonnard
      BONNARD

      Bonjour, merci pour votre message.
      Tout dépend de l’interprétation faite. Nous parlons ici de statistiques. Il y a des saisons où l’on vole plus et celles où l’on vole moins… En ULM par exemple, les pics d’accidents sont toujours entre le printemps et l’automne, époque où justement il y a beaucoup d’activité. En revanche, il est vrai qu’en volant beaucoup, l’expérience devrait en contrepartie influer sur la baisse des événements.

  • Chapperon

    Quand je pense aux messages incendiant les ulmistes et leur formation suite a un article sur l’accidentologie 2015, cela m’encourage à ne pas commenter ni les chiffres ni les causes cette année… Juste l’occasion de recommander à tous les pilotes plus de tolérance, de prudence et surtout, surtout d’humilité.
    Bons vols à toutes et tous!

    • Daniel Perely

      Tout à fait d’accord ! , si les aéronefs sont certifiés il n’en n’est pas de même pour les pilotes… loin de là et pour cause entre autre leurs faibles activités en moyenne… cette distortion se retrouve avec les Ulmistes qui pratiquent plus… la moyenne Ulm devrait se situer entre 10 ou 150 heures annuelle.
      Cherchez l’erreur…. le coût horaire !!

  • Fbs

    Ça fait beaucoup quand même….

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